Ethel Côté (à droite) accompagne des organismes qui veulent s’investir en innovation sociale.
Ethel Côté (à droite) accompagne des organismes qui veulent s’investir en innovation sociale.

Ethel Côté, en toute solidarité

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.

Elle est née en pleine Révolution tranquille au Québec. C’était sans doute déjà un signe que l’engagement occuperait une grande place dans son parcours! Avec un père travailleur social et une mère au foyer, mais engagée dans sa communauté, ses parents ont montré à la jeune Ethel à être ouverte à l’autre.

Au Québec, «très jeune, j’ai été au contact d’étrangers, d’autres cultures», se souvient-elle. L’autre, c’était par exemple l’ex-détenu accueilli à la maison, parce que le père d’Ethel croyait en la réhabilitation sociale.

Puis arrive le déménagement en Ontario à l’âge de 15 ans, à la suite d’une promotion de son père dans la capitale canadienne. Fin des repères, sauf pour la langue à l’école. C’est surtout le début du combat d’Ethel Côté pour faire respecter les droits des francophones.

«Moi, j’étais de la génération où les cours de chimie et de math étaient en anglais.» Quand on a voulu rendre l’école d’Ethel entièrement anglophone, l’adolescente a rué dans les brancards. Élue présidente du conseil étudiant de son école par ses pairs, elle a foncé. «Je donnais des entrevues en anglais au Citizen!»

Mère de famille très jeune, elle a par la suite atteint «le fond du baril», selon sa propre expression. Mais c’est aussi à ce moment-là qu’elle a commencé à s’intéresser aux coopératives d’habitation, aux garderies. «Vous savez, il y a un fond au baril. On remonte. Il y a toujours des solutions. Il ne faut jamais baisser les bras», philosophe Ethel Côté.

De fil en aiguille, cette volonté de toujours s’en sortir et de privilégier l’autonomie l’a amenée à occuper des postes de direction, comme au Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) à la fin des années 1990.

Le père d’Ethel Côté, Jean-Luc Côté, a joué un rôle important dans le développement de l’esprit solidaire de sa fille.

Innovation, passion et coopération avant et après la pandémie

Loin du discours de victimisation, Ethel Côté encourage d’abord et avant tous les organismes à diversifier leurs sources de revenus. Oui, grâce aux subventions, mais les entreprises devraient à son avis s’assurer d’une certaine indépendance financière.

C’est le message qu’elle partage quand elle accompagne, notamment à titre de consultante avec sa boite MécènESS, des organismes ou des groupes de femmes, ici comme en Afrique, qui veulent s’investir entre autres dans l’innovation sociale.

Alors que le confinement actuel favorise beaucoup de formations à distance, c’est un moyen avec lequel Ethel Côté était déjà familière bien avant le coronavirus. À titre de présidente et fondatrice en 2017 de l’Institut social, webinaires, blogues et formations virtuelles font partie de sa programmation depuis le début. On y donne des ateliers destinés à ceux et celles qui veulent développer leur leadeurship collaboratif dans des domaines aussi divers que la culture, le social, l’économie et l’environnement.

S’il y a une chose dont elle est certaine, c’est que la crise actuelle va amener «un éveil du social dans une logique collective. Combien de personnes font maintenant la promotion de l’achat local ; c’est ça qui me fait carburer présentement! On est en train de remettre le système en question.»

Le confinement ne l’arrête pas. Pour preuve, via MécènESS, Ethel Côté offre à distance des ateliers gratuits en innovation et entrepreneuriat social pour les personnes qui veulent développer des projets sortant des sentiers battus ou qui veulent développer une idée ou une entreprise sociale.

La présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective et ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO), Ethel Côté.

La Françoise David de l’Ontario

L’expression la fait sourire. «Je l’ai connue au tout début de sa carrière, à l’époque de la Fédération des femmes canadiennes-françaises. Son discours, taboire! Ça avait tellement de bon sens!»

Si elle partage les valeurs de gauche de l’ex-députée et porte-parole de Québec solidaire, il y a une chose qu’elle n’a pas faite comme Françoise David : l’engagement politique. Peut-être l’aurait-elle fait si elle était restée au Québec. Regrette-t-elle pour autant d’avoir fait sa place en Ontario? Oh que non! «On est super bien ici en francophonie!»

