Le Grand collisionneur de hadrons, à cheval entre la Suisse et la France, est considéré par plusieurs comme le plus grand projet scientifique des décennies.
Le Grand collisionneur de hadrons, à cheval entre la Suisse et la France, est considéré par plusieurs comme le plus grand projet scientifique des décennies.

Un Franco-Albertain a participé à la découverte de la «particule de Dieu»

Geoffrey Gaye
Le Franco
LE FRANCO (Alberta) – Gilbert Lachat est un Franco-Albertain résidant dans le sud de Bonnie Doon, à Edmonton. Il a participé par ses talents de forgeur à la découverte de l’une des plus grandes avancées de la physique moderne.

Gilbert Lachat est un homme pointilleux. Lorsqu’il narre des histoires, il s’attache à ne pas oublier certains détails. Pourtant, en l’écoutant, le temps semble s’arrêter. Pas étonnant d’apprendre que ce natif de la Suisse a commencé sa carrière comme mécanicien de précision, dans le domaine de l’horlogerie.

«Un projet spécial, international», se remémore-t-il. Lorsqu’il entend ces mots en 1995, l’homme est désormais chef de l’atelier de physique de l’Université de l’Alberta, un lieu où l’on fabrique les instruments nécessaires à la recherche.

Le plus puissant accélérateur de particules

De l’autre côté de l’Atlantique, le projet de l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) se concrétise : fabriquer le Grand collisionneur de hadrons (aussi appelé LHC). En d’autres termes : construire le plus grand et le plus puissant accélérateur de particules au monde. Un anneau de 27 kilomètres de circonférence, formé de milliers d’aimants supraconducteurs, aujourd’hui enterré à cheval sur la frontière franco-suisse.

La fabrication des pièces nécessaires à sa construction est dispersée à travers le monde. La production de plaques de cuivre bien spécifiques est attribuée au Canada et à l’Allemagne. Chacun devra produire 812 plaques, l’équivalent de 150 tonnes de cuivre.

Gilbert Lachat est né en Suisse, il a commencé sa carrière comme mécanicien de précision.

Le directeur du projet pour le Canada se trouvait à Vancouver, beaucoup de gens travaillaient sur ce projet à Ottawa et Toronto, mais les plaques de cuivre nécessaires devaient être fabriquées à Edmonton», détaille Gilbert Lachat.

Dur labeur

En 1996, 25 plaques de cuivre arrivent dans les locaux de l’Université de l’Alberta, afin de réaliser des prototypes. Gilbert et son équipe constatent très vite la difficulté de les travailler comme souhaité par le CERN. Ils en déduisent qu’une aléseuse horizontale de 28 tonnes est nécessaire. Elle sera commandée en 1997 à l’entreprise japonaise Toshiba pour une somme avoisinant les 700 000 dollars.

La production n’est pas simple. «Nous avions toutes sortes de problèmes», se souvient-il. Les plaques de cuivre arrivées des États-Unis sont courbées. De quoi rendre la tâche de l’équipe impossible.

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