La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier
La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier

Radio-Canada : Écouter les communautés

Sandra Inniss
L'Aquilon/Francopresse
La réponse du gouvernement fédéral au Comité permanent des langues officielles, en avril, comprend une augmentation du financement pour CBC/Radio-Canada. Que cela signifie-t-il pour les services régionaux de Radio-Canada et les médias communautaires ?

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Sylviane Lanthier, se veut positive. À son avis, le fait que les médias communautaires ne soient pas mentionnés dans la réponse du gouvernement ne signifie pas qu’ils seront oubliés lors de l’élaboration du prochain plan d’action pour les langues officielles.

Mme Lanthier, anciennement présidente de l’Association de la presse francophone, applaudit le financement fédéral pour CBC/Radio-Canada, espérant qu’une proportion conséquente du réinvestissement sera dirigée vers les stations régionales, en particulier les stations des communautés francophones et acadienne. Pour les régions plus éloignées, où Radio-Canada n’a pas de bureau ou de présence officielle, Mme Lanthier demande « Est-ce que c’est toujours la meilleure solution pour la communauté que Radio-Canada ait un bureau ou est-ce que la meilleure solution pour la communauté c’est de mieux [soutenir] les médias qui existent déjà ? »

Du point de vue de la FCFA, il faudra être à l’écoute des besoins de la communauté. Dans un cas comme celui de Yellowknife, qui n’a actuellement pas de salle de nouvelles en français, ce serait donc aux Franco-Ténois de déterminer leurs besoins. « Peut-être qu’une communauté pourrait dire “on voudrait une présence ou un bureau de Radio-Canada chez nous” et peut-être qu’une autre communauté dirait “nous on préfèrerait que Radio-Canada créé des partenariats avec notre radio communautaire et nos médias communautaires pour éviter que cette présence-là deviennent un enjeu négatif pour les médias qui existent déjà” », élabore Mme Lanthier.

Selon la présidente, le rôle de la radio et de la télévision publique est de créer un dialogue entre les communautés et de permettre aux différents acteurs de la francophonie canadienne de se connaitre. L’ensemble des médias publics, privés et communautaires devrait permettre aux francophones d’occuper un espace sur la place publique médiatique.

 Ce que cela veut dire pour les TNO

À l’heure actuelle, Radio-Canada ne possède pas de salle de nouvelles en français aux Territoires du Nord-Ouest.

Le directeur général des services régionaux de Radio-Canada, Marco Dubé, raconte que des consultations ont eu lieu auprès de la communauté de Yellowknife cette année, afin de déterminer les pistes à explorer pour renforcer la présence de Radio-Canada dans le Grand Nord.

À ce jour, les priorités des services régionaux visent un renforcement des services numériques, la restauration de la programmation sociale et culturelle et la relève, les journalistes de demain.

Pour les communautés francophones, le directeur détaille que les efforts se concentreront sur des consultations, par souci de répondre aux besoins de celles-ci : « On a, nous, comme mandat, de contribuer à l’essor et à la vitalité des communautés en milieu minoritaire et donc, on doit entendre la communauté et ce dont elle a besoin. »

Pour renforcer la présence de Radio-Canada dans le Grand Nord, le modèle du Yukon, où une journaliste sur le terrain fait parvenir ses reportages à un bureau dans le Sud, pourrait être implanté ailleurs.

M. Dubé déclare : « On trouve le modèle de Whitehorse particulièrement efficace, porteur et pertinent. [La journaliste] Claudiane Samson, qui est là, fait un excellent travail à témoigner de la communauté à la communauté et témoigner de ce qui se passe dans la communauté à l’antenne provinciale et même nationale. »

Le directeur souhaite aussi faire en sorte que la présence de Radio-Canada se développe dans un contexte où elle renforce le paysage médiatique et n’y nuit pas.

Il explique vouloir offrir des services complémentaires aux médias communautaires. « Le mandat de tout le monde, c’est de renforcer la francophonie ; on veut s’assurer qu’on est capables de travailler ensemble, pas l’un contre l’autre. »