Se promener dans la nature est une manière de prendre soin de soi-même selon la professeure de psychologie Nafissa Ismail.
Se promener dans la nature est une manière de prendre soin de soi-même selon la professeure de psychologie Nafissa Ismail.

L’après-COVID-19 : vague de dépression, d’anxiété et de stress posttraumatique en vue

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.

La directrice générale de la filiale montréalaise de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), Geneviève Fecteau, constate que les lignes d’aide reçoivent plus d’appels qu’en temps normal.

Mme Fecteau se dit ravie de voir le gouvernement fédéral lutter pour la santé mentale en investissant dans des organismes communautaires et en réduisant le stress financier en offrant une prestation aux étudiants qui ne peuvent pas trouver d’emploi, aux employés licenciés et aux contractuels sans revenus. Mais elle croit que le gouvernement devrait accorder les mêmes sommes en santé mentale qu’en santé physique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Professeure de psychologie de l’Université d’Ottawa, Nafissa Ismail croit que les gouvernements provinciaux ont bien réagi en créant des lignes d’aide et en facilitant l’accès aux psychologues.

«Selon ce que j’entends, ce sont de très, très bons services qui sont faciles d’accès», dit-elle en soulignant qu’avant la pandémie de COVID-19, la santé mentale était souvent laissée de côté par les gouvernements.

Geneviève Fecteau salue les investissements du gouvernement fédéral en santé mentale, mais elle voudrait voir ce dernier accorder autant d’argent en santé mentale qu’en santé physique.

L’ampleur de la vague

Pour l’instant, il est difficile de prédire l’ampleur que prendra cette vague. Il n’existe aucun modèle ni aucune situation antérieure suffisamment semblable selon Mme Ismail.

Elle estime que tous sont susceptibles de souffrir de stress posttraumatique, d’anxiété et de dépression et que l’environnement de chacun jouera un rôle déterminant.

«Tout le monde est train de vivre ça avec beaucoup de stress, beaucoup d’anxiété. Ce n’est peut-être pas agréable, mais il y a certaines personnes que finalement ça arrange. Ils sont très contents de travailler de la maison puis tout va très bien. C’est pour ça que je dis que l’environnement va vraiment venir jouer un rôle important.»

Selon Geneviève Fecteau, certains groupes sont plus à risque que d’autres, notamment les entrepreneurs.

«Ils portaient sur leurs épaules beaucoup de poids, la survie de leur entreprise. Bien souvent, ce sont des projets qui sont l’aboutissement d’une vie entière. Ce sont des rêves ou des passions qui peuvent venir s’effacer du jour au lendemain.»

Mme Fecteau précise que les travailleurs de première ligne demeurent les plus susceptibles de souffrir de stress posttraumatique. Ils ont travaillé de longues heures et peuvent s’être sentis impuissants de guérir certains malades.

Les travailleurs de première ligne sont parmi les plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé mentale reliés à la pandémie.

À l’université

Pandémie de COVID-19, cours en ligne, sécurité alimentaire des étudiants ; la liste des tâches de la présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Mélinda Prince, n’a cessé de s’allonger en mars et en avril. De plus, l’étudiante devait terminer ses propres travaux universitaires, un stress parmi tant d’autres.

Après avoir transféré les cours sur le Web à la mi-mars, l’université a permis à ses étudiants d’obtenir les crédits pour les cours entamés sans avoir à terminer les derniers travaux et sans recevoir de note. Cette option, qui apparait sur le relevé de notes des étudiants comme «critère de succès ou d’insuccès», Mme Prince l’a prise.

«Que l’université nous ait donné cette option-là, ça a vraiment été une belle chose pour les étudiants. Ça a vraiment aidé à alléger le fardeau, le stress en temps de pandémie», témoigne la présidente de la FÉÉCUM.

Pour bien des étudiants dans de nombreuses universités canadiennes, l’annonce des cours virtuels signifiait non seulement un nouveau lieu d’apprentissage, mais aussi un déménagement. Bien des universités demandaient aux étudiants vivant en résidence de déménager si c’était possible pour éviter de créer un nouveau foyer de contamination.

Plusieurs établissements postsecondaires au pays ont permis aux étudiants d’obtenir les crédits de leurs cours sans avoir à terminer les derniers travaux. Mme Prince croit que cette décision a aidé bien des étudiants qui ont dû déménager à s’adapter à leur nouvelle routine sans pour autant se préoccuper de leurs résultats universitaires.

À l’Université de Moncton, plusieurs étudiants restés dans la région ont aussi eu recours à la banque alimentaire et au service de santé psychologique.

