Luke Copland, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en glaciologie à Ottawa, étudie le plateau Milne depuis 2008.
Luke Copland, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en glaciologie à Ottawa, étudie le plateau Milne depuis 2008.

Effondrement du plateau glaciaire Milne sur l’ile d’Ellesmere

Nelly Guidici
L'Aquilon
L’AQUILON, L’AURORE BORÉALE, LE NUNAVOIX (Arctique) – Luke Copland, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en glaciologie à Ottawa, étudie le plateau Milne depuis 2008. La dernière fois qu’il s’y était rendu, c’était lors de l’été 2015, alors qu’il collectait des données dans le cadre de ses recherches.

Cet article fait partie du projet interterritorial Articles de l’Arctique entre l’Aquilon, l’Aurore boréale et le Nunavoix.

Même si des signes de fractionnement étaient apparus sur le plateau depuis 2000 et que cinq fractures majeures avaient eu lieu entre 2003 et 2012, l’effondrement de juillet a étonné l’ensemble des chercheurs.

«Nous nous attendions à un tel évènement, car les fractures observées devenaient de plus en plus larges, mais nous pensions que ça n’arriverait pas avant plusieurs années», indique-t-il.

Les températures particulièrement élevées dans l’Arctique cet été ont également surpris. La moyenne estivale était supérieure de 5 degrés et un record de température de 37 degrés Celsius a été relevé dans le nord de la Russie.

«Les températures élevées ont été une grande surprise et l’Arctique est bien plus chaud que ce que nous avions observé auparavant et nous ne nous y attendions pas», remarque M. Copland.

Des fractures s’étaient formées sur le plateau de glace depuis 2009.

Perte des données scientifiques

Lors de l’été 2019, Jérémie Bonneau de l’Université Carleton s’était rendu pour la seconde fois sur le plateau Milne dans le cadre de son doctorat. Entre 2018 et 2019, il n’avait pas remarqué de changement notable dans la glace : «Il n’y a pas eu de signe avant-coureur, raconte-t-il, les premiers jours (après l’annonce de l’effondrement) j’étais ébranlé, car nos plans sont tombés à l’eau.»

Plusieurs appareils de mesure des courants, de la température et de salinité de l’eau ainsi qu’une station météo restés sur place ont été perdus lors de l’effondrement. Si le montant des pertes matérielles s’élève à plus de 90 000 $, M. Bonneau déplore d’abord la perte des données que ce matériel avait permis d’amasser depuis juillet 2019.

«On savait que l’on prenait un risque, mais le plus triste, c’est la perte des données que nous n’avons pas pu télécharger.» En raison de la pandémie, l’équipe de chercheurs n’avait pas pu se rendre sur le plateau comme les autres années.

Le plus urgent, selon lui, est de s’y rendre à nouveau afin de faire le bilan : «Dès que l’on peut y aller, on va se rendre sur le terrain et évaluer ce qu’il est encore possible de faire là-bas. Une fois que l’on aura évalué sur le terrain comment les choses se passent, on déploiera peut-être des instruments», précise-t-il.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Aquilon