Les contrôles à l’arrivée du pont de la Confédération sont draconiens. Les résidents saisonniers doivent notamment démontrer qu’ils pourront s’auto-isoler deux semaines sans problème.
Les contrôles à l’arrivée du pont de la Confédération sont draconiens. Les résidents saisonniers doivent notamment démontrer qu’ils pourront s’auto-isoler deux semaines sans problème.

À l’Île-du-Prince-Édouard, des résidents saisonniers ciblés à tort

FRANCOPRESSE – «De la xénophobie à l’Île-du-Prince-Édouard!» Un titre un peu trompeur qui a défrayé la manchette dans les grands quotidiens au début juillet, à la suite d’une série d’incidents entre des Insulaires et des résidents saisonniers. Depuis que ces derniers sont autorisés à venir dans la province, la crainte des Prince-Édouardiens face à la pandémie s’est exacerbée ; certains aimeraient couper les ponts avec le continent. Pourtant, les nouveaux cas recensés ces derniers temps n’ont rien à voir avec les estivaux ou l’ouverture de la bulle atlantique.

«Il me semble que les médias ont répété les mêmes situations malheureuses isolées, estime Marie Brien, une résidente saisonnière de l’Î.-P.-É. originaire de l’Ontario. La peur initiale, basée surtout sur les commentaires négatifs en ligne, s’est en grande partie dissipée.» Quelques semaines plus tôt, elle s’inquiétait elle aussi des comportements parfois virulents de certains face à des non-Insulaires.

L’annonce, le 20 mai, de l’ouverture des frontières de l’Î.-P.-É. a eu l’effet d’une étincelle. De nombreux Insulaires ont manifesté leur incompréhension face à une décision qu’ils jugeaient trop rapide. Certains sont restés calmes, d’autres ont été plus agressifs, allant jusqu’à lancer une pétition virulente contre les autorités, dont la médecin-hygiéniste en chef de la province, la Dre Heather Morrison.

La voiture de Jordan Bujold a été vandalisée en raison de sa plaque d’immatriculation du Nouveau-Brunswick.

Penser avant d’agir

Des incidents ont éclaté, dont celui, largement commenté, de l’étudiante à l’Université de l’Î.-P.-É. Jordan Bujold, qui a vu sa voiture vandalisée. La jeune femme, originaire du Nouveau-Brunswick, a relayé sa mésaventure sur Facebook le 20 juin.

Dans sa publication, qui a été partagée plus de 1300 fois, elle souligne qu’elle est témoin de l’impact de la peur sur les gens depuis le début de la pandémie. «Je ne peux pas croire que je dois dire ceci, mais BONJOUR VOUS AVEZ OUBLIÉ L’UNIVERSITÉ ET LES COLLÈGES. Les étudiants restent sur l’ile en été pour poursuivre leurs études ou travailler.»

Elle rappelle qu’il y a de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi les voitures sont immatriculées dans d’autres provinces.


« S’il vous plait, pensez-y avant d’endommager des véhicules en raison de la colère, la peur ou la rancune. »
Jordan Bujold, étudiante victime de vandalisme

Ces évènements, après neuf semaines de crise et des résultats sanitaires enviables, ont fait réagir le premier ministre Dennis King dès le 22 mai : «Je comprends que les gens soient inquiets, je le suis aussi, mais nous ne devons pas être paralysés».

Le premier ministre estimait que certains commentaires contre Heather Morrison avaient «dépassé les limites». Des internautes s’opposaient de manière virulente à l’ouverture partielle de la frontière alors que les visites aux ainés et les réunions familiales étaient interdites.

La médecin-hygiéniste en chef elle-même avait craqué pendant son briefing en demandant aux Insulaires d’être «patients» et «gentils».

«Nous devons nous souvenir de qui nous sommes», a déclaré le premier ministre Dennis King en réaction à l’intimidation dont seraient victimes certains résidents saisonniers.

L’opposition accusée «d’agiter les peurs»

L’opposition politique a surfé sur ces peurs en les relayant à l’Assemblée législative. Dès le premier jour de la session printanière, le 26 mai, le leadeur des verts, Peter Bevan-Baker, demandait à Dennis King de revenir sur une décision «incompréhensible».

