Des chercheurs francophones sur la ligne de front

L’Université d’Ottawa (UOttawa) compte dans ses rangs plusieurs scientifiques francophones. Leurs équipes viennent de recevoir un soutien financier du gouvernement canadien pour lutter contre la pandémie de COVID-19 : 500 000 $ pour la Dre Côté et un million pour le Dr Langlois.

Si vous pouviez vous promener au 4e étage du pavillon Roger-Guindon de la Faculté de médecine de l’UOttawa, vous verriez qu’il y a encore de la lumière. Ce sont celles de trois laboratoires qui continuent de s’affairer sept jours sur sept malgré la fermeture de l’Université. Comme le célèbre village des irréductibles Gaulois, ils résistent à l’envahisseur, le sinistre «Romain» coronavirus. Ces laboratoires sont dirigés respectivement par la Dre Marceline Côté, le Dr Patrick Giguère et le Dr Marc-André Langlois.

Dans sa campagne contre la lutte au coronavirus, le gouvernement canadien a mis sur la table 27 millions de $ pour de la recherche. De ce nombre, 500 000 $ sont allés au groupe de la Dre Côté et un million à celui du Dr Langlois. Quant au Dr Giguère, son laboratoire est associé à celui de ses collègues.

La Dre Marceline Côté, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la virologie moléculaire et la thérapeutique antivirale, était déjà spécialisée dans l’étude du virus Ebola et du SRAS. Son équipe et elle tentent maintenant de comprendre comment le virus réussit à s’introduire dans le corps humain et surtout comment il fusionne avec des cellules cibles. Une fois cela établi, c’est là qu’entrera en scène le Dr Patrick Giguère.

Le Dr Patrick Giguère dans son laboratoire au sein de l’Université d’Ottawa.

Chercheur au quotidien

Chez les Laroche-Giguère, la COVID-19 est très présente. Pas au sens propre du terme, heureusement. Geneviève Laroche est en fait l’associée de recherche de son conjoint Patrick et de la Dre Côté dans le cadre de ce projet de recherche. 

Quand elle rentre à la maison en début de soirée, elle prend le relai auprès des enfants. Son conjoint enfile alors son rôle de chercheur. 

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en pharmacologie moléculaire et en recherche de nouveaux médicaments, Patrick Giguère a comme objectif de bloquer l’entrée au coronavirus. Et comment faire pour qu’il ne passe pas? En testant divers médicaments qui existent déjà.

«On va prendre des drogues qui ont été acceptées en essai clinique», explique le Dr Giguère. Le chercheur a sous la main ce qu’il appelle des «librairies de drogues» ; autant synthétiques que des drogues issues de plantes naturelles. Le but, c’est de bloquer l’entrée du virus aux «check points» déjà identifiés par la Dre Côté. 

«Si on empêche le virus d’entrer, il ne va pas se multiplier en tuant des cellules.» D’autres pistes? Son équipe travaille aussi sur un projet d’utiliser des anticorps de chameaux — déjà testés en viticulture pour protéger les vignes des virus —, des «nano bodies» qui seraient criblés sur le coronavirus. Ce projet est en collaboration avec l’équipe du Dr Langlois.

Bien qu’il doute qu’un vaccin soit disponible avant un an, le Dr Giguère est catégorique : «Il faut être patient, mais il ne faut pas lâcher la recherche.»

Le virologue Marc-André Langlois de l’Université d’Ottawa.

Cultiver des cellules et de la patience

Dans un autre laboratoire, son collègue Marc-André Langlois est du même avis quand il s’agit de parler de patience. Spécialiste depuis 15 ans du VIH, professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la virologie moléculaire et l’immunité intrinsèque, le Dr Langlois parle de 18 heures d’attente avant de voir la multiplication d’une cellule. 

De son côté, il évalue que le développement d’un vaccin pourrait prendre 18 mois. Mais ce n’est pas une raison pour se croiser les bras. 

Au sein de son laboratoire, il est là notamment pour modifier génétiquement des anticorps. Il faut savoir qu’un anticorps est une glycoprotéine utilisée par le système immunitaire pour détecter et neutraliser un agent destructeur comme le coronavirus. Ce que veut le Dr Langlois, «c’est neutraliser le virus en l’entourant d’anticorps».

Même s’il faut s’armer de patience avant l’arrivée d’un vaccin, selon lui, l’espoir en ce moment réside dans les tests sérologiques. En détectant ceux qui sont porteurs du virus, ils vont aussi apprendre aux chercheurs pourquoi il y a des personnes qui ont des symptômes et pourquoi d’autres n’ont rien. Selon le scientifique, on pourrait envisager d’avoir des tests qu’on pourrait faire chez soi. Cela augmenterait la détection et la prévention. 

