Philippe Etter, producteur laitier de Sarsfield, embauche deux travailleurs étrangers temporaires pour l’aider dans ses tâches. On le voit (à gauche) accompagné de Juilson et Fredy.
Philippe Etter, producteur laitier de Sarsfield, embauche deux travailleurs étrangers temporaires pour l’aider dans ses tâches. On le voit (à gauche) accompagné de Juilson et Fredy.

La main-d’œuvre étrangère arrivera-t-elle?

Roxanne Lormand
Agricom
AGRICOM (Ontario) – L’arrivée des travailleurs étrangers temporaires suscite beaucoup de questions depuis les dernières semaines, avec les mesures de confinement mises en place pour tout Canadien revenant de l’étranger. Le premier ministre, Justin Trudeau, a assuré aux producteurs et commerçants qu’il ne devrait pas y avoir de problème si les travailleurs effectuaient une quarantaine obligatoire de 14 jours à leur arrivée au pays.

Le premier ministre a également souligné que les travailleurs qui présenteraient des symptômes ne pourraient pas monter à bord des avions pour arriver au Canada. Toutefois, les communications avec les producteurs ne sont pas claires et plusieurs vivent dans l’incertitude depuis.

Au Canada, plus de 45 000 emplois sont comblés en moyenne chaque année par des travailleurs étrangers temporaires (TET). Selon les dernières données de Statistique Canada, plus de 41 600 emplois dans le domaine agricole sont ainsi comblés : plus de 92 % des TET se retrouvent en agriculture.

Les cultures en serre et les productions de fruits et légumes ont besoin à eux seuls de plus de la moitié de ces travailleurs. L’exploitation de certaines entreprises en dépend. C’est le cas pour Michel Deschatelets de Leisure Farms, qui attend trois vagues de travailleurs étrangers temporaires cette année pour l’aider dans ses cultures. L’entreprise maraichère produit fruits et légumes depuis 38 ans et emploi des TET depuis plus de 16 ans maintenant.

«Normalement, mes premiers travailleurs arrivent du Mexique autour du 24 avril», explique Michel, aussi connu sous le nom de Mitch Deschatelets. Il souhaite mettre l’accent sur sa production et son entreprise qui se sont ont remarquablement agrandies depuis qu’il embauche des TET.

«C’est eux qui créent beaucoup d’emplois pour les Canadiens. J’ai besoin de gens pour la plantation et les récoltes, mais pas pour les ventes et d’autres postes par exemple […] depuis qu’on a commencé à embaucher des travailleurs, on peut embaucher plus de gens d’ici pour d’autres postes», souligne Mitch, dont l’entreprise a bonne réputation dans le Nord de l’Ontario.