Gilbert Dubé oeuvre dans le secteur du transport depuis plus de 30 ans, mais c'est la première fois qu'il vit une situation pareille. 
Gilbert Dubé oeuvre dans le secteur du transport depuis plus de 30 ans, mais c'est la première fois qu'il vit une situation pareille. 

Le regard d’un vétéran du transport

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Outre les questions sur la santé, la COVID-19 a généré une sorte de frénésie dans les magasins d’alimentation. Gilbert Dubé travaille dans le secteur du transport depuis plus de trente ans. C’est la première fois qu’il vit une situation pareille, au point de déjà penser à l’après-pandémie.

Propriétaire de l’entreprise Horizon International Distributors, qui opère dans le domaine du transport depuis 32 ans et qui compte une flotte de 35 camions pour 38 camionneurs, Gilbert Dubé a connu plusieurs crises dans cette industrie.

«La crise qui a eu le plus d’impact sur l’entreprise a été la récession de 2008. Forcément nos clients étaient dans la tourmente, et par conséquent nous aussi. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à quelque chose de nouveau : nos clients proviennent en majeure partie du secteur alimentaire, ils produisent de la viande de porc, bœuf, poulet et du fromage. Notre transport est donc nécessaire», explique Gilbert Dubé.

«Pour le moment, la pandémie n’a pas entrainé de gros changements au sein de ces entreprises. Mon plus gros problème, c’est qu’en rentrant de l’Arizona, je devrai me mettre en quarantaine», prévoit-il.

Le domaine du transport est l’un de ceux où il est pour ainsi dire impossible d’opter pour le travail à distance. Les chauffeurs doivent donc redoubler de prudence, surtout lorsqu’ils voyagent à l’extérieur du pays.

«En date du 17 mars, nos chauffeurs étaient toujours d’accord pour travailler et faire des livraisons aux États-Unis. Il est évident qu’ils doivent prendre les mesures nécessaires pour leur sécurité, mais on ne peut pas envisager du télétravail dans notre domaine. De plus, les chauffeurs sont payés à la livraison.»

La chaine d’approvisionnement n’est pas le souci

Les réactions de bien des consommateurs ont surpris Gilbert Dubé.

«Les personnes se ruent sur le papier toilette, le gel hydroalcoolique ou même le désinfectant. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi. En tout cas, les magasins ont toujours été approvisionnés correctement», assure-t-il.

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« Le problème, c’est les personnes qui se disent : on ne sait pas ce qui va arriver. Il vaut mieux que j’en achète beaucoup plus que d’habitude. Pourtant, personne n’a dit qu’on ne pourra plus faire nos épiceries! »
Gilbert Dubé, propriétaire de l’entreprise Horizon International Distributors

À son avis, la chaine d’approvisionnement n’est pas le souci dans les actuelles pénuries. Ce sont plutôt les personnes qui achètent en trop grosse quantité par rapport à leurs besoins quotidiens.

«Je sais que certains magasins ont décidé de réguler les achats des clients. Il faut imposer des quantités par famille ou par personne pour éviter la pénurie de certains biens», observe le vétéran du transport.

Le propriétaire d’Horizon International Distributors affiche cependant sa préoccupation pour l’après-pandémie.

«À ce point-ci, nous avons pas mal de travail. Avec le récent blocage des trains, nous avons dû faire face à une légère hausse d’activités, mais il faut penser à après le passage de la pandémie. Nous voyons en ce moment des restaurants qui ferment, des manufactures également», s’inquiète-t-il.


« Sans trop m’avancer, je peux imaginer qu’une crise économique est concevable. Toutes les industries vont être impactées par cette baisse d’activité, et il est possible que certains de nos clients soient affectés au point de devoir déclarer faillite. »
Gilbert Dubé, propriétaire de l’entreprise Horizon International Distributors

Cela pourrait entrainer des conséquences pour l’ensemble de la société, d’après Gilbert Dubé.

