L’époque des concours de beauté est révolue

À une époque où les jeunes femmes tournent de plus en plus le dos aux stéréotypes de genre, les concours de personnalité, style pageant, ont-ils encore leur place? L’Acadie Nouvelle a voulu en parler avec des organisateurs, des bénévoles et bien entendu, des participantes.

Josiane Comeau, de Dieppe, est une habituée de la scène. L’étudiante au programme préparatoire aux sciences de la santé à l’Université de Moncton participe à des concours de chant depuis sa jeunesse. En 2016, elle a même participé à The Voice Kids France.

Il y a quelques semaines, la jeune femme âgée de 18 ans a ajouté un autre accomplissement à sa feuille de route impressionnante. Elle a remporté le titre de Miss Atlantic.

De gauche à droite, Marie-Hélène Mallet (Miss Atlantic 2018), Josiane Comeau (Miss Atlantic 2019), Nathan Voisine (Mr Teen Atlantic), Lucie Martin (Miss Teen Atlantic 2019), Mattigan Maclean (Miss Teen Atlantic 2018).

«Je n’ai jamais fait ça avant, au début, je ne savais pas si j’avais envie de le faire ni comment ça allait se dérouler. J’avais juste l’idée des stéréotypes, mais je me suis dit, pourquoi pas? Je n’avais aucun but. Je voulais juste vivre l’expérience et rencontrer de nouvelles personnes. L’expérience a été incroyable. J’ai beaucoup appris.»

Plusieurs acteurs clés du milieu des concours de personnalité affirment que ces évènements n’ont plus rien à voir avec ceux d’une certaine époque. Bien qu’elle avait quelques idées préconçues sur le déroulement de ce type d’activité, après avoir vécu l’expérience, Josiane Comeau est d’accord avec cette affirmation.


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal Acadie Nouvelle

Depuis la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives, le 17 octobre 2018, plusieurs collèges offrent un programme de culture de cannabis afin de combler le besoin grandissant de main-d’œuvre de ce secteur. Ceux de langue française ne font pas exception.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) compte parmi les premiers établissements scolaires à offrir un cours de culture du cannabis. Le programme était d’ailleurs en place bien avant la légalisation et était orienté vers l’industrie du cannabis médical.

Sophie Maugeais travaillait en horticulture avant de venir enseigner au CCNB. Depuis qu’elle a pris le flambeau de son prédécesseur, qui avait mis sur pied le programme, elle en est à sa troisième cohorte. Son objectif est de former les futurs techniciens du secteur du cannabis et de faire en sorte qu’ils s’adaptent à la réalité du marché. «Je cherche vraiment à leur enseigner comment aller chercher de l’information. Mon but, c’est de leur apprendre à apprendre.»

Après une heure de discussion sur la place que prennent les écrans dans nos vies, et les conséquences que cela peut avoir, Dre Nadine Arsenault a conclu que s’il y a quatre choses à retenir, ce sont les suivantes : limiter le temps d’écran; atténuer les effets néfastes; être attentif; donner l’exemple.

À l’invitation de l’École Évangéline de Wellington, à l’Île-du-Prince-Édouard, Nadine Arsenault-Samson avait préparé une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences. La médecin de famille a contribué à sensibiliser les personnes présentes.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses.

Pour ceux qui préfèrent le verre à moitié plein, le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada compte des signes encourageants : comparé à 2018, le nombre de visites à l’échelle du pays a légèrement diminué; parmi les utilisateurs, le pourcentage de familles monoparentales ainsi que celui des enfants sont à la baisse. Pour ceux qui voient plutôt le verre à moitié vide, les chiffres sont inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule; la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. «Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés.»

Le Bilan-Faim 2019 publié mardi (le 12 novembre) provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5000 banques alimentaires du pays.

Banques alimentaires Canada produit ces rapports annuels depuis 2001. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre n’a diminué que d’environ 100 000.


Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a grandement varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. «Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable.»

Le pourcentage de la clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans : de 27,5 % en 2010, il est maintenant de 18,3 %, une baisse de près de 10 points.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Presque une personne sur deux qui se rend à une banque alimentaire fait partie de ce groupe. Du jamais vu, souligne Sylvie Pelletier. «C’est un groupe dont on ne parle pas dans les médias en général. Les gouvernements les ignorent dans leurs politiques.»

Un sentiment de nostalgie et de fierté était palpable à Gravelbourg les 2 et 3 novembre, alors que la cocathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption célébrait ses 100 ans.

Ce fut un grand succès», se réjouit Allan Bourgeois, membre du comité organisateur des célébrations. «Il y a eu du monde de partout dans la province et même hors de la province qui sont venus célébrer», ajoute celui qui est originaire de Gravelbourg et qui a grandi dans le village souvent surnommé «l’Europe des Prairies».

En aout dernier, le gouvernement canadien annonçait qu’il octroyait 14,6 millions de dollars sur cinq ans pour le développement d’une nouvelle plateforme, TV5Monde Plus. Les maitres d’œuvre en seront TV5 Québec Canada en collaboration avec TV5 Monde. Reste à déterminer quelle place sera faite aux productions franco-canadiennes.

«Si on reste inactif devant les grands joueurs du web, les contenus francophones sont destinés à éventuellement se perdre et s’éparpiller dans cet immense océan de contenus. À mon avis, une plateforme telle que TV5Monde Plus pourrait devenir un joueur incontournable pour consommer et découvrir des contenus francophones.»

Les propos du producteur David Baeta de chez Machine Gum de Toronto vont tout droit dans le sens de l’objectif de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, afin soutenir financièrement le projet.

