Des chiffres sur la solitude et l’isolement social Angus Reid : Les Canadiens aimeraient passer plus de temps avec les leurs

Alors que l’été est souvent synonyme de ressourcement et de rencontres multiples, l’institut de recherche Angus Reid est allé à contre-courant. Il vient de sortir une intéressante étude donnant un index sur la solitude et l’isolement social au Canada. Les francophones en seraient-ils plus atteints que les autres ?

En introduction, l’institut basé à Vancouver définit d’abord les différences entre solitude et isolement social. Ce dernier peut être décrit de façon objective, lié à divers comportements sociaux tels le nombre de contacts avec les autres ou les actions faites auprès des autres. Par contre, la solitude est avant tout subjective. Selon la recherche menée par Angus Reid, en collaboration avec Cardus, un autre institut de recherche canadien, la solitude est un «décalage entre la quantité et la qualité de relations interpersonnelles qu’une personne a véritablement et ce qu’elle souhaiterait avoir.» Autrement dit, dans une salle pleine de gens, une personne peut ne pas être isolée, mais se sentir terriblement seule.


Les groupes à risque

Grosso modo, l’étude révèle qu’un peu plus de 60 % des Canadiens disent qu’ils aimeraient que leurs amis et leur famille passent plus de temps avec eux. De l’autre côté du spectre, seulement 14 % des personnes interrogées décrivent leur vie sociale comme très bonne. En fait, pour l’ensemble des questions posées, le groupe le plus choyé de l’étude représente 22 % des personnes sondées et est associé aux gens susceptibles d’être mariés, d’avoir des enfants et de gagner 100 000 $ ou plus. Est-ce vraiment surprenant?

Alors, qui est en situation de faiblesse par rapport à l’index sur la solitude et l’isolement social (ISIS)? Les gens de plus de 55 ans avec un revenu de moins de 50 000 $, les minorités visibles, les Autochtones, les personnes faisant partie du groupe LGBTQ2.

Dans cet index divisé en cinq groupes allant du solitaire au plus entouré, les chercheurs de chez Angus Reid mentionnent également que certains moyens peuvent aider à briser l’isolement. Selon Angus Reid, les activités liées à la foi comme la prière ou la fréquentation aux offices religieux aident à diminuer le sentiment de solitude. Pour les plus technos, utiliser des médias sociaux, texter ou se servir d’appels vidéos aide à rester branchés avec la famille et les amis.

Et les francos dans tout ça?

Bien que l’étude ne fasse pas mention des francophones en milieu minoritaire et de leur degré de solitude, celle-ci intéresse certains organismes bien au fait d’une telle situation.

Du côté de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Sue Duguay, la présidente, affirme que c’est «un sujet dont on parle. C’est certain qu’on peut se sentir plus isolé en milieu minoritaire.»

Pour la présidente, contacter des organismes jeunesse des différentes provinces et territoires comme ceux regroupés par la Fédération, c’est souvent un premier pas pour briser l’isolement. «Nous sommes très conscients du concept des multiples minorités, qu’on soit, par exemple, francophone issu de l’immigration en plus de faire partie des LGBTQ2. Heureusement, les nombreuses activités de nos organismes font en sorte qu’on essaie de joindre beaucoup de jeunes.»

À l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, la directrice générale, Soukaina Boutiyeb, n’est pas surprise de certaines conclusions de l’étude d’Angus Reid à savoir, par exemple, que les immigrants ou les Autochtones sont plus susceptibles d’être isolés socialement. Les femmes n’y échappent pas. Ainsi, certaines données démontrent clairement que les aidants naturels, qui sont souvent des femmes, vont donner de leur temps, mais vont prendre rarement du temps pour elles. Même chose pour les femmes victimes de violence. Elles sont souvent isolées. «C’est ce type de clientèle qu’on perd malheureusement.»

Que fait l’Alliance dans de tels cas? Essentiellement organisme porte-parole, l’Alliance a toutefois de nombreux partenaires. Mme Boutiyeb cite notamment une ressource comme Pluri-Elles au Manitoba, qui se spécialise dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’économie, de la culture, de la santé et des services sociaux. Ce type d’organisme aide les femmes à briser l’isolement en donnant, par exemple, des cours sur l’alphabétisation.