«Chaque fois qu’on permet à un nouveau groupe de venir, on accroit le risque. Nous n’avons pas vu de preuves que c’est une décision sure», déclarait Peter Bevan-Baker à la presse.

Pourtant, toutes les précautions ont été prises par les autorités qui ont mis en place un processus strict pour l’arrivée des résidents estivaux. Itinéraire, date d’arrivée, preuve de résidence, accord pour s’isoler deux semaines, soutien sur place pour l’épicerie ; les résidents saisonniers doivent montrer patte blanche avant d’entreprendre leur voyage.

Et surtout, un maximum de 500 personnes par semaine est fixé pour permettre d’effectuer des contrôles de l’auto-isolement.

Peter Bevan-Baker, leadeur de l’opposition officielle, a attaqué vivement la décision du gouvernement d’ouvrir l’ile aux résidents saisonniers. Plus tard, il s’en est défendu, saluant la mise en place de la bulle de voyage en Atlantique.

Les nouveaux cas ne sont pas des saisonniers

Le 3 juillet, jour de l’ouverture de la bulle atlantique, le premier ministre Dennis King était présent dans la matinée pour accueillir les voyageurs à la sortie du pont de la Confédération. Des sacs de pommes de terre, renfermant en réalité un échantillon de produits locaux made in PEI, étaient distribués aux automobilistes.

L’Ile, récemment épinglée pour des incidents contre des voyageurs d’autres provinces, tient à montrer qu’elle est toujours aussi accueillante.

Les demandes d’accès des estivaux ont été examinées un peu plus vite que prévu, ce qui n’a pas manqué de provoquer de nouveaux remous sur les réseaux sociaux et en Chambre.

Le leadeur de l’opposition officielle a profité de la brèche pour réattaquer le gouvernement sur sa communication, lui demandant «comment il comptait regagner la confiance des Insulaires». Dennis King a mal pris ces critiques, accusant Peter Bevan-Baker d’«agiter les peurs» et de jouer un jeu politique avec une rhétorique «incendiaire».

Les automobilistes sont prévenus : des contrôles les attendent sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Les saisonniers restent prudents

De nombreux résidents saisonniers craignent encore la réaction de certains Insulaires quand ils seront sortis de l’auto-isolement et circuleront à l’Ile avec une plaque d’immatriculation ontarienne ou québécoise, notamment. «Plusieurs d’entre nous avons demandé et reçu une lettre de la santé publique confirmant nos quarantaines complétées. Ainsi, si on se fait apostropher, on peut montrer cette lettre», explique Marie Brien, prudente.

Contactée, Jordan Bujold se félicite que son message attire l’attention face à une situation qui pourrait empirer au fur et à mesure que l’Ile s’ouvre au reste du pays :


« Je m’inquiète pour mes camarades de classe, d’autant plus que la plupart d’entre nous sont financièrement désavantagés en ce moment, et donc le vandalisme est un énorme facteur de stress. »
Jordan Bujold, étudiante victime de vandalisme

L’étudiante au Collège vétérinaire de l’Atlantique souhaite cependant passer à autre chose, notant qu’être discriminée à cause d’une plaque d’immatriculation est moins grave que de l’être «en raison de la couleur de sa peau».

«Toutes nos connaissances nous ont souhaité la bienvenue», ajoute Linda Gallant, venue de Saskatchewan à son chalet en région Évangéline. La résidente précise toutefois qu’elle a «des plaques d’immatriculation de l’Ile» ce qui, selon elle, lui évite de potentiels problèmes.

Surtout, la Fransaskoise note que les nouveaux cas signalés depuis quelques jours à l’Î.-P.-É. sont tous des Insulaires : «Au moins, on ne va pas nous blâmer pour cela!»

