Nous reconnaissons, dans l’ordre habituel : Mariane Cullen, Jocelyne Léger-Nowlan, Suzanne Gagnon, Gérard Belliveau, Monica Barley, Roger Doucet, Marie-Yvette Souma et Paul Lang. Absent.e.s : Joey Caissie et Jocelyne Richard.

Centre de pédiatrie sociale Sud-Est : Une page d’histoire s’écrit avec sa fondation

Dre Élaine Deschênes, l’âme dirigeante du Centre de pédiatrie sociale Sud-Est a tracé avec émotion les grandes lignes des cinq années de travail qui ont mené à l’ouverture de ce centre où le droit, la médecine et les sciences sociales. Sont au service du développement de l’enfant Le CPSSE est le premier de ce genre à ouvrir ses portes au Nouveau-Brunswick.

L’assemblée générale annuelle de la Fondation du Centre de pédiatrie sociale Sud-Est (CPSSE) a réuni près d’une centaine de personnes intéressées par le mouvement de pédiatrie sociale, la semaine dernière à Dieppe.

Le CPSSE est un organisme de bienfaisance qui a pour but de repérer, réduire et éliminer les stress toxiques qui nuisent au développement de l’enfant. Le Centre offre un endroit commun de rencontre aux gens significatifs à l’enfant (tel que les parents, les grands-parents, la garderie, l’école, les psychologues, les gens de la communauté, etc.) et chacun se penche sur la situation.

En collaboration avec le médecin et la travailleuse sociale du Centre, tous élaborent un plan d’action dans le respect de la famille et des droits de l’enfant. L’objectif des gens réunis est l’intérêt supérieur de l’enfant. Ce tissu social serré devient une sécurité pour le jeune et la famille.

Le CPSSE se veut aussi le Centre Mère responsable du transfert des connaissances aux autres communautés en province qui désirent ouvrir un centre. Fervent défenseur des droits de l’enfant, il maximise les opportunités d’éducation concernant la Convention internationale des droits de l’enfant. Le modèle mixte de financement du Centre provient de la communauté, du secteur privé et du secteur public. Leur inspiration repose sur le travail acharné du Dr Gilles Julien qui a implanté ce mouvement au Québec il y a plus de 25 ans.

Un nouveau conseil d’administration

En plus de présenter les objectifs du CPSSE, l’organisme s’est doté de statuts et règlements et on a élu son premier conseil d’administration.

L’avocate Monica Barley a été élue à la présidence. Elle sera appuyée de Joey Caissie, comptable, représentant de la région Kent Nord; Jocelyne Léger-Nowlan, avocate, représentante de la région Kent Sud; Jocelyne Richard, enseignante de formation, représentante de Memramcook; Mariane Cullen, conseillère et secrétaire exécutive du Conseil de la Santé du Nouveau-Brunswick représentante de la mairie de Memramcook et des représentants du Sud-est : Roger Doucet, ancien Sous-ministre adjoint à l’Éducation; Gérard Belliveau, directeur général de la Commission des services régionaux du Sud-Est; Paul Lang, directeur général de la Commission des services régionaux de Kent; Suzanne Gagnon, directrice de Place aux compétences et Marie-Yvette Souma, étudiante en médecine.

L’équipe du CPSSE a remercié tous ceux et celles qui ont contribué de près et de loin à nourrir ce projet bienveillant à l’épanouissement de nos communautés via le bien-être de nos enfants. On a remercié de façon particulière les membres du comité de démarrage qui ont permis d’en arriver à cette soirée historique.


Consultez le site du journal Le Moniteur acadien.

Atlantique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les données du récent rapport de la coalition Campagne 2000 sur la pauvreté infantile ne surprennent guère les intervenants qui ont confié leurs impressions à l’Acadie Nouvelle au sujet du phénomène.

Malgré des progrès notables enregistrés au cours des dernières années, la pauvreté chez les enfants continue d’être présente chez de nombreuses familles au Nouveau-Brunswick.

L’EXPRESS (Grand Toronto) – Les médias sociaux isolent les gens dans des silos où circulent les mêmes informations souvent fausses ou trop partielles. Cela produit des résultats électoraux inquiétants et des gouvernements dysfonctionnels.

Pour redynamiser notre démocratie, il faut que le plus grand nombre de citoyens soient abonnés à une plateforme «sociétale», pas «sociale», qui fournit l’information «dont on a besoin», pas nécessairement celle qu’on demande et redemande…

Et qui décidera de ce dont on a besoin? C’est le Franco-Torontois Murray Simser et son l’application pour téléphone Citizn.

Ce diplômé de l’Université d’Ottawa, qui a milité au Parti libéral du Canada, a fait carrière dans les nouvelles technologies en Californie.

Santé

Fruit de la collaboration entre l’Institut du Savoir Montfort (ISM), le Département de médecine familiale (DMF) de l’Université d’Ottawa ainsi que la Fondation Montfort, une chaire de recherche de langue française sur la santé familiale voit le jour à Ottawa.

Si l’objectif général de la nouvelle chaire est d’améliorer les soins de santé primaires pour tous les Canadiens, elle ciblera particulièrement les communautés francophones en situation minoritaire.

