Les ménages canadiens ont vraisemblablement produit plus de déchets en raison de la COVID-19.
Les ménages canadiens ont vraisemblablement produit plus de déchets en raison de la COVID-19.

De 20 à 40% plus de déchets par ménage

FRANCOPRESSE – Les masques jetables ne sont plus seulement portés par les professionnels de la santé et les sacs en plastique ont repris la place des sacs réutilisables, qui ont été bannis pendant plusieurs semaines de certaines épiceries. Ces derniers mois, gouvernements, entreprises et particuliers ont mis l’accent sur la COVID-19, mettant de côté les questions environnementales et occasionnant une augmentation des déchets des ménages.

Que ce soient les commandes en ligne, les plats à emporter, le ménage du printemps ou le télétravail, les sources de déchets sont multiples selon Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED).

«Quand les poubelles débordaient, [les gens] mettaient les déchets et les matières résiduelles dans le bac de récupération», a-t-il constaté dans les dernières semaines.

Ses premières estimations indiquent que les ménages québécois jetteraient entre 20 % et 40 % plus de déchets qu’avant la pandémie.

Rahim Baba, consultant certifié par ECO Canada en système de gestion intégrée de l’environnement et en gestion des déchets et professeur de l’Université d’Ottawa, croit que les ménages canadiens ont produit davantage de déchets, mais que les entreprises en ont généré moins qu’en temps normal. Une étude sera nécessaire pour déterminer s’il y a une différence dans la quantité totale de déchets.

Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, constate à l’aide de ses premières estimations une augmentation de la quantité de déchets.

Sacs en plastique dans les épiceries 

Pendant plusieurs semaines, les épiceries du groupe Loblaws n’ont plus accepté de sacs réutilisables, ouvrant ainsi la porte aux sacs de plastique. L’entreprise évoquait des «raisons de sécurité» sur son site Web.

Par courriel, Loblaws assure que toutes ses épiceries acceptent désormais les sacs réutilisables, mais «pour assurer la sécurité de tous et limiter les contacts, certains magasins demandent aux clients qui les utilisent de bien vouloir emballer eux-mêmes leurs achats».

L’entreprise n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue.

«Tout le monde s’est un peu improvisé expert en virus et on a interdit les sacs en plastique par crainte de contamination, soutient M. Ménard. Mais la raison scientifique, elle a pas été démontrée selon moi.»

Selon le site Web du gouvernement du Québec, «des données expérimentales récentes» indiqueraient que le virus pourrait survivre jusqu’à trois jours sur du plastique, soit deux jours de plus que sur du carton et un jour de plus que sur de l’acier inoxydable.

«Il y a aussi certainement eu beaucoup de pression de la part du lobby du plastique pour ça. Et le fait que ça faisait moins de travail pour les gens dans les épiceries», ajoute Karel Ménard.


« [Le lobby du pétrole] c’est un grand lobby qui marche beaucoup, beaucoup pour qu’on ne pense pas à d’autres solutions. »
Rahim Baba, consultant et professeur à l'Ottawa

Il existe d’autres solutions moins dommageables pour l’environnement, comme les sacs en polymères biodégradables.

«Dès qu’il y a un contact avec l’eau, [le sac] se dissout dans l’eau», dit-il en précisant qu’il ne reste pas de petites particules.

Rahim Baba, consultant certifié par ECO Canada en système de gestion intégrée de l’environnement et en gestion des déchets et professeur de l’Université d’Ottawa, espère que la COVID-19 soulignera l’importance de l’être humain.

Des poubelles pour masques

Les masques font désormais partie du quotidien, que ce soit au bureau, au supermarché ou dans la rue. Malheureusement, certains gisent même sur le sol.


« Promenez-vous dans la rue. Maintenant, ce n’est pas rare de voir des masques ou des gants un petit peu partout, notamment à la sortie des magasins. Les gens, ils sortent du magasin, ils enlèvent leur masque. Je trouve ça complètement irresponsable. »
Karel Ménard, directeur général du FCQGED

Selon Marc Olivier, chimiste spécialisé en environnement et en gestion des matières dangereuses et professeur à l’Université de Sherbrooke, les masques sont considérés comme étant des déchets de soins hospitaliers banals au Canada. Autrement dit, il faut les jeter dans une poubelle ordinaire.

Contrairement aux gouvernement de l’Ontario et du Canada, qui indiquent le la poubelle doit être munie d’un sac, le gouvernement du Québec précise que la poubelle doit être fermée et hors de la portée des enfants.

SANEXEN, un membre du groupe LOGISTEC qui se spécialise dans les services environnementaux comme la restauration de sites et la gestion de sols contaminés et de matières résiduelles, a lancé la BOX-19.

