Partout au pays, un certain consensus s’est installé : cette année, la fête du Canada fera place à un moment de réflexion face au sort des Autochtones du pays.
Partout au pays, un certain consensus s’est installé : cette année, la fête du Canada fera place à un moment de réflexion face au sort des Autochtones du pays.

Fête du Canada : l’heure est-elle vraiment à la fête?

Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local - Le Droit
IJL LE DROIT (Ottawa) – Partout au pays, un certain consensus s’est installé : cette année, la fête du Canada fera place à un moment de réflexion face au sort des Autochtones du pays. Faut-il annuler les festivités pour autant? Les chefs de partis politiques à Queen’s Park hésitent à se prononcer fermement.

«J’aimerais pouvoir souhaiter une joyeuse fête du Canada à tout le monde. Mais je ne peux pas», a déclaré le néodémocrate Sol Mamakwa, seul député membre des Premières Nations en Ontario, qui demande à la population de réfléchir profondément au sort des Autochtones au pays, plutôt que de célébrer la fête du Canada.

Selon le NPD?

Est-ce que son parti, le Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Ontario, croit aussi que les festivités de la fête du Canada doivent être annulées? Questionnée à ce sujet, la cheffe Andrea Horwath n’a pas voulu prendre position.

«Je pense que les communautés doivent avoir ces conversations elles-mêmes, et prendre leur propre décision. J’encourage les leadeurs communautaires au niveau municipal à avoir ces conversations avec leurs résidents, et à profiter de la fête du Canada pour réfléchir à l’impact du système d’écoles résidentielles […].»

Celle-ci a fait part de sa grande admiration pour Sol Mamakwa, lui-même un survivant des pensionnats autochtones.


« Je sais que plusieurs communautés tiennent cette conversation, qu’elles ont consulté les peuples autochtones, et qu’elles décident des démarches à suivre. En plus, on lutte encore contre la COVID-19, alors les célébrations ne seront pas les mêmes. Plusieurs Canadiens sont dans une humeur réflective. »
Andrea Horwath, cheffe du Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Ontario

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Et les libéraux?

Le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca, se joint à ceux qui jugent que la fête du Canada doit être un moment pour penser au travail qu’il reste à faire.

«J’aime beaucoup mon pays et ma province, mais nous avons clairement encore beaucoup de travail à faire sur la voie de la réconciliation, a-t-il déclaré dans un courriel envoyé au Droit. Il incombe à chacun d’entre nous de réfléchir à notre passé cette année et de soutenir les peuples autochtones alors que nous pleurons tous ceux qui ont été perdus dans les pensionnats.»

Steven Del Duca n’a toutefois pas non plus voulu se prononcer sur la question de l’annulation des festivités.

«C’est une tragédie absolue. Mon cœur souffre, a déclaré le premier ministre Doug Ford en conférence de presse, lundi. Nous sommes là pour vous, vous pouvez compter sur nous», a-t-il assuré, sans pour autant prendre position en soi sur les célébrations.

«Moment de réflexion»

Même si Doug Ford demande lui aussi aux Canadiens d’utiliser la journée de jeudi comme un «moment de réflexion», une chose est certaine : «Nous n’allons pas dicter aux gens comment célébrer la fête du Canada», a fait savoir au Droit l’attachée de presse de Doug Ford, Ivana Yelich.

Si les gens veulent faire exploser des feux d’artifice, ce n’est donc pas le premier ministre ontarien qui les en dissuadera.