Le port du masque, en particulier dans les endroits denses, est un bon outil selon le Dr Langlois pour prévenir la COVID-19. «Mais il faut apprendre aux gens à bien l’utiliser, à bien le nettoyer. Même un masque fait maison peut faire l’affaire.» Pas obligé d’avoir les fameux masques N95 sous la main, qu’on doit réserver au personnel médical. 

Travailler dans un environnement restrictif

S’il croit que le message sur le port du masque a été mal transmis par les autorités gouvernementales, que pense-t-il d’autre part de ses conditions de travail actuelles? Comment gère-t-il la pression d’avoir les yeux du monde rivés sur lui, attendant mer et monde de la communauté scientifique? 


« Dans la limite du possible, on travaille dans un environnement sécuritaire. Évidemment, l’Université a peur que les gens tombent malades. Il y a énormément de restrictions de la part de celle-ci. Elle est peut-être trop prudente. Après tout, on est virologues. On sait comment travailler avec le virus de façon sécuritaire afin de minimiser les dangers! »
Marc-André Langlois, virologue

Du côté de l’UOttawa, à la question de savoir si les règles de sécurité ne sont pas trop contraignantes dans l’univers des chercheurs, on nous répond que la santé et le bienêtre de ceux-ci «et des membres de notre personnel est l’une des principales priorités de l’Université. Seuls les services essentiels et les projets jugés critiques sont maintenus en temps de pandémie. Tous les membres du personnel qui est autorisé (nombre très limité) ont été sensibilisés aux mesures à prendre pour éviter la propagation et la contamination à la COVID-19. Il existe donc de strictes normes de protection pour les virologues et le personnel qui travaille en laboratoire.»

Environnement

IJL (Atlantique) − Les pluviers siffleurs abandonnent les plages de l’Île-du-Prince-Édouard. Les activités humaines et les changements climatiques menacent les aires de nidification de cet oiseau et ses routes de migration. Associations et parcs nationaux tentent de le protéger aux quatre coins du Canada atlantique.
Articles de l'Arctique

L’AQUILON, L’AURORE BORÉALE, LE NUNAVOIX (Arctique) – Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a procédé à l’abattage aérien de loups dans le cadre de son programme de conservation de la population de caribous des hardes Bathurst et Bluenose-Est. Cette approche ne fait pourtant pas l’unanimité.
Alberta

Éole, le dieu des vents de la mythologie grecque, semble avoir encore quelques soubresauts virulents. En témoigne l’épisode orageux intense du samedi 13 juin. Une tornade dans le sud de l’Alberta, des grêlons plus gros que des balles de tennis à Calgary ; de quoi se questionner sur ces évènements météorologiques intenses.
Étude

AGRICOM (Ontario) – Ce printemps, Jillian Craig, spécialiste des petits ruminants du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), a présenté les résultats d’une première étude effectuée en Ontario sur la prédation faite par les corbeaux.
Île-du-Prince-Édouard

Les scientifiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) ont commencé, début juin, leur campagne annuelle de mesure de l’érosion. Depuis quelques années, les barres d’acier et mètres-rubans ont cédé la place aux drones pour surveiller le grignotage de la côte.
Pandémie

FRANCOPRESSE – Les masques jetables ne sont plus seulement portés par les professionnels de la santé et les sacs en plastique ont repris la place des sacs réutilisables, qui ont été bannis pendant plusieurs semaines de certaines épiceries. Ces derniers mois, gouvernements, entreprises et particuliers ont mis l’accent sur la COVID-19, mettant de côté les questions environnementales et occasionnant une augmentation des déchets des ménages.
Pandémie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Qu’est-ce qu’une deuxième vague de pandémie? C’est ce qui se déroule dans la région du Restigouche. Après une diminution de la quantité de cas de COVID-19, le nombre de patients recommence à se multiplier. Les scientifiques se demandent si ce phénomène se produira à l’échelle mondiale dans les prochains mois.
Agriculture

FRANCOPRESSE – Phragmite, panais sauvage, herbe à poux, nerprun, renoué du Japon : ce sont toutes des plantes envahissantes, nuisibles à un certain degré, qui prennent de plus en plus de place sur les terres agricoles et parfois même dans nos forêts. Plusieurs sont inconnues de la population générale, mais causent de sérieux maux de tête aux agriculteurs.
Terre-Neuve-et-Labrador