«À l’interne, on a voulu se prémunir pour pouvoir bien gérer les déchets», dit Mathieu Germain, directeur du développement stratégique, en soulignant que SANEXEN est formée d’ingénieurs et de scientifiques soucieux de l’environnement.

Ce service maintenant offert aux entreprises leur permet de jeter les masques et les gants de leurs employés dans la poubelle fournie. SANEXEN collecte ensuite les masques et les gants, désinfecte la poubelle et incinère les déchets pour produire de l’électricité. Le prix varie selon la ville et le bâtiment de l’entreprise, entre autres, mais débute à 395 $ par mois.

Selon la brochure de la BOX-19, «une mauvaise élimination de ces articles potentiellement contaminés pourrait aggraver les risques de contamination de nos travailleurs».

Mathieu Germain, directeur du développement stratégique chez SANEXEN, et son équipe ont mis sur pied un système de collecte de masques et de gants.

Selon M. Olivier, SANEXEN mise sur la peur pour s’enrichir, ajoutant que ce type de déchets peut être jeté dans une poubelle ordinaire.

«C’est sûr qu’eux autres, ils sont en train de miser sur une peur, une peur panique au virus en offrant un service qui doit être assez payant, merci.»

«C’est une position très décevante, dit M. Germain. On est des scientifiques. On est des gens techniques. Et puis, il n’y a aucun fait qu’on avance qui est là pour créer des fausses peurs».

Un avenir vert?

Sacs en plastique, masques jetables, commandes sur Internet, plats à emporter ; l’environnement a semblé prendre du recul dans la liste de priorités des Canadiens ces derniers mois.


« Tout le monde est pour l’environnement, mais il n’y a personne qui veut faire des efforts, il n’y a personne qui veut payer pour. C’est un peu comme la marmite qui commence à chauffer. On s’habitue à l’eau tiède, puis à l’eau chaude jusqu’à ce que finalement on bouille comme un homard et on meurt »
Karel Ménard, directeur général du FCQGED

Selon M. Ménard, la pandémie a démontré qu’une action collective rapide est possible lorsque les effets sont ressentis par la plupart des gens, ce qui n’est pas encore le cas des changements climatiques.

Plusieurs se demandent si la COVID-19 entrainera des changements majeurs dans la société, notamment dans la lutte contre les changements climatiques. Il y a été remarqué que plusieurs animaux ont fréquenté davantage les centres urbains dans les derniers mois.

Le professeur Rahim Baba espère que cette crise saura démontrer l’importance de l’être humain et de son environnement.

«On doit penser à l’être humain comme quelque chose de précieux. On doit penser à tout ce qui peut nous réunir pour qu’on puisse avoir une meilleure vie sur Terre.»

Alberta

Éole, le dieu des vents de la mythologie grecque, semble avoir encore quelques soubresauts virulents. En témoigne l’épisode orageux intense du samedi 13 juin. Une tornade dans le sud de l’Alberta, des grêlons plus gros que des balles de tennis à Calgary ; de quoi se questionner sur ces évènements météorologiques intenses.
Étude

AGRICOM (Ontario) – Ce printemps, Jillian Craig, spécialiste des petits ruminants du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), a présenté les résultats d’une première étude effectuée en Ontario sur la prédation faite par les corbeaux.
Île-du-Prince-Édouard

Les scientifiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) ont commencé, début juin, leur campagne annuelle de mesure de l’érosion. Depuis quelques années, les barres d’acier et mètres-rubans ont cédé la place aux drones pour surveiller le grignotage de la côte.
Pandémie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Qu’est-ce qu’une deuxième vague de pandémie? C’est ce qui se déroule dans la région du Restigouche. Après une diminution de la quantité de cas de COVID-19, le nombre de patients recommence à se multiplier. Les scientifiques se demandent si ce phénomène se produira à l’échelle mondiale dans les prochains mois.
Agriculture

FRANCOPRESSE – Phragmite, panais sauvage, herbe à poux, nerprun, renoué du Japon : ce sont toutes des plantes envahissantes, nuisibles à un certain degré, qui prennent de plus en plus de place sur les terres agricoles et parfois même dans nos forêts. Plusieurs sont inconnues de la population générale, mais causent de sérieux maux de tête aux agriculteurs.
Terre-Neuve-et-Labrador

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Le ministère de Pêches et Océans Canada a profité de l’occasion que représentait le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, pour publier un rapport scientifique faisant état des écosystèmes de l’Arctique, intitulé Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Arctique. Deux chercheurs francophones, Christine Michel et Maxime Geoffroy, ont contribué à ce rapport et commentent cette récente publication pour Le Gaboteur.
Canal de Panama