Journalisme local

Chevez Ezaneh est un jeune entrepreneur autochtone basé à Saskatoon, dont le français est la langue maternelle et le déné la langue paternelle. Cet ancien étudiant de l’École canadienne-française a inventé et récemment mis en marché le premier clavier en langue crie, une des nombreuses langues autochtones en voie de disparition. Entretien avec un inventeur au secours du patrimoine linguistique.

IJL : Comment t’est venue l’idée de créer le premier clavier de caractère syllabique cri? 

Chevez Ezaneh : Il y a deux ans, je réalisais un contrat consistant à numériser des livres et matériels éducatifs dans une variété de langues autochtones, dont le cri et le déné. L’un des aspects les plus chronophages de ce travail consistait à passer de la transcription manuscrite à la transcription électronique. J’ai effectué des recherches en espérant, en vain, trouver ce genre de clavier, mais il n’en existait tout simplement pas. C’est à ce moment que je me suis résolu à construire mon propre clavier.

Lors du colloque «Les médias francophones sous toutes leurs coutures» tenu à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse en octobre dernier, le professeur Michael Poplyansky et l’assistant de recherche Fredrick Etommy, tous deux à l’Université de Regina, ont présenté «Une vitrine sur les longues années 1970 : la première décennie de L’Eau vive».

Les deux chercheurs ont exposé la genèse du journal de langue française de la Saskatchewan L’Eau vive, né en 1971. Ils ont notamment présenté son rôle dans les débats sociopolitiques qui marquaient la province au début des années 1970 et ont offert quelques réflexions sur l’importance des médias comme source archivistique.

Immigration

Si l’augmentation des nouveaux arrivants au pays ces dernières années, accentuée par l’arrivée de réfugiés, posent toujours un défi afin de bien les accueillir, ceux-ci font face à de nombreux obstacles pour se refaire une vie normale avec les services de base.

Au Nouveau-Brunswick, plusieurs efforts sont faits pour faciliter l’arrivée et l’intégration des nouveaux arrivants dans une province qui fait face à des défis démographiques majeurs. En fait, la province et la plus vieillissante au Canada.

Le Nouveau-Brunswick a donc grand besoin de nouveaux résidents, mais il reste encore plusieurs lacunes pour faciliter leur intégration.

L’accès au logement et aux soins de santé vient rapidement à l’esprit. Cependant, les participants à une table ronde sur la question tenue récemment à l’Université de Moncton ont soulevé un aspect plus méconnu : les soins en santé mentale.

Selon Reem Fayyad, analyste de recherche et politiques au Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, cela touche particulièrement ceux qui ont vécu un traumatisme. «Ce sont des gens qui ont dû quitter leur pays et déménager dans une nouvelle communauté, parfois par décision, parfois pour des raisons économiques ou sécuritaires.»

Lors d’un sondage mené par le Conseil auprès des nouveaux arrivants, un immigrant ou réfugié sur cinq a dit, au cours de la dernière année, avoir senti le besoin de consulter un professionnel en santé mentale ou émotionnelle.

Or, l’attente pour consulter un professionnel de la santé mentale peut être très longue. À Moncton, la liste d’attente pour un rendez-vous chez un psychiatre, par exemple, est de deux ans. Et cette liste compte près de 600 personnes.

Pour les nouveaux arrivants, à cela s’ajoute le problème de la langue. Certains, surtout les réfugiés, ne parlent ni l’anglais, ni le français, et si oui, pas à un niveau où la communication est adéquate pour une bonne compréhension. Dans certaines langues, les interprètes sont rares. Il faut faire appel à des services par ligne téléphonique. Parfois, on demande à un membre de la famille, comme un enfant du patient qui a appris l’une des deux langues en fréquentant l’école, ce qui peut donner lieu à des situations embarrassantes.

Le mois de décembre 1758 marque l’épisode le plus meurtrier de l’histoire de l’Acadie. En trois jours, près de 850 Acadiens déportés sont morts en mer quand les navires britanniques où ils étaient prisonniers ont fait naufrage. Le jour du Souvenir acadien commémore chaque année, le 13 décembre, cet épisode tragique et les épreuves vécues par le peuple acadien durant le Grand Dérangement.

En 1758, Noël Doiron habitait la paroisse de Pointe-Prime à l’ile Saint-Jean, aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard. Ce vieil homme et toute sa descendance qui comptait environ 120 personnes avaient fui la Nouvelle-Écosse quelques années auparavant, en abandonnant leurs terres pour échapper à leur déportation forcée par les soldats britanniques. À l’automne 1758, tous les Acadiens et Acadiennes de Pointe-Prime furent emprisonnés, puis embarqués de force à bord du navire Duke William.

Noël Doiron, ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants, ainsi que les quelque 240 passagers acadiens à bord ont tous péri en mer lorsque le Duke William a fait naufrage le 13 décembre 1758 au large des côtes de l’Angleterre.

Voilà pourquoi l’Acadie souligne chaque année le jour du Souvenir acadien le 13 décembre. Entre 1755 et 1762, pas moins de 11 400 Acadiens ont été arrachés de leurs terres et déportés un peu partout en Amérique et en Europe, victimes du conflit entre la France et l’Angleterre lors de la guerre de Sept Ans. Les historiens estiment qu’environ un tiers de ces Acadiens et Acadiennes n’ont pas survécu les épreuves créées par leur déportation (naufrages, noyades, maladie, camps de prisonniers, etc.).