Si l’étude d’Angus Reid mentionne peu les femmes, la directrice générale souligne au passage que vers la mi-septembre, l’Alliance dévoilera justement sa propre enquête sur les besoins des femmes. «Il manque d’études ciblées sur les femmes francophones.» Mi-septembre, mais ce sera à un mois des élections! Est-ce que l’isolement social des francophones et des femmes en particulier pourrait être un enjeu social? «Je l’espère!», laisse tomber la DG d’une voix chaleureuse.

Histoire des Noirs

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL —APF (Atlantique) — Les Canadiens d’origine africaine sont présents depuis très longtemps au Nouveau-Brunswick et sont actifs dans la communauté francophone de Saint-Jean. Bref rappel de l’histoire méconnue des Noirs loyalistes de la province.


En juin prochain, l’organisation New Brunswick Black History Society célèbrera ses 10 ans d’existence. Affiliée à l’organisme communautaire PRUDE Inc. (Pride of Race, Unity and Dignity through Education), celle-ci retrace et documente des siècles d’histoire peu connue du grand public.

Pour Ralph Thomas, coordinateur de projets chez New Brunswick Black History Society et président de PRUDE Inc., l’expérience qu’il a vécue au conseil d’administration du village historique de King’s Landing a rallumé sa flamme de retracer l’histoire des Noirs loyalistes en Atlantique : «Il n’y avait rien sur l’histoire des Noirs. Nous savions que la famille Gordon, dont la maison était située à Fredericton, était d’origine afro-américaine et qu’il y avait un certain intérêt de la mettre en valeur […]. Celle exposée à King’s Landing est identique parce que nous avions à notre disposition les plans de construction de l’originale.»

Santé

FRANCOPRESSE – Les messages apparaissent accompagnés d’émojis souriants à l’écran : «C’est comme une tarte citron pistache, un régal!» ou bien encore : «Chaque saveur que je goute est encore meilleure!» Dans les messages postés sur Instagram, les publications flatteuses sur le vapotage se comptent par milliers. Premières cibles : les adolescents.

«Un gadget permettant d’absorber de la nicotine.» Il n’existe pas 10 000 façons de définir la cigarette électronique, explique l’urgentologue et toxicologue Martin Laliberté. «Ce n’est ni plus ni moins qu’une version du tabac moderne», confie le professeur adjoint au Centre universitaire de Santé Mc Gill. Avec «les mêmes risques de dépendance à la nicotine». Et plus elle est consommée tôt dans la vie de l’individu, plus le risque de dépendance est accru, et par conséquence, les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires aussi.

Entreprise

AGRICOM (Ontario) – Votre ferme ou votre entreprise a-t-elle établi un plan d’urgence? Pensez-vous être prêt à toute éventualité? Le 15 janvier, Tom Baker, le gestionnaire des incidents au sein du Feather Board Command Centre est venu partager quelques conseils lors de la Conférence sur la volaille de l’est de l’Ontario, conseils qui s’appliquent très bien à toutes sortes de situations.

Différentes situations d’urgence peuvent survenir en un clin d’œil : un accident de transport sur la route, un feu, une intrusion par des activistes, une brèche de données informatiques, une maladie affectant les cultures de la ferme ou les animaux ou encore des désastres météorologiques comme une inondation, une vague de chaleur extrême ou une tornade. L’hiver apporte même son lot de situations urgentes avec des quantités importantes de neige, des effondrements possibles ou des difficultés d’approvisionnement, etc.

Histoire des Noirs

FRANCOPRESSE – À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, le thème du hockey s’impose : une pièce commémorative et un timbre soulignent l’apport de Willie O’Ree et du Colored Hockey Championship à l’avancement des communautés afro-américaines et au monde du hockey nord-américain.

En janvier, Postes Canada dévoilait un timbre-poste qui rappelle le Colored Hockey Championship, championnat disputé en Atlantique par des équipes de hockey composées exclusivement de joueurs noirs. Ainsi, la société profite du Mois de l’histoire des Noirs pour mettre à l’avant-scène une époque qu’elle estime peu connue de l’histoire du hockey.

Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Les écoles du Yukon sont restées ouvertes malgré la période de froid extrême qui a touché Whitehorse ainsi que l’ensemble du territoire.

