Analyse du chômage et des revenus : Les Noirs du Canada face au racisme systémique et persistant

FRANCOPRESSE – La population noire, qui représente 3,5 % de la population totale du Canada, est jeune, diversifiée et son niveau de scolarité a augmenté depuis 2001. Toutefois, les écarts de rémunération et d’emploi qui existaient déjà se sont encore creusés dans les dernières années selon une récente étude de Statistiques Canada.Zoom sur quatre grandes villes canadiennes.

«C’est un indicateur très clair de racisme systémique, et plus précisément de racisme anti-noir au Canada, indique Philip S. S. Howard, chercheur et professeur adjoint au département d’Études intégrées en sciences de l’éducation de l’Université McGill, à Montréal. Ce phénomène est loin d’être nouveau, mais il semble empirer avec le temps.»

De manière générale, les adultes noirs demeurent moins susceptibles d’avoir un emploi que le reste de la population adulte, selon Statistiques Canada.

À Halifax et à Ottawa, le taux de chômage des hommes et femmes noires est plus de deux fois plus élevé que celui du reste de la population, et plus d’une fois et demie supérieur à Toronto ainsi qu’à Winnipeg. Dans les quatre régions, le pourcentage d’enfants noirs vivant en situation de faible revenu varie de 26 à 38 %, soit près ou plus du double des enfants dans le reste de la population. «Cela témoigne des problèmes systémiques que nous avons au Canada et de la saturation du taux de chômage des personnes d’origine africaine», affirme Tolu Ilelaboye, responsable des relations publiques de l’organisme African Communities of Manitoba Inc. (ACOMI).

Les écarts de salaire se sont également accrus. À Halifax, on note un écart de 20 000 $ entre les salaires annuels médians des hommes noirs et ceux des hommes dans le reste de la population et 8000 $ chez les femmes. Les inégalités sont encore plus importantes à Winnipeg, où les écarts sont de 15 000 $ chez les femmes et de 23 000 $ chez les hommes.

Tous les groupes au Canada sont affectés par le chômage, mais les Noirs sont plus durement touchés, proportionnellement. Halifax, par exemple, compte l’une des communautés noires libres les plus anciennes du pays, et a toujours été confrontée au racisme anti noir. «Il est certain que des disparités régionales existent pour différentes raisons, estime Philip S. S. Howard. Mais il serait incorrect de dire que le racisme est pire en certains endroits, il est plutôt vécu différemment.»

<em>NOTA : le premier graphique publié contenait une erreur. Le graphique a été corrigé le 18 mars à 17 h 45.</em>

Immigration et reconnaissance des acquis

L’étude démontre par ailleurs que les immigrants sont plus susceptibles que les non-immigrants de détenir un baccalauréat ou un grade supérieur. Statistiques Canada suggère que cela est surtout vrai chez les immigrants africains noirs, où une plus grande proportion d’hommes que de femmes a été sélectionnée en raison de leurs compétences et de leurs qualifications, comme le niveau de scolarité.

«La plupart des nouveaux immigrants ont du mal à trouver un emploi, commente Mme Ilelaboye. Ceux qui ont la chance d’obtenir un emploi doivent commencer à un poste de premier échelon parce qu’ils n’ont pas l’expérience canadienne.» Il serait donc plus difficile de gravir l’échelle de carrière et de prétendre à des salaires plus élevés, surtout s’ils ont immigré plus tard dans la vie.

Selon l’ACOMI, le processus complexe et parfois imprécis de reconnaissance des certificats et la priorité accordée par le gouvernement à l’expérience canadienne plutôt qu’à la qualification compliquent encore plus les choses. Les immigrants sont forcés d’entrer dans des postes de premier échelon et de réintégrer des postes qu’ils occupaient dans leur pays d’origine. «Il est facile de voir qu’il y a une lacune dans le système qui permet aux nouveaux arrivants d’occuper un emploi rémunéré au pays», ajoute Mme Ilelaboye.

Philip S. S. Howard, chercheur et professeur adjoint au département d’Études intégrées en sciences de l’éducation de l’Université McGill à Montréal.

Accès à l’éducation

De plus, les migrants arrivent souvent avec d’importantes attentes en termes de réussite scolaire. N’empêche, «notre recherche a démontré que plus les personnes noires sont établies au Canada depuis longtemps, moins elles auront accès à l’éducation, indique Philip S. S. Howard. Les deuxièmes et troisièmes générations sont beaucoup plus touchées.»

Pourtant, chez les femmes, les non-immigrantes sont proportionnellement plus nombreuses à détenir un baccalauréat ou un grade supérieur que les immigrantes.


« Personnellement, je considère que le concept de résilience est cruel. »
Philip S. S. Howard

Résilience

Selon Statistiques Canada, la plupart des personnes noires présentent toutefois des taux élevés de satisfaction au travail, de même que des taux élevés de résilience.

«Personnellement, je considère que le concept de résilience est cruel, souligne Philip S. S. Howard. Il suggère que les personnes noires qui font face au racisme et à la violence doivent s’endurcir et se débrouiller, ce qu’on n’attend pas des autres communautés en général.»

Pour le chercheur, l’attention ne devrait donc pas se porter sur la résilience, mais plutôt sur les structures qui causent ces expériences et y remédier. «Il n’y a pas de solution simple, les gouvernements doivent repenser globalement la façon dont est dépensé l’argent et comment leurs politiques affectent les populations de couleur de manière disproportionnée», souligne Philip S. S. Howard.

Des bénévoles durant un événement de l’Association of all African Communities du Manitoba.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.

Premier de deux articles sur les difficultés financières liées à la crise du coronavirus dans les médias communautaires.

COVID-19

Pour les parents d’enfants autistes de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’école à la maison est loin d’être une solution en période de confinement. Entre le manque de ressources pédagogiques et l’angoisse exacerbée des enfants, les familles tentent de relever le défi.