Face à l’exode rural, des villages canadiens ont décidé d’agir. En proposant des terrains pour quelques dollars seulement, les municipalités ont gagné l’audacieux pari de relancer leur économie et d’attirer de nouvelles familles.

C’est un phénomène qui concerne l’ensemble du Canada, plus urbain que jamais. Alors que 84 % de la population habitait en milieu rural en 1861, ils ne sont plus que 18,9 % en 2011 selon les derniers chiffres de Statistique Canada.

La municipalité de Smooth Rock Falls, dans le Nord de l’Ontario, a quant à elle commencé à perdre davantage d’habitants à partir de 2006, lorsque l’usine de pâtes et papiers a fermé ses portes. Se sont envolés 40 % des revenus fonciers, soit 670 000 $ par an, et 229 emplois. «On était désespéré, au fond du baril, témoigne le maire, Michel Arseneault. Nous avons engagé un administrateur qui a ouvert la porte à de nouvelles idées.»

Un vaste plan stratégique sur 20 ans a ainsi été lancé en 2014, incluant des mesures incitatives comme des terrains à 90 % en deçà de la valeur marchande, soit 500 $ pour certains. Cette nouvelle stratégie a déclenché beaucoup d’intérêt, alors que 76 propriétés ont changé de propriétaire et 31 nouvelles familles sont arrivées dans le village. «La population a augmenté, on a plus d’enfants dans les écoles et dans notre aréna, ce qui permet de garder ces structures ouvertes», ajoute le maire.

Aidée par la province, la ville a pu à nouveau investir pour améliorer la qualité de vie des citoyens, en réparant des routes par exemple, et a triplé ses réserves financières. «Les gens ont réalisé que Smooth Rock Falls a beaucoup à offrir», ajoute M. Arseneault, mentionnant un terrain de golf, des pistes de ski, une piscine ainsi qu’un hôpital local.

Si le village de 1400 personnes n’a pas réussi à attirer de grosse industrie, le maire se félicite de l’arrivée de plus petits commerces. L’an prochain, un nouveau complexe pour les résidents séniors ouvrira ses portes. «On veut aussi développer des lots sur le bord de la rivière», projette M. Arseneault.

Depuis la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives, le 17 octobre 2018, plusieurs collèges offrent un programme de culture de cannabis afin de combler le besoin grandissant de main-d’œuvre de ce secteur. Ceux de langue française ne font pas exception.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) compte parmi les premiers établissements scolaires à offrir un cours de culture du cannabis. Le programme était d’ailleurs en place bien avant la légalisation et était orienté vers l’industrie du cannabis médical.

Sophie Maugeais travaillait en horticulture avant de venir enseigner au CCNB. Depuis qu’elle a pris le flambeau de son prédécesseur, qui avait mis sur pied le programme, elle en est à sa troisième cohorte. Son objectif est de former les futurs techniciens du secteur du cannabis et de faire en sorte qu’ils s’adaptent à la réalité du marché. «Je cherche vraiment à leur enseigner comment aller chercher de l’information. Mon but, c’est de leur apprendre à apprendre.»

Après une heure de discussion sur la place que prennent les écrans dans nos vies, et les conséquences que cela peut avoir, Dre Nadine Arsenault a conclu que s’il y a quatre choses à retenir, ce sont les suivantes : limiter le temps d’écran; atténuer les effets néfastes; être attentif; donner l’exemple.

À l’invitation de l’École Évangéline de Wellington, à l’Île-du-Prince-Édouard, Nadine Arsenault-Samson avait préparé une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences. La médecin de famille a contribué à sensibiliser les personnes présentes.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses.

Pour ceux qui préfèrent le verre à moitié plein, le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada compte des signes encourageants : comparé à 2018, le nombre de visites à l’échelle du pays a légèrement diminué; parmi les utilisateurs, le pourcentage de familles monoparentales ainsi que celui des enfants sont à la baisse. Pour ceux qui voient plutôt le verre à moitié vide, les chiffres sont inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule; la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. «Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés.»

Le Bilan-Faim 2019 publié mardi (le 12 novembre) provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5000 banques alimentaires du pays.

Banques alimentaires Canada produit ces rapports annuels depuis 2001. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre n’a diminué que d’environ 100 000.


Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a grandement varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. «Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable.»

Le pourcentage de la clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans : de 27,5 % en 2010, il est maintenant de 18,3 %, une baisse de près de 10 points.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Presque une personne sur deux qui se rend à une banque alimentaire fait partie de ce groupe. Du jamais vu, souligne Sylvie Pelletier. «C’est un groupe dont on ne parle pas dans les médias en général. Les gouvernements les ignorent dans leurs politiques.»

Un sentiment de nostalgie et de fierté était palpable à Gravelbourg les 2 et 3 novembre, alors que la cocathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption célébrait ses 100 ans.

Ce fut un grand succès», se réjouit Allan Bourgeois, membre du comité organisateur des célébrations. «Il y a eu du monde de partout dans la province et même hors de la province qui sont venus célébrer», ajoute celui qui est originaire de Gravelbourg et qui a grandi dans le village souvent surnommé «l’Europe des Prairies».

À une époque où les jeunes femmes tournent de plus en plus le dos aux stéréotypes de genre, les concours de personnalité, style pageant, ont-ils encore leur place? L’Acadie Nouvelle a voulu en parler avec des organisateurs, des bénévoles et bien entendu, des participantes.