Ces températures, les plus froides enregistrées depuis 2008, ne sont toutefois pas une raison valide de fermer les écoles, selon le ministère de l’Éducation. Seules les conditions qualifiées de vraiment extrêmes peuvent nécessiter la fermeture d’une école. Par exemple, un incident mécanique, ou un évènement pouvant mettre en danger le personnel et les élèves seraient des raisons valables.

Ontario

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – En septembre 2019, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO) ont publié leur Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. On y peint le portrait d’une population proportionnellement plus âgée que la moyenne provinciale, légèrement moins éduquée et significativement moins à l’aise financièrement que sa contrepartie anglophone.

À cela s’ajoute un manque flagrant de données concernant des segments plus vulnérables comme les nouveaux arrivants, les aînés LGBTQ et ceux vivant des défis socio-économiques. Face à cette situation, la FARFO a entrepris des démarches qui lui permettraient de jouer un rôle accru de leadership. Le directeur général de la FARFO, Gilles Fontaine, explique que des pourparlers sont en cours pour obtenir un financement récurrent.

Justice

L’EXPRESS (Ontario) – Pour la première fois depuis son lancement en 2012, le site pancanadien d’information juridique CliquezJustice.ca a dépassé les 100 000 visites mensuelles au mois de novembre 2019.

CliquezJustice.ca s’affiche comme une référence incontournable pour aider les francophones du Canada à comprendre leurs droits et obligations afin de mieux gérer les situations juridiques du quotidien.

Affaires autochtones

Initiative de journalisme local – APF (Ontario) – Francophones et Autochtones ont parfois été alliés au Canada. Y compris en Ontario. Champlain l’avait compris, lui qui s’était aventuré au-delà de la rivière des Outaouais. Les liens tissés entre les deux groupes furent importants. Le métissage souvent bénéfique. Pourtant, il y eut une cassure. Avec les pensionnats.

Le professeur adjoint à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa en Études canadiennes et autochtones Pierrot Ross-Tremblay, lui-même Innu, vient de passer quelques années à l’Université Laurentienne à titre de directeur du département de sociologie.

Spécialiste de l’amnésie culturelle, il constate qu’on écrit peu «sur l’histoire du Nord, sur les difficiles relations entre Premiers Peuples et francophones, sur le rôle des francophones et des prêtres québécois dans les écoles résidentielles.»

Les francophones ont-ils vraiment joué un rôle dans l’acculturation des Autochtones? Marie-Pierre Bousquet, directrice du programme en études autochtones au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal répond sans ambages par l’affirmative.

«On ne peut pas réellement faire de différence entre les anglophones et les francophones en matière d’acculturation des Autochtones.» D’après la professeure, mis à part de «rares progressistes, dont certains religieux», c’était clair pour tout le monde que les «Indiens» devaient être acculturés.

Immigration

Initiative de journalisme local – APF (Saskatchewan) – Le Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan s’est réuni le 14 janvier à Regina pour faire le point. D’ici quelques mois, en s’appuyant sur le témoignage des organismes d’accueil et des nouveaux arrivants eux-mêmes, un rapport sera produit pour dresser le portrait de l’immigration des francophones dans la province de cette dernière décennie.

Le Réseau (RIF-SK) s’est rencontré pour la dernière fois du cycle 2017-2020. «Il y avait une certaine dose d’émotion parmi les participants, note Marie Galophe, coordinatrice du RIF. Dieu sait qu’on vient de loin. Le réseau est passé à travers des crises pour se trouver. On passe à un autre niveau de maturité et de réflexion.»

La rencontre a permis de faire le point sur le plan opérationnel du RIF via une autoévaluation des membres. Une vingtaine de personnes ont répondu à l’appel, en personne ou en ligne, représentant la majorité du réseau. «C’était vraiment intéressant de voir les organismes faire une autocritique de leurs propres actions, se réjouit Marie Galophe. Cette approche basée sur les résultats est en ligne avec les recommandations d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Le réseau se professionnalise au fur et à mesure.»

Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Une exposition de photographies d’archives retraçant l’histoire des revendications territoriales des chefs des Premières Nations du Yukon est présentée jusqu’au 31 janvier 2020 au Centre culturel des Kwanlin Dün.