Les professeurs eux aussi ont dû s’adapter à ce virage virtuel brusque. «Pour les professeurs, ça nous manque. Ce n’est pas du tout la même dynamique du tout, du tout. On aime avoir nos étudiants autour de nous. On aime pouvoir leur parler face à face. La rétroaction qu’ils nous offrent avec leur visage quand on est en train d’enseigner, c’est extrêmement important», indique la professeure Nafissa Ismail de l’Université d’Ottawa.

Nafissa Ismail est professeure de psychologie à l'Université d'Ottawa.

S’aider soi-même

Statistique Canada révélait le 12 mai que la majorité des Canadiens auraient pris soin de leur santé mentale pendant le confinement. Par exemple, neuf Canadiens sur dix auraient parlé à un proche et six sur dix auraient fait de l’exercice.

Mme Ismail trouve encourageant que les Canadiens aient pris soin d’eux-mêmes. Elle affirme que c’est dans ce but que les autorités ont pris la décision d’ouvrir les parcs.

«On sait que ça aide énormément la santé mentale de prendre des marches dans la nature, d’être parmi les arbres, le bruit des oiseaux. Tout ça nous aide à nous calmer», indique-t-elle.

Selon Geneviève Fecteau, de l’ACSM, il est important qu’une personne prenne soin d’elle-même, mais la bonne santé mentale ne se résume pas qu’à ça.

«Il y a tellement d’éléments qui viennent jouer, autant dans ce qui peut se passer dans notre vie que dans l’environnement. Je trouve ça très lourd de mettre la responsabilité sur une personne, de dire : “elle prend soin d’elle-même donc elle va être en bonne santé mentale”.»

Il est essentiel que les services de santé mentale soient accessibles et financés adéquatement pour pouvoir aplatir la courbe de cette nouvelle vague, selon Mme Fecteau.

«Ce ne sera pas une hécatombe. On a tout ce qu’il faut pour passer au travers.»

Racisme systémique

LE FRANCO (Alberta) – Le meurtre de Georges Floyd sous le genou d’un policier, ce 25 mai aux États-Unis a soulevé une vague d’indignation et de rassemblements à travers le monde. D’Edmonton à Calgary, où se sont tenues des manifestations, les personnes touchées par le racisme témoignent.
Un droit des commerçants?

FRANCOPRESSE – Le premier ministre de l'Ontario affirmait vendredi qu'il n'allait pas imposer le port du masque à la grandeur de la province. Doug Ford a tout de même affirmé le mois dernier que les commerçants avaient le droit de refuser des clients ne portant pas le masque, une pratique communément appelée no mask, no service. Les supermarchés T&T et Longos et le service de transport en commun d’Ottawa, OC Transpo, obligent leurs clients à porter le masque, tandis que la Commission de transport de Toronto (CTT) fera de même à compter du 2 juillet. Au Canada, un commerçant peut-il vraiment refuser l’entrée à un client qui ne porte pas le masque? La réponse est bien plus nébuleuse que ce qu’a lancé le premier ministre ontarien. Dans le cas de personnes ne pouvant pas porter le masque pour des raisons médicales, les cartes sont brouillées.
Statues

À la suite des manifestations antiracistes, plusieurs citoyens de Charlottetown appellent la Ville à enlever la statue de Sir John A. Macdonald, située à l’entrée de Victoria Row. Le conseil municipal doit trancher la question le 24 juin prochain. Déboulonner le bronze ou installer un panneau explicatif? Les avis sont partagés.
COVID alerte

L’Ontario sera la première province canadienne à tester une nouvelle application mobile de traçage des cas de COVID-19. L’application, qui sera provisoirement appelée COVID alerte, permettra d’aviser les personnes qui l’ont téléchargée s’ils ont croisé une personne ayant contracté le virus.
Pandémies

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Fermeture des lieux publics, rassemblements interdits, quarantaine, port du masque… Ces mesures ne sont pas nouvelles pour la Saskatchewan qui a connu la grippe espagnole un siècle plus tôt, perdant quelque 5 000 habitants entre 1918 et 1920. Si la médecine n’était pas aussi avancée à l’époque, les stratégies mises en place pour endiguer la maladie ont inspiré les politiques sanitaires actuelles contre la COVID-19. Retour sur la pandémie la plus meurtrière du 20e siècle.
Racisme systémique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.
Grand Subdury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Si une reprise économique est nécessaire après la pandémie pour éviter l’écroulement de la société, elle doit se faire en développant parallèlement une économie plus verte et durable. C’est l’un des constats que l’on peut retenir d’une conférence en français présentée sur la page Facebook de Science Nord, avec des professeurs de l’Université Laurentienne, le 3 juin.
Linguistique

FRANCOPRESSE – Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.
Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.