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – 11 770 kilomètres. C’est la distance que s’apprête à parcourir l’or noir de l’Ouest canadien pour être transformé par la raffinerie Irving Oil. La compagnie néobrunswickoise a obtenu l’autorisation d’expédier des barils de pétrole albertain via le port de Vancouver jusqu’à son terminal de Saint-Jean en passant par… le canal de Panama.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En 2003, la maladie de la vache folle a frappé l’industrie du bœuf à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette année-là, Alfred Arsenault et son fils Robert, qui dirige aujourd’hui la ferme, ont vendu leur bétail à perte pour se concentrer sur la production des pommes de terre. En ce printemps 2020, une autre crise frappe, mais l’industrie de la pomme de terre s’en tire sans trop de dommages.
Environnement

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Cinq ans pour réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre. Le 22 avril dernier, l’organisation Alternatives North, basée à Yellowknife, a publié un rapport intitulé Urgence climatique : sortir les Territoires du Nord-Ouest du diésel. En 42 pages, les auteurs exposent les divers moyens qui permettront de réduire peu à peu les émissions de CO2 aux Territoires.
Démystification

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Ontario) – Les idées les plus folles ont la tête dure, et jamais plus qu’en temps de crise. Voici quelques-unes des idées reçues avec lesquelles il serait préférable de vous distancer…
Science

L’Université d’Ottawa (UOttawa) compte dans ses rangs plusieurs scientifiques francophones. Leurs équipes viennent de recevoir un soutien financier du gouvernement canadien pour lutter contre la pandémie de COVID-19 : 500 000 $ pour la Dre Côté et un million pour le Dr Langlois.
Documentaire

FRANCOPRESSE – Peut-on vivre sans plastique? Qu’en est-il pour une famille de quatre qui aime le camping, qui célèbre Noël et l’Halloween et dont les enfants vont à l’école ou à la garderie? C’est la quête dans laquelle s’est lancée la journaliste Evelyne Charuest avec Ciao plastique!, une série documentaire en trois épisodes qui sera bientôt diffusée sur les ondes d’Ici Explora. Francopresse s’est entretenu avec elle.
Manitoba

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Le nouveau coronavirus qui se propage à travers le monde est le même pour tous. Pourtant de nombreux médias annoncent que le virus impacte certains pays plus que d’autres, allant même jusqu’à établir des classements entre pays ou entre provinces. Pourquoi le nombre de cas et le taux de létalité (le nombre de décès sur le nombre d’infections) varieraient autant d’un pays à l’autre s’il s’agit du même virus? Est-il juste d’établir des comparaisons entre pays, entre provinces dans ce contexte de pandémie? Le point avec Claude Flamand, docteur en épidémiologie et santé publique à l’Institut Pasteur.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Depuis quelques semaines, nous devons changer nos activités et pratiquer la distanciation sociale afin de réduire les risques d’être infecté par la COVID-19. L’inactivité, l’anxiété, la gestion familiale et même la déprime sont des effets collatéraux de la pandémie. Une option pour alléger ces inconvénients se situe peut-être dans la planification du potager. Les bienfaits des plantes et du jardinage ne sont plus à prouver, quel que soit votre âge. Quel bonheur pour vos papilles lorsque vous récolterez et cuisinerez vos propres légumes et fines herbes!
COVID-19

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Confinés chez eux, certains travailleurs se prennent à rêver en vert. Des écologistes, un sociologue et un économiste imaginent les formes que l’économie pourrait prendre pour être plus juste et plus respectueuse de l’environnement après la pandémie de COVID-19.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis quelques semaines, la planète a les yeux rivés sur l’évolution de la COVID-19. La maladie vient avec son lot d’expressions qui ne font habituellement pas partie de notre quotidien. Et si on s’y démêlait un peu?
COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Claude Flamand, docteur épidémiologiste et chercheur à l’Institut Pasteur, répond à nos questions sur le nouveau coronavirus. L’expert a bien insisté pour souligner que ces réponses valaient en date du lundi 16 mars.
COVID-19

La gestionnaire de projet Élodie Pastural et le vétérinaire Alain Fafard travaillent en équipe à l’institut de recherche VIDO-InterVac sur le campus de l’Université de la Saskatchewan. Leur objectif : développer le plus rapidement possible un vaccin contre la COVID-19.
Environnement

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — Les catastrophes naturelles, la sècheresse ou la hausse du niveau des océans ne sont pas que des scénarios catastrophes dignes d’Hollywood. Mais qu’en est-il de la santé des êtres humains? La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina s’est penchée sur la question, le 12 février, avec la retransmission de la conférence «Changements climatiques et impact sur le système de santé — Comment s’y préparer?»
Nord canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) — Le Canada regroupe un peu plus de 64 % du total mondial de bœufs musqués. Si globalement les populations sont stables, certaines diminuent drastiquement : celles habitant dans l’Extrême-Arctique, notamment dans l’ouest de l’archipel Arctique, l’ile Victoria au Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest. Plusieurs scientifiques mettent en cause les changements climatiques.