Josiane Comeau, de Dieppe, est une habituée de la scène. L’étudiante au programme préparatoire aux sciences de la santé à l’Université de Moncton participe à des concours de chant depuis sa jeunesse. En 2016, elle a même participé à The Voice Kids France.

Il y a quelques semaines, la jeune femme âgée de 18 ans a ajouté un autre accomplissement à sa feuille de route impressionnante. Elle a remporté le titre de Miss Atlantic.

En aout dernier, le gouvernement canadien annonçait qu’il octroyait 14,6 millions de dollars sur cinq ans pour le développement d’une nouvelle plateforme, TV5Monde Plus. Les maitres d’œuvre en seront TV5 Québec Canada en collaboration avec TV5 Monde. Reste à déterminer quelle place sera faite aux productions franco-canadiennes.

«Si on reste inactif devant les grands joueurs du web, les contenus francophones sont destinés à éventuellement se perdre et s’éparpiller dans cet immense océan de contenus. À mon avis, une plateforme telle que TV5Monde Plus pourrait devenir un joueur incontournable pour consommer et découvrir des contenus francophones.»

Les propos du producteur David Baeta de chez Machine Gum de Toronto vont tout droit dans le sens de l’objectif de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, afin soutenir financièrement le projet.

Lors du dévoilement de la somme consentie, la ministre Joly avait aussi mentionné que Sylvain Lafrance, ex-vice-président directeur des services français de Radio-Canada, devenait président du conseil d’administration de TV5Numérique, la nouvelle filiale de TV5 Québec Canada, créée dans le but d’assurer le développement de cette plateforme.

Pour le producteur franco-manitobain Louis Paquin, c’est en soi une bonne nouvelle que cette annonce. «On est optimiste quant à la possibilité de faire connaitre nos productions à l’international.» Du même souffle, cependant, le producteur exécutif des Productions Rivard se questionne sur le pourcentage qui sera réservé aux émissions produites à l’extérieur du Québec au sein de cette nouvelle plateforme. «Quand le gouvernement parle de productions francophones canadiennes, le terme “canadien”, que regroupe-t-il? Juste le Québec? Les communautés francophones hors Québec?»

Les aurores boréales sont surtout observables dans les latitudes nordiques : elles se forment dans les zones aurorales proches des pôles magnétiques. Le Nunavut est donc un lieu tout indiqué pour en observer.

Composées d’un mélange de molécules et de particules se déplaçant en haute atmosphère rencontrant le vent solaire, les aurores boréales sont visibles de la mi-aout à la mi-avril dans l’obscurité de la nuit sous un ciel dégagé.

Plus de 9500 bambins francophones sont actuellement sur liste d’attente pour une place en garderie. Ces chiffres, révélés par le Réseau de développement économique et d’employabilité, s’accompagnent d’un autre fait marquant : il manque 2500 personnes francophones qualifiées pour combler les besoins, tout comme le nombre d’infrastructures se révèle bien insuffisant, laissant planer un véritable risque d’assimilation chez les plus jeunes.

Le constat est sans appel : il est de plus en plus difficile pour les familles d’obtenir une place en structure d’accueil francophone pour leurs jeunes enfants. Les chiffres, dévoilés mi-octobre, ont secoué l’ensemble de la filière de la petite enfance. À l’exception du Québec, la situation serait alarmante dans les communautés francophones et acadiennes de chaque province et territoire. À titre d’exemple : au Manitoba, 1156 foyers attendent une place dans une infrastructure francophone. Ils sont 115 en Saskatchewan ou encore presque de 200 en Colombie-Britannique, où tous les établissements affichent complets.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la directrice du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants, un lieu de 45 places, constate : «Cela pose un vrai problème. Nous sommes continuellement au maximum de nos capacités, et il y a en permanence une liste d’attente. À l’inscription, les familles remplissent un formulaire et sont contactées en fonction des places qui se libèrent.»

À la tête de la Commission nationale des parents francophones, Jean-Luc Racine parle «de listes d’attente à n’en plus finir». «À Charleston, il y a 150 bambins en attente pour une garderie de 6 places!» Pire, dit-il : «Les familles inscrivent des enfants avant même qu’ils ne soient nés... Où choisissent une structure anglophone. Voilà le vrai danger.»

Depuis la rentrée, le comité consultatif d’Unis TV compte quatre nouveaux membres : deux représentent l’Ontario, une l’Ouest et un l’Atlantique. Avec l’ajout de ces nouveaux membres, le comité consultatif a discuté de son rôle pour les prochaines années.

Casey Edmunds représente les communautés de l’Ouest au comité depuis trois ans. Quatre nouveaux membres ajoutent selon lui une nouvelle énergie au comité formé de huit personnes, mais l’incitent aussi à mieux définir son rôle. Lors de la première rencontre tenue en octobre à Moncton, «on était vraiment axés sur le rôle du comité pour les cinq prochaines années, rapporte Casey Edmunds. Comment est-ce que l’on peut être plus outillés, est-ce que l’on devrait jouer un rôle d’ambassadeur tout en maintenant le rôle consultatif et représenter les différentes communautés?»

Plus concrètement pour le directeur général des Jeux de la Francophonie canadienne 2020, une meilleure représentation des communautés francophones consisterait à mieux cerner les enjeux qui touchent la francophonie et par extension la programmation.