Terri Stewart-MacVane est inquiète. Son fils autiste Liam, âgé de quatre ans, devait commencer le programme d’Intervention comportementale intensive (ICI) la semaine où les garderies de l’Î.-P.-É. ont fermé. Depuis, plus rien. «Je n’ai aucune ressource pédagogique pour l’aider, confie la mère de famille. J’ai peur qu’il perde ses acquis sur le plan scolaire et qu’il ne soit pas capable d’intégrer l’école en septembre.»

La semaine dernière, elle a reçu un courriel l’informant que le ministère de l’Éducation de la province travaille à une solution. «Pour l’instant, je ne sais pas à quoi ça ressemblera», observe-t-elle. 

En attendant, l’auxiliaire de vie scolaire remplaçante tente d’assurer elle-même le suivi pédagogique. «Je ne suis pas professeure, je suis incapable de reproduire tout ce que Liam faisait et il s’en prend à moi», culpabilise la maman. Elle doit jongler entre son fils et ses deux autres enfants, s’occuper des courses et de la maison.

 «Je manque de temps, reconnait-elle. Je sais que Liam ne fait pas assez d’activités sensorielles, physiques, qu’il ne sort pas suffisamment.»

COVID-19

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.

«Nos étagères se vident doucement, mais on s’attend à une augmentation des appels dès la semaine prochaine suite aux mises à pied dans les différents secteurs économiques de la région». C’est ainsi que le président de la banque alimentaire Bons Voisins d’Embrun, Jean-François Gignac, a résumé la situation lorsque nous lui avons parlé récemment.

Cet organisme, comme tous les autres offrants du soutien alimentaire dans la région de Prescott-Russell, s’apprête à vivre des semaines d’achalandage accru en raison de la crise de la COVID-19 qui frappe de plein fouet l’économie de la province et de la région.

Crise de dons?

Les banques alimentaires demeurent ouvertes, puisqu’elles sont considérées comme des services essentiels, mais la déclaration de l’état d’urgence par la province et les recommandations des autorités sanitaires ont un impact indirect sur les stocks et la quantité de dons reçus.

«Pour le moment, il n’y a rien d’alarmant. Le nombre d’appels est plus élevé que d’habitude, mais on a un œil sur la situation», explique M. Gignac. La banque alimentaire d’Embrun tient le coup, et continue à servir la communauté, malgré l’évolution rapide de la situation.

Ontario

La question des abattoirs irrite plus d’un fermier dans le Nord-Est de l’Ontario. Ils ne peuvent pas vendre leur viande dans les épiceries à grande surface ou les chaines d’alimentation rapide, car ces entreprises n’achètent que de la viande d’abattoirs inspectés par le fédéral, peu nombreux et éloignés. La viande d’animaux provenant d’abattoirs inspectés par la province, comme c’est le cas dans le Nord-Est, peut être distribuée uniquement en Ontario et seulement dans les épiceries indépendantes, les restaurants familiaux.

Dans le Nord-Est de l’Ontario, il y a trois de ces abattoirs inspectés par la province : à Belle Vallée au Timiskaming, à Val Gagné dans le district de Cochrane et à Warren dans le district de Sudbury. Les trois ont un permis multiespèces pour le bœuf, le porc, le mouton, le dindon, le poulet de broche et les viandes sauvages. Matt Bowman, ancien président des Producteurs de bœuf de l’Ontario, estime que «ça convient bien aux petits producteurs».

Pour les gros producteurs bovins, il faut expédier les animaux à Toronto ou Kitchener, là où se trouvent les abattoirs fédéraux. C’est très loin, ça coute cher et ça ne favorise pas le bienêtre animal.

Pas de marché interprovincial

Pour Jason Desrochers, producteur de Matheson, il y a un problème additionnel : «Il manque d’abattoirs inspectés par le fédéral en Ontario.»

Le problème de capacité d’abattage avantage les abattoirs au détriment des producteurs. «Les producteurs reçoivent 20 cents de moins la livre que dans l’Ouest. Ça prendrait un autre gros abattoir et il faudrait qu’il soit au Québec», déplore Jason.

Le fédéral est strict pour le transfert de viande, mais pas pour celui des animaux qui se rendent dans un abattoir fédéral. Or, le Québec manque aussi d’abattoirs fédéraux, de sorte que les producteurs québécois viennent en Ontario, ce qui désavantage les fermiers ontariens en créant une pression à la baisse sur les prix à cause du problème de capacité d’abattage.

Un autre irritant pour les producteurs de viande du Nord-Est de l’Ontario est que le marché du Nord-Ouest québécois est fermé au commerce interprovincial de la viande. Il n’existe aucune entente de réciprocité provinciale. «Le vrai dilemme est que je ne peux pas vendre du bison hors province. Il y a un marché de 100 000 personnes juste l’autre côté de la frontière,» explique Pierre Bélanger de la ferme Bison du Nord, à Earlton.

S’il est interdit de vendre de la viande provenant d’un abattoir d’une autre province, on peut cependant la donner. C’est ce qu’a fait Arnaud Warolin, ancien préfet de la MRC de Témiscamingue, pour démontrer l’illogisme de certains règlements.

M. Warolin a apporté un porc du Québec à l’abattoir de Belle Vallée, en Ontario, et l’a offert gratuitement en barbecue à Ville-Marie, au Québec, à des gens du milieu agricole et municipal. Il voulait aussi démontrer qu’il est possible de faire abattre un animal dans une province et de traverser la frontière avec la viande si c’est pour sa consommation personnelle. C’est donc dire qu’il n’y a pas de problème de sécurité alimentaire, mais il est tout de même illégal d’en faire la vente. M.Warolin voulait démontrer que cette situation est seulement justifiée par des intérêts corporatifs.

COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Outre les questions sur la santé, la COVID-19 a généré une sorte de frénésie dans les magasins d’alimentation. Gilbert Dubé travaille dans le secteur du transport depuis plus de trente ans. C’est la première fois qu’il vit une situation pareille, au point de déjà penser à l’après-pandémie.

Propriétaire de l’entreprise Horizon International Distributors, qui opère dans le domaine du transport depuis 32 ans et qui compte une flotte de 35 camions pour 38 camionneurs, Gilbert Dubé a connu plusieurs crises dans cette industrie.

«La crise qui a eu le plus d’impact sur l’entreprise a été la récession de 2008. Forcément nos clients étaient dans la tourmente, et par conséquent nous aussi. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à quelque chose de nouveau : nos clients proviennent en majeure partie du secteur alimentaire, ils produisent de la viande de porc, bœuf, poulet et du fromage. Notre transport est donc nécessaire», explique Gilbert Dubé.

«Pour le moment, la pandémie n’a pas entrainé de gros changements au sein de ces entreprises. Mon plus gros problème, c’est qu’en rentrant de l’Arizona, je devrai me mettre en quarantaine», prévoit-il.

Le domaine du transport est l’un de ceux où il est pour ainsi dire impossible d’opter pour le travail à distance. Les chauffeurs doivent donc redoubler de prudence, surtout lorsqu’ils voyagent à l’extérieur du pays.

«En date du 17 mars, nos chauffeurs étaient toujours d’accord pour travailler et faire des livraisons aux États-Unis. Il est évident qu’ils doivent prendre les mesures nécessaires pour leur sécurité, mais on ne peut pas envisager du télétravail dans notre domaine. De plus, les chauffeurs sont payés à la livraison.»

Agriculture

LE FRANCO (Alberta) – Delphine Pugniet, originaire de Lyon en France, est désormais maraichère en Alberta. Installée depuis cinq ans à Canmore, ville proche des montagnes, elle raconte son chemin à travers le Canada. Un parcours qui a germé d’une idée, au Québec, et qui a poussé jusqu’à la création de son entreprise agricole florissante à Canmore en Alberta. C’est vert, c’est bio, et c’est bon!

Tout était écrit. En 2014, alors qu’elle est représentante pour l’entreprise agroalimentaire Delpeyrat à Montréal, Delphine se plonge dans la lecture d’un livre Le jardinier-maraîcher, de Jean-Martin Fortier. Dès l’introduction, c’est une révélation. Delphine se sent inspirée par les mots, comme si ce livre avait été écrit pour elle. «J’ai toujours été attiré par l’autosuffisance. Et j’ai toujours su que j’étais faite pour travailler avec mes mains».

«Dès le début de ma lecture, j’ai eu des insomnies». Quelque temps plus tard, Delphine s’est présentée dans la ferme de Jean-Martin Fortier. Par la suite, Delphine reste une semaine à ses côtés et participe à une conférence sur la relève agricole à Montréal.

Elle y rencontre Louise-Marie Beauchamp, propriétaire de terres à Saint-Basil-le-Grand qu’elle loue à de jeunes agriculteurs qui s’essayent dans ce domaine. Autrement dit, «un incubateur pour la relève agricole», comme l’explique Delphine, qui permet de cultiver des terres sans avoir besoin d’investir dans du matériel, donc sans prise de risque. Cela lui permet également d’échanger des expériences avec d’autres agriculteurs.

COVID-19

À l’Île-du-Prince-Édouard, ils sont caissiers, employés à l’aéroport ou dans une maison de retraite. Ils ne peuvent pas faire de télétravail et racontent leur vie pendant la pandémie de la COVID-19.

Derrière sa caisse, Usman* reste fidèle au poste. Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, il n’a pas arrêté son travail de caissier dans un supermarché de Charlottetown. «Tous les jours, je ressens de la peur, de l’angoisse, je suis stressé», confie-t-il. Peur d’aller au travail, angoisse de contracter le virus, stress d’être en contact avec des centaines de clients.

Ce qu’Usman craint plus que tout, ce sont les périodes achalandées chaque fin de semaine, «le monde qui se précipite à la caisse». «C’est dur alors de faire respecter la distanciation sociale», raconte-t-il.

C’est un sujet de discussion constant avec les responsables du magasin, assure le caissier. Pour protéger les employés, la direction a pris des mesures préventives et livre des conseils d’hygiène. Les gants sont obligatoires, du gel désinfectant est à disposition, des lignes marquent au sol l’espacement obligatoire de deux mètres entre chaque charriot et, toutes les vingt minutes, une voix réexplique au micro les principes de la distanciation sociale. «C’est insuffisant», regrette Usman. Masques et vitre de protection en plastique manquent encore.

Santé

FRANCOPRESSE – Même avec tout l’amour du monde pour celui ou celle qu’ils aident, les personnes proches aidantes ont aussi besoin de répit. C’est vrai en milieu minoritaire comme partout ailleurs, et la consultante indépendante auprès d'organismes communautaires francophones de l'Ouest canadien Agathe Gaulin l’a vite compris. Depuis 20 ans, elle tente d’implanter le système du baluchonnage dans les communautés franco-canadiennes, particulièrement dans l’Ouest. 

L’idée originale vient de l’organisme Baluchon Alzheimer, établi au Québec depuis 1999. Sa mission est «d’offrir du répit, du soutien et de l’accompagnement aux aidants qui désirent garder à domicile leur proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou autre maladie apparentée». 

Pour y arriver, Baluchon Alzheimer a mis en place les «baluchonneuses», des accompagnatrices spécialisées qui prennent le relais des aidants à domicile pour des périodes de 4 à 14 jours, 24 heures sur 24.

Les femmes et les 30 ans +

Selon l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), 54 % des proches aidants sont des femmes. Avec tout ce que nous fait vivre la COVID-19, «ce sont dans ces moments-là qu’on s’aperçoit que leur travail est essentiel», constate la présidente de l’organisme, Lily Christ.

