Le Centre de bienêtre Inuusirvik sera le premier établissement dans ce genre au Nunavut.
Le Centre de bienêtre Inuusirvik sera le premier établissement dans ce genre au Nunavut.

Le bienêtre de la communauté d’Iqaluit au cœur d’un important projet

Karine Lavoie
IJL - Réseau.Presse - Le Nunavoix
IJL LE NUNAVOIX (Nunavut) – Malgré le contexte pandémique actuel et certaines difficultés reliées au financement, les démarches pour la construction d’un Centre de bienêtre communautaire à Iqaluit se poursuivent.

Depuis quelques années, le Centre de recherche en santé Qaujigiartiit (QHRC) déploie de l’énergie à la planification et à la réalisation du projet du Centre de bienêtre communautaire Inuusirvik, situé à Iqaluit.

Situé au centre-ville d’Iqaluit, ce centre sera le premier établissement dans ce genre sur le territoire. Axé sur une approche mettant de l’avant la philosophie inuite du bienêtre, il regroupera des services qui viendront répondre aux enjeux prioritaires concernant la santé physique et mentale des Nunavummiuts.

«Nous prévoyons que le projet aura un impact positif sur les résultats liés à l’accès aux programmes de la petite enfance, aux services de counseling inuits, aux programmes de soutien à l’éducation des enfants et aux parents, à des centres de recherche, de formation et d’évaluation communautaires plus solides et à une diversité de services holistiques dirigés par la communauté, pour la communauté», résume Gwen Healey Akearok, directrice générale et scientifique du Centre de recherche en santé Qaujigiartiit.

Bien que les promoteurs se butent à certaines difficultés reliées à la reconnaissance du besoin d’un tel établissement sur le territoire ainsi qu’à la recherche de financement, l’ouverture du centre demeure souhaitée pour mars 2023.

Des services nécessaires et novateurs

Ce modèle d’entreprise sociale centré sur la famille vise à fournir des programmes et des services de mieux-être à la communauté.

«Nous cherchons à acquérir des fonds pour tester un modèle de programmes et de services novateurs, autonomes, holistiques et axés sur la communauté dans le but de le reproduire dans d’autres collectivités du Nord et dans l’Arctique. Il s’agit d’un besoin identifié par toutes nos communautés du Nunavut et par d’autres communautés du Nord», affirme Gwen Healey Akearok.

L’établissement construit sur deux étages possèdera une superficie de 9000 pieds carrés et ses utilisateurs, qui entreront dans un espace en forme de cercle en référence à un tambour, se dirigeront par la suite vers le bureau offrant le service désiré. Le centre comportera un espace de réunion, la garderie Tasiuqtigiit, les bureaux de la Société Ilisaqsivik ainsi que le Centre de recherche en santé Qaujigiartiit.


« Cet espace concerne l’actualisation de l’autodétermination des Inuits pour atteindre la santé et le bienêtre. Il s’agit d’un projet communautaire à but non lucratif. »
Gwen Healey Akearok, directrice générale et scientifique du Centre de recherche en santé Qaujigiartiit

Faire reconnaitre l’importance du projet

Selon Gwen Healey Akearok, bien que les centres de bienêtres communautaires soient une voie éprouvée pour améliorer le mieux-être dans une communauté, il demeure difficile d’obtenir du soutien financier. 

«Nous recherchons du financement pour le bâtiment et pour le modèle de prestation de programmes et de services afin de nous aider avec ce projet de démonstration qui place les besoins de la communauté au cœur d’un centre de bienêtre communautaire indépendant à Iqaluit, avec l’intention qu’il soit autosuffisant pour soutenir le mieux-être communautaire à long terme», indique-t-elle.

Toujours selon Gwan Healey Akearok, ce type de projet ne bénéficie pas d’une grande popularité auprès des bailleurs de fonds.


« De tels espaces sont nécessaires dans tout le Nunavut et dans le Nord. Cependant, en raison de priorités concurrentes, elles sont rarement une priorité pour les dépenses en capital et elles ne répondent pas aux critères fixés par les prêteurs typiques. Ils ne sont pas non plus accrocheurs comme les technologies numériques, les applications ou les projets multimédias. »
Gwen Healey Akearok

Les dernières étapes à franchir

La recherche de financement représente un élément clé vers l’aboutissement du projet, d’autant plus qu’en raison de la pandémie de la COVID-19, la facture entourant la réalisation du projet a bondi de 4 M$ à 10 M$.

«Nous avons obtenu un don de 1 M$ et nous avons reçu 225 000 $ de l’Agence canadienne de développement économique du Nord l’an dernier pour terminer les plans architecturaux. Nous avons soumis des propositions à d’autres ministères fédéraux et nous avons une page GoFundMe», précise Gwen Healey Akearok qui affirme qu’elle compte privilégier l’utilisation de la main-d’œuvre locale afin de réduire les couts.

La collecte GoFundMe au nom de Inuusirvik Community Wellness Hub a, quant à elle, permis de récolter à ce jour 2 700 $ sur un objectif de 1 500 000 $.

Au mois de mars dernier, la signature du bail foncier du centre a été réalisée. Il est également prévu au courant de la période estivale de déplacer les deux propriétés qui se trouvent à l’endroit du futur site et d’y préparer la plateforme qui accueillera l’installation.