Réjean Paulin, à l'été 2019.
Réjean Paulin, à l'été 2019.

Réjean Paulin : chroniques choisies

Andréanne Joly
Andréanne Joly
Francopresse
FRANCOPRESSE —Afin de rendre hommage au chroniqueur et journaliste Réjean Paulin, décédé le 2 février, Francopresse a sélectionné quelques-unes des chroniques qu’il avait écrites pour Francopresse et les journaux membres de l’Association de la presse francophone, depuis 2015.

Rappelons d’abord que M. Paulin a œuvré pendant plusieurs décennies en journalisme, en particulier en milieu minoritaire : il a été journaliste pour Radio-Canada en Saskatchewan et en Atlantique, puis journaliste indépendant sur la Colline du Parlement à Ottawa. Il a aussi été collaborateur à Radio-Canada International, à Radio Vatican et à la Radio suisse romande. Au tournant des années 2000, il a choisi de se consacrer à l’enseignement du journalisme au collège La Cité à Ottawa.

À l’annonce de son décès, Francopresse avait publié les passages tirés de la centaine de chroniques qu’il avait signées. Aujourd’hui, le service de nouvelles de l’Association de la presse francophone présente une dizaine de chroniques de ce fidèle collaborateur.


Soulignons en premier lieu le vibrant hommage qu’a rendu le chroniqueur Denis Gratton, du journal Le Droit, à son collègue et à l’enseignant qu’était Réjean Paulin. À lire, sur le site du journal ottavien : Salut Réjean!


26 mai 2016, il s’exprimait sur la fréquentation croissante les écoles françaises par les enfants anglophones dans Le visage d’une école bilingue.

«Serait-on en train de céder devant la pénétration de la langue anglaise, manifeste ailleurs dans le monde? Les avis sont partagés entre oui, non et peut-être. Comme je l’écrivais plus haut, il y a place pour d’infinies nuances.»


En mars 2018, à l’occasion du Mois de la Francophonie, Une pierre à la fois évoquait les luttes menées par les francophones.

«Nous voilà en mars, le mois que l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a choisi pour célébrer la présence française dans le monde. Dans la mythologie romaine, Mars est le dieu de la guerre. On peut y voir un certain symbolisme.»


En avril 2019, en prévision des élections fédérales de l’automne, Réjean Paulin rappelait à ses lecteurs que Quatre ans, c’est bien court, en politique.

«Force nous est de constater que le Canada bilingue ne fait pas partie de ces idées que l’on peut exprimer haut et fort partout au pays pour gagner des votes. Cette vision ne fera pas partie des slogans criés et chantés dans les grands rassemblements-spectacles chers aux stratèges et organisateurs de campagne.»


Dans les derniers mois, d’importants dossiers de la francophonie canadienne avaient trouvé une résonnance dans ses chroniques.


Le 10 septembre 2019, le journal Le Droit traversait une période d’incertitude. Attaché tant aux médias de langue française en situation minoritaire qu’au rôle historique qu’a joué la publication ottavienne, M. Paulin signait : À la défense d’un défenseur.


« Ce français que nous parlons n’est pas celui des grands dictionnaires, mais il est nôtre. À l’image des épinettes rabougries de la taïga et des bords d’océans, il a en lui la résistance qui lui donne toute sa beauté et qui doit faire la fierté de qui le porte en son cœur.  »
Réjean Paulin

En octobre, après que la Cour suprême ait entendu la cause des Franco-Colombiens qui demandent de meilleures écoles, il rappelait les luttes scolaires des francophones vivant en situation minoritaire : Les francophones doivent-ils se satisfaire du minimum?

«Il y a des régions au Nouveau-Brunswick où l’on peut parfois oublier la réticence du Canada anglais face à l’éducation en français. Hélas, il n’en est pas de même ailleurs.»


Quelques semaines plus tard, après le lancement du documentaire Denise au pays des Francos, il s’exprimait sur la richesse des accents dans Le droit à son français et Denise au pays des francos,

«Faut-il toujours parler lexique en poche? Répondre oui à cette question priverait la langue française de tous ses accents et de ses couleurs locales. Impensable et inconcevable.»


Sa toute dernière chronique, De l’indignation à l’espoir, publiée le 21 janvier dernier, portait notamment sur la portée de l’opinion publique. Elle paraissait quelques jours après que la Bibliothèque publique de Toronto a annoncé le retrait de milliers de livres en français de ses tablettes — et qu’elle ait reculé.

«Les voltes-faces sont rares en politique. La règle habituelle veut qu’un décideur ne se trompe pas. Ce qui est fait est fait, et le restera, mais pas cette fois. L’erreur n’a pas résisté au poids de l’opinion. On a l’impression que le Canada que l’on dit “anglais” a testé ses limites.»


« Un journal, c’est aussi la manifestation et l’expression d’une culture et d’un peuple. »
Réjean Paulin

L'Eau vive, publication de la Saskatchewan, lui a consacré une section de son site web. Vous y trouverez une cinquantaine de chroniques.

Bien d’autres écrits de Réjean Paulin auraient pu se trouver à cette liste : la récente Chronique d’été, les touchants Travaux de Gabriel, par exemple. Si vous aimeriez en souligner une, envoyez un courriel à redaction [arobas] francopresse.ca. Francopresse l’ajoutera à la liste.