Les gros producteurs bovins doivent expédier les animaux à Toronto ou Kitchener, là où se trouvent les abattoirs fédéraux. C’est très loin, ça coute cher et ça ne favorise pas le bienêtre animal.
Les gros producteurs bovins doivent expédier les animaux à Toronto ou Kitchener, là où se trouvent les abattoirs fédéraux. C’est très loin, ça coute cher et ça ne favorise pas le bienêtre animal.

Les producteurs ontariens déplorent l’absurde règlementation des abattoirs

La question des abattoirs irrite plus d’un fermier dans le Nord-Est de l’Ontario. Ils ne peuvent pas vendre leur viande dans les épiceries à grande surface ou les chaines d’alimentation rapide, car ces entreprises n’achètent que de la viande d’abattoirs inspectés par le fédéral, peu nombreux et éloignés. La viande d’animaux provenant d’abattoirs inspectés par la province, comme c’est le cas dans le Nord-Est, peut être distribuée uniquement en Ontario et seulement dans les épiceries indépendantes, les restaurants familiaux.

Dans le Nord-Est de l’Ontario, il y a trois de ces abattoirs inspectés par la province : à Belle Vallée au Timiskaming, à Val Gagné dans le district de Cochrane et à Warren dans le district de Sudbury. Les trois ont un permis multiespèces pour le bœuf, le porc, le mouton, le dindon, le poulet de broche et les viandes sauvages. Matt Bowman, ancien président des Producteurs de bœuf de l’Ontario, estime que «ça convient bien aux petits producteurs».

Pour les gros producteurs bovins, il faut expédier les animaux à Toronto ou Kitchener, là où se trouvent les abattoirs fédéraux. C’est très loin, ça coute cher et ça ne favorise pas le bienêtre animal.

Pas de marché interprovincial

Pour Jason Desrochers, producteur de Matheson, il y a un problème additionnel : «Il manque d’abattoirs inspectés par le fédéral en Ontario.»

Le problème de capacité d’abattage avantage les abattoirs au détriment des producteurs. «Les producteurs reçoivent 20 cents de moins la livre que dans l’Ouest. Ça prendrait un autre gros abattoir et il faudrait qu’il soit au Québec», déplore Jason.

Le fédéral est strict pour le transfert de viande, mais pas pour celui des animaux qui se rendent dans un abattoir fédéral. Or, le Québec manque aussi d’abattoirs fédéraux, de sorte que les producteurs québécois viennent en Ontario, ce qui désavantage les fermiers ontariens en créant une pression à la baisse sur les prix à cause du problème de capacité d’abattage.

Un autre irritant pour les producteurs de viande du Nord-Est de l’Ontario est que le marché du Nord-Ouest québécois est fermé au commerce interprovincial de la viande. Il n’existe aucune entente de réciprocité provinciale. «Le vrai dilemme est que je ne peux pas vendre du bison hors province. Il y a un marché de 100 000 personnes juste l’autre côté de la frontière,» explique Pierre Bélanger de la ferme Bison du Nord, à Earlton.

S’il est interdit de vendre de la viande provenant d’un abattoir d’une autre province, on peut cependant la donner. C’est ce qu’a fait Arnaud Warolin, ancien préfet de la MRC de Témiscamingue, pour démontrer l’illogisme de certains règlements.

M. Warolin a apporté un porc du Québec à l’abattoir de Belle Vallée, en Ontario, et l’a offert gratuitement en barbecue à Ville-Marie, au Québec, à des gens du milieu agricole et municipal. Il voulait aussi démontrer qu’il est possible de faire abattre un animal dans une province et de traverser la frontière avec la viande si c’est pour sa consommation personnelle. C’est donc dire qu’il n’y a pas de problème de sécurité alimentaire, mais il est tout de même illégal d’en faire la vente. M.Warolin voulait démontrer que cette situation est seulement justifiée par des intérêts corporatifs.

À qui profite la situation?

Le nœud du problème est que les provinces ne reconnaissent pas les inspections des autres provinces.


« Pourtant, il n’est pas illégal pour un consommateur d’acheter de la viande d’un boucher dans l’autre province. Que l’animal soit abattu dans une province ou l’autre, il n’y a pas de problème de qualité ou de salubrité. Une réciprocité interprovinciale serait envisageable. Qui met de la résistance : les fonctionnaires des ministères de l’Agriculture ou les gros abattoirs? »
Pierre Bélanger, propriétaire de la ferme Bisons du Nord

Pierre Bélanger a gouté à l’absurdité de la règlementation lorsqu’il a voulu participer à la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien, qui a lieu chaque année à Ville-Marie, au Québec. Ses 3000 bouchées au bison étaient prêtes et voilà que quelques jours avant l’évènement, il s’est fait dire que son bison abattu en Ontario ne pouvait pas passer la frontière. Il a fallu une intervention ministérielle pour obtenir un accord d’exception que les pays comme la Chine ou le Brésil obtiennent.

Les abattoirs d’inspection fédérale subissent un type d’inspection plus rigide que les abattoirs provinciaux. La règlementation fédérale est essentiellement orientée vers l’exportation. Cette règlementation est rigoureuse, centrée sur la traçabilité et exige une documentation volumineuse. Seuls les très gros abattoirs peuvent satisfaire les exigences.

Matt Bowman reconnait que dans dix ans, «il faudra revoir la question des abattoirs fédéraux si une industrie bovine s’installe dans les 14 millions d’acres cultivables du Grand Nord de l’Ontario». Entre temps, on peut se demander comme Pierre Bélanger : «À qui ça profite?»

Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – L’arrivée des travailleurs étrangers temporaires suscite beaucoup de questions depuis les dernières semaines, avec les mesures de confinement mises en place pour tout Canadien revenant de l’étranger. Le premier ministre, Justin Trudeau, a assuré aux producteurs et commerçants qu’il ne devrait pas y avoir de problème si les travailleurs effectuaient une quarantaine obligatoire de 14 jours à leur arrivée au pays.

Plusieurs communautés dans les Territoires du Nord-Ouest s’inquiètent de l’impact du réchauffement climatique sur leurs cimetières.
Pâques

FRANCOPRESSE – Historiquement religieuse, la fête de Pâques est aujourd’hui dominée en grande partie par son aspect commercial. Le chocolat a pris le dessus sur le jeûne du Vendredi saint et la messe dominicale, mais le congé pascal n’a pas forcément perdu toute sa symbolique. Martin Meunier, professeur de sociologie des religions à l’Université d’Ottawa, répond aux questions de Francopresse.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Impacts genrés

FRANCOPRESSE – Alors que la crise de la COVID-19 fait la Une de tous les médias, que les secteurs scientifiques et politiques luttent ensemble pour trouver les moyens d’en sortir, une réalité se laisse facilement oublier : les conséquences sociales de la pandémie touchent plus durement les femmes, dénoncent plusieurs expertes.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

Pour les parents d’enfants autistes de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’école à la maison est loin d’être une solution en période de confinement. Entre le manque de ressources pédagogiques et l’angoisse exacerbée des enfants, les familles tentent de relever le défi.
COVID-19

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.