La ministre Mélanie Joly lors de l’annonce du Protocole d’entente entre Ottawa et les provinces et territoires
La ministre Mélanie Joly lors de l’annonce du Protocole d’entente entre Ottawa et les provinces et territoires

Programmes électoraux : appuis inégaux à la francophonie en