Lors du dévoilement de la somme consentie, la ministre Joly avait aussi mentionné que Sylvain Lafrance, ex-vice-président directeur des services français de Radio-Canada, devenait président du conseil d’administration de TV5Numérique, la nouvelle filiale de TV5 Québec Canada, créée dans le but d’assurer le développement de cette plateforme.

Pour le producteur franco-manitobain Louis Paquin, c’est en soi une bonne nouvelle que cette annonce. «On est optimiste quant à la possibilité de faire connaitre nos productions à l’international.» Du même souffle, cependant, le producteur exécutif des Productions Rivard se questionne sur le pourcentage qui sera réservé aux émissions produites à l’extérieur du Québec au sein de cette nouvelle plateforme. «Quand le gouvernement parle de productions francophones canadiennes, le terme “canadien”, que regroupe-t-il? Juste le Québec? Les communautés francophones hors Québec?»

Les aurores boréales sont surtout observables dans les latitudes nordiques : elles se forment dans les zones aurorales proches des pôles magnétiques. Le Nunavut est donc un lieu tout indiqué pour en observer.

Composées d’un mélange de molécules et de particules se déplaçant en haute atmosphère rencontrant le vent solaire, les aurores boréales sont visibles de la mi-aout à la mi-avril dans l’obscurité de la nuit sous un ciel dégagé.

Plus de 9500 bambins francophones sont actuellement sur liste d’attente pour une place en garderie. Ces chiffres, révélés par le Réseau de développement économique et d’employabilité, s’accompagnent d’un autre fait marquant : il manque 2500 personnes francophones qualifiées pour combler les besoins, tout comme le nombre d’infrastructures se révèle bien insuffisant, laissant planer un véritable risque d’assimilation chez les plus jeunes.

Le constat est sans appel : il est de plus en plus difficile pour les familles d’obtenir une place en structure d’accueil francophone pour leurs jeunes enfants. Les chiffres, dévoilés mi-octobre, ont secoué l’ensemble de la filière de la petite enfance. À l’exception du Québec, la situation serait alarmante dans les communautés francophones et acadiennes de chaque province et territoire. À titre d’exemple : au Manitoba, 1156 foyers attendent une place dans une infrastructure francophone. Ils sont 115 en Saskatchewan ou encore presque de 200 en Colombie-Britannique, où tous les établissements affichent complets.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la directrice du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants, un lieu de 45 places, constate : «Cela pose un vrai problème. Nous sommes continuellement au maximum de nos capacités, et il y a en permanence une liste d’attente. À l’inscription, les familles remplissent un formulaire et sont contactées en fonction des places qui se libèrent.»

À la tête de la Commission nationale des parents francophones, Jean-Luc Racine parle «de listes d’attente à n’en plus finir». «À Charleston, il y a 150 bambins en attente pour une garderie de 6 places!» Pire, dit-il : «Les familles inscrivent des enfants avant même qu’ils ne soient nés... Où choisissent une structure anglophone. Voilà le vrai danger.»

Depuis la rentrée, le comité consultatif d’Unis TV compte quatre nouveaux membres : deux représentent l’Ontario, une l’Ouest et un l’Atlantique. Avec l’ajout de ces nouveaux membres, le comité consultatif a discuté de son rôle pour les prochaines années.

Casey Edmunds représente les communautés de l’Ouest au comité depuis trois ans. Quatre nouveaux membres ajoutent selon lui une nouvelle énergie au comité formé de huit personnes, mais l’incitent aussi à mieux définir son rôle. Lors de la première rencontre tenue en octobre à Moncton, «on était vraiment axés sur le rôle du comité pour les cinq prochaines années, rapporte Casey Edmunds. Comment est-ce que l’on peut être plus outillés, est-ce que l’on devrait jouer un rôle d’ambassadeur tout en maintenant le rôle consultatif et représenter les différentes communautés?»

Plus concrètement pour le directeur général des Jeux de la Francophonie canadienne 2020, une meilleure représentation des communautés francophones consisterait à mieux cerner les enjeux qui touchent la francophonie et par extension la programmation.

Par exemple un sujet comme l’éducation est très important au sein des communautés. Justement, parmi le quatuor de nouveaux membres, deux d’entre eux pourront apporter leurs connaissances dans le domaine de l’éducation : Jean-François l’Heureux, ancien conseiller scolaire et président du Conseil scolaire Viamonde en Ontario, et Éric Larocque, auparavant directeur général de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

Nouvelle représentante de l’Ouest, elle Carole Freynet-Gagné se dit quant à elle prête à mettre sa connaissance des communautés francophones ainsi que son réseau au profit d’Unis TV. «Je suis constamment en contact avec la francophonie de partout au Canada et dans les Amériques, alors l’idée c’est d’amener mon expérience et mes connaissances, mes liens et mes contacts à la table.»

L’un a 30 ans, l’autre 64. Simon Ouellette est responsable des communications pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Yvon Godin a été représentant syndical pour les Métallos et député pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Les deux voient les défis auxquels font face les mouvements sociaux. Ils gardent pourtant espoir.

Le syndicalisme n’est pas mort. Au contraire, le taux de syndicalisation parmi les employés du Nouveau-Brunswick était de 28 % en 2018. Cette proportion était à peu près la même en 1997, dans les années 1980 et 1970, selon le professeur émérite d’histoire à l’Université du Nouveau-Brunswick, David Frank. «Cela contredit le mythe selon lequel les syndicats déclinent ou disparaissent», commente-t-il.

Les livres pour enfant qui parlent des émotions abondent, mais il leur manque souvent une composante pour aider l’enfant à transposer cet apprentissage à la vie quotidienne. Une équipe de chercheuses et chercheur, dont Mélanie Perron de l’Université Laurentienne, ont lancé un livre basé sur la recherche scientifique dans le domaine le 18 octobre à Sudbury.