Le Conseil des Premières Nations du Yukon présente pour la première fois une exposition de photographies retraçant l’histoire des nations autochtones du territoire depuis la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. L’exposition nommée Together today for our children tomorrow: a photo journey se base sur le document précurseur qu’une délégation de chefs des Premières Nations du territoire, d’avocats et de membres clés des communautés a présenté le 14 février 1973 à Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, afin d’amorcer des négociations territoriales basées sur leur propre conception de la terre et de la relation primordiale qui les lie à elle.

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration. Municipalités et chambres de commerce pourront choisir les immigrants. Une annonce bien accueillie à l’Île-du-Prince-Édouard, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre.

Début janvier, le ministre fédéral de l’Immigration Marco Mendicino a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration. Ottawa veut permettre aux municipalités, aux chambres de commerce et aux associations locales de parrainer directement des immigrants permanents.

Atlantique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les données du récent rapport de la coalition Campagne 2000 sur la pauvreté infantile ne surprennent guère les intervenants qui ont confié leurs impressions à l’Acadie Nouvelle au sujet du phénomène.

Malgré des progrès notables enregistrés au cours des dernières années, la pauvreté chez les enfants continue d’être présente chez de nombreuses familles au Nouveau-Brunswick.

L’EXPRESS (Grand Toronto) – Les médias sociaux isolent les gens dans des silos où circulent les mêmes informations souvent fausses ou trop partielles. Cela produit des résultats électoraux inquiétants et des gouvernements dysfonctionnels.

Pour redynamiser notre démocratie, il faut que le plus grand nombre de citoyens soient abonnés à une plateforme «sociétale», pas «sociale», qui fournit l’information «dont on a besoin», pas nécessairement celle qu’on demande et redemande…

Et qui décidera de ce dont on a besoin? C’est le Franco-Torontois Murray Simser et son l’application pour téléphone Citizn.

Ce diplômé de l’Université d’Ottawa, qui a milité au Parti libéral du Canada, a fait carrière dans les nouvelles technologies en Californie.

Santé

Fruit de la collaboration entre l’Institut du Savoir Montfort (ISM), le Département de médecine familiale (DMF) de l’Université d’Ottawa ainsi que la Fondation Montfort, une chaire de recherche de langue française sur la santé familiale voit le jour à Ottawa.

Si l’objectif général de la nouvelle chaire est d’améliorer les soins de santé primaires pour tous les Canadiens, elle ciblera particulièrement les communautés francophones en situation minoritaire.

Journalisme local

Chevez Ezaneh est un jeune entrepreneur autochtone basé à Saskatoon, dont le français est la langue maternelle et le déné la langue paternelle. Cet ancien étudiant de l’École canadienne-française a inventé et récemment mis en marché le premier clavier en langue crie, une des nombreuses langues autochtones en voie de disparition. Entretien avec un inventeur au secours du patrimoine linguistique.

IJL : Comment t’est venue l’idée de créer le premier clavier de caractère syllabique cri? 

Chevez Ezaneh : Il y a deux ans, je réalisais un contrat consistant à numériser des livres et matériels éducatifs dans une variété de langues autochtones, dont le cri et le déné. L’un des aspects les plus chronophages de ce travail consistait à passer de la transcription manuscrite à la transcription électronique. J’ai effectué des recherches en espérant, en vain, trouver ce genre de clavier, mais il n’en existait tout simplement pas. C’est à ce moment que je me suis résolu à construire mon propre clavier.

Lors du colloque «Les médias francophones sous toutes leurs coutures» tenu à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse en octobre dernier, le professeur Michael Poplyansky et l’assistant de recherche Fredrick Etommy, tous deux à l’Université de Regina, ont présenté «Une vitrine sur les longues années 1970 : la première décennie de L’Eau vive».

Les deux chercheurs ont exposé la genèse du journal de langue française de la Saskatchewan L’Eau vive, né en 1971. Ils ont notamment présenté son rôle dans les débats sociopolitiques qui marquaient la province au début des années 1970 et ont offert quelques réflexions sur l’importance des médias comme source archivistique.

Immigration

Si l’augmentation des nouveaux arrivants au pays ces dernières années, accentuée par l’arrivée de réfugiés, posent toujours un défi afin de bien les accueillir, ceux-ci font face à de nombreux obstacles pour se refaire une vie normale avec les services de base.