En aout 2019, l’Institut Angus Reid dévoilait dans une étude qu’un Canadien sur quatre âgé de 30 ans et plus avait déjà été un proche aidant. Encore chez les 30 ans et plus, une personne sur trois prévoit le devenir d’ici quelques années.

Le groupe des 40-60 ans est encore plus concerné par la question : depuis 2016 au Canada, toujours selon l’étude, il y a davantage de citoyens âgés de plus de 65 ans que d’enfants de moins de 14 ans. Le rôle des proches aidants est appelé à augmenter, ce qui touche particulièrement les femmes.

Comment faire pour que les proches aidants tiennent le coup? Selon Agathe Gaulin, il faut implanter le baluchonnage en s’inspirant du modèle québécois.

Aînées et aînés

FRANCOPRESSE – S’activer pour briser l’isolement des personnes âgées : c’est la mission que se donnent quelques associations membres de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada en pleine guerre contre la COVID-19. Des initiatives qui devraient porter fruit, notamment grâce au programme téléphonique ConnectAînés.

Il y a deux semaines, Francopresse faisait état d’un grand projet de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) pour vaincre l’isolement des personnes ainées en 2020. Les choses étant ce qu’elles sont avec le coronavirus, la FAAFC et ses partenaires passent à une vitesse supérieure.

Service téléphonique pour discuter, échanger, dialoguer sur différents sujets, ConnectAînés devait être lancé officiellement vers la mi-avril avec l’objectif de contacter 4 000 personnes. Sans mentionner de chiffre précis, le directeur général de la FAAFC, Jean-Luc Racine, parle de «réajuster à la hausse» cet objectif. Le lancement risque aussi d’être devancé.

L’Alberta à l’avant-plan

Pour ConnectAînés, la FAAFC s’est inspirée d’un projet préexistant en Alberta. Nicolette Horvath, assistante en développement de projets à la Fédération des ainés franco-albertains (FAFA), a démarré ce concept en 2019.

Une première expérience a eu lieu en mai. Mme Horvath a fait plusieurs présentations «pour présenter le projet ConnectAînés, démontrer comment le système de visioconférence (Zoom) fonctionne pour participer aux sessions et, le plus utile, pour répondre aux questions des participants potentiels en personne.»

Rappelons que ConnectAînés est un programme téléphonique gratuit, semblable à la version anglophone Seniors’ Center Without Walls (SCWW). Il offre des activités récréatives, de l’information sur des sujets comme la santé et le bienêtre ainsi que des conversations amicales en français pour les personnes de 50 ans et plus sur des thèmes aussi divers que l’optimisme et les souvenirs d’école.

ConnectAînés brise l’isolement, Nicolette Horvath en est convaincue. «C’est très utile. Ça permet de contacter entre 3 et 6 personnes à la fois. Ça dure entre 30 et 60 minutes, une fois à toutes les deux semaines.»

Ça, c’était à la mi-mars. En raison de la pandémie, la directrice générale de la FAFA, Alizé Cook, précise qu’ils sont passés à trois séances par semaine. Le nombre de participants a également doublé. Lors d’une réunion d’information avec une infirmière sur le coronavirus, on comptait 12 participants.

Mais comme on ne veut pas parler exclusivement de la COVID-19, au cours des prochaines séances, les participants auront droit à un café-philo! «Tant que la situation oblige les gens à rester chez eux, on offrira au moins deux séances par semaine», assure Mme Cook.

Santé mentale

LE FRANCO (Alberta) – La pandémie de coronavirus qui frappe le monde nous plonge dans un scénario de film de science-fiction. Confinement, effondrement de l’économie, omniprésence de discours politiques et de statistiques sur l’épidémie, tout cela provoque une anxiété difficile à gérer. Connie Leclair, psychologue à Calgary, donne ses conseils pour mieux vivre cette crise historique.

Médecins, infirmiers et infirmières, et autres membres du personnel soignant sont érigés en héros de toute la société. Bien moins exposés à la lumière, les psychologues sont aussi sur le qui-vive. L’Association des psychologues en Alberta a d’ailleurs publié un document (en anglais seulement) sur les bons comportements à adopter pour faire face à cette crise sanitaire mondiale.

L’épidémie est bien plus virale sur les écrans que dans la vie réelle. Que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux, et par conséquent dans les discussions du quotidien, le coronavirus est partout. Il répand la peur et l’angoisse.

Ce contexte est essentiel afin d’encourager les citoyens à adopter les bons gestes pour éviter la contamination. Mais il peut affecter la santé mentale en créant de véritables angoisses. Pour y répondre, Connie Leclair prône «la diète émotionnelle»!

COVID-19

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a d’importantes conséquences financières pour les journaux et les radios communautaires francophones à travers le pays, un secteur qui a déjà connu son lot de difficultés au cours des dernières années. Comme le mentionne le propriétaire du Moniteur acadien, Bernard Richard, «la presse écrite vivait des moments difficiles avant même la crise de la pandémie COVID-19. Ça vient ajouter au fardeau existant.»

Une baisse substantielle des revenus publicitaires

La demande en matière de publicités a chuté drastiquement avec l’arrêt forcé, par la crise sanitaire, des activités d’un grand nombre d’annonceurs habituels. Cette situation entraine une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires partout au pays, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.

«Les conseils scolaires sont de bons annonceurs, mais c’est sur la glace pour l’instant, car les écoles sont fermées. Le Centre francophone de Toronto, qui est un centre multiservice important, annonce régulièrement ses activités, mais maintenant tout ce qui est ouvert est la clinique de santé. Presque tout le monde a réduit ses activités, les commerces ont fermé. […] Ça fait beaucoup d’annonceurs qui n’ont pas besoin d’annonces ces temps-ci», explique François Bergeron, rédacteur en chef du journal L’Express de Toronto.

