La statue de John A. Macdonald a été souillée de peinture rouge dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 juin.
La statue de John A. Macdonald a été souillée de peinture rouge dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 juin.

Déboulonner John A. Macdonald : le débat est lancé à Charlottetown

À la suite des manifestations antiracistes, plusieurs citoyens de Charlottetown appellent la Ville à enlever la statue de Sir John A. Macdonald, située à l’entrée de Victoria Row. Le conseil municipal doit trancher la question le 24 juin prochain. Déboulonner le bronze ou installer un panneau explicatif? Les avis sont partagés.

Depuis la mort de Georges Floyd aux États-Unis, la colère face au racisme et à la violence policière monte, et dans de nombreux pays à travers le monde, on voit des statues dégradées, détruites. Ce mouvement monumental qui secoue la planète vient d’atteindre l’Île-du-Prince-Édouard. 

À Charlottetown, plusieurs citoyens ont écrit au conseil municipal pour demander le retrait du bronze de Sir John A. Macdonald, assis sur un banc à l’entrée de la voie piétonne Victoria Row. Ils considèrent la statue, qui représente le premier premier ministre du Canada, comme un symbole inacceptable et un obstacle au vivre-ensemble. 

Les milliers de touristes qui visitent la ville chaque année se photographient aux côtés du personnage qui les accueille depuis 2008.

«Ça ne reflète pas le Canada inclusif dans lequel je veux vivre, un Canada qui reconnait les droits de tous les citoyens, propose une histoire complexe aux touristes, facilite l’émergence d’un récit partagé, acceptable par tous», explique Ann Braithwaite, professeure à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, qui appelle la municipalité à être du «bon côté de l’histoire». 

La coordonnatrice d’un programme d’études sur la diversité et la justice sociale se sent injuriée par ce monument au regard de l’histoire et de l’exigence d’égalité. 

John A. Macdonald, père de la Confédération qui a pris part à la Conférence de Charlottetown en 1864, est aussi connu pour être l’un des architectes des pensionnats autochtones. Une politique à l’origine d’abus ayant persisté pendant plus d’un siècle.

La statue de John A. Macdonald à l’entrée de la voie piétonne Victoria Row à Charlottetown. Au sol, des inscriptions rappellent le rôle controversé qu’a joué le premier ministre du Canada dans l’oppression des Autochtones.

Rappeler les injustices 

Pour des représentants de la communauté micmaque de l’Ile, c’est plutôt en faisant parler la pierre qu’on fera avancer la société.

La directrice de l’organisme porte-parole L’Nuey, Jenene Wooldridge, préfèrerait laisser la statue à sa place et y ajouter un panneau explicatif.


« Ce serait une manière d’éduquer les gens sur la véritable histoire du Canada, dit-elle. De leur montrer qui était réellement John A. Macdonald, son racisme, le rôle dévastateur qu’il a joué dans de nombreuses politiques visant à effacer le visage des Premières Nations. »
Jenene Woolridge, directrice de L'Nuey

Une solution à laquelle adhère Philippe Brown. «John A. Macdonald fait partie de notre histoire, la ville et l’Ile ont un lien très fort avec lui», rappelle le maire de Charlottetown.

Le cas de John A. Macdonald invite à reconsidérer les limites à fixer à l’effacement des drames du passé, pour en garder la mémoire et en tirer les leçons. «On doit présenter les évènements historiques dans leur intégralité, on ne peut pas dissimuler ceux qui nous gênent», plaide le premier ministre de la province, Dennis King.

Aux yeux de Jenene Wooldridge, John A. Macdonald s’en tirerait presque mieux si on enlevait le bronze et qu’on l’oubliait : «Sans vérité, nous n’arriverons pas à la réconciliation». L’organisme L’Nuey plaide également pour l’installation de davantage de monuments en hommage aux autochtones.

Les statues, «un acte politique et commémoratif»

L’histoire n’est pas éternellement gravée dans le marbre des statues. «Personne ne va oublier John A. Macdonald si on enlève son bronze d’un banc à Charlottetown, affirme Ann Braithwaite. Les musées, les livres d’histoire, les programmes scolaires sont là pour nous rappeler son histoire.» Avant d’insister : «Je ne veux pas me débarrasser du personnage historique, je veux me débarrasser de la statue».

Un avis partagé par Gregory Kennedy, professeur d’histoire à l’Université de Moncton.


« Cette sculpture ne représente pas l’histoire en tant que telle, c’est un acte politique et commémoratif, un certain récit voulu par l’élite, analyse l’historien. En voulant la déboulonner, les citoyens ne nient pas l’importance du personnage, mais ils ont le droit d’être en désaccord avec certains aspects sombres de son rôle dans la société. »
Gregory Kennedy, professeur d'histoire à l'Moncton

État des lieux des monuments

Trancher le débat entre l’indispensable transmission du passé et le refus de célébrer les figures d’épisodes indignes nécessite de délimiter une frontière, entre symboles incontournables, ceux qui supposent une information du public et ceux qui constituent une insulte. 