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Le ministère de Pêches et Océans Canada a profité de l’occasion que représentait le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, pour publier un rapport scientifique faisant état des écosystèmes de l’Arctique, intitulé Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Arctique. Deux chercheurs francophones, Christine Michel et Maxime Geoffroy, ont contribué à ce rapport et commentent cette récente publication pour Le Gaboteur.
Canal de Panama

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – 11 770 kilomètres. C’est la distance que s’apprête à parcourir l’or noir de l’Ouest canadien pour être transformé par la raffinerie Irving Oil. La compagnie néobrunswickoise a obtenu l’autorisation d’expédier des barils de pétrole albertain via le port de Vancouver jusqu’à son terminal de Saint-Jean en passant par… le canal de Panama.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En 2003, la maladie de la vache folle a frappé l’industrie du bœuf à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette année-là, Alfred Arsenault et son fils Robert, qui dirige aujourd’hui la ferme, ont vendu leur bétail à perte pour se concentrer sur la production des pommes de terre. En ce printemps 2020, une autre crise frappe, mais l’industrie de la pomme de terre s’en tire sans trop de dommages.
Environnement

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Cinq ans pour réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre. Le 22 avril dernier, l’organisation Alternatives North, basée à Yellowknife, a publié un rapport intitulé Urgence climatique : sortir les Territoires du Nord-Ouest du diésel. En 42 pages, les auteurs exposent les divers moyens qui permettront de réduire peu à peu les émissions de CO2 aux Territoires.
Démystification

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Ontario) – Les idées les plus folles ont la tête dure, et jamais plus qu’en temps de crise. Voici quelques-unes des idées reçues avec lesquelles il serait préférable de vous distancer…
Documentaire

FRANCOPRESSE – Peut-on vivre sans plastique? Qu’en est-il pour une famille de quatre qui aime le camping, qui célèbre Noël et l’Halloween et dont les enfants vont à l’école ou à la garderie? C’est la quête dans laquelle s’est lancée la journaliste Evelyne Charuest avec Ciao plastique!, une série documentaire en trois épisodes qui sera bientôt diffusée sur les ondes d’Ici Explora. Francopresse s’est entretenu avec elle.
Manitoba

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Le nouveau coronavirus qui se propage à travers le monde est le même pour tous. Pourtant de nombreux médias annoncent que le virus impacte certains pays plus que d’autres, allant même jusqu’à établir des classements entre pays ou entre provinces. Pourquoi le nombre de cas et le taux de létalité (le nombre de décès sur le nombre d’infections) varieraient autant d’un pays à l’autre s’il s’agit du même virus? Est-il juste d’établir des comparaisons entre pays, entre provinces dans ce contexte de pandémie? Le point avec Claude Flamand, docteur en épidémiologie et santé publique à l’Institut Pasteur.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Depuis quelques semaines, nous devons changer nos activités et pratiquer la distanciation sociale afin de réduire les risques d’être infecté par la COVID-19. L’inactivité, l’anxiété, la gestion familiale et même la déprime sont des effets collatéraux de la pandémie. Une option pour alléger ces inconvénients se situe peut-être dans la planification du potager. Les bienfaits des plantes et du jardinage ne sont plus à prouver, quel que soit votre âge. Quel bonheur pour vos papilles lorsque vous récolterez et cuisinerez vos propres légumes et fines herbes!
COVID-19

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Confinés chez eux, certains travailleurs se prennent à rêver en vert. Des écologistes, un sociologue et un économiste imaginent les formes que l’économie pourrait prendre pour être plus juste et plus respectueuse de l’environnement après la pandémie de COVID-19.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis quelques semaines, la planète a les yeux rivés sur l’évolution de la COVID-19. La maladie vient avec son lot d’expressions qui ne font habituellement pas partie de notre quotidien. Et si on s’y démêlait un peu?
COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Claude Flamand, docteur épidémiologiste et chercheur à l’Institut Pasteur, répond à nos questions sur le nouveau coronavirus. L’expert a bien insisté pour souligner que ces réponses valaient en date du lundi 16 mars.
COVID-19

La gestionnaire de projet Élodie Pastural et le vétérinaire Alain Fafard travaillent en équipe à l’institut de recherche VIDO-InterVac sur le campus de l’Université de la Saskatchewan. Leur objectif : développer le plus rapidement possible un vaccin contre la COVID-19.
Environnement

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — Les catastrophes naturelles, la sècheresse ou la hausse du niveau des océans ne sont pas que des scénarios catastrophes dignes d’Hollywood. Mais qu’en est-il de la santé des êtres humains? La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina s’est penchée sur la question, le 12 février, avec la retransmission de la conférence «Changements climatiques et impact sur le système de santé — Comment s’y préparer?»