Au Nouveau-Brunswick, plusieurs efforts sont faits pour faciliter l’arrivée et l’intégration des nouveaux arrivants dans une province qui fait face à des défis démographiques majeurs. En fait, la province et la plus vieillissante au Canada.

Le Nouveau-Brunswick a donc grand besoin de nouveaux résidents, mais il reste encore plusieurs lacunes pour faciliter leur intégration.

L’accès au logement et aux soins de santé vient rapidement à l’esprit. Cependant, les participants à une table ronde sur la question tenue récemment à l’Université de Moncton ont soulevé un aspect plus méconnu : les soins en santé mentale.

Selon Reem Fayyad, analyste de recherche et politiques au Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, cela touche particulièrement ceux qui ont vécu un traumatisme. «Ce sont des gens qui ont dû quitter leur pays et déménager dans une nouvelle communauté, parfois par décision, parfois pour des raisons économiques ou sécuritaires.»

Lors d’un sondage mené par le Conseil auprès des nouveaux arrivants, un immigrant ou réfugié sur cinq a dit, au cours de la dernière année, avoir senti le besoin de consulter un professionnel en santé mentale ou émotionnelle.

Or, l’attente pour consulter un professionnel de la santé mentale peut être très longue. À Moncton, la liste d’attente pour un rendez-vous chez un psychiatre, par exemple, est de deux ans. Et cette liste compte près de 600 personnes.

Pour les nouveaux arrivants, à cela s’ajoute le problème de la langue. Certains, surtout les réfugiés, ne parlent ni l’anglais, ni le français, et si oui, pas à un niveau où la communication est adéquate pour une bonne compréhension. Dans certaines langues, les interprètes sont rares. Il faut faire appel à des services par ligne téléphonique. Parfois, on demande à un membre de la famille, comme un enfant du patient qui a appris l’une des deux langues en fréquentant l’école, ce qui peut donner lieu à des situations embarrassantes.

Atlantique

Dre Élaine Deschênes, l’âme dirigeante du Centre de pédiatrie sociale Sud-Est a tracé avec émotion les grandes lignes des cinq années de travail qui ont mené à l’ouverture de ce centre où le droit, la médecine et les sciences sociales. Sont au service du développement de l’enfant Le CPSSE est le premier de ce genre à ouvrir ses portes au Nouveau-Brunswick.

L’assemblée générale annuelle de la Fondation du Centre de pédiatrie sociale Sud-Est (CPSSE) a réuni près d’une centaine de personnes intéressées par le mouvement de pédiatrie sociale, la semaine dernière à Dieppe.

Le CPSSE est un organisme de bienfaisance qui a pour but de repérer, réduire et éliminer les stress toxiques qui nuisent au développement de l’enfant. Le Centre offre un endroit commun de rencontre aux gens significatifs à l’enfant (tel que les parents, les grands-parents, la garderie, l’école, les psychologues, les gens de la communauté, etc.) et chacun se penche sur la situation.

En collaboration avec le médecin et la travailleuse sociale du Centre, tous élaborent un plan d’action dans le respect de la famille et des droits de l’enfant. L’objectif des gens réunis est l’intérêt supérieur de l’enfant. Ce tissu social serré devient une sécurité pour le jeune et la famille.

Le CPSSE se veut aussi le Centre Mère responsable du transfert des connaissances aux autres communautés en province qui désirent ouvrir un centre. Fervent défenseur des droits de l’enfant, il maximise les opportunités d’éducation concernant la Convention internationale des droits de l’enfant. Le modèle mixte de financement du Centre provient de la communauté, du secteur privé et du secteur public. Leur inspiration repose sur le travail acharné du Dr Gilles Julien qui a implanté ce mouvement au Québec il y a plus de 25 ans.

Le mois de décembre 1758 marque l’épisode le plus meurtrier de l’histoire de l’Acadie. En trois jours, près de 850 Acadiens déportés sont morts en mer quand les navires britanniques où ils étaient prisonniers ont fait naufrage. Le jour du Souvenir acadien commémore chaque année, le 13 décembre, cet épisode tragique et les épreuves vécues par le peuple acadien durant le Grand Dérangement.