Selon François Côté, directeur général de l’Alliance des radios communautaires (ARC) du Canada, «on parle de 50 à 80 % de perte de revenus dans la majorité des stations.» La situation est d’autant plus problématique que les impacts économiques de la pandémie se feront ressentir même après la fin de la crise.

Société

L’ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – «Monsieur, avez-vous besoin d’un repas?» C’est quelque chose qu’on entend souvent au coin des rues Mountain et Norwood, à Moncton. Même en situation de pandémie, la soupe populaire Ray of Hope Needy Kitchen offre toujours des repas à ceux qui en ont besoin.

Mais à l’instar des autres organismes en son genre à Moncton — dont Habitat pour l’Humanité, Karing Kitchen et le Food dépôt alimentaire — cette soupe populaire a dû rapidement changer sa façon de faire pour s’adapter aux mesures imposées par le gouvernement.

Depuis lundi, ils offrent des repas à emporter à tous ceux qui en ont besoin. Seuls les bénévoles entrent dans l’église pour préparer les repas, qui sont alors distribués aux passants dehors.

«Depuis que les mesures sont devenues plus sévères, on a vu que d’autres soupes populaires se tournaient vers les repas à emporter, et on a décidé d’opter pour ça nous aussi», dit Greg Fennell, gérant de la soupe populaire qui distribue maintenant des mets à emporter derrière l’Église catholique Saint-Augustin.

COVID-19

Les Inuits s’inquiètent de leur place dans la réponse fédérale pour soutenir la population canadienne durant la crise du coronavirus.

Deux communautés nunavoises, Coral Harbour et Cambridge Bay, ont annoncé qu’elles fermeraient leurs portes aux visiteurs dans le but de prévenir la propagation de la COVID-19 chez leurs résidents.

En effet, le Nunavut serait confronté à des défis particuliers si le virus se répandait sur le territoire. Les inégalités sociales et économiques de longue date signifient que les collectivités inuites pourraient être touchées de manière disproportionnée par le virus, précise un communiqué publié le 12 mars 2020 par l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK).

Dans ce dernier, l’ITK s’est adressé au gouvernement fédéral pour demander d’accorder une attention particulière aux Inuits en tant que groupe à risque élevé face à la COVID-19. L’organisme, qui représente les droits et les intérêts des 65 000 Inuits du Canada, veut assurer que le gouvernement fédéral tienne compte des communautés inuites dans la planification et la mise en œuvre de l’intervention nationale concernant le virus.

COVID-19

Les circonstances exceptionnelles dans lesquelles est plongé le monde depuis quelques semaines n’empêchent pas les journaux membres de l’Association de la presse francophone (APF) et du réseau Francopresse de travailler d’arrachepied pour fournir aux lecteurs de l’information locale de qualité. D’est en ouest, une panoplie d’articles ont été publiés sur le web par les journaux membres de l’APF. État de la situation.

Le Nord particulièrement vulnérable

Grande déception alors que les Jeux d’hiver de l’Arctique, qui devaient se tenir à Whitehorse du 15 au 21 mars, sont annulés. L’Équipe Nunavut, société hôtesse de l’édition 2020, a fait l’annonce de cette «décision très difficile» dès le 7 mars.

En date du 19 mars, il n’y avait toujours aucun cas de COVID-19 au Yukon. Cela n’empêche pas le médecin-hygiéniste en chef de la province, Brendan Hanley, de préconiser l’isolement social pour la population. L’Aurore boréale a même publié quelques rappels d’hygiène pour faire face à la COVID-19 et autres virus hivernaux.

Les Territoires du Nord-Ouest ont aussi pris des mesures pour éviter la propagation du virus, déclarant l’état d’urgence le 18 mars dernier même si aucun cas n’avait alors été signalé aux T. N.-O.

C’est que les populations du Nord peuvent être plus vulnérables à la crise que le reste de la population canadienne. Deux communautés du Nunavut, Coral Harbour et Cambridge Bay, ont même fermé leurs portes aux visiteurs pour éviter la propagation de la COVID-19.

COVID-19

FRANCOPRESSE – Au 17 mars, le Canada recense 478 cas de COVID-19 et les provinces de l’Ontario et de la Colombie-Britannique sont les plus touchées avec respectivement 185 et 103 cas déclarés. En revanche, les trois territoires semblent pour le moment épargnés, car aucun cas n’a officiellement été déclaré. N’empêche, ici comme ailleurs, des mesures préventives sont mises de l’avant.

Le Coronavirus, aussi appelé COVID-19, est apparu dans la vile de Wuhan dans le sud de la Chine à la mi-décembre 2019. D’une épidémie localisée, il est aujourd’hui question d’une pandémie qui touche tous les continents avec 197 139 personnes infectées à travers le monde au 17 mars 2020, selon l’Université Johns-Hopkins située à Baltimore aux États-Unis. Une carte des cas mise au point par des chercheurs de cette université est mise à jour en temps réel.

Des mesures d’urgence pour prévenir l’épidémie

Lors d’une allocution, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé des mesures de restriction afin de ralentir l’épidémie qui a fait 5 morts dans la région nord de Vancouver. À compter du 18 mars 2020, seuls les aéroports de Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary sont en mesure d’accueillir les vols internationaux et seuls les citoyens canadiens et résidents permanents peuvent revenir en sol canadien. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’état d’urgence de santé publique en raison du nombre croissant de personnes infectées, il est conseillé aux personnes ayant voyagé à l’étranger de rester à leur domicile, par mesure de prévention.

Dans ces circonstances exceptionnelles, les activités et évènements publics qui devaient avoir lieu dans les prochaines semaines sont remis en cause. 

Santé mentale

Pour soutenir les élèves et les familles du territoire, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (TNO) a décidé d’augmenter l’offre des services en santé mentale.

L’Administration des services de santé et des services sociaux (ASTNO) annonçait, le 18 février dernier, l’ajout de postes de conseillers en santé mentale pour son programme de soins à l’enfance et à la jeunesse.