Le développement communautaire a amené Ethel Côté à explorer divers horizons, comme la culture. «Les artistes franco-ontariens nous montrent qu’ils peuvent créer avec un 25 cents divisé en quatre!» D’où son engagement il y a quelques années avec La Nouvelle Scène Gilles Desjardins, espace théâtral situé sur la rue King Edward à Ottawa. Un lieu qui a su innover en regroupant pas moins de quatre compagnies théâtrales.

Elle a appris aussi de Françoise David et de divers mentors que seule, on ne change pas le monde. «Avec l’âge, on se rend compte qu’on a des contacts. On est plus stratégique.»

Y a-t-il des rêves qu’Ethel Côté voudrait encore réaliser? «J’aimerais écrire un livre pour mettre en lumière ce qui se fait de beau dans la communauté. J’aimerais aussi qu’il y ait une université gratuite, accessible à tous et à toutes. Et puis, j’aimerais encore faire de l’accompagnement pour rendre du contenu accessible. Je n’ai pas les millions de Bill Gates, mais j’ai des milliards d’informations dans ma tête et mon cœur à partager!»

Racisme systémique

LE FRANCO (Alberta) – Le meurtre de Georges Floyd sous le genou d’un policier, ce 25 mai aux États-Unis a soulevé une vague d’indignation et de rassemblements à travers le monde. D’Edmonton à Calgary, où se sont tenues des manifestations, les personnes touchées par le racisme témoignent.
Un droit des commerçants?

FRANCOPRESSE – Le premier ministre de l'Ontario affirmait vendredi qu'il n'allait pas imposer le port du masque à la grandeur de la province. Doug Ford a tout de même affirmé le mois dernier que les commerçants avaient le droit de refuser des clients ne portant pas le masque, une pratique communément appelée no mask, no service. Les supermarchés T&T et Longos et le service de transport en commun d’Ottawa, OC Transpo, obligent leurs clients à porter le masque, tandis que la Commission de transport de Toronto (CTT) fera de même à compter du 2 juillet. Au Canada, un commerçant peut-il vraiment refuser l’entrée à un client qui ne porte pas le masque? La réponse est bien plus nébuleuse que ce qu’a lancé le premier ministre ontarien. Dans le cas de personnes ne pouvant pas porter le masque pour des raisons médicales, les cartes sont brouillées.
Statues

À la suite des manifestations antiracistes, plusieurs citoyens de Charlottetown appellent la Ville à enlever la statue de Sir John A. Macdonald, située à l’entrée de Victoria Row. Le conseil municipal doit trancher la question le 24 juin prochain. Déboulonner le bronze ou installer un panneau explicatif? Les avis sont partagés.
COVID alerte

L’Ontario sera la première province canadienne à tester une nouvelle application mobile de traçage des cas de COVID-19. L’application, qui sera provisoirement appelée COVID alerte, permettra d’aviser les personnes qui l’ont téléchargée s’ils ont croisé une personne ayant contracté le virus.
Pandémies

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Fermeture des lieux publics, rassemblements interdits, quarantaine, port du masque… Ces mesures ne sont pas nouvelles pour la Saskatchewan qui a connu la grippe espagnole un siècle plus tôt, perdant quelque 5 000 habitants entre 1918 et 1920. Si la médecine n’était pas aussi avancée à l’époque, les stratégies mises en place pour endiguer la maladie ont inspiré les politiques sanitaires actuelles contre la COVID-19. Retour sur la pandémie la plus meurtrière du 20e siècle.
Racisme systémique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.
Grand Subdury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Si une reprise économique est nécessaire après la pandémie pour éviter l’écroulement de la société, elle doit se faire en développant parallèlement une économie plus verte et durable. C’est l’un des constats que l’on peut retenir d’une conférence en français présentée sur la page Facebook de Science Nord, avec des professeurs de l’Université Laurentienne, le 3 juin.
Linguistique

FRANCOPRESSE – Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.
Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.