Par exemple un sujet comme l’éducation est très important au sein des communautés. Justement, parmi le quatuor de nouveaux membres, deux d’entre eux pourront apporter leurs connaissances dans le domaine de l’éducation : Jean-François l’Heureux, ancien conseiller scolaire et président du Conseil scolaire Viamonde en Ontario, et Éric Larocque, auparavant directeur général de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

Nouvelle représentante de l’Ouest, elle Carole Freynet-Gagné se dit quant à elle prête à mettre sa connaissance des communautés francophones ainsi que son réseau au profit d’Unis TV. «Je suis constamment en contact avec la francophonie de partout au Canada et dans les Amériques, alors l’idée c’est d’amener mon expérience et mes connaissances, mes liens et mes contacts à la table.»

L’un a 30 ans, l’autre 64. Simon Ouellette est responsable des communications pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Yvon Godin a été représentant syndical pour les Métallos et député pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Les deux voient les défis auxquels font face les mouvements sociaux. Ils gardent pourtant espoir.

Le syndicalisme n’est pas mort. Au contraire, le taux de syndicalisation parmi les employés du Nouveau-Brunswick était de 28 % en 2018. Cette proportion était à peu près la même en 1997, dans les années 1980 et 1970, selon le professeur émérite d’histoire à l’Université du Nouveau-Brunswick, David Frank. «Cela contredit le mythe selon lequel les syndicats déclinent ou disparaissent», commente-t-il.

Les livres pour enfant qui parlent des émotions abondent, mais il leur manque souvent une composante pour aider l’enfant à transposer cet apprentissage à la vie quotidienne. Une équipe de chercheuses et chercheur, dont Mélanie Perron de l’Université Laurentienne, ont lancé un livre basé sur la recherche scientifique dans le domaine le 18 octobre à Sudbury.

Avant Les émotions : comment mieux les expliquer, il y a eu recherche sur le développement émotionnel des enfants et l’apprentissage de la lecture. Une des constatations, c’est que les compétences émotionnelles sont un aspect important du développement de l’enfant, qui aident à l’adaptation sociale. «Par exemple, les enfants qui comprennent mieux les émotions s’adaptent plus facilement à l’école, communiquent mieux et coopèrent mieux avec les autres enfants, fonctionnent mieux en salle de classe», explique Mme Perron.

La semaine des bibliothèques publiques, qui débute le 19 octobre, va se dérouler dans un contexte particulier. Alors que les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick viennent de réaliser des coupes dans le budget de ces structures, le milieu des bibliothécaires se dit «ébranlé». Les jours de ces lieux de culture bilingues (anglophone/francophone) seraient-ils comptés?

«Je vous assure : c’est un véritable défi de faire fonctionner une bibliothèque bilingue», déclare France Séguin-Couture, directrice générale des bibliothèques publiques du canton de Russell en Ontario. Enthousiaste et passionnée, cette bibliothécaire qui gère deux succursales, l’une en milieu urbain, l’autre dans un secteur plus rural, se démène pour mener sa mission à bien : proposer des services et activités de qualité en français comme en anglais.

Alors, lorsque le gouvernement ontarien de Doug Ford a annoncé au printemps une réduction drastique des budgets pour les bibliothèques publiques de sa province, «nous avons tous été un peu ébranlés», dit-elle au nom de l’Association des bibliothèques de l’Ontario-Franco (Abo Franco). Ses collègues ne la contrediront pas, car les effets se font déjà sentir. Les services des bibliothèques de l’Ontario-Sud et des bibliothèques de l’Ontario-Nord ont ainsi vu se réduire de 50 % le montant qui leur était alloué par la province. Des personnes ont perdu leurs emplois (24 pour le seul organisme Ontario Sud) et des services, tels que le prêt de livres entre établissements, ont tout simplement disparu.


Pas qu’en Ontario

L’exemple de l’Ontario n’est pas un cas à part. Au Nouveau-Brunswick, le député libéral de Restigouche, Gilles Lepage, rapporte une réduction de budget de 400 000 $ pour les bibliothèques cette année. Une décision du gouvernement conservateur de Blaine Higgs. «Il y a des coupes sur le budget et une consultation publique a été discrètement lancée sur l’avenir des bibliothèques. Ce qui nous inquiète, ce sont les réductions de personnel ou d’horaires qui pourraient s’ensuivre. Tout cela risque de faire augmenter la responsabilité des communautés.»

En Alberta aussi, le gouvernement laisse planer des incertitudes sur le budget alloué aux bibliothèques, tant et si bien que les administrateurs peinent à programmer leurs activités pour 2020. «Nous sommes une source de savoir. Ces services devraient être épargnés par les coupes budgétaires», avait déclaré Gloria McGowan, gestionnaire d’une bibliothèque à Nanton, sur les ondes de Radio-Canada.

Toutes ces menaces inquiètent France Séguin-Couture sur le long terme : «On ne sait pas comment vont se répartir tous les frais de fonctionnement dans le futur : est-ce que les baisses de budgets vont se poursuivre? Est-ce que cela va retomber sur les villes? Est-ce la communauté qui va les prendre en charge? Et si oui, à quelle hauteur?»

Le plus récent livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario recommande principalement l’augmentation de la recherche sur les ainés francophones de l’Ontario et plus de services spécifiquement pour eux. Ce document, préparé avec la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), a été publié le 30 septembre, la veille de la journée des ainés.