«Nous devons nous demander de quel monument on parle, d’où il vient, quelle est sa fonction, ils n’ont pas tous besoin d’être traités de la même manière. Sinon pourquoi ne pas faire disparaitre les pyramides construites par des milliers d’esclaves?» commente Ann Braithwaite. L’essentiel est d’ouvrir le dialogue selon la professeure.

Le retrait de certaines statues suffira-t-il pour effacer les fractures qui divisent la société? «Ça n’est pas suffisant pour réparer le racisme généralisé, les actes cruels, ça ne change pas la brutalité, les préjugés de notre société envers certains groupes, mais c’est un pas dans la bonne direction», assure Gregory Kennedy.

À Charlottetown, la Ville s’est saisie du dossier. Une décision doit être prise lors de la prochaine réunion du conseil municipal le 24 juin. Si la solution de laisser la statue avec un écriteau est privilégiée, Philippe Brown aimerait réunir un comité avec notamment des personnes autochtones pour rédiger la plaque informative.

Le débat risque d’être virulent. Dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 juin, des individus ont recouvert la statue de peinture rouge.

Xénophobie

FRANCOPRESSE – «De la xénophobie à l’Île-du-Prince-Édouard!» Un titre un peu trompeur qui a défrayé la manchette dans les grands quotidiens au début juillet, à la suite d’une série d’incidents entre des Insulaires et des résidents saisonniers. Depuis que ces derniers sont autorisés à venir dans la province, la crainte des Prince-Édouardiens face à la pandémie s’est exacerbée ; certains aimeraient couper les ponts avec le continent. Pourtant, les nouveaux cas recensés ces derniers temps n’ont rien à voir avec les estivaux ou l’ouverture de la bulle atlantique.
Analyse du chômage et des revenus

FRANCOPRESSE – La population noire, qui représente 3,5 % de la population totale du Canada, est jeune, diversifiée et son niveau de scolarité a augmenté depuis 2001. Toutefois, les écarts de rémunération et d’emploi qui existaient déjà se sont encore creusés dans les dernières années, selon une récente étude de Statistique Canada. Zoom sur quatre grandes villes canadiennes.
Racisme systémique

LE FRANCO (Alberta) – Le meurtre de Georges Floyd sous le genou d’un policier, ce 25 mai aux États-Unis a soulevé une vague d’indignation et de rassemblements à travers le monde. D’Edmonton à Calgary, où se sont tenues des manifestations, les personnes touchées par le racisme témoignent.
Un droit des commerçants?

FRANCOPRESSE – Le premier ministre de l'Ontario affirmait vendredi qu'il n'allait pas imposer le port du masque à la grandeur de la province. Doug Ford a tout de même affirmé le mois dernier que les commerçants avaient le droit de refuser des clients ne portant pas le masque, une pratique communément appelée no mask, no service. Les supermarchés T&T et Longos et le service de transport en commun d’Ottawa, OC Transpo, obligent leurs clients à porter le masque, tandis que la Commission de transport de Toronto (CTT) fera de même à compter du 2 juillet. Au Canada, un commerçant peut-il vraiment refuser l’entrée à un client qui ne porte pas le masque? La réponse est bien plus nébuleuse que ce qu’a lancé le premier ministre ontarien. Dans le cas de personnes ne pouvant pas porter le masque pour des raisons médicales, les cartes sont brouillées.
COVID alerte

L’Ontario sera la première province canadienne à tester une nouvelle application mobile de traçage des cas de COVID-19. L’application, qui sera provisoirement appelée COVID alerte, permettra d’aviser les personnes qui l’ont téléchargée s’ils ont croisé une personne ayant contracté le virus.
Pandémies

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Fermeture des lieux publics, rassemblements interdits, quarantaine, port du masque… Ces mesures ne sont pas nouvelles pour la Saskatchewan qui a connu la grippe espagnole un siècle plus tôt, perdant quelque 5 000 habitants entre 1918 et 1920. Si la médecine n’était pas aussi avancée à l’époque, les stratégies mises en place pour endiguer la maladie ont inspiré les politiques sanitaires actuelles contre la COVID-19. Retour sur la pandémie la plus meurtrière du 20e siècle.
Racisme systémique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.
Grand Subdury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Si une reprise économique est nécessaire après la pandémie pour éviter l’écroulement de la société, elle doit se faire en développant parallèlement une économie plus verte et durable. C’est l’un des constats que l’on peut retenir d’une conférence en français présentée sur la page Facebook de Science Nord, avec des professeurs de l’Université Laurentienne, le 3 juin.
Linguistique

FRANCOPRESSE – Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.
Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?