«Il y a un risque d’effet domino : si des entreprises de transport perdent leurs clients pour cause de faillite, elles pourraient à leur tour se voir contraintes de fermer leurs portes. Les clients restants devraient alors se tourner vers d’autres entreprises de transport. Il s’ensuivrait une plus forte demande dans notre secteur d’activités, au point où une hausse des couts de transport pourrait mettre certaines entreprises en difficulté», augure-t-il.

«Évidemment, tout ce scénario est hypothétique pour le moment.»

En ce temps de crise sanitaire et de pétrole à bas prix, le prix de l’essence devrait s’avérer un facteur favorable pour l’industrie du transport. Gilbert Dubé tient toutefois à nuancer cette perspective.

«Oui, le prix de l’essence est un avantage. Pas pour nous, mais pour nos clients, car les couts de transport prennent déjà en compte la fluctuation du prix du baril de pétrole. Le système de facturation en place permet la protection de l’industrie : quand l’essence augmente trop, nous n’avons pas à assumer tous les frais d’essence supplémentaires.»

Fruits et légumes : le casse-tête

Gilbert Dubé tient à souligner que les fruits et les légumes sont les denrées les plus difficiles à transporter.

«Chaque légume, chaque fruit demande une température de conservation particulière. Par exemple, les bananes doivent être entreposées à 56° Farenheit (environ 13 ° Celsius) sinon elles s’abiment. C’est un fruit délicat.

«Il faut donc réfléchir aux fruits qui peuvent voyager ensemble. Il faut être très vigilants, parce que parfois les clients ne nous précisent pas quel fruit nous devons transporter ou à quelle température la marchandise doit être conservée. Les fruits et les légumes demandent plus de travail et de logistique.»

Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – L’arrivée des travailleurs étrangers temporaires suscite beaucoup de questions depuis les dernières semaines, avec les mesures de confinement mises en place pour tout Canadien revenant de l’étranger. Le premier ministre, Justin Trudeau, a assuré aux producteurs et commerçants qu’il ne devrait pas y avoir de problème si les travailleurs effectuaient une quarantaine obligatoire de 14 jours à leur arrivée au pays.

Plusieurs communautés dans les Territoires du Nord-Ouest s’inquiètent de l’impact du réchauffement climatique sur leurs cimetières.
Pâques

FRANCOPRESSE – Historiquement religieuse, la fête de Pâques est aujourd’hui dominée en grande partie par son aspect commercial. Le chocolat a pris le dessus sur le jeûne du Vendredi saint et la messe dominicale, mais le congé pascal n’a pas forcément perdu toute sa symbolique. Martin Meunier, professeur de sociologie des religions à l’Université d’Ottawa, répond aux questions de Francopresse.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Impacts genrés

FRANCOPRESSE – Alors que la crise de la COVID-19 fait la Une de tous les médias, que les secteurs scientifiques et politiques luttent ensemble pour trouver les moyens d’en sortir, une réalité se laisse facilement oublier : les conséquences sociales de la pandémie touchent plus durement les femmes, dénoncent plusieurs expertes.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

Pour les parents d’enfants autistes de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’école à la maison est loin d’être une solution en période de confinement. Entre le manque de ressources pédagogiques et l’angoisse exacerbée des enfants, les familles tentent de relever le défi.
COVID-19

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.
Ontario

La question des abattoirs irrite plus d’un fermier dans le Nord-Est de l’Ontario. Ils ne peuvent pas vendre leur viande dans les épiceries à grande surface ou les chaines d’alimentation rapide, car ces entreprises n’achètent que de la viande d’abattoirs inspectés par le fédéral, peu nombreux et éloignés. La viande d’animaux provenant d’abattoirs inspectés par la province, comme c’est le cas dans le Nord-Est, peut être distribuée uniquement en Ontario et seulement dans les épiceries indépendantes, les restaurants familiaux.