Le document dresse un portrait relativement sombre de la situation des ainés francophones. Une série de chiffres démontrent la situation défavorable des francophones par rapport aux anglophones du Canada : augmentation plus importante du nombre de personnes âgées et population totale aussi plus âgée en moyenne, ils ont plus de chance à vivre seuls, ont un moins haut niveau d’éducation, sont en moins bonne santé, ont un revenu plus bas et ont plus de chance de vivre dans la pauvreté.

Statistique Canada prévoit que, dès 2021, 18,7 % de la population sera âgée de 65 ans et plus. Cette proportion sera de 23,1 % en 2031 et de 25,5 % en 2061.

On note également quelques contradictions défavorables. Par exemple, les personnes âgées qui ont un revenu plus faible auraient plus de chance de se trouver un logement abordable en régions rurales, mais les services de santé dont ils auraient besoin, en français de surcroit, y sont rares.

Ils ont également constaté que les ainées constituent un groupe moins homogène que les autres générations en raison, surtout, des expériences personnelles de chacun.

La 15e tournée de Québec Cinéma s’est à peine terminée au printemps, que déjà la 16e édition s’apprête à se mettre en branle. Une odyssée canadienne de plusieurs mois pour tisser des liens entre le Québec et les communautés franco-canadiennes grâce au 7e art.

C’est à compter de la fin octobre dans les régions de Winnipeg et d’Halifax que commenceront à défiler pendant six mois les images du cinéma québécois sur les écrans de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest et dans les Territoires.

Le directeur de la Tournée Québec Cinéma a bien l’intention de poursuivre sur la lancée de 2018-2019. Avec près de 14 500 spectateurs dans 33 villes visitées pour un total de 130 projections, François Lemieux considère la tournée comme «un moteur servant à présenter des films qui se font rares dans les communautés francophones» au Canada. Des résultats plus qu’encourageants puisque les dernières statistiques démontrent une augmentation de près de 75 % du côté des spectateurs et une augmentation de 85 % de jeunes réunis par des ateliers cinématographiques. Car la tournée, c’est aussi le LAB qui s’arrête dans de nombreuses écoles francophones et d’immersion du pays afin d’initier les jeunes à la cinématographie québécoise, franco-canadienne et autochtone. Des ateliers rendus possibles grâce notamment à une collaboration avec la réputée Wapikoni mobile ainsi qu’avec 85 partenaires dans le milieu franco-canadien comme la Société francophone de Victoria, l’Association des francophones du Nunavut et Cinéfranco à Toronto.


Une diversité inclusive

Côté programmation, l’équipe de Cinéma Québec arrive à créer un intéressant mélange entre le cinéma d’auteur québécois et franco-canadien avec des titres comme Chien de garde, Isla Blanca ou La grande noirceur et les succès plus populaires comme La Course des tuques, La Bolduc ou encore 1991. Au cours de son périple, la Tournée a également organisé 32 projections de films réalisés par des cinéastes des Premières Nations dans le cadre du programme Wapikoni Mobile. Souvent moins médiatisée, la diffusion de ces films a permis au public de découvrir la richesse du cinéma autochtone.

Avec le prochain départ qui s’annonce, le directeur général a bien l’intention de «développer de nouveaux publics francophiles, qui attendent la tournée pour mieux connaitre une culture qu’ils aiment déjà.» D’ailleurs, les derniers chiffres de la Tournée montrent que 30 % des participants aux activités sont anglophones et allophones.

D’autre part, un tel périple à travers le Canada ne serait pas possible sans notamment l’appui du Québec. M. Lemieux est visiblement satisfait de constater que le gouvernement québécois de la CAQ poursuit le retour du Québec au sein de la francophonie canadienne «à titre d’acteur important» au moment où la francophonie canadienne est parfois malmenée.

Une centaine de chercheurs et participants sont revenus sur le rôle des médias et leurs défis, la fin de semaine dernière en Nouvelle-Écosse. Ont-ils trouvé des pistes de solution à cette période de crise inédite?

Du 4 au 6 octobre à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, le grand colloque Les médias francophones sous toutes leurs coutures est revenu sur le rôle des médias, leurs défis et occasions en cette période de crise inédite.

«La rupture qu’on vit aujourd’hui est probablement la plus grave crise à laquelle les médias sont confrontés depuis la création même de l’imprimerie», estime Sylvain Lafrance, présentateur de la conférence d’honneur Nouveaux enjeux du monde médiatique au Canada français : pistes de solution.

Le Nouveau-Brunswick veut éliminer progressivement les niveaux scolaires de la maternelle à la 2e année pour les remplacer par des groupes d’élèves d’âge mixte.

Les changements commenceront dès septembre 2020 dans les écoles qui se porteront volontaires.

«Si ça ne marche pas, on va arrêter», a indiqué le ministre.

À long terme, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, aimerait éliminer tous les niveaux scolaires au primaire.

M. Cardy a présenté son livre vert sur l’éducation, jeudi, à Fredericton

Le document de 25 pages contient des mesures et des propositions du gouvernement afin d’offrir aux élèves néobrunswickois «une éducation de première classe».

Alors que le Canada vient de célébrer sa Semaine de la culture scientifique, certains se demandent si l’ère des réseaux sociaux facilite la diffusion des sciences. Certes, il n’a jamais été aussi facile de partager du contenu aux masses, mais la population profite-t-elle vraiment de la diffusion des savoirs?


