Wikimedia Commons (originally posted on Flickr)
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Les bœufs musqués dans le Nord : que deviennent-ils?

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) — Le Canada regroupe un peu plus de 64 % du total mondial de bœufs musqués. Si globalement les populations sont stables, certaines diminuent drastiquement : celles habitant dans l’Extrême-Arctique, notamment dans l’ouest de l’archipel Arctique, l’ile Victoria au Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest. Plusieurs scientifiques mettent en cause les changements climatiques.

Pour les Inuits des collectivités de l’ouest du Nunavut, le bœuf musqué est une source importante de nourriture. Sa laine intérieure, le qiviut, d’une qualité comparable au cachemire et d’une chaleur inégalable, est également très prisée pour l’habillement. La chasse du bœuf musqué est donc une activité nécessaire à la survie de ces collectivités.

Pourtant, elle est de plus en plus difficile à pratiquer. Les hardes ne sont plus localisées au même endroit, car le nombre de bêtes chute et, surtout, car plusieurs d’entre elles sont rongées par la maladie. Les scientifiques s’interrogent à savoir si ces phénomènes sont des répercussions directes des changements climatiques.

Des recherches menées par l’Université de Calgary

Fort de ce constat, la vétérinaire Susan Kutz, chercheuse à l’Université de Calgary, a décidé de mener des études pour tenter de comprendre pourquoi.

En collaboration avec des chasseurs inuits et des biologistes du gouvernement du Nunavut, elle analyse des échantillons d’excréments, de poil, d’os et de sang. Ces analyses lui permettent de tirer plusieurs hypothèses, toutes liées aux changements climatiques. Par exemple, la démonstration de l’apparition de nouveaux parasites, laissant émerger des maladies, elles-mêmes responsables du déclin de la population de bœufs musqués de l’ile Victoria et des Territoires du Nord-Ouest.

Le strongle pulmonaire, un ver qui infeste les poumons et affaiblit les animaux, a migré au Nord et atteint l’ile affectant la santé des bœufs musqués. La vétérinaire pense que «les températures plus élevées ont probablement favorisé la reproduction de larves dans leurs hôtes, les limaces et les escargots.»

Dans certaines carcasses de bœufs musqués se trouve une bactérie (Erysipelothrix rhusiopathiae) responsable d’une infection de la peau des bovidés qui, jusqu’à présent, était absente de cette partie du Nunavut.

Enfin, de nombreuses bêtes ont été retrouvées avec des incisives cassées, démontrant une variation de leur alimentation, elle-même pouvant s’expliquer par une modification de végétation, là encore liée à des conditions météorologiques et climatiques différentes de ce qu’on retrouvait il y a encore quelques années.


Une situation nuancée au Yukon

Mike Suitor, biologiste régional du nord du Yukon, travaille au gouvernement du Yukon et étudie les populations de bœufs musqués. Pour lui, il est difficile de faire un lien direct entre une éventuelle évolution du comportement des bovidés et les changements climatiques, certainement par manque de recul, mais aussi parce que les populations au Yukon (environ 300 bêtes) sont stables depuis plusieurs années.

En 2015, un projet d’observation des bœufs musqués du versant nord du Yukon, zone qui s’étend de l’Alaska à la frontière des Territoires du Nord-Ouest, a été lancé pour suivre leur comportement et leur interaction avec d’autres espèces, comme les caribous. Les individus des hardes ont été équipés d’un collier avec différents capteurs GPS et de températures.

«Nous avons remarqué que quand les températures sont anormalement hautes, et c’était le cas en 2017, les bœufs musqués quittaient la côte pour monter dans les montagnes, probablement pour éviter les insectes et pour atteindre une zone où ils pourraient se rafraichir», confie Suitor. Rien de plus incriminant envers les changements climatiques n’a donc été mis en évidence, pour le moment, au Yukon.

