Trinity Francis est venue manifester en compagnie de sa maman, Shawna Vienneau.
Trinity Francis est venue manifester en compagnie de sa maman, Shawna Vienneau.

«À l’école, on m’appelait “la sauvage”»

Simon Delattre
Acadie Nouvelle
ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.

Rodney Levi, membre de la Première Nation de Metepenagiag, a été mortellement blessé par balle par un agent de la GRC vendredi lors d’une intervention policière. Sa mort survient quelques jours après le décès de Chantel Moore, abattue par un agent de la Force policière d’Edmundston, plus tôt ce mois-ci.

Dimanche soir, une vingtaine de manifestants de la Première Nation Esgenoôpetitj — anciennement connue sous le nom de Burnt Church — se sont postés sur le bord de la route 11, près de Néguac, pour faire connaitre leur colère et leur incompréhension.

L’initiatrice du rassemblement, Shelby Dedam, avait invité quiconque à participer. «Nous voulions nous rassembler pour soutenir la famille et être entendus. Il y a eu trop de brutalités policières de la part d’agents de la GRC envers notre peuple, nous ne voulons plus être traités comme nous l’avons été par le passé», mentionne la jeune femme.

Si les nombreux klaxons en signe de soutien ont réchauffé le cœur de Denver Dedam, certaines réactions lui sont restées en travers de la gorge. «Un automobiliste nous a tendu un pouce vers le bas, un autre a crié “fucking native trash”… Je n’arrive pas à comprendre ça, nous avons tous le même sang qui coule dans nos veines!»

Plusieurs ici gardent en mémoire les épisodes de violence de 1999 opposant les pêcheurs de homards micmacs de la Première Nation de Burnt Church à des pêcheurs non autochtones de la région.