La première tornade de l’année lèche un corps de ferme au sud-est de Beiseker.
La première tornade de l’année lèche un corps de ferme au sud-est de Beiseker.

La saison des tornades s’installe sur l’Alberta

Éole, le dieu des vents de la mythologie grecque, semble avoir encore quelques soubresauts virulents. En témoigne l’épisode orageux intense du samedi 13 juin. Une tornade dans le sud de l’Alberta, des grêlons plus gros que des balles de tennis à Calgary ; de quoi se questionner sur ces évènements météorologiques intenses.

Christopher Poitras, «enfant des prairies», sait combien les tornades ont fait et feront partie de son quotidien. «Nous les avions toujours à l’esprit, et puis un jour j’ai décidé d’utiliser cette peur imminente pour alimenter ma passion», explique-t-il avec enthousiasme.

Titulaire d’un certificat en météorologie de l’Université d’État de Pennsylvanie, il termine présentement sa troisième année en géographie et météorologie à l’Université Marshall en Virginie de l’Ouest. «Aux États-Unis, la variété des programmes en météorologie est immense et m’offre une compréhension toujours plus pointue des caprices de Mère Nature», explique-t-il.

Christopher Poitras a grandi dans les Prairies. Pour mieux comprendre les tornades, il veut en faire son métier.

Lorsqu’il évoque les tornades, c’est à la fois avec passion et humilité. «Elles peuvent détruire en quelques instants la communauté dans laquelle vous avez grandi», déclare-t-il, tout en insistant sur cette nécessité de mieux les comprendre pour mieux se protéger. Quitte à devenir, un jour, chasseur de tornades.

Face à celles-ci, certains gestes sont, assure-t-il, salvateurs. Lorsqu’une tornade vous fait face au loin, «c’est le temps de se mettre à l’abri sans tarder dans un sous-sol ou une pièce de la maison. Ne restez pas sous un pont ou un viaduc, c’est là que les vents deviennent les plus forts!»

Et pour ceux qui auraient la mauvaise idée de rester dans leur voiture, il faut garder en tête que celle-ci peut s’envoler en quelques secondes. Il semble donc préférable de se recroqueviller dans un fossé en protégeant sa tête.

Diptique de Sabine Lecorre-Moore, peintre francophone, représentant l’évènement du 31 mai dernier pour le projet Peindre l’Alberta (Tornado over a farm, Beiseker, May 31, 2020). Photo source Kyle Brittain.

L’homme qui parle aux tornades

Le responsable du bureau de Calgary pour la chaine météorologique The Weather Network, Kyle Brittain, est un homme averti. Ancien pompier, météorologiste et vidéaste, il chasse les orages violents et les tornades dans les prairies depuis déjà dix ans.

«Avant de partir sur le terrain, il y a un long travail en amont. Il faut compter entre trois et cinq jours pour recenser les lieux où la dépression sera la plus intense. C’est chaotique, il faut trouver l’aiguille dans la botte de foin», raconte-t-il avec passion.

Pour cela, il s’en remet à son instinct, mais aussi à la technologie. Elle permet aujourd’hui des prévisions très précises en analysant certaines données sur terre et dans l’air, compilées aux modèles de reconnaissance étudiés par le passé.

Finalement, une fois le lieu déterminé, la chasse peut commencer. «Lorsque vous faites cela depuis de nombreuses années, vous avez la connaissance nécessaire pour anticiper la direction de ces monstres climatiques et les accompagner en toute sécurité», explique-t-il. Encore que, selon lui, le plus difficile est peut-être de se déplacer dans ces conditions extrêmes au milieu du trafic routier pour rejoindre ce lieu tant convoité au moment ultime.

Le 31 mai, pour la première de l’année, l’action a pris place au sud-est de Beiseker. «C’est allé une nouvelle fois très vite, décrit-il. Fenêtre ouverte sur la route de gravelle, le vent était assourdissant. Nous avancions rapidement vers cette dépression identifiée auparavant. En quelques secondes, j’ai vu le nuage entonnoir toucher le sol. La tornade était là!»

Après le passage d’une dépression intense, Kyle Brittain fait le bilan pour The Weather Network.