Sur l’ile Victoria, puisque la chasse des bœufs musqués devient plus exigeante en raison des plus grandes distances à parcourir pour trouver des bêtes et des mises à mort parfois inexploitables à cause des maladies, les Inuits peinent à amasser assez de provisions de viande pour tenir tout l’hiver et doivent alors se rabattre sur l’épicerie, solution plus couteuse pour se nourrir, mais aussi une habitude difficile à prendre, car ils n’ont jamais été habitués à dépendre de ces stocks-là. Susan Kutz conclut : «Nos recherches réunissent le savoir scientifique et le savoir traditionnel local, car nous voulons garantir la présence durable à l’avenir de cet animal iconique de l’Arctique.»


Alberta

Éole, le dieu des vents de la mythologie grecque, semble avoir encore quelques soubresauts virulents. En témoigne l’épisode orageux intense du samedi 13 juin. Une tornade dans le sud de l’Alberta, des grêlons plus gros que des balles de tennis à Calgary ; de quoi se questionner sur ces évènements météorologiques intenses.
Étude

AGRICOM (Ontario) – Ce printemps, Jillian Craig, spécialiste des petits ruminants du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), a présenté les résultats d’une première étude effectuée en Ontario sur la prédation faite par les corbeaux.
Île-du-Prince-Édouard

Les scientifiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) ont commencé, début juin, leur campagne annuelle de mesure de l’érosion. Depuis quelques années, les barres d’acier et mètres-rubans ont cédé la place aux drones pour surveiller le grignotage de la côte.
Pandémie

FRANCOPRESSE – Les masques jetables ne sont plus seulement portés par les professionnels de la santé et les sacs en plastique ont repris la place des sacs réutilisables, qui ont été bannis pendant plusieurs semaines de certaines épiceries. Ces derniers mois, gouvernements, entreprises et particuliers ont mis l’accent sur la COVID-19, mettant de côté les questions environnementales et occasionnant une augmentation des déchets des ménages.
Pandémie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Qu’est-ce qu’une deuxième vague de pandémie? C’est ce qui se déroule dans la région du Restigouche. Après une diminution de la quantité de cas de COVID-19, le nombre de patients recommence à se multiplier. Les scientifiques se demandent si ce phénomène se produira à l’échelle mondiale dans les prochains mois.
Agriculture

FRANCOPRESSE – Phragmite, panais sauvage, herbe à poux, nerprun, renoué du Japon : ce sont toutes des plantes envahissantes, nuisibles à un certain degré, qui prennent de plus en plus de place sur les terres agricoles et parfois même dans nos forêts. Plusieurs sont inconnues de la population générale, mais causent de sérieux maux de tête aux agriculteurs.
Terre-Neuve-et-Labrador

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Le ministère de Pêches et Océans Canada a profité de l’occasion que représentait le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, pour publier un rapport scientifique faisant état des écosystèmes de l’Arctique, intitulé Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Arctique. Deux chercheurs francophones, Christine Michel et Maxime Geoffroy, ont contribué à ce rapport et commentent cette récente publication pour Le Gaboteur.
Canal de Panama

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – 11 770 kilomètres. C’est la distance que s’apprête à parcourir l’or noir de l’Ouest canadien pour être transformé par la raffinerie Irving Oil. La compagnie néobrunswickoise a obtenu l’autorisation d’expédier des barils de pétrole albertain via le port de Vancouver jusqu’à son terminal de Saint-Jean en passant par… le canal de Panama.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En 2003, la maladie de la vache folle a frappé l’industrie du bœuf à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette année-là, Alfred Arsenault et son fils Robert, qui dirige aujourd’hui la ferme, ont vendu leur bétail à perte pour se concentrer sur la production des pommes de terre. En ce printemps 2020, une autre crise frappe, mais l’industrie de la pomme de terre s’en tire sans trop de dommages.
Environnement

