En mars 2019, il y avait 50 logements de disponibles, dont 10 à moins de 700 $ par mois. Aujourd’hui, dit Denis Constantineau, c’est 7 unités, dont une seule à moins de 700 $.
En mars 2019, il y avait 50 logements de disponibles, dont 10 à moins de 700 $ par mois. Aujourd’hui, dit Denis Constantineau, c’est 7 unités, dont une seule à moins de 700 $.

À Sudbury, manque de logements abordables, manque de tout

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – Les problèmes sont connus des organismes, leurs origines et les besoins aussi. Pourtant, les solutions tardent à venir pour les sans-abris et les plus démunis du Grand Sudbury. Le conseil municipal a tenu deux rencontres la semaine dernière pour entendre les recommandations des nombreux organismes et bénévoles qui interagissent et aident les moins fortunés, mais aussi des principaux concernés.

Stuart Donaldson, lui-même sans-abri, a été le seul à demander une meilleure éducation du grand public. À son avis, la situation ne sera jamais réglée si la population mieux nantie ne comprend pas que les causes ne sont pas aussi simples qu’elle le croit.


« Je suis sans-abri à cause de la COVID-19. Je n’ai pas de problème de consommation ou autre. »
Stuart Donaldson, sans-abri à Sudbury

Les intervenants se sont succédé pendant pour présenter des témoignages, des états des lieux, des données, des recommandations ou des suggestions de solutions.

Le constat le plus courant ne surprend pas : il n’y a pas assez de logements abordables ou de logements de transition.

Découragés par la paperasse

Le directeur du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, qui gère depuis plusieurs années un service d’accès aux logements, illustre qu’en mars 2019, il y avait 50 logements de disponibles, dont 10 à moins de 700 $ par mois.

Aujourd’hui, dit Denis Constantineau, c’est 7 unités, dont une seule à moins de 700 $. Malgré cela, la liste d’attente s’allonge et 65 % des demandeurs abandonnent les démarches pour trouver un logement, découragés par la paperasse.

Autre statistique inquiétante : la population de sans-abris du Grand Sudbury compterait 42 % de membres des Premières Nations, alors qu’ils composent seulement 9 % de la population de la ville.

Parmi les solutions, on suggère de mieux consulter les sans-abris eux-mêmes sur leurs besoins, mettre en place plus recommandations du rapport intitulé «Examen du Système des refuges d’urgence dans le Grand Sudbury : Rapport de recommandations, 2 février 2019», soit : déclarer un état d’urgence de santé publique pour la crise des opioïdes, arrêter l’installation d’équipements hostiles aux sans-abris dans le centre-ville, plus de toilettes publiques dans le centre-ville…

Le cout des loyers a augmenté en flèche

Joël Boivin et Cynthia Eyre, qui participaient en tant que citoyens, avaient chacun une solution similaire : construire des petites habitations peu dispendieuses préfabriquées ou à partir de conteneurs.

La directrice du Centre du Samaritain, Lisa Long, dit voir le désespoir augmenter exponentiellement chez les bénéficiaires. Le sans-abrisme est «une expérience qu’une personne vit, pas ce qui la définit», dit-elle pour appuyer les propos de Stuart Donaldson. Pour elle, le logement et le salaire sont les fondations de la solution.

Justement, plusieurs ont signalé que les subventions pour le logement — déjà difficiles à obtenir — ou les allocations gouvernementales n’ont pas augmenté depuis des années, alors que les couts des loyers dans le Grand Sudbury ont grimpé de façon alarmante.

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