C’est lors d’une rencontre d’information à l’école St. Joseph à Yellowknife, où une trentaine de parents et de professionnels de l’éducation étaient présents, que la nouvelle a été annoncée. Au total, 49 postes ont été créés « pour améliorer le soutien en santé mentale », comme l’a expliqué durant la rencontre Andrea Brown, Directrice territoriale pour les services de santé mentale et de toxicomanie de l’ASTNO.

Aînées et aînés

Le Nouveau-Brunswick n’est pas à l’abri d’une nouvelle tendance canadienne : avec l’accélération du taux de vieillissement, on assiste à une augmentation importante du nombre de femmes proches aidantes.

«Les proches aidantes sont de plus en plus nombreuses avec le vieillissement de la population, mais demeurent un pan de la population invisible et méconnu», déclare d’entrée de jeu Elda Savoie, professeure à l’École de travail social de l’Université de Moncton.

Selon un rapport de Statistique Canada de 2012, on compte 5,4 millions de personnes proches aidantes âgées de 15 ans et plus au pays et 90 % d’entre elles sont des femmes, d’où l’utilisation de l’appellation féminine pour les nommer.

Les proches aidantes peuvent l’être par relation familiale, par amitié ou tout simplement par relation de bon voisinage. «Et bien souvent, ce sont des individus devenus aînés eux-mêmes qui s’occupent de plus âgés qu’eux», relate encore Elda Savoie.

Ainées et ainés

FRANCOPRESSE - Secondée par huit de ses associations membres, la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) démarre en 2020 un grand projet canadien dont l’objectif est de briser l’isolement des personnes ainées.

«On peut être isolé de plusieurs façons. La maladie, un conjoint qui décède. On peut aussi être isolé en hiver à cause d’une tempête de neige ou quand on habite en milieu rural. Et on peut l’être aussi par la langue.» C’est à partir de la Colombie-Britannique que Stéphane Lapierre va coordonner pour la FAAFC un ambitieux programme, auquel vont participer sept provinces et un territoire pour faire sortir de leur isolement des milliers de personnes âgées.

Sensible à ce problème, le gouvernement canadien par l’entremise du programme Nouveaux Horizons a octroyé quelque 3 700 000 $ pour l’implantation de trois initiatives d’envergure : la conception d’un centre d’activités téléphoniques pour ainées et ainés francophones, la création d’un réseau de sentinelles entre ainées et ainés francophones et enfin la mise en place d’une plateforme informatique de partage assurant la gestion et la livraison de formations et d’animation d’activités en ligne pour les 50 ans et plus.

Journée des femmes

FRANCOPRESSE – Dans l’Île-du-Prince-Édouard où Pamela Gallant a grandi, peu de gens s’étaient aventurés dans le monde du cinéma. Du moins, elle n’en connaissait pas. «J’étais peut-être la première femme à étudier le cinéma», dit-elle.

Elle se rappelle qu’à l’école de son village acadien de Wellington, ce sont les activités artistiques qui l’intéressaient. «J’avais une vieille machine reel to reel video - quart de pouces à l’école. Je faisais des petites vidéos comme passetemps. Je faisais de la photographie, du théâtre. J’aimais la musique; je jouais de la guitare. Mais c’était surtout la scénarisation qui m’intéressait.»

Après le secondaire, c’est cet intérêt pour le cinéma et la scénarisation qui l’a menée à s’inscrire au cégep de Saint-Jérôme, au nord de Montréal, qui offrait un cours de cinéma. Une vraie aventure. «Je me suis retrouvée à Saint-Jérôme : je ne savais pas où c’était et je ne savais pas ce que c’était un cégep», se rappelle-t-elle en souriant.

En fait, le cégep était un moyen pour elle d’atteindre son réel objectif, soit de s’inscrire en cinéma à l’Université de York, à Toronto. Cet établissement exigeait une 13e année et faire une année au cégep permettait d’y être admissible.

Mais sa première année à York l’a autant déçue que son année à Saint-Jérôme l’avait comblée. «Au cégep de Saint-Jérôme, c’était vraiment des profs passionnés, raconte la cinéaste. On faisait des films, on tournait en super 8. C’est là où j’ai eu le gout de réaliser. À York, c’était pas pareil. C’était plus business, alors qu’à Saint-Jérôme, il y avait un esprit de création; les gens s’entraidaient. On voulait juste créer.»

Pamela Gallant n’est pas retourné à York. Elle a obtenu un emploi dans une maison de production à Charlottetown, à l’Ile. Puis, il y a eu une bourse France-Acadie pour un stage de réalisation à Paris, un retour dans les Maritimes à faire du montage pour des films et finalement aboutir à ce qu’elle voulait vraiment faire : réaliser des films.

Journée des femmes

FRANCOPRESSE - Modèle de vivacité, d’implication et d’ouverture, Ciji Fortier est déjà une figure remarquée de la francophonie en milieu minoritaire. La jeune femme de 25 ans originaire de Hearst, ville à majorité francophone du nord de l’Ontario, poursuit son bonhomme de chemin à Ottawa après avoir goûté à la francophonie de France et du Sénégal. Portrait d’une jeune femme fière de ses racines et, surtout, engagée.

Ciji Fortier a obtenu un baccalauréat en psychologie à l’Université de Hearst. Dans le cadre de ses études dans l’établissement franco-ontarien, Ciji Fortier a eu l’opportunité de passer un an en France, à Albi, et suivre les cours de l’Institut national universitaire Champollion. Son goût de l’aventure l’a poussé à partir, c’est aussi en dehors de sa zone de confort et dans un autre pays francophone qu’elle a découvert sa passion pour la francophonie, alors qu’elle se questionnait sur sa propre identité : «Là-bas, j’ai été confrontée aux questions : tu es qui? D’où tu viens? Puis j’ai commencé à me dire que le français faisait partie de mon identité. C’est à travers ma langue maternelle que je peux m’exprimer comme je veux et faire paraître l’essence de moi-même.»