Des catastrophes naturelles de plus en plus intenses

La saison des tornades débute en général au mois de juin et dure tout l’été. Selon lui, «il se pourrait que cette saison soit une des plus occupées». La pluie abondante, l’humidité ambiante et la présence du courant jet-stream (il sépare les masses d’air chaud et froid) sur la province sont des facteurs propices à ce genre de manifestations climatiques.

L’Alberta reçoit en moyenne une quinzaine de tornades par année. Des fois, c’est beaucoup moins, mais en 2019, Kyle en a dénombré 23. Il semble d’ailleurs très optimiste. «Ce début de saison est très prometteur, indique-t-il, avec un enthousiasme bien personnel, trois tornades ont en effet déjà parcouru le territoire!» Le pic se situant entre fin juin et début aout, il suppose qu’il sera sur la route assez régulièrement.

Finalement, lorsqu’il évoque des changements climatiques évidents, il relativise le lien que l’on pourrait faire avec l’augmentation des tornades. «Nous n’avons pas assez de recul pour avoir des certitudes», dit-il. Toutefois, il énumère un constat sans appel.

«Le cout des catastrophes naturelles au Canada augmente considérablement. Sept sur les dix plus couteuses ont pris place en Alberta et six sur dix dans les dix dernières années», avance-t-il, sans oublier de citer celle qui a eu lieu ce samedi 13 juin. «L’impact économique n’est pas encore quantifié de façon exacte, affirme-t-il, mais vous pouvez être sûr que cet épisode orageux sera dans le “top” 10.» Une réalité qui, à n’en pas douter, soulève de nombreuses questions pour l’avenir.

Étude

AGRICOM (Ontario) – Ce printemps, Jillian Craig, spécialiste des petits ruminants du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), a présenté les résultats d’une première étude effectuée en Ontario sur la prédation faite par les corbeaux.
Île-du-Prince-Édouard

Les scientifiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) ont commencé, début juin, leur campagne annuelle de mesure de l’érosion. Depuis quelques années, les barres d’acier et mètres-rubans ont cédé la place aux drones pour surveiller le grignotage de la côte.
Pandémie

FRANCOPRESSE – Les masques jetables ne sont plus seulement portés par les professionnels de la santé et les sacs en plastique ont repris la place des sacs réutilisables, qui ont été bannis pendant plusieurs semaines de certaines épiceries. Ces derniers mois, gouvernements, entreprises et particuliers ont mis l’accent sur la COVID-19, mettant de côté les questions environnementales et occasionnant une augmentation des déchets des ménages.
Pandémie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Qu’est-ce qu’une deuxième vague de pandémie? C’est ce qui se déroule dans la région du Restigouche. Après une diminution de la quantité de cas de COVID-19, le nombre de patients recommence à se multiplier. Les scientifiques se demandent si ce phénomène se produira à l’échelle mondiale dans les prochains mois.
Agriculture

FRANCOPRESSE – Phragmite, panais sauvage, herbe à poux, nerprun, renoué du Japon : ce sont toutes des plantes envahissantes, nuisibles à un certain degré, qui prennent de plus en plus de place sur les terres agricoles et parfois même dans nos forêts. Plusieurs sont inconnues de la population générale, mais causent de sérieux maux de tête aux agriculteurs.
Terre-Neuve-et-Labrador

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Le ministère de Pêches et Océans Canada a profité de l’occasion que représentait le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, pour publier un rapport scientifique faisant état des écosystèmes de l’Arctique, intitulé Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Arctique. Deux chercheurs francophones, Christine Michel et Maxime Geoffroy, ont contribué à ce rapport et commentent cette récente publication pour Le Gaboteur.
Canal de Panama

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – 11 770 kilomètres. C’est la distance que s’apprête à parcourir l’or noir de l’Ouest canadien pour être transformé par la raffinerie Irving Oil. La compagnie néobrunswickoise a obtenu l’autorisation d’expédier des barils de pétrole albertain via le port de Vancouver jusqu’à son terminal de Saint-Jean en passant par… le canal de Panama.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En 2003, la maladie de la vache folle a frappé l’industrie du bœuf à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette année-là, Alfred Arsenault et son fils Robert, qui dirige aujourd’hui la ferme, ont vendu leur bétail à perte pour se concentrer sur la production des pommes de terre. En ce printemps 2020, une autre crise frappe, mais l’industrie de la pomme de terre s’en tire sans trop de dommages.
Environnement

