Le Comité consultatif du projet des proches aidantes de l’AFANB. De gauche à droite : Gilles Bourassa (coordonnateur), Samia Awad (Campbellton), Jolaine Thomas (Tracadie), Linda Landry (Caraquet), Norma Dubé (Frédéricton), Bernadette Landry (Dieppe), Jean-Luc Bélanger (AFANB), Elda Savoie (UMoncton) et Hélène Corriveau. Absente : Lise Mazerolle (Dieppe).
Le Comité consultatif du projet des proches aidantes de l’AFANB. De gauche à droite : Gilles Bourassa (coordonnateur), Samia Awad (Campbellton), Jolaine Thomas (Tracadie), Linda Landry (Caraquet), Norma Dubé (Frédéricton), Bernadette Landry (Dieppe), Jean-Luc Bélanger (AFANB), Elda Savoie (UMoncton) et Hélène Corriveau. Absente : Lise Mazerolle (Dieppe).

Les proches aidantes : un atout essentiel

Jean-Marie Nadeau
Initiative de journalisme local — APF — Atlantique
Le Nouveau-Brunswick n’est pas à l’abri d’une nouvelle tendance canadienne : avec l’accélération du taux de vieillissement, on assiste à une augmentation importante du nombre de femmes proches aidantes.

«Les proches aidantes sont de plus en plus nombreuses avec le vieillissement de la population, mais demeurent un pan de la population invisible et méconnu», déclare d’entrée de jeu Elda Savoie, professeure à l’École de travail social de l’Université de Moncton.

Selon un rapport de Statistique Canada de 2012, on compte 5,4 millions de personnes proches aidantes âgées de 15 ans et plus au pays et 90 % d’entre elles sont des femmes, d’où l’utilisation de l’appellation féminine pour les nommer.

Les proches aidantes peuvent l’être par relation familiale, par amitié ou tout simplement par relation de bon voisinage. «Et bien souvent, ce sont des individus devenus aînés eux-mêmes qui s’occupent de plus âgés qu’eux», relate encore Elda Savoie.

Génération «sandwich»

Selon Sylvie Bernard, infirmière-clinicienne spécialisée en services aux aînés au Réseau de santé Vitalité, il y a aussi de plus en plus de proches aidantes qui font partie de la génération «sandwich», c’est-à-dire qu’elles s’occupent d’un enfant en même temps que d’un parent ou d’un adulte plus âgé.

Elle ajoute qu’il faut prendre en compte l’augmentation des cas de démence et d’Alzheimer chez les personnes âgées. «La province du Nouveau-Brunswick est la seule au Canada, avec l’Île-du-Prince-Édouard, à ne pas avoir de stratégie sur la démence», déplore Sylvie Bernard.

Le travail des soins dans les familles s’est transformé. Nous assistons à un véritable transfert des soins de l’institution au domicile. Selon des données fournies par Mme Savoie, «de plus en plus de proches aidantes fournissent des soins à un aîné vivant dans un logement collectif, mais la forte majorité des aînés, soit un peu plus de 90 %, vivent dans un ménage privé».

Bientôt un regroupement des proches aidantes?

«L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB), associée à l’Alliance des femmes canadiennes, a mis sur pied un comité consultatif pour justement aider les proches aidantes», déclare le directeur de l’AFANB, Jean-Luc Bélanger. Ce projet pourrait se solder par la création d’un regroupement des proches aidantes.

D’après un rapport publié en 2017, le Nouveau-Brunswick compte près de 148 000 aînés, ce qui correspond à 19,5 % de la population provinciale. En 2038, des experts évaluent que ce chiffre pourrait s’élever à 31,3 %.

«Il faut distinguer les services des proches aidantes des services du Programme extra-mural du Nouveau-Brunswick, qui sont des services médicaux gratuits, ainsi que des services des aides à domicile — sous-payées — de la Croix-Rouge qui coûtent selon les revenus», analyse monsieur Bélanger.

Il devient évident que le rôle des proches aidantes est appelé à s’agrandir, et que les différents gouvernements devront s’ajuster en conséquence. Comme les familles comptent moins d’individus qu’auparavant, ce sera tout un défi de recruter les futures proches aidantes qui demeurent un atout essentiel au bon fonctionnement de notre société.