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Cinq ans pour réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre. Le 22 avril dernier, l’organisation Alternatives North, basée à Yellowknife, a publié un rapport intitulé Urgence climatique : sortir les Territoires du Nord-Ouest du diésel. En 42 pages, les auteurs exposent les divers moyens qui permettront de réduire peu à peu les émissions de CO2 aux Territoires.
Démystification

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Ontario) – Les idées les plus folles ont la tête dure, et jamais plus qu’en temps de crise. Voici quelques-unes des idées reçues avec lesquelles il serait préférable de vous distancer…
Science

L’Université d’Ottawa (UOttawa) compte dans ses rangs plusieurs scientifiques francophones. Leurs équipes viennent de recevoir un soutien financier du gouvernement canadien pour lutter contre la pandémie de COVID-19 : 500 000 $ pour la Dre Côté et un million pour le Dr Langlois.
Documentaire

FRANCOPRESSE – Peut-on vivre sans plastique? Qu’en est-il pour une famille de quatre qui aime le camping, qui célèbre Noël et l’Halloween et dont les enfants vont à l’école ou à la garderie? C’est la quête dans laquelle s’est lancée la journaliste Evelyne Charuest avec Ciao plastique!, une série documentaire en trois épisodes qui sera bientôt diffusée sur les ondes d’Ici Explora. Francopresse s’est entretenu avec elle.
Manitoba

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Le nouveau coronavirus qui se propage à travers le monde est le même pour tous. Pourtant de nombreux médias annoncent que le virus impacte certains pays plus que d’autres, allant même jusqu’à établir des classements entre pays ou entre provinces. Pourquoi le nombre de cas et le taux de létalité (le nombre de décès sur le nombre d’infections) varieraient autant d’un pays à l’autre s’il s’agit du même virus? Est-il juste d’établir des comparaisons entre pays, entre provinces dans ce contexte de pandémie? Le point avec Claude Flamand, docteur en épidémiologie et santé publique à l’Institut Pasteur.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Depuis quelques semaines, nous devons changer nos activités et pratiquer la distanciation sociale afin de réduire les risques d’être infecté par la COVID-19. L’inactivité, l’anxiété, la gestion familiale et même la déprime sont des effets collatéraux de la pandémie. Une option pour alléger ces inconvénients se situe peut-être dans la planification du potager. Les bienfaits des plantes et du jardinage ne sont plus à prouver, quel que soit votre âge. Quel bonheur pour vos papilles lorsque vous récolterez et cuisinerez vos propres légumes et fines herbes!
COVID-19

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Confinés chez eux, certains travailleurs se prennent à rêver en vert. Des écologistes, un sociologue et un économiste imaginent les formes que l’économie pourrait prendre pour être plus juste et plus respectueuse de l’environnement après la pandémie de COVID-19.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis quelques semaines, la planète a les yeux rivés sur l’évolution de la COVID-19. La maladie vient avec son lot d’expressions qui ne font habituellement pas partie de notre quotidien. Et si on s’y démêlait un peu?
COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Claude Flamand, docteur épidémiologiste et chercheur à l’Institut Pasteur, répond à nos questions sur le nouveau coronavirus. L’expert a bien insisté pour souligner que ces réponses valaient en date du lundi 16 mars.
COVID-19

La gestionnaire de projet Élodie Pastural et le vétérinaire Alain Fafard travaillent en équipe à l’institut de recherche VIDO-InterVac sur le campus de l’Université de la Saskatchewan. Leur objectif : développer le plus rapidement possible un vaccin contre la COVID-19.
Environnement

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — Les catastrophes naturelles, la sècheresse ou la hausse du niveau des océans ne sont pas que des scénarios catastrophes dignes d’Hollywood. Mais qu’en est-il de la santé des êtres humains? La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina s’est penchée sur la question, le 12 février, avec la retransmission de la conférence «Changements climatiques et impact sur le système de santé — Comment s’y préparer?»