En 1758, Noël Doiron habitait la paroisse de Pointe-Prime à l’ile Saint-Jean, aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard. Ce vieil homme et toute sa descendance qui comptait environ 120 personnes avaient fui la Nouvelle-Écosse quelques années auparavant, en abandonnant leurs terres pour échapper à leur déportation forcée par les soldats britanniques. À l’automne 1758, tous les Acadiens et Acadiennes de Pointe-Prime furent emprisonnés, puis embarqués de force à bord du navire Duke William.

Noël Doiron, ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants, ainsi que les quelque 240 passagers acadiens à bord ont tous péri en mer lorsque le Duke William a fait naufrage le 13 décembre 1758 au large des côtes de l’Angleterre.

Voilà pourquoi l’Acadie souligne chaque année le jour du Souvenir acadien le 13 décembre. Entre 1755 et 1762, pas moins de 11 400 Acadiens ont été arrachés de leurs terres et déportés un peu partout en Amérique et en Europe, victimes du conflit entre la France et l’Angleterre lors de la guerre de Sept Ans. Les historiens estiment qu’environ un tiers de ces Acadiens et Acadiennes n’ont pas survécu les épreuves créées par leur déportation (naufrages, noyades, maladie, camps de prisonniers, etc.).

Face à l’exode rural, des villages canadiens ont décidé d’agir. En proposant des terrains pour quelques dollars seulement, les municipalités ont gagné l’audacieux pari de relancer leur économie et d’attirer de nouvelles familles.

C’est un phénomène qui concerne l’ensemble du Canada, plus urbain que jamais. Alors que 84 % de la population habitait en milieu rural en 1861, ils ne sont plus que 18,9 % en 2011 selon les derniers chiffres de Statistique Canada.

La municipalité de Smooth Rock Falls, dans le Nord de l’Ontario, a quant à elle commencé à perdre davantage d’habitants à partir de 2006, lorsque l’usine de pâtes et papiers a fermé ses portes. Se sont envolés 40 % des revenus fonciers, soit 670 000 $ par an, et 229 emplois. «On était désespéré, au fond du baril, témoigne le maire, Michel Arseneault. Nous avons engagé un administrateur qui a ouvert la porte à de nouvelles idées.»

Un vaste plan stratégique sur 20 ans a ainsi été lancé en 2014, incluant des mesures incitatives comme des terrains à 90 % en deçà de la valeur marchande, soit 500 $ pour certains. Cette nouvelle stratégie a déclenché beaucoup d’intérêt, alors que 76 propriétés ont changé de propriétaire et 31 nouvelles familles sont arrivées dans le village. «La population a augmenté, on a plus d’enfants dans les écoles et dans notre aréna, ce qui permet de garder ces structures ouvertes», ajoute le maire.

Aidée par la province, la ville a pu à nouveau investir pour améliorer la qualité de vie des citoyens, en réparant des routes par exemple, et a triplé ses réserves financières. «Les gens ont réalisé que Smooth Rock Falls a beaucoup à offrir», ajoute M. Arseneault, mentionnant un terrain de golf, des pistes de ski, une piscine ainsi qu’un hôpital local.

Si le village de 1400 personnes n’a pas réussi à attirer de grosse industrie, le maire se félicite de l’arrivée de plus petits commerces. L’an prochain, un nouveau complexe pour les résidents séniors ouvrira ses portes. «On veut aussi développer des lots sur le bord de la rivière», projette M. Arseneault.

Depuis la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives, le 17 octobre 2018, plusieurs collèges offrent un programme de culture de cannabis afin de combler le besoin grandissant de main-d’œuvre de ce secteur. Ceux de langue française ne font pas exception.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) compte parmi les premiers établissements scolaires à offrir un cours de culture du cannabis. Le programme était d’ailleurs en place bien avant la légalisation et était orienté vers l’industrie du cannabis médical.

Sophie Maugeais travaillait en horticulture avant de venir enseigner au CCNB. Depuis qu’elle a pris le flambeau de son prédécesseur, qui avait mis sur pied le programme, elle en est à sa troisième cohorte. Son objectif est de former les futurs techniciens du secteur du cannabis et de faire en sorte qu’ils s’adaptent à la réalité du marché. «Je cherche vraiment à leur enseigner comment aller chercher de l’information. Mon but, c’est de leur apprendre à apprendre.»

