La présence de ces particules serait trois fois plus élevée dans la zone est de l’océan Arctique.
La présence de ces particules serait trois fois plus élevée dans la zone est de l’océan Arctique.

L’océan Arctique couvert de plastique

Nelly Giudici
L’Aquilon
L’AQUILON (Territoires-du-Nord-Ouest) – Les microparticules de plastique, dont une large part provient de nos vêtements, flottent par millions dans les eaux glacées du Nord.

Cet article fait partie de la série Les articles de l’Arctique, une collaboration entre l’Aquilon (Territoires du Nord-Ouest), l’Aurore boréale (Yukon) et le Nunavoix (Nunavut).

L’océan Arctique est rempli de microparticules de plastique. C’est ce que révèle une étude publiée le 12 janvier dans la revue scientifique Nature. Cette étude a été préparée par l’organisme de protection des océans, Ocean Wise, basé à Vancouver.

Le document met en lumière l’étendue de la pollution qui sévit dans les eaux arctiques ainsi que l’invasion des fibres de polyester. Les fibres synthétiques représentent 92 % des particules de microplastiques prélevées à la surface de l’eau et 73 % de ces fibres synthétiques sont du polyester issu du textile.

Menée en collaboration avec le ministère Pêches et Océans Canada, la collecte d’échantillons d’eau prélevée à la surface s’est faite en partie durant l’été 2016 dans tout l’Arctique : de la mer du Groenland au détroit de Béring, en passant par la région de l’archipel arctique qui est un chapelet d’iles au nord du Nunavut. Un total de 71 points de collecte d’échantillons qui ont permis une analyse poussée des niveaux de pollution.

Cependant, les résultats de cette étude ne font qu’effleurer le problème. Les microparticules de plastique ne semblent pas seulement s’accumuler en surface. 

Dans la mer de Beaufort, où des échantillons ont également été colligés en eaux profondes, des microparticules ont été repérées à plus de mille mètres de profondeur. Par ailleurs, la présence de ces particules est trois fois plus élevée dans la zone est de l’océan Arctique.

Peter Ross, l’un des auteurs du rapport, indique que «l’étude souligne à nouveau la vulnérabilité de l’Arctique aux changements environnementaux et aux polluants transportés du Sud.» 

D’autres études sont nécessaires selon Anna Posacka, coautrice de l’étude, car «il y a actuellement un énorme manque de connaissances» dû notamment à la difficulté technique de recueillir des échantillons dans les profondeurs de l’océan.

Les microparticules de plastique sont issues en grande partie de l’industrie textile qui utilise de la fibre de polyester.

L’industrie du textile mise en cause

L’une des causes de ces hauts niveaux mesurés est la fragilité des fibres de polyester utilisées par les industries du textile dans la fabrication des vêtements et qui, à chaque lavage, se détériorent et se retrouvent dans les eaux usées. Transportées par les courants marins, elles se retrouvent en grande quantité dans les eaux arctiques.

Anna Posacka reconnait que l’industrie du textile est complexe, cependant plusieurs compagnies textiles du Canada et des États-Unis dédiées aux activités de plein air ont décidé d’être partenaires dans une initiative de recherche débutée en 2017 par l’organisme Ocean Wise.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Aquilon