Linguistique

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Du Yukon au Nunavut en passant par les Territoires du Nord-Ouest, les langues autochtones sont de plus en plus visibles. Leur intégration au paysage urbain est un symbole d’engagement envers les peuples autochtones, mais aussi une tentative de contrer le déclin de ces langues en situation précaire.
Nunavut

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL (Territoires) – Le conteneur, outil essentiel du transport maritime, peut aussi bien servir de maison. Un concept qui a réuni deux entrepreneurs du Nunavut qui travaillent ensemble sur l’élaboration de ces logements innovants dans le territoire.
Histoire

FRANCOPRESSE – L’auteur de l’ouvrage L’Histoire oubliée de la contribution des esclaves et soldats noirs à l’édification du Canada (1604-1945), aux Éditions Afrikana, a répondu aux questions de Francopresse. Le Dr Amadou Ba éclaircit en ces pages des chapitres négligés de l’histoire du pays. Chargé de cours à l’Université Nipissing de North Bay et à l’Université Laurentienne de Sudbury, ce passionné d’histoire africaine souhaite ainsi contribuer à réconcilier les Canadiennes et Canadiens avec leur passé.
Histoire

FRANCOPRESSE – En temps de crise, la culture de potagers gagne en popularité. Guerres mondiales, crise économique des années 1930, COVID-19 ; le potager s’est souvent fait symbole de résilience et de sécurité alimentaire. Dans cette même optique, les potagers ont joué un rôle fondamental dans l’établissement des Européens au Canada. La Compagnie de la Baie d’Hudson vous en passe un papier.
Analyse du chômage et des revenus

FRANCOPRESSE – La population noire, qui représente 3,5 % de la population totale du Canada, est jeune, diversifiée et son niveau de scolarité a augmenté depuis 2001. Toutefois, les écarts de rémunération et d’emploi qui existaient déjà se sont encore creusés dans les dernières années, selon une récente étude de Statistique Canada. Zoom sur quatre grandes villes canadiennes.
Racisme systémique

LE FRANCO (Alberta) – Le meurtre de Georges Floyd sous le genou d’un policier, ce 25 mai aux États-Unis a soulevé une vague d’indignation et de rassemblements à travers le monde. D’Edmonton à Calgary, où se sont tenues des manifestations, les personnes touchées par le racisme témoignent.
Un droit des commerçants?

FRANCOPRESSE – Le premier ministre de l'Ontario affirmait vendredi qu'il n'allait pas imposer le port du masque à la grandeur de la province. Doug Ford a tout de même affirmé le mois dernier que les commerçants avaient le droit de refuser des clients ne portant pas le masque, une pratique communément appelée no mask, no service. Les supermarchés T&T et Longos et le service de transport en commun d’Ottawa, OC Transpo, obligent leurs clients à porter le masque, tandis que la Commission de transport de Toronto (CTT) fera de même à compter du 2 juillet. Au Canada, un commerçant peut-il vraiment refuser l’entrée à un client qui ne porte pas le masque? La réponse est bien plus nébuleuse que ce qu’a lancé le premier ministre ontarien. Dans le cas de personnes ne pouvant pas porter le masque pour des raisons médicales, les cartes sont brouillées.
Statues

À la suite des manifestations antiracistes, plusieurs citoyens de Charlottetown appellent la Ville à enlever la statue de Sir John A. Macdonald, située à l’entrée de Victoria Row. Le conseil municipal doit trancher la question le 24 juin prochain. Déboulonner le bronze ou installer un panneau explicatif? Les avis sont partagés.
COVID alerte

L’Ontario sera la première province canadienne à tester une nouvelle application mobile de traçage des cas de COVID-19. L’application, qui sera provisoirement appelée COVID alerte, permettra d’aviser les personnes qui l’ont téléchargée s’ils ont croisé une personne ayant contracté le virus.
Pandémies

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Fermeture des lieux publics, rassemblements interdits, quarantaine, port du masque… Ces mesures ne sont pas nouvelles pour la Saskatchewan qui a connu la grippe espagnole un siècle plus tôt, perdant quelque 5 000 habitants entre 1918 et 1920. Si la médecine n’était pas aussi avancée à l’époque, les stratégies mises en place pour endiguer la maladie ont inspiré les politiques sanitaires actuelles contre la COVID-19. Retour sur la pandémie la plus meurtrière du 20e siècle.
Racisme systémique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.
Grand Subdury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Si une reprise économique est nécessaire après la pandémie pour éviter l’écroulement de la société, elle doit se faire en développant parallèlement une économie plus verte et durable. C’est l’un des constats que l’on peut retenir d’une conférence en français présentée sur la page Facebook de Science Nord, avec des professeurs de l’Université Laurentienne, le 3 juin.
Linguistique

FRANCOPRESSE – Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.
Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.