Après une heure de discussion sur la place que prennent les écrans dans nos vies, et les conséquences que cela peut avoir, Dre Nadine Arsenault a conclu que s’il y a quatre choses à retenir, ce sont les suivantes : limiter le temps d’écran; atténuer les effets néfastes; être attentif; donner l’exemple.

À l’invitation de l’École Évangéline de Wellington, à l’Île-du-Prince-Édouard, Nadine Arsenault-Samson avait préparé une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences. La médecin de famille a contribué à sensibiliser les personnes présentes.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses.

Pour ceux qui préfèrent le verre à moitié plein, le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada compte des signes encourageants : comparé à 2018, le nombre de visites à l’échelle du pays a légèrement diminué; parmi les utilisateurs, le pourcentage de familles monoparentales ainsi que celui des enfants sont à la baisse. Pour ceux qui voient plutôt le verre à moitié vide, les chiffres sont inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule; la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. «Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés.»

Le Bilan-Faim 2019 publié mardi (le 12 novembre) provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5000 banques alimentaires du pays.

Banques alimentaires Canada produit ces rapports annuels depuis 2001. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre n’a diminué que d’environ 100 000.


Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a grandement varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. «Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable.»

Le pourcentage de la clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans : de 27,5 % en 2010, il est maintenant de 18,3 %, une baisse de près de 10 points.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Presque une personne sur deux qui se rend à une banque alimentaire fait partie de ce groupe. Du jamais vu, souligne Sylvie Pelletier. «C’est un groupe dont on ne parle pas dans les médias en général. Les gouvernements les ignorent dans leurs politiques.»

Un sentiment de nostalgie et de fierté était palpable à Gravelbourg les 2 et 3 novembre, alors que la cocathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption célébrait ses 100 ans.

Ce fut un grand succès», se réjouit Allan Bourgeois, membre du comité organisateur des célébrations. «Il y a eu du monde de partout dans la province et même hors de la province qui sont venus célébrer», ajoute celui qui est originaire de Gravelbourg et qui a grandi dans le village souvent surnommé «l’Europe des Prairies».

À une époque où les jeunes femmes tournent de plus en plus le dos aux stéréotypes de genre, les concours de personnalité, style pageant, ont-ils encore leur place? L’Acadie Nouvelle a voulu en parler avec des organisateurs, des bénévoles et bien entendu, des participantes.

Josiane Comeau, de Dieppe, est une habituée de la scène. L’étudiante au programme préparatoire aux sciences de la santé à l’Université de Moncton participe à des concours de chant depuis sa jeunesse. En 2016, elle a même participé à The Voice Kids France.

Il y a quelques semaines, la jeune femme âgée de 18 ans a ajouté un autre accomplissement à sa feuille de route impressionnante. Elle a remporté le titre de Miss Atlantic.

En aout dernier, le gouvernement canadien annonçait qu’il octroyait 14,6 millions de dollars sur cinq ans pour le développement d’une nouvelle plateforme, TV5Monde Plus. Les maitres d’œuvre en seront TV5 Québec Canada en collaboration avec TV5 Monde. Reste à déterminer quelle place sera faite aux productions franco-canadiennes.

«Si on reste inactif devant les grands joueurs du web, les contenus francophones sont destinés à éventuellement se perdre et s’éparpiller dans cet immense océan de contenus. À mon avis, une plateforme telle que TV5Monde Plus pourrait devenir un joueur incontournable pour consommer et découvrir des contenus francophones.»

Les propos du producteur David Baeta de chez Machine Gum de Toronto vont tout droit dans le sens de l’objectif de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, afin soutenir financièrement le projet.

Lors du dévoilement de la somme consentie, la ministre Joly avait aussi mentionné que Sylvain Lafrance, ex-vice-président directeur des services français de Radio-Canada, devenait président du conseil d’administration de TV5Numérique, la nouvelle filiale de TV5 Québec Canada, créée dans le but d’assurer le développement de cette plateforme.

