L’exposition à certains polluants organiques chez les femmes enceintes inuites du Nunavik est deux fois plus élevée que celle mesurée dans un échantillon représentatif de Canadiennes du même groupe d’âge.
L’exposition à certains polluants organiques chez les femmes enceintes inuites du Nunavik est deux fois plus élevée que celle mesurée dans un échantillon représentatif de Canadiennes du même groupe d’âge.

De hauts niveaux de polluants décelés chez les femmes enceintes du Nunavik

Nelly Guidici
L'Aquilon
L’AQUILON, L’AURORE BORÉALE, LE NUNAVOIX (Arctique) – Un groupe de chercheurs de l’Université Laval de Québec et de l’Université de Toronto - Scarborough a révélé que les femmes enceintes du Nunavik présentaient des concentrations deux fois plus élevées de composés chimiques potentiellement associés à certains problèmes de santé que le reste de la population canadienne.

Cet article fait partie du projet interterritorial Articles de l’Arctique entre L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix.

Utilisés dans la fabrication de nombreux produits d’usage courant comme les emballages alimentaires, les peintures, les cosmétiques ou encore les revêtements antiadhésifs, ces composés chimiques évoqués par l’étude publiée dans la revue Environment International sont des acides perfluoroalkylés (PFAA).

De 2004 à 2017, 279 femmes inuites enceintes résidantes du Nunavik ont accepté de faire partie de cette étude dont les résultats ont mis en évidence des niveaux critiques d’exposition.

«L’exposition à l’ensemble des PFAA chez les femmes enceintes inuites était deux fois plus élevée que celle mesurée dans un échantillon représentatif de Canadiennes du même groupe d’âge», peut-on lire dans le communiqué de presse de l’université Laval du 21 octobre 2020.

L’étude met en lumière le lien entre la nourriture traditionnelle consommée par ces femmes et l’exposition élevée aux composés chimiques PFAA. En effet, ces composés sont très peu biodégradables et persistent dans l’environnement où ils sont transportés par les courants océaniques et atmosphériques jusqu’en ArctiqueContaminant ainsi la chaine alimentaire, les PFAA s’accumulent dans les tissus des poissons et des mammifères marins consommés.


« Les bénéfices de consommer des aliments du territoire sont très importants et ça fait partie intégrante de la culture au Nunavik. La consommation des aliments traditionnels contribue aussi à assurer une sécurité alimentaire qui est primordiale. »
Élyse Caron-Beaudoin, professeure adjointe en santé environnementale à l’université de Toronto et coauteure de l’étude

Comprendre et résoudre la contamination

Si la consommation d’aliments traditionnels au Nunavik est fondamentale pour plusieurs raisons, et ce d’autant plus pendant une grossesse, comment protéger la santé de ces femmes et leur permettre de continuer de s’alimenter des ressources du territoire qui font partie intégrante de la culture inuite?

En travaillant avec le gouvernement fédéral et les partenaires inuits du Nunavik afin qu’une nouvelle législation plus stricte soit mise en place, selon Élyse Caron-Beaudoin.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Aquilon