L’océanologue Daniel Pauly a assisté à la transition vers le numérique. Âgé de 73 ans, il a été l’un des premiers dans son domaine à utiliser les micro-ordinateurs, «des Apple II», se souvient-il, pour développer d’immenses bases de données en halieutique, là où d’énormes machines étaient auparavant nécessaires.

Le professeur à l’Université de la Colombie-Britannique voit d’énormes avantages dans les nouvelles technologies : «Google Scholar est un outil merveilleux. Wikipédia, c’est le savoir de l’humanité à la disposition de n’importe qui. C’est un rêve de l’époque des Lumières qu’on est en train de réaliser : l’homme qui sait tout. C’est une puissance cognitive incroyable.» Internet aurait ainsi le même effet, sinon plus vaste encore, que l’imprimerie du 15e siècle dans la diffusion du savoir.

 

Un rêve qui dérive

Le hic, c’est que le rêve de d’Alembert et ses amis encyclopédistes cohabite avec «le pire», nuance le chercheur. «Je déteste les réseaux sociaux d’une haine implacable, assène-t-il. Ils isolent les gens et créent des pseudocommunautés qui suivent leurs propres idées sans avoir à se justifier auprès d’autres personnes.»

Avec l’anonymat, les critères d’honnêteté et de crédibilité disparaissent, déplore l’expert en biologie marine, chevalier de la Légion d’honneur française depuis 2017. La porte est ainsi ouverte à toutes les «folies anonymes» : «Il y a des gens aux États-Unis qui disent que l’Australie n’existe pas et que les Australiens sont des acteurs», pioche par exemple Daniel Pauly parmi les nombreuses théories conspirationnistes pullulant sur la toile.

 

L’ère des fake news?

Certains sujets deviennent même tabous à l’heure des réseaux. Vaccination, ondes, pesticides, régime cétogène… «Des groupes de pression politisés nous rentrent dedans de façon complètement irrespectueuse sur nos réseaux», regrette Isabelle Vaillancourt, éditrice des magazines jeunesse Explorateurs, Débrouillards et Curium auxquels sont abonnés près de 10 000 francophones en situation minoritaire.

Pour François Demers, professeur en information et communication à l’Université Laval, les réseaux ne sont qu’un véhicule. «Ils ne font que sortir quelque chose qui était dans l’ombre depuis les années 1960-1970 : l’alternative, des visions du monde qui ne sont pas synchronisées sur la science expérimentale telle qu’elle s’est définie aux 19e et 20e siècles.»

La science s’est construite historiquement contre d’autres visions du monde, dont la religion, rappelle l’ancien journaliste passé par Le Soleil et Radio-Canada et qui officie aujourd’hui dans le seul programme de journalisme scientifique en français du pays. «On assiste aujourd’hui à une remontée de l’alternative, surtout en matière de santé et de spiritualité», observe-t-il.

Dans ce contexte, la science moderne est remise en question. Qui plus est parce qu’elle est «associée à la bombe atomique, au militarisme ou à des opérations industrielles polluantes» depuis quelques décennies. Pas étonnant, alors, que la contestation sociale trouve un écho favorable sur cette nouvelle scène publique dématérialisée.

 

L’enquête indépendante commandée par le Bureau des droits de la personne de l’Université d’Ottawa (U d’O) conclut que l’ethnicité a joué un rôle dans l’arrestation musclée d’un étudiant noir par le Service de la protection de l’établissement d’enseignement supérieur en juin dernier.

Rappelons que Jamal Boyce avait publié des vidéos sur les médias sociaux pour dénoncer ce qu’il qualifiait de « violence physique, mentale et émotionnelle ».

Selon l’enquête réalisée par Esi Codjoe de la firme Turnpenney Milney Milne LLP, il a été interpellé par des agents de sécurité alors qu’il effectuait des figures sur une planche à roulettes. M. Boyce — qui n’a pas participé à l’enquête indépendante — a tenté de désamorcer la situation en quittant les lieux, selon ce que rapporte Mme Codjoe.

Les employés du Service de la protection l’ont toutefois suivi et lui ont demandé de présenter une pièce d’identité, prouvant qu’il était un membre de la communauté universitaire. L’étudiant a refusé, jugeant qu’on le ciblait de façon injuste et puisqu’il n’avait pas sa carte étudiante sur lui.

Bien connue pour son engagement inlassable auprès des jeunes, Mireille et Éric Pitre, de Shediac River au Nouveau-Brunswick, relèvent les défis quotidiens d’avoir une petite fille atteinte du syndrome Aicardi. Et l’expérience leur permet de grandir comme couple et parents.

« C’est une maladie très rare et juste chez les filles, de dire Mireille Pitre. Audréanne est née prématurée de deux mois, le 3 avril 2016. Après six semaines à l’hôpital, pesant cinq livres, elle est entrée à la maison. Mais sa situation se détériore, elle souffrait de reflux sévère, pleurait et criait tout le temps et avait des convulsions.»

Prématurée, elle est suivie par de nombreux spécialistes, sans avoir à subir les listes d’attente. «C’est le 22 décembre, après une IRM à l’Hôpital de Moncton, que la neurologue pédiatrique nous donne le diagnostic qu’Audréanne souffre du syndrome d’Aicardi. Parmi les symptômes, il y a les convulsions, la malformation des yeux, la malformation du cortex du cerveau.» Leur fille a un retard mental, ne pourra pas marcher, parler, et son espérance de vie est de cinq à huit ans.