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Cinq ans pour réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre. Le 22 avril dernier, l’organisation Alternatives North, basée à Yellowknife, a publié un rapport intitulé Urgence climatique : sortir les Territoires du Nord-Ouest du diésel. En 42 pages, les auteurs exposent les divers moyens qui permettront de réduire peu à peu les émissions de CO2 aux Territoires.
Démystification

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Ontario) – Les idées les plus folles ont la tête dure, et jamais plus qu’en temps de crise. Voici quelques-unes des idées reçues avec lesquelles il serait préférable de vous distancer…
Science

L’Université d’Ottawa (UOttawa) compte dans ses rangs plusieurs scientifiques francophones. Leurs équipes viennent de recevoir un soutien financier du gouvernement canadien pour lutter contre la pandémie de COVID-19 : 500 000 $ pour la Dre Côté et un million pour le Dr Langlois.
Documentaire

FRANCOPRESSE – Peut-on vivre sans plastique? Qu’en est-il pour une famille de quatre qui aime le camping, qui célèbre Noël et l’Halloween et dont les enfants vont à l’école ou à la garderie? C’est la quête dans laquelle s’est lancée la journaliste Evelyne Charuest avec Ciao plastique!, une série documentaire en trois épisodes qui sera bientôt diffusée sur les ondes d’Ici Explora. Francopresse s’est entretenu avec elle.
Manitoba

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Le nouveau coronavirus qui se propage à travers le monde est le même pour tous. Pourtant de nombreux médias annoncent que le virus impacte certains pays plus que d’autres, allant même jusqu’à établir des classements entre pays ou entre provinces. Pourquoi le nombre de cas et le taux de létalité (le nombre de décès sur le nombre d’infections) varieraient autant d’un pays à l’autre s’il s’agit du même virus? Est-il juste d’établir des comparaisons entre pays, entre provinces dans ce contexte de pandémie? Le point avec Claude Flamand, docteur en épidémiologie et santé publique à l’Institut Pasteur.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Depuis quelques semaines, nous devons changer nos activités et pratiquer la distanciation sociale afin de réduire les risques d’être infecté par la COVID-19. L’inactivité, l’anxiété, la gestion familiale et même la déprime sont des effets collatéraux de la pandémie. Une option pour alléger ces inconvénients se situe peut-être dans la planification du potager. Les bienfaits des plantes et du jardinage ne sont plus à prouver, quel que soit votre âge. Quel bonheur pour vos papilles lorsque vous récolterez et cuisinerez vos propres légumes et fines herbes!
COVID-19

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Confinés chez eux, certains travailleurs se prennent à rêver en vert. Des écologistes, un sociologue et un économiste imaginent les formes que l’économie pourrait prendre pour être plus juste et plus respectueuse de l’environnement après la pandémie de COVID-19.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis quelques semaines, la planète a les yeux rivés sur l’évolution de la COVID-19. La maladie vient avec son lot d’expressions qui ne font habituellement pas partie de notre quotidien. Et si on s’y démêlait un peu?
COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Claude Flamand, docteur épidémiologiste et chercheur à l’Institut Pasteur, répond à nos questions sur le nouveau coronavirus. L’expert a bien insisté pour souligner que ces réponses valaient en date du lundi 16 mars.
COVID-19

La gestionnaire de projet Élodie Pastural et le vétérinaire Alain Fafard travaillent en équipe à l’institut de recherche VIDO-InterVac sur le campus de l’Université de la Saskatchewan. Leur objectif : développer le plus rapidement possible un vaccin contre la COVID-19.
Environnement

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — Les catastrophes naturelles, la sècheresse ou la hausse du niveau des océans ne sont pas que des scénarios catastrophes dignes d’Hollywood. Mais qu’en est-il de la santé des êtres humains? La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina s’est penchée sur la question, le 12 février, avec la retransmission de la conférence «Changements climatiques et impact sur le système de santé — Comment s’y préparer?»
Nord canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) — Le Canada regroupe un peu plus de 64 % du total mondial de bœufs musqués. Si globalement les populations sont stables, certaines diminuent drastiquement : celles habitant dans l’Extrême-Arctique, notamment dans l’ouest de l’archipel Arctique, l’ile Victoria au Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest. Plusieurs scientifiques mettent en cause les changements climatiques.