Pour le producteur franco-manitobain Louis Paquin, c’est en soi une bonne nouvelle que cette annonce. «On est optimiste quant à la possibilité de faire connaitre nos productions à l’international.» Du même souffle, cependant, le producteur exécutif des Productions Rivard se questionne sur le pourcentage qui sera réservé aux émissions produites à l’extérieur du Québec au sein de cette nouvelle plateforme. «Quand le gouvernement parle de productions francophones canadiennes, le terme “canadien”, que regroupe-t-il? Juste le Québec? Les communautés francophones hors Québec?»

Les aurores boréales sont surtout observables dans les latitudes nordiques : elles se forment dans les zones aurorales proches des pôles magnétiques. Le Nunavut est donc un lieu tout indiqué pour en observer.

Composées d’un mélange de molécules et de particules se déplaçant en haute atmosphère rencontrant le vent solaire, les aurores boréales sont visibles de la mi-aout à la mi-avril dans l’obscurité de la nuit sous un ciel dégagé.

Plus de 9500 bambins francophones sont actuellement sur liste d’attente pour une place en garderie. Ces chiffres, révélés par le Réseau de développement économique et d’employabilité, s’accompagnent d’un autre fait marquant : il manque 2500 personnes francophones qualifiées pour combler les besoins, tout comme le nombre d’infrastructures se révèle bien insuffisant, laissant planer un véritable risque d’assimilation chez les plus jeunes.

Le constat est sans appel : il est de plus en plus difficile pour les familles d’obtenir une place en structure d’accueil francophone pour leurs jeunes enfants. Les chiffres, dévoilés mi-octobre, ont secoué l’ensemble de la filière de la petite enfance. À l’exception du Québec, la situation serait alarmante dans les communautés francophones et acadiennes de chaque province et territoire. À titre d’exemple : au Manitoba, 1156 foyers attendent une place dans une infrastructure francophone. Ils sont 115 en Saskatchewan ou encore presque de 200 en Colombie-Britannique, où tous les établissements affichent complets.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la directrice du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants, un lieu de 45 places, constate : «Cela pose un vrai problème. Nous sommes continuellement au maximum de nos capacités, et il y a en permanence une liste d’attente. À l’inscription, les familles remplissent un formulaire et sont contactées en fonction des places qui se libèrent.»

À la tête de la Commission nationale des parents francophones, Jean-Luc Racine parle «de listes d’attente à n’en plus finir». «À Charleston, il y a 150 bambins en attente pour une garderie de 6 places!» Pire, dit-il : «Les familles inscrivent des enfants avant même qu’ils ne soient nés... Où choisissent une structure anglophone. Voilà le vrai danger.»

Depuis la rentrée, le comité consultatif d’Unis TV compte quatre nouveaux membres : deux représentent l’Ontario, une l’Ouest et un l’Atlantique. Avec l’ajout de ces nouveaux membres, le comité consultatif a discuté de son rôle pour les prochaines années.

Casey Edmunds représente les communautés de l’Ouest au comité depuis trois ans. Quatre nouveaux membres ajoutent selon lui une nouvelle énergie au comité formé de huit personnes, mais l’incitent aussi à mieux définir son rôle. Lors de la première rencontre tenue en octobre à Moncton, «on était vraiment axés sur le rôle du comité pour les cinq prochaines années, rapporte Casey Edmunds. Comment est-ce que l’on peut être plus outillés, est-ce que l’on devrait jouer un rôle d’ambassadeur tout en maintenant le rôle consultatif et représenter les différentes communautés?»

Plus concrètement pour le directeur général des Jeux de la Francophonie canadienne 2020, une meilleure représentation des communautés francophones consisterait à mieux cerner les enjeux qui touchent la francophonie et par extension la programmation.

Par exemple un sujet comme l’éducation est très important au sein des communautés. Justement, parmi le quatuor de nouveaux membres, deux d’entre eux pourront apporter leurs connaissances dans le domaine de l’éducation : Jean-François l’Heureux, ancien conseiller scolaire et président du Conseil scolaire Viamonde en Ontario, et Éric Larocque, auparavant directeur général de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

Nouvelle représentante de l’Ouest, elle Carole Freynet-Gagné se dit quant à elle prête à mettre sa connaissance des communautés francophones ainsi que son réseau au profit d’Unis TV. «Je suis constamment en contact avec la francophonie de partout au Canada et dans les Amériques, alors l’idée c’est d’amener mon expérience et mes connaissances, mes liens et mes contacts à la table.»