«J’étais bouleversée et je suis passée par toute une gamme d’émotions, poursuit Mireille Pitre. Mon mari Éric a été formidable et nous avons discuté de la condition de notre petite fille tant désirée et de son avenir.  C’est la foi qui m’a aidée et comme parents nous avons choisi de tout donner à Audréanne.»

Mireille Pitre n’a rien vécu comme une maman normale, dit-elle. Elle a souvent ueu l’Impression de vivre un cauchemar. «Un jour une tante m’a prêté le livre Jesus calling avec un passage à lire chaque jour. En ouvrant la page au 22 décembre, j’ai lu ‘Expect to see miracle’».

À sept mois, Audréanne ne se développait toujours pas et était fortement médicamentée. «Mais elle n’avait plus de convulsions, de poursuivre la maman. La neurologue pédiatrique appelle pour dire que l’EEG démontre que sa situation est parfaite.»

C’était la journée que Mireille avait organisé les Jeux olympiques pour des jeunes (juillet 2017), une des nombreuses activités mensuelles organisées par la dynamique jeune femme.

«Il faudra six semaines pour la sevrer de ses médicaments et les EEG de septembre et octobre confirment que tout va très bien, d’ajouter Mireille Pitre. Le 9 août 2019, la pédiatre leur dira qu’Audréanne est une enfant miracle. Elle a de la thérapie aux deux semaines, au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, et plusieurs suivis à IWK et au Centre Stan Cassidy.»

Trop vieux, trop fragiles, trop malades. Voilà quelques-uns des stéréotypes auxquels sont associés les aînés. Alors que leur nombre ne cesse d’augmenter, et que le pays célèbre la Journée nationale des aînés ce 1er octobre, leur place dans la société est prépondérante.

«C’est une population en mesure d’offrir beaucoup à notre société», rétorque Jean-Luc Racine, directeur général de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC). De plus en plus de retraités retournent sur le marché du travail, souligne-t-il, faisant profiter les entreprises de leur assiduité, de leur fidélité et de leur ardeur à la tâche. D’autres deviennent mentors pour assurer un transfert de connaissances et de compétences aux nouvelles recrues. Certains démarrent même une entreprise, forts de leur expérience.

Surtout, les aînés s’impliquent socialement, comme dans le bénévolat. Suzanne Dupuis-Blanchard, chercheuse à l’Université de Moncton, a quantifié dans une étude cette contribution pour le Nouveau-Brunswick. En multipliant leurs 20 millions d’heures de bénévolat par le salaire minimum, les aînés participent ainsi pour 218 millions de dollars par an. «Les contributions sont à tous les niveaux, local et sociétal», incluant la garde d’enfants, avance la professeure.

 

Trouver sa pertinence sociale

En 2016, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé le nombre d’enfants de 14 ans et moins pour la première fois de l’histoire du pays, d’après Statistique Canada. Et leur proportion devrait augmenter encore pour atteindre jusqu’à 30 % de la population en 2068 dans un scénario de vieillissement rapide.

Dans ce contexte, la directrice du Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton dénonce un manque de valorisation criant. «La société parle toujours d’eux de façon négative», estime Suzanne Dupuis-Blanchard. Les aînés seraient victimes de l’âgisme, une forme de discrimination fondée sur l’âge. «Les médias parlent souvent négativement du vieillissement», renchérit-elle, à l’heure des conseils beauté pour «rester jeune». Une société de compétition, de performance et d’instantanéité viendrait aggraver la situation.

Pire, ces stéréotypes seraient intériorisés par les aînés eux-mêmes qui «voient la retraite comme la fin d’une contribution à la société», observe Alexandre Dumas, sociologue à l’Université d’Ottawa. Cette philosophie fonctionnait lorsqu’il restait moins de dix ans à vivre après la retraite, mais pas une vingtaine, souligne le chercheur. Aussi faudrait-il «repenser la question de leur utilité sociale».

L’universitaire lie cette question au concept de citoyenneté dans son ouvrage L’antivieillissement, publié en 2017 : la société réclame un équilibre entre droits et obligations. Considérant les grandes ressources sociales et médicales octroyées à ce groupe, quelles contreparties peuvent-ils offrir? «Si on les exclut du pouvoir, économique et social, il y a déséquilibre», perçoit l’auteur.

 

«Pour bien vieillir, il faut se renouveler et se réinventer.»

La discussion est souvent taboue. «L’accroissement considérable des coûts oblige à repenser notre modèle. Il faut des limites dans l’offre de santé publique. On ne peut pas blâmer une génération pour vouloir de meilleurs soins, mais il faut expliquer que ces choix auront des conséquences sur d’autres secteurs», comme l’éducation où les frais de scolarité grimpent continuellement. «Le pouvoir d’achat des jeunes d’aujourd’hui est beaucoup plus faible qu’avant», poursuit Alexandre Dumas.

Pour le sociologue, il faut que les aînés reprennent leur place dans la société. «C’est impopulaire de dire ça, car on les a victimisés et transformés en groupes très passifs. Or, la très grande majorité d’entre eux ont les capacités physiques et cognitives de contribuer.»