Après son retour de France, l’envie de repartir est tout de suite apparue. Elle a donc décidé de faire son stage dans un autre pays francophone de l’Afrique : le Sénégal. Basée à l’Université Gaston-Berger à Saint-Louis, Mme Fortier a découvert, là-bas, la notion d’accueil et de partage qui l’ont profondément marqué. «Dans les sociétés individualistes on a peur d’aller vers l’Autre surtout si il est différent mais il y a quelque chose de riche à partager dans cette différence. J’ai beaucoup appris d’eux, surtout dans leur façon d’approcher l’Autre et de l’accueillir.» L’étudiante parle ici de la Teranga sénégalaise, véritable état d’esprit qui exprime l’hospitalité, l’accueil et l’ouverture sur les autres d’une façon générale.

Santé

Dr Jean-Pierre Arseneau, médecin de famille à Bathurst, propose de maximiser les ressources dans les cliniques et les cabinets de médecin afin d’alléger la pression sur les urgences de la province.

«Dix fois plus cher.» Voilà ce que doit débourser le gouvernement lorsqu’un cas est vu à l’urgence plutôt qu’en cabinet de médecine familiale au Nouveau-Brunswick, selon Dr Arseneau.

Santé

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL —APF (Atlantique) — Aller voir un médecin anglophone lorsqu’on est francophone peut être rebutant. Comment décrire une douleur «pas tout à fait à l’estomac, plus diffuse, avec des crampes» lorsque son anglais est sommaire? Parler de ses sentiments ou de ses angoisses est encore plus ardu.

Plusieurs études démontrent les difficultés rencontrées par les francophones en situation minoritaire pour accéder à des soins appropriés en santé mentale. Selon des données recueillies entre 2005 et 2013 dans des hôpitaux ontariens, les patients franco-ontariens avaient trois fois moins de visites d’un psychiatre durant les trois premiers jours de leur hospitalisation, par rapport aux anglophones.

Une autre étude, focalisée sur les jeunes francophones de 15 à 24 ans, montre que près d’un sur trois est en détresse psychologique, que ce soit au Québec ou ailleurs. Selon le même document, la moitié des jeunes francophones hors Québec ayant exprimé un besoin de soins en santé mentale n’ont pas eu de réponse adéquate, contre un sur trois dans la belle province.

Pouvoir exprimer ses émotions dans sa langue maternelle est pourtant essentiel. «C’est plus difficile d’aller au plus profond de soi dans sa deuxième langue», raconte Caroline Leblanc, psychologue bilingue en pratique privée, installée à l’est de Charlottetown. Elle estime qu’entre 5 % et 7 % de ses clients sont francophones.

Immigration

LE VOYAGEUR (Ontario) – Manque d’information. S’il y a un seul message à retenir de la vidéo Au Canada, il y a de la place pour tout le monde, c’est celui-là. Cette vidéo, projetée en première au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury le 22 février, présente le témoignage de quatre immigrants et d’une femme qui en a accueilli plusieurs dans la région.

Leurs témoignages rappellent certaines lacunes passablement connues, mais pour lesquelles les solutions tardent à venir. À plus d’une reprise pendant la vidéo et pendant la discussion qui a suivi, le réalisateur Moïse Zahoui et la professeure Amélie Hien, on a rappelé que les immigrants qui décident de venir au Canada ne reçoivent pas toujours la bonne information concernant le pays.

Immigration

FRANCOPRESSE — La plupart des établissements d’enseignement postsecondaires du pays sont engagés dans le recrutement d’étudiants internationaux. Au Collège Boréal, en Ontario, on s’active sur ce front depuis environ 5 ans. «On voyait qu’il y avait un intérêt et que les demandes rentraient sans beaucoup d’efforts et qu’il y avait un potentiel intéressant», explique Mélanie Doyon, gestionnaire, liaison internationale.

L’objectif du Collège, qui compte plusieurs campus dans la province, est d’atteindre 20 % d’étudiants internationaux d’ici quelques années. Selon Mélanie Doyon, en plus de constituer une richesse en ajoutant une diversité dans les salles de classe, ces étudiants de l’extérieur peuvent contribuer à résoudre les problèmes de main-d’œuvre. «C’est notre rôle de former une main-d’œuvre qualifiée. Dans le nord de l’Ontario, il y a une pénurie de main-d’œuvre, alors on va chercher des gens qui sont prêts à se déplacer au Canada et peut-être éventuellement s’y établir pour y travailler.»

Au Nouveau-Brunswick, les progrès sont surprenants. L’Université de Moncton compte maintenant 20 % de son corps étudiant — soit 822 — qui vient de l’étranger. Dans le réseau des collèges communautaires francophones de la province (CCNB), la progression est fulgurante : 75 pour cent d’augmentation entre 2017 et 2018, suivi d’une autre hausse de 60 % lors de la rentrée 2019. Les collèges de langue française comptent maintenant 644 étudiants internationaux, soit 30 % de tous les effectifs.

Qu’est-ce qui explique cette poussée? De un, la bonne réputation des programmes postsecondaires au Canada et les efforts des institutions sur le terrain. Juan Manuel Toro Lara, coordonnateur des services aux étudiants internationaux pour le CCNB : «Comme les autres établissements postsecondaires, on participe à des salons de l’éducation qui sont organisés dans les pays de la Francophonie. Aussi, on a une personne qui s’occupe de maintenir les candidats intéressés. On fait le suivi auprès de la personne qui a manifesté son intérêt, jusqu’au moment où la personne arrive ici.»

Histoire des Noirs

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL — APF (Atlantique) — À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs au Canada, la Black Cultural Society de l’Île-du-Prince-Édouard a organisé, le 6 février à l’Université de l’Î.-P.-É. (UPEI), un débat sur la création d’un syndicat des étudiants noirs. Une occasion pour la nouvelle génération de partager son expérience et de repenser l’histoire noire à l’Ile.

