Frédéric Dupré, directeur de la concertation et du renforcement communautaire au sein de l’Assemblée communautaire fransaskoise
Frédéric Dupré, directeur de la concertation et du renforcement communautaire au sein de l’Assemblée communautaire fransaskoise

Quarante jeunes universitaires francophones au pays du bleuet et de l’innovation sociale

André Magny
André Magny
Francopresse
Conjointement avec l’Université de Moncton, l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) accueillait jusqu’au 11 juin la 5e édition de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques, un événement international organisé par le Centre de la francophonie des Amériques (Centre), placé cette année sous le thème de l’innovation sociale. Rencontre avec trois des 9 participants canadiens hors Québec.

Un carrefour

L’Université d’été a retenu, encore une fois cette année, une quarantaine de jeunes universitaires et professionnels en provenance de près d’une quinzaine de pays du continent américain. Et encore une fois, somme toute pour des raisons économiques, cet intéressant événement reste cantonné au Québec ou au Canada, comme ce fut le cas précédemment à Québec, Gatineau, Edmonton et Ottawa.

Mais qu’est-ce qui pousse un ou une jeune du XXIe siècle à s’intéresser à la francophonie vue sous la lorgnette du savoir ? L’un des rares anglophones à participer à cette aventure estivale, l’Ontarien James Steele explique. « Étant prof de langue seconde à la Faculté d’éducation de l’Université York à Toronto, la plupart de mes connaissances personnelles sur la Francophonie provient de livres. Je connais très peu la francophonie, sauf celle de l’Ontario et du Québec. Ici, c’est impressionnant, c’est génial de rencontrer des gens aussi loin que la Guyane française. Et de plus, les thèmes qui sont traités au cours de cette formation sont impressionnants. »

Selon celui qui connaît aussi l’espagnol et l’allemand, les liens créés au cours de la semaine aboutiront sans doute vers certains projets qui seront à développer entre ses étudiants et d’autres communautés francophones du continent.

Frédéric Dupré, directeur de la concertation et du renforcement communautaire au sein de l’Assemblée communautaire fransaskoise, fait aussi partie de ces professionnels présents à Saguenay. Il s’est inscrit à l’UÉ pour « acquérir des nouvelles connaissances, de nouveaux outils et pour se faire un réseau de contacts », qui lui sera utile pour ses projets tournés vers l’extérieur. C’est ainsi que le responsable du Camp Voyageur souhaite que sa présence lui permette de nouer des échanges avec la Louisiane.


Optique de développement

La Colombie-Britannique compte deux représentants sur le campus de l’UQAC, dont Rémi Marien. Habitué aux différentes activités du Centre, il lui manquait l’UÉ. Le directeur du Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique est d’avis que le thème de cette année — Bâtir des milieux innovateurs — va dans le sens où l’innovation « est un véritable levier de développement » pour les organismes francophones. D’ailleurs, selon M. Marien, l’innovation sociale, qui est « une philosophie de travail » est essentielle pour qui vit en situation minoritaire. « On n’a pas le choix d’être créatif, quand on veut, par exemple, financer un projet. On a tellement de défis à relever… »

Le propos du Franco-Colombien d’adoption rejoint en quelque sorte celui du président d’honneur de ce rendez-vous universitaire de haut niveau, le professeur Gérard Bouchard. « La francophonie, c’est une porte d’entrée qui ouvre sur toutes sortes de dimensions économiques, sociales et technologiques, qu’on a tendance à oublier. Le français, ce n’est pas seulement la langue des lettrés, de la littérature, c’est la langue pour des milieux de vie et des milieux créatifs, dynamiques, innovants. »