Brève histoire de Terry Fox

Andréanne Joly
Andréanne Joly
Francopresse
FRANCOPRESSE – L’année 2020 marque le 40e anniversaire de la Journée Terry Fox. Cette course annuelle a permis d’amasser plus de 800 millions de dollars depuis sa création. Retour sur le parcours de vie d’un jeune homme qui a marqué des milliers de jeunes Canadiennes et Canadiens.

Jeune sportif, adepte du basketball et du rugby, Terry Fox nait en 1958 à Winnipeg, au Manitoba, et passe son adolescence à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique. À 17 ans, un cancer des os force l’amputation de sa jambe droite.

En convalescence, il apprend qu’un marathonien court avec une prothèse. Il décide qu’il courra aussi et que sa course aura une incidence positive sur les autres personnes qui souffrent d’un cancer.

Il s’entraine pendant 15 mois en vue de son Marathon de l’espoir, qui doit le mener de Saint-Jean de Terre-Neuve à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Terry Fox entreprend sa traversée du pays le 12 avril 1980.

Son objectif de départ est d’amasser un million de dollars, argent qui sera investi dans la recherche sur le cancer. Il entreprend sa traversée du pays le 12 avril 1980. Lorsqu’il voit l’engouement que provoque son projet, il décide de gonfler son objectif à 23 millions, soit un dollar par Canadien.

Le 1er septembre 1980, alors qu’il approche de Thunder Bay, en Ontario, la toux et la douleur le forcent à monter à bord de sa fourgonnette d’accompagnement et à se rendre à l’hôpital. Depuis le 12 avril, il avait refusé toute visite chez le médecin pour ne pas ralentir sa progression. Celle du cancer ne s’était toutefois pas freinée non plus : deux tumeurs déjà grosses logent dans ses poumons.

Neuf mois plus tard, il meurt à l’âge de 22 ans.

De son lit d’hôpital, Terry Fox a rappelé la raison d’être de son Marathon :


« C’est ça le cancer, je ne suis pas le seul. Ça arrive tous les jours à d’autres personnes. Je ne suis pas spécial. »
Terry Fox

En septembre 1981, moins de trois mois après le décès du coureur, une première Journée Terry Fox a été organisée. Plus de 300 000 personnes y ont pris part et ont amassé 3,5 millions de dollars pour la recherche sur le cancer.

À lire aussi : Une première Journée Terry Fox virtuelle pour le 40e anniversaire du Marathon de l’espoir

Terry Fox en 5 lieux

Winnipeg (Manitoba) : Terrance Stanley Fox y nait, le 28 juillet 1958. Terry Fox devient rapidement un athlète. Il aime particulièrement le basketball.

Vancouver (Colombie-Britannique) : Terry Fox grandit à Port Coquitlam, aujourd’hui dans le Grand Vancouver. C’est ici qu’il reçoit un diagnostic de cancer des os et subit une amputation de la jambe droite, en 1977.

Saint-Jean (Terre-Neuve) : Le 12 avril 1980, Terry Fox plonge le pied dans l’Atlantique, marquant le début discret de son Marathon de l’espoir, une course transcanadienne de 8500 km pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer.

Hawkesbury (Ontario) : De kilomètre en kilomètre, à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et au Québec, l’attention dirigée vers le Marathon de l’espoir s’accroit. À Hawkesbury, en Ontario, 200 personnes se massent le long de la route pour l’accueillir.

Thunder Bay (Ontario) : Après avoir franchi plus de 5300 km, le cancer le force à suspendre son marathon, le 1er septembre 1980. Tery Fox s’éteint dans la région de Vancouver le 28 juin suivant, à 22 ans. Un monument de 2,7 mètres est érigé à Thunder Bay en 1982.

La statue Terry Fox d’Ottawa, 2008.

Les retombées de la Fondation Terry Fox

Près de 80 % des dons accumulés par la Fondation sont versés à la recherche sur le cancer, notamment à l’Institut de recherche Terry Fox, qui finance à son tour le Réseau des centres d’oncologie du Marathon de l’espoir. Ce réseau réunit des hôpitaux et universités du Canada dans le but d’améliorer le partage d’information et d’ainsi accélérer les progrès réalisés par la médecine de précision (nouvelles technologies, imagerie de pointe et intelligence artificielle) pour les patients atteints de cancer.

Mauvaises nouvelles/bonnes nouvelles

Selon la Société canadienne du cancer, en 2015, 45 % des Canadiens et 43 % de Canadiennes seront atteints d’un cancer au cours de leur vie et 26 % des Canadiens et 23 % de Canadiennes en mourront.

Aujourd’hui, 80 % des personnes qui souffrent d’un ostéosarcome, le type de cancer qui a couté à Terry Fox sa jambe droite, s’en remettent. Des années 1940 à 2019, le taux de survie au cancer, après 5 ans, est passé de 25 % à 63 %.