Keyshawn Bonamy se souvient parfaitement de ses débuts à UPEI en janvier 2016. Le moment où l’étudiant international, confronté au regard de l’autre, est «devenu noir». «J’étais le seul de ma classe, isolé, stressé, j’ai pris conscience que j’étais différent», raconte le jeune homme qui n’arrêtait pas de se demander : «Est-ce que j’ai fait le bon choix?». Car d’où il vient, aux Bahamas, «tout le monde a la même couleur de peau alors on ne me percevait pas comme noir». 

Conséquences : l’étudiant a ressenti le besoin de s’engager et de prouver qu’il était le meilleur. Il s’est impliqué activement dans des organisations étudiantes. Société caribéenne, syndicat des étudiants de UPEI, il a voulu briser le voile de couleur entre communautés.

Celui qui est aujourd’hui employé du Bureau des étudiants internationaux de l’université rappelle la force des préjugés raciaux et l’urgence d’en sortir. «On n’est pas tous rapeurs ou Beyoncé, lance-t-il avec humour. Notre identité est plurielle, notre diversité bien plus profonde.»

Histoire des Noirs

FRANCOPRESSE – Qu’ont en commun une patinoire et un champ de bataille? Pas grand-chose. Sauf que les deux endroits ont su être une source d’émancipation il y a 100 ans ou plus pour la communauté afro-canadienne.

Si Willie O’Ree fut le premier joueur noir à évoluer dans la LNH en 1958 pour les Bruins de Boston, l’athlète natif de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, fut précédé sur la glace bien longtemps avant lui par des compatriotes de la Nouvelle-Écosse.

Puisque l’un des objectifs du Mois de l’histoire des Noirs est de mettre en lumière les faits d’armes de nos concitoyens noirs, Postes Canada a eu l’idée de dévoiler un timbre célébrant le Colored Hockey Championship et les équipes de hockey sur glace uniquement composées de joueurs noirs, qui se sont disputé le titre dans les Maritimes entre 1895 et le début des années 1930.

Les premières traces d’équipes de hockey uniquement composées de joueurs noirs dans la région de Halifax remontent à mars 1895, alors qu’un match a opposé une équipe de Dartmouth et une de Halifax. Peu de temps après, six autres équipes se sont formées, en Nouvelle-Écosse et une à l’Île-du-Prince-Édouard.

Elia Anoia, gestionnaire à l’élaboration du programme de timbre-poste, raconte qu’il a fallu deux ans à la société canadienne des postes pour faire des recherches sur le sujet. L’historien George Fosty et le président du Black Cultural Centre for Nova Scotia, Craig Smith, ont été mis à contribution lors des recherches. Selon Mme Anoia, «beaucoup de Canadiens ne sont pas au courant de cette histoire.» Tout comme il y avait du hockey organisé dans les paroisses des communautés francophones, ce sont les dirigeants de l’Église baptiste qui organisaient les rencontres afin d’attirer plus de jeunes hommes au sein de leur église.

Justice

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Selon le rapport 2019 de l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation, 136 femmes et filles ont été tuées lors d’agressions violentes au Canada en 2019. Sur ces 136 femmes et filles, 100 ont été tuées par des accusés masculins. Ces accusés masculins étaient des conjoints actuels ou anciens dans une proportion de 59 %, des amis et connaissances dans 9 % des cas.

Dans 26 % des cas, il s’agissait de fémicides familiaux et dans 6 % des cas seulement, les hommes accusés étaient des étrangers.

L’observatoire va plus loin dans l’analyse des statistiques. Les partenaires intimes ayant tué leur partenaire étaient, dans 70 % des cas, mariés ou conjoints de fait. Les autres étaient des fréquentations ou des relations intimes non spécifiées.

Histoire des Noirs

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL —APF (Atlantique) — Les Canadiens d’origine africaine sont présents depuis très longtemps au Nouveau-Brunswick et sont actifs dans la communauté francophone de Saint-Jean. Bref rappel de l’histoire méconnue des Noirs loyalistes de la province.


En juin prochain, l’organisation New Brunswick Black History Society célèbrera ses 10 ans d’existence. Affiliée à l’organisme communautaire PRUDE Inc. (Pride of Race, Unity and Dignity through Education), celle-ci retrace et documente des siècles d’histoire peu connue du grand public.

Pour Ralph Thomas, coordinateur de projets chez New Brunswick Black History Society et président de PRUDE Inc., l’expérience qu’il a vécue au conseil d’administration du village historique de King’s Landing a rallumé sa flamme de retracer l’histoire des Noirs loyalistes en Atlantique : «Il n’y avait rien sur l’histoire des Noirs. Nous savions que la famille Gordon, dont la maison était située à Fredericton, était d’origine afro-américaine et qu’il y avait un certain intérêt de la mettre en valeur […]. Celle exposée à King’s Landing est identique parce que nous avions à notre disposition les plans de construction de l’originale.»

Santé

FRANCOPRESSE – Les messages apparaissent accompagnés d’émojis souriants à l’écran : «C’est comme une tarte citron pistache, un régal!» ou bien encore : «Chaque saveur que je goute est encore meilleure!» Dans les messages postés sur Instagram, les publications flatteuses sur le vapotage se comptent par milliers. Premières cibles : les adolescents.

«Un gadget permettant d’absorber de la nicotine.» Il n’existe pas 10 000 façons de définir la cigarette électronique, explique l’urgentologue et toxicologue Martin Laliberté. «Ce n’est ni plus ni moins qu’une version du tabac moderne», confie le professeur adjoint au Centre universitaire de Santé Mc Gill. Avec «les mêmes risques de dépendance à la nicotine». Et plus elle est consommée tôt dans la vie de l’individu, plus le risque de dépendance est accru, et par conséquence, les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires aussi.