Avant Les émotions : comment mieux les expliquer, il y a eu recherche sur le développement émotionnel des enfants et l’apprentissage de la lecture. Une des constatations, c’est que les compétences émotionnelles sont un aspect important du développement de l’enfant, qui aident à l’adaptation sociale. «Par exemple, les enfants qui comprennent mieux les émotions s’adaptent plus facilement à l’école, communiquent mieux et coopèrent mieux avec les autres enfants, fonctionnent mieux en salle de classe», explique Mme Perron.

La semaine des bibliothèques publiques, qui débute le 19 octobre, va se dérouler dans un contexte particulier. Alors que les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick viennent de réaliser des coupes dans le budget de ces structures, le milieu des bibliothécaires se dit «ébranlé». Les jours de ces lieux de culture bilingues (anglophone/francophone) seraient-ils comptés?

«Je vous assure : c’est un véritable défi de faire fonctionner une bibliothèque bilingue», déclare France Séguin-Couture, directrice générale des bibliothèques publiques du canton de Russell en Ontario. Enthousiaste et passionnée, cette bibliothécaire qui gère deux succursales, l’une en milieu urbain, l’autre dans un secteur plus rural, se démène pour mener sa mission à bien : proposer des services et activités de qualité en français comme en anglais.

Alors, lorsque le gouvernement ontarien de Doug Ford a annoncé au printemps une réduction drastique des budgets pour les bibliothèques publiques de sa province, «nous avons tous été un peu ébranlés», dit-elle au nom de l’Association des bibliothèques de l’Ontario-Franco (Abo Franco). Ses collègues ne la contrediront pas, car les effets se font déjà sentir. Les services des bibliothèques de l’Ontario-Sud et des bibliothèques de l’Ontario-Nord ont ainsi vu se réduire de 50 % le montant qui leur était alloué par la province. Des personnes ont perdu leurs emplois (24 pour le seul organisme Ontario Sud) et des services, tels que le prêt de livres entre établissements, ont tout simplement disparu.


Pas qu’en Ontario

L’exemple de l’Ontario n’est pas un cas à part. Au Nouveau-Brunswick, le député libéral de Restigouche, Gilles Lepage, rapporte une réduction de budget de 400 000 $ pour les bibliothèques cette année. Une décision du gouvernement conservateur de Blaine Higgs. «Il y a des coupes sur le budget et une consultation publique a été discrètement lancée sur l’avenir des bibliothèques. Ce qui nous inquiète, ce sont les réductions de personnel ou d’horaires qui pourraient s’ensuivre. Tout cela risque de faire augmenter la responsabilité des communautés.»

En Alberta aussi, le gouvernement laisse planer des incertitudes sur le budget alloué aux bibliothèques, tant et si bien que les administrateurs peinent à programmer leurs activités pour 2020. «Nous sommes une source de savoir. Ces services devraient être épargnés par les coupes budgétaires», avait déclaré Gloria McGowan, gestionnaire d’une bibliothèque à Nanton, sur les ondes de Radio-Canada.

Toutes ces menaces inquiètent France Séguin-Couture sur le long terme : «On ne sait pas comment vont se répartir tous les frais de fonctionnement dans le futur : est-ce que les baisses de budgets vont se poursuivre? Est-ce que cela va retomber sur les villes? Est-ce la communauté qui va les prendre en charge? Et si oui, à quelle hauteur?»

Le plus récent livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario recommande principalement l’augmentation de la recherche sur les ainés francophones de l’Ontario et plus de services spécifiquement pour eux. Ce document, préparé avec la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), a été publié le 30 septembre, la veille de la journée des ainés.

Le document dresse un portrait relativement sombre de la situation des ainés francophones. Une série de chiffres démontrent la situation défavorable des francophones par rapport aux anglophones du Canada : augmentation plus importante du nombre de personnes âgées et population totale aussi plus âgée en moyenne, ils ont plus de chance à vivre seuls, ont un moins haut niveau d’éducation, sont en moins bonne santé, ont un revenu plus bas et ont plus de chance de vivre dans la pauvreté.

Statistique Canada prévoit que, dès 2021, 18,7 % de la population sera âgée de 65 ans et plus. Cette proportion sera de 23,1 % en 2031 et de 25,5 % en 2061.

On note également quelques contradictions défavorables. Par exemple, les personnes âgées qui ont un revenu plus faible auraient plus de chance de se trouver un logement abordable en régions rurales, mais les services de santé dont ils auraient besoin, en français de surcroit, y sont rares.

Ils ont également constaté que les ainées constituent un groupe moins homogène que les autres générations en raison, surtout, des expériences personnelles de chacun.

La 15e tournée de Québec Cinéma s’est à peine terminée au printemps, que déjà la 16e édition s’apprête à se mettre en branle. Une odyssée canadienne de plusieurs mois pour tisser des liens entre le Québec et les communautés franco-canadiennes grâce au 7e art.

C’est à compter de la fin octobre dans les régions de Winnipeg et d’Halifax que commenceront à défiler pendant six mois les images du cinéma québécois sur les écrans de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest et dans les Territoires.

Le directeur de la Tournée Québec Cinéma a bien l’intention de poursuivre sur la lancée de 2018-2019. Avec près de 14 500 spectateurs dans 33 villes visitées pour un total de 130 projections, François Lemieux considère la tournée comme «un moteur servant à présenter des films qui se font rares dans les communautés francophones» au Canada. Des résultats plus qu’encourageants puisque les dernières statistiques démontrent une augmentation de près de 75 % du côté des spectateurs et une augmentation de 85 % de jeunes réunis par des ateliers cinématographiques. Car la tournée, c’est aussi le LAB qui s’arrête dans de nombreuses écoles francophones et d’immersion du pays afin d’initier les jeunes à la cinématographie québécoise, franco-canadienne et autochtone. Des ateliers rendus possibles grâce notamment à une collaboration avec la réputée Wapikoni mobile ainsi qu’avec 85 partenaires dans le milieu franco-canadien comme la Société francophone de Victoria, l’Association des francophones du Nunavut et Cinéfranco à Toronto.


Une diversité inclusive

Côté programmation, l’équipe de Cinéma Québec arrive à créer un intéressant mélange entre le cinéma d’auteur québécois et franco-canadien avec des titres comme Chien de garde, Isla Blanca ou La grande noirceur et les succès plus populaires comme La Course des tuques, La Bolduc ou encore 1991. Au cours de son périple, la Tournée a également organisé 32 projections de films réalisés par des cinéastes des Premières Nations dans le cadre du programme Wapikoni Mobile. Souvent moins médiatisée, la diffusion de ces films a permis au public de découvrir la richesse du cinéma autochtone.

Avec le prochain départ qui s’annonce, le directeur général a bien l’intention de «développer de nouveaux publics francophiles, qui attendent la tournée pour mieux connaitre une culture qu’ils aiment déjà.» D’ailleurs, les derniers chiffres de la Tournée montrent que 30 % des participants aux activités sont anglophones et allophones.

D’autre part, un tel périple à travers le Canada ne serait pas possible sans notamment l’appui du Québec. M. Lemieux est visiblement satisfait de constater que le gouvernement québécois de la CAQ poursuit le retour du Québec au sein de la francophonie canadienne «à titre d’acteur important» au moment où la francophonie canadienne est parfois malmenée.

Une centaine de chercheurs et participants sont revenus sur le rôle des médias et leurs défis, la fin de semaine dernière en Nouvelle-Écosse. Ont-ils trouvé des pistes de solution à cette période de crise inédite?

Du 4 au 6 octobre à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, le grand colloque Les médias francophones sous toutes leurs coutures est revenu sur le rôle des médias, leurs défis et occasions en cette période de crise inédite.

«La rupture qu’on vit aujourd’hui est probablement la plus grave crise à laquelle les médias sont confrontés depuis la création même de l’imprimerie», estime Sylvain Lafrance, présentateur de la conférence d’honneur Nouveaux enjeux du monde médiatique au Canada français : pistes de solution.

Le Nouveau-Brunswick veut éliminer progressivement les niveaux scolaires de la maternelle à la 2e année pour les remplacer par des groupes d’élèves d’âge mixte.

Les changements commenceront dès septembre 2020 dans les écoles qui se porteront volontaires.

«Si ça ne marche pas, on va arrêter», a indiqué le ministre.

À long terme, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, aimerait éliminer tous les niveaux scolaires au primaire.

M. Cardy a présenté son livre vert sur l’éducation, jeudi, à Fredericton

Le document de 25 pages contient des mesures et des propositions du gouvernement afin d’offrir aux élèves néobrunswickois «une éducation de première classe».

Alors que le Canada vient de célébrer sa Semaine de la culture scientifique, certains se demandent si l’ère des réseaux sociaux facilite la diffusion des sciences. Certes, il n’a jamais été aussi facile de partager du contenu aux masses, mais la population profite-t-elle vraiment de la diffusion des savoirs?


L’océanologue Daniel Pauly a assisté à la transition vers le numérique. Âgé de 73 ans, il a été l’un des premiers dans son domaine à utiliser les micro-ordinateurs, «des Apple II», se souvient-il, pour développer d’immenses bases de données en halieutique, là où d’énormes machines étaient auparavant nécessaires.

Le professeur à l’Université de la Colombie-Britannique voit d’énormes avantages dans les nouvelles technologies : «Google Scholar est un outil merveilleux. Wikipédia, c’est le savoir de l’humanité à la disposition de n’importe qui. C’est un rêve de l’époque des Lumières qu’on est en train de réaliser : l’homme qui sait tout. C’est une puissance cognitive incroyable.» Internet aurait ainsi le même effet, sinon plus vaste encore, que l’imprimerie du 15e siècle dans la diffusion du savoir.

 

Un rêve qui dérive

Le hic, c’est que le rêve de d’Alembert et ses amis encyclopédistes cohabite avec «le pire», nuance le chercheur. «Je déteste les réseaux sociaux d’une haine implacable, assène-t-il. Ils isolent les gens et créent des pseudocommunautés qui suivent leurs propres idées sans avoir à se justifier auprès d’autres personnes.»

Avec l’anonymat, les critères d’honnêteté et de crédibilité disparaissent, déplore l’expert en biologie marine, chevalier de la Légion d’honneur française depuis 2017. La porte est ainsi ouverte à toutes les «folies anonymes» : «Il y a des gens aux États-Unis qui disent que l’Australie n’existe pas et que les Australiens sont des acteurs», pioche par exemple Daniel Pauly parmi les nombreuses théories conspirationnistes pullulant sur la toile.

 

L’ère des fake news?

Certains sujets deviennent même tabous à l’heure des réseaux. Vaccination, ondes, pesticides, régime cétogène… «Des groupes de pression politisés nous rentrent dedans de façon complètement irrespectueuse sur nos réseaux», regrette Isabelle Vaillancourt, éditrice des magazines jeunesse Explorateurs, Débrouillards et Curium auxquels sont abonnés près de 10 000 francophones en situation minoritaire.

Pour François Demers, professeur en information et communication à l’Université Laval, les réseaux ne sont qu’un véhicule. «Ils ne font que sortir quelque chose qui était dans l’ombre depuis les années 1960-1970 : l’alternative, des visions du monde qui ne sont pas synchronisées sur la science expérimentale telle qu’elle s’est définie aux 19e et 20e siècles.»

La science s’est construite historiquement contre d’autres visions du monde, dont la religion, rappelle l’ancien journaliste passé par Le Soleil et Radio-Canada et qui officie aujourd’hui dans le seul programme de journalisme scientifique en français du pays. «On assiste aujourd’hui à une remontée de l’alternative, surtout en matière de santé et de spiritualité», observe-t-il.

Dans ce contexte, la science moderne est remise en question. Qui plus est parce qu’elle est «associée à la bombe atomique, au militarisme ou à des opérations industrielles polluantes» depuis quelques décennies. Pas étonnant, alors, que la contestation sociale trouve un écho favorable sur cette nouvelle scène publique dématérialisée.

 

L’enquête indépendante commandée par le Bureau des droits de la personne de l’Université d’Ottawa (U d’O) conclut que l’ethnicité a joué un rôle dans l’arrestation musclée d’un étudiant noir par le Service de la protection de l’établissement d’enseignement supérieur en juin dernier.

Rappelons que Jamal Boyce avait publié des vidéos sur les médias sociaux pour dénoncer ce qu’il qualifiait de « violence physique, mentale et émotionnelle ».

Selon l’enquête réalisée par Esi Codjoe de la firme Turnpenney Milney Milne LLP, il a été interpellé par des agents de sécurité alors qu’il effectuait des figures sur une planche à roulettes. M. Boyce — qui n’a pas participé à l’enquête indépendante — a tenté de désamorcer la situation en quittant les lieux, selon ce que rapporte Mme Codjoe.

Les employés du Service de la protection l’ont toutefois suivi et lui ont demandé de présenter une pièce d’identité, prouvant qu’il était un membre de la communauté universitaire. L’étudiant a refusé, jugeant qu’on le ciblait de façon injuste et puisqu’il n’avait pas sa carte étudiante sur lui.

Bien connue pour son engagement inlassable auprès des jeunes, Mireille et Éric Pitre, de Shediac River au Nouveau-Brunswick, relèvent les défis quotidiens d’avoir une petite fille atteinte du syndrome Aicardi. Et l’expérience leur permet de grandir comme couple et parents.

« C’est une maladie très rare et juste chez les filles, de dire Mireille Pitre. Audréanne est née prématurée de deux mois, le 3 avril 2016. Après six semaines à l’hôpital, pesant cinq livres, elle est entrée à la maison. Mais sa situation se détériore, elle souffrait de reflux sévère, pleurait et criait tout le temps et avait des convulsions.»

Prématurée, elle est suivie par de nombreux spécialistes, sans avoir à subir les listes d’attente. «C’est le 22 décembre, après une IRM à l’Hôpital de Moncton, que la neurologue pédiatrique nous donne le diagnostic qu’Audréanne souffre du syndrome d’Aicardi. Parmi les symptômes, il y a les convulsions, la malformation des yeux, la malformation du cortex du cerveau.» Leur fille a un retard mental, ne pourra pas marcher, parler, et son espérance de vie est de cinq à huit ans.

«J’étais bouleversée et je suis passée par toute une gamme d’émotions, poursuit Mireille Pitre. Mon mari Éric a été formidable et nous avons discuté de la condition de notre petite fille tant désirée et de son avenir.  C’est la foi qui m’a aidée et comme parents nous avons choisi de tout donner à Audréanne.»

Mireille Pitre n’a rien vécu comme une maman normale, dit-elle. Elle a souvent ueu l’Impression de vivre un cauchemar. «Un jour une tante m’a prêté le livre Jesus calling avec un passage à lire chaque jour. En ouvrant la page au 22 décembre, j’ai lu ‘Expect to see miracle’».

À sept mois, Audréanne ne se développait toujours pas et était fortement médicamentée. «Mais elle n’avait plus de convulsions, de poursuivre la maman. La neurologue pédiatrique appelle pour dire que l’EEG démontre que sa situation est parfaite.»

C’était la journée que Mireille avait organisé les Jeux olympiques pour des jeunes (juillet 2017), une des nombreuses activités mensuelles organisées par la dynamique jeune femme.

«Il faudra six semaines pour la sevrer de ses médicaments et les EEG de septembre et octobre confirment que tout va très bien, d’ajouter Mireille Pitre. Le 9 août 2019, la pédiatre leur dira qu’Audréanne est une enfant miracle. Elle a de la thérapie aux deux semaines, au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, et plusieurs suivis à IWK et au Centre Stan Cassidy.»

Trop vieux, trop fragiles, trop malades. Voilà quelques-uns des stéréotypes auxquels sont associés les aînés. Alors que leur nombre ne cesse d’augmenter, et que le pays célèbre la Journée nationale des aînés ce 1er octobre, leur place dans la société est prépondérante.

«C’est une population en mesure d’offrir beaucoup à notre société», rétorque Jean-Luc Racine, directeur général de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC). De plus en plus de retraités retournent sur le marché du travail, souligne-t-il, faisant profiter les entreprises de leur assiduité, de leur fidélité et de leur ardeur à la tâche. D’autres deviennent mentors pour assurer un transfert de connaissances et de compétences aux nouvelles recrues. Certains démarrent même une entreprise, forts de leur expérience.

Surtout, les aînés s’impliquent socialement, comme dans le bénévolat. Suzanne Dupuis-Blanchard, chercheuse à l’Université de Moncton, a quantifié dans une étude cette contribution pour le Nouveau-Brunswick. En multipliant leurs 20 millions d’heures de bénévolat par le salaire minimum, les aînés participent ainsi pour 218 millions de dollars par an. «Les contributions sont à tous les niveaux, local et sociétal», incluant la garde d’enfants, avance la professeure.

 

Trouver sa pertinence sociale

En 2016, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé le nombre d’enfants de 14 ans et moins pour la première fois de l’histoire du pays, d’après Statistique Canada. Et leur proportion devrait augmenter encore pour atteindre jusqu’à 30 % de la population en 2068 dans un scénario de vieillissement rapide.

Dans ce contexte, la directrice du Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton dénonce un manque de valorisation criant. «La société parle toujours d’eux de façon négative», estime Suzanne Dupuis-Blanchard. Les aînés seraient victimes de l’âgisme, une forme de discrimination fondée sur l’âge. «Les médias parlent souvent négativement du vieillissement», renchérit-elle, à l’heure des conseils beauté pour «rester jeune». Une société de compétition, de performance et d’instantanéité viendrait aggraver la situation.

Pire, ces stéréotypes seraient intériorisés par les aînés eux-mêmes qui «voient la retraite comme la fin d’une contribution à la société», observe Alexandre Dumas, sociologue à l’Université d’Ottawa. Cette philosophie fonctionnait lorsqu’il restait moins de dix ans à vivre après la retraite, mais pas une vingtaine, souligne le chercheur. Aussi faudrait-il «repenser la question de leur utilité sociale».

L’universitaire lie cette question au concept de citoyenneté dans son ouvrage L’antivieillissement, publié en 2017 : la société réclame un équilibre entre droits et obligations. Considérant les grandes ressources sociales et médicales octroyées à ce groupe, quelles contreparties peuvent-ils offrir? «Si on les exclut du pouvoir, économique et social, il y a déséquilibre», perçoit l’auteur.

 

«Pour bien vieillir, il faut se renouveler et se réinventer.»

La discussion est souvent taboue. «L’accroissement considérable des coûts oblige à repenser notre modèle. Il faut des limites dans l’offre de santé publique. On ne peut pas blâmer une génération pour vouloir de meilleurs soins, mais il faut expliquer que ces choix auront des conséquences sur d’autres secteurs», comme l’éducation où les frais de scolarité grimpent continuellement. «Le pouvoir d’achat des jeunes d’aujourd’hui est beaucoup plus faible qu’avant», poursuit Alexandre Dumas.

Pour le sociologue, il faut que les aînés reprennent leur place dans la société. «C’est impopulaire de dire ça, car on les a victimisés et transformés en groupes très passifs. Or, la très grande majorité d’entre eux ont les capacités physiques et cognitives de contribuer.»

À la mi-septembre, l’ouragan Dorian, devenu tempête post tropicale juste avant de toucher terre en Nouvelle-Écosse, a déferlé sur une bonne partie des provinces de l’Atlantique. La force de la tempête et ses conséquences ont été importantes : des vents de plus de 150 km/heure, des vagues de plus de 20 mètres – et même un de plus de 30 mètres enregistrés près des côtes de l’ile de Terre-Neuve, plus de 100 mm de pluie par endroits et plus du quart des habitants des Maritimes privés de courant.

Moins intense, mais plus étendu que l’ouragan Juan qui avait frappé la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard en 2003, Dorian aura laissé sa trace.

Évidemment, ce n’est rien à comparer aux ravages que ces ouragans ou tempêtes peuvent faire dans les Caraïbes, au Mexique ou aux États-Unis, comme l’ont malheureusement vécu les Bahamas avec Dorian.

Il n’en reste pas moins que Juan et Dorian et les autres fortes tempêtes à avoir «visité» le Canada atlantique ne sont qu’un aperçu de ce que l’avenir nous réserve, selon plusieurs experts en la matière.

«La fréquence des ouragans n’augmentera pas nécessairement, mais ceux qui vont nous toucher risquent d’être d’une force plus élevée en raison du réchauffement de l’atmosphère,» souligne Bob Robichaud, météorologue au Centre canadien de prévision des ouragans.

En d’autres mots, il y aura davantage d’ouragans qui maintiendront leur statut d’ouragan en arrivant au Canada atlantique.


Pas que de l’érosion

L’un des dommages les plus permanents qu’occasionnent les fortes tempêtes est l’érosion des côtes. Et comme les niveaux de la mer ne cessent d’augmenter, les effets néfastes seront de plus en plus sévères.

«Les niveaux de la mer augmentent d’environ sept centimètres tous les 18 ans. En Nouvelle-Écosse, on commence à subir des inondations provoquées uniquement par les marées hautes, sans qu’il y ait de tempête», précise Bob Robichaud.

Selon lui, les côtes de la Péninsule acadienne, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, et l’isthme de Chignectou, qui relie la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, sont les plus à risque. D’ailleurs, en septembre dernier (2019), un couple de Cap-Bateau, sur l’ile Lamèque, dans la Péninsule acadienne, a dû déménager sa maison située le long de la côte, ce qui lui a couté environ 50 000 $. Les propriétaires affirment qu’au fil des années, les tempêtes ont rongé près de 10 mètres de leur terrain.

Comment se protéger contre ces évènements de plus en plus dévastateurs? Adam Fenech, qui dirige le Laboratoire de recherche sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, a une réponse toute simple. «Voici ce que je recommande toujours : simplement ne pas construire si près des côtes.»

Les tempêtes ne sont pas les seuls facteurs entrainant l’érosion des côtes. La montée des niveaux de la mer, la fonte des neiges aux printemps, les glaces et même l’écoulement des eaux de la nappe phréatique vers la mer y contribuent également. À l’Ile, on estime que la mer gruge en général environ 30 cm de côtes par année. À certains endroits, cela va jusqu’à plus d’un mètre, voire plus de 5 mètres. «Je ne suis pas sûr que l’on puisse dire que l’érosion augmente, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a assurément une augmentation du nombre d’endroits où l’érosion est notable, ajoute Adam Fenech. Et chaque année, nous trouvons de plus en plus d’endroits où l’érosion est considérable.»

La population canadienne vieillit vite. Les personnes âgées constituent une part croissante de la société et la tendance devrait se maintenir pour les 50 prochaines années, posant d’importants défis en matière de santé et d’économie.

Ce 17 septembre, soit deux semaines avant la Journée nationale des ainés du 1er octobre, Statistique Canada dévoilait ses Projections démographiques. Publiés tous les cinq ans, ces résultats se fondent sur les données les plus récentes du recensement.

Les compteurs s’emballent. En 2016, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé le nombre d’enfants de 14 ans et moins pour la première fois de l’histoire du pays, rappelle l’étude. Leur proportion devrait augmenter encore pour atteindre jusqu’à 30 % de la population en 2068, dans un scénario de vieillissement rapide. Les 80 ans et plus pourraient quant à eux passer de 1,6 million actuellement à 5 ou 6 millions en 2068. Enfin, le nombre de centenaires atteindrait un sommet inédit à l’horizon 2065.


Des services qui ne suivent pas

Cette situation démographique engendre nécessairement une forte augmentation de la demande pour les services de santé et les foyers de soin. En 2016 déjà, quelque 250 000 personnes âgées de 85 ans et plus vivaient dans des établissements de soins infirmiers, des structures de soins de longue durée et des résidences pour personnes âgées.

Un rapport de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) sorti en mars dernier pointait du doigt des services de santé inadaptés, s’ajoutant à la vulnérabilité médicale, économique et sociale de ces populations. Le personnel bilingue ou francophone fait ici particulièrement défaut, souligne Jean-Luc Racine, directeur général.

«Ça fait des années qu’on dit qu’il va y avoir une pénurie de professionnels de la santé», réitère Suzanne Dupuis-Blanchard, directrice du Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton. La professeure plaide ainsi pour plus de fonds afin de promouvoir la prévention auprès des ainés. «On se préoccupe d’eux une fois rendus à l’urgence. Il faut revoir notre façon de faire. On voit que de petits changements peuvent avoir de grands impacts, mais les financements ne suivent pas», déplore-t-elle.

Français d’origine et cuisinier de profession, il parcourt le monde depuis de nombreuses années. Il y a un an, Guillaume Sitter est arrivé au Yukon pour travailler en tourisme. À présent, il est bud tender, c’est-à-dire vendeur de cannabis.

Guillaume Sitter est arrivé au Yukon en novembre dernier. Comme beaucoup d’autres immigrants avant lui, la nature, l’aventure et les grands espaces l’ont attiré ici. Un autre facteur a également pesé dans la balance de ses choix : les occasions d’emploi.


L’emploi et l’aventure

Au Yukon, où le taux de chômage est le plus bas du pays (2,7 % en 2018), Guillaume n’a pas eu de difficulté à se trouver un emploi. « Je voulais sortir des grands centres comme Vancouver. J’étais cuisinier et c’était difficile d’y trouver un emploi décent, il y avait beaucoup de concurrence, raconte-t-il. Je suis venu au Yukon, car je cherchais quelque chose de différent. Et je savais que c’était quand même un pôle touristique. Je me doutais que je pourrais y trouver un emploi. »

Très vite, il est devenu guide pour une compagnie touristique locale.

Désormais Sourdough, c’est-à-dire ayant vécu un hiver complet au Yukon, il a choisi de quitter le monde du travail saisonnier et de se chercher un emploi plus stable. L’emploi qu’il a trouvé n’est pas des plus communs, encore moins pour un ressortissant français : Guillaume Sitter est maintenant Bud tender, ou autrement dit, vendeur spécialisé de cannabis, dans la boutique locale Triple J’s Canna Space.

Pour le moment, Guillaume Sitter a un visa vacances-travail. Mais il a commencé les pourparlers avec ses employeurs, car il envisage la résidence permanente. « Ici, on a besoin de travailleurs, donc on les respecte. Je me sens beaucoup plus respecté dans mon travail », explique-t-il.

Pour contrer le réchauffement climatique, chaque geste compte. C’est dans cette optique que Jessica Correa a mis en place la communauté «Random Acts of Green» (RAOG), il y a trois ans et demi. L’idée s’est depuis transformée en application mobile, que la créatrice a présentée à Charlottetown le 9 septembre.

L’incubateur d’entreprises Startup Zone de Charlottetown a accueilli deux groupes d’intéressés, le matin et le soir, qui ont bravé les relents de l’ouragan Dorian pour en apprendre davantage sur «chaque petit geste compte».

En cette « année des langues autochtones » décrétée par l’Organisation des Nations-Unies (ONU), la survivance de la langue ancestrale des ojicrees qui habitent la Première Nation de Constance Lake, dans le nord-est de l’Ontario, semble compromise. C’est du moins ce qui ressort des échanges avec l’agent culturel Standsinwater rencontré à l’occasion du pow-wow célébré annuellement en aout.

Le Nord (LN) : Parlez-nous du programme « Retrouver notre langue ».

Standsinwater (SiW) : Dans la communauté Premières Nations de Constance Lake, nous sommes en train de perdre notre langue. En tant qu’adulte de 60 ans, cela me préoccupe, car nous n’avons plus tellement d’ainés qui la parlent encore. Les gens de mon âge comprennent le cri, mais nous avons du mal à le parler. Ceux plus jeunes que moi ne le parlent pas du tout.

Pour leurs parents ou caretakers, le cri n’est plus la langue maternelle ; il est devenu leur langue seconde, la première étant l’anglais. Et cela nous inquiète beaucoup, nous autres de la vieille génération, et nous voulons faire quelque chose.

Nous avons donc formé un comité de personnes intéressées à retrouver et à maintenir notre langue. Présentement, nous réalisons un sondage et nous demandons aux gens ce qu’ils ressentent face au cri, s’il est important pour eux, s’ils en ont besoin, et quelle est leur langue native. Nous posons environ 30 questions aux vieux et aux jeunes de plus de 15 ans. Le comité cherche ainsi à savoir quelle est la situation réelle de la langue native dans notre communauté.

La Franco-Ontarienne Brigitte Noël a remporté, le 15 septembre, un Gémeau pour son reportage Des thérapies bidon pour guérir l’homosexualité. De plus, le Gémeau pour meilleure composante numérique pour une émission de séries de variété a été remis à la boite torontoise Machine Gum Productions.

Brigitte Noël a remporté le Gémeau du meilleur reportage original produit pour les médias numériques en collaboration avec son collègue vidéaste Matt Joycey du Journal de Montréal. Ce reportage consistait à infiltrer des organismes religieux québécois qui entretenaient des pratiques de réorientation sexuelle jugées douteuses. Publié novembre 2018, ce reportage a nécessité pas moins de quatre mois de travail.

La francophone originaire de Sturgeon Falls n’en est pas à son premier prix. En 2017, Brigitte Noël avait remporté le prestigieux prix Judith-Jasmin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour son article Les illusions et désillusions de la meute, alors qu’elle travaillait pour le média Vice.

Environ 54 % d’enseignants du niveau primaire ontariens auraient été victimes d’actes de violence durant l’année scolaire 2017-18. Un pourcentage «alarmant» affirment les chercheurs de l’Université d’Ottawa à qui se sont confiés près de 1700 professionnels du milieu.

Cette violence serait en croissance constante depuis quelques années, selon les professeurs responsables de l’étude Chris Bruckert et Darcy Santor. En 2005, un sondage de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) nous apprenait que 36 % des enseignants disaient avoir subi de l’intimidation par un élève — et 22 % par un parent — au moins une fois durant leur carrière.

«Les répondants à notre sondage rapportent des taux plus élevés dans la seule année 2017-18 que dans l’étude plus ancienne [de la FEESO] qui demandait aux enseignants de dire ce qu’ils ont vécu durant l’entièreté de leur carrière», écrivent les chercheurs.

Louis-Philippe Roy, chercheur yukonnais spécialisé dans l’étude du pergélisol pour Northern Climate ExChange du Collège du Yukon, s’est joint à une équipe internationale en avril dernier. Son objectif : étudier la situation du pergélisol sur les côtes de l’île Herschel, dans le Grand Nord du Yukon, et l’impact de ses variations sur l’environnement.

Louis-Philippe Roy se dresse au bord de l’océan Arctique, à l’extrême nord du Yukon, plus précisément sur la côte de Qikiqtaruk ou l’île Herschel. Là où certains ne voient qu’une étendue de glace et de neige, lui sait que le sol situé en dessous de lui est instable et qu’il dégèle à une vitesse préoccupante.

Chercheur en pergélisol au Northern Climate ExChange du Collège du Yukon, Louis-Philippe Roy étudie les sols gelés depuis 2012. Il a acquis une grande expérience dans les méthodes de recherche sur terrains complexes, notamment par climat froid. Son expertise se situe tout particulièrement sur les méthodes de forage de pergélisol pour l’échantillonnage.

Âgé de 30 ans, il a déjà à son actif des expéditions effectuées en Alaska, au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Originaire de Montréal, il a élu domicile à Whitehorse à la suite d’une visite estivale avec sa compagne. Comme beaucoup de Yukonnais, les grandes étendues et les occasions de profiter du plein air ont charmé le jeune couple qui a décidé de s’installer ici. «Je venais de terminer une maîtrise en paléogéomorphologie et palynologie», explique-t-il.

Récemment, il a fait partie du projet Nunataryuk. Il s’agissait de l’étape d’échantillonnage d’un projet quinquennal visant à déterminer les effets du dégel du pergélisol côtier et sous-marin sur le climat mondial.

Véritable bête de scène, Ulysse Girard brule les planches de Whitehorse depuis plusieurs années. Pour assouvir sa passion du standup, le Franco-Yukonais doit néanmoins se tourner vers Montréal.

Ulysse Girard navigue depuis plusieurs années sur la scène artistique locale de Whitehorse. Pourtant, même si le Yukon foisonne de culture, l’adolescent de 17 ans doit voyager tous les étés depuis trois ans à Montréal pour pratiquer sa passion du standup en français.

Fruit du hasard — ou du destin — Ulysse Girard n’avait jamais vraiment pensé devenir humoriste avant de s’inscrire à la période d’entrainement humoriste organisé par l’École nationale de l’humour (ENH). «J’avais 12 ou 13 ans quand j’ai commencé à regarder des humoristes à la télé. Par hasard, ma famille et moi sommes allés sur le site internet de l’ENH et c’était le premier jour de la première année où ils ont sorti le programme.»

Basée à Montréal, l’ENH offre la chance aux jeunes de 12 à 17 ans de pratiquer l’art subtil du comique. «Ils ont été ben surpris que le premier inscrit [au programme] ait été un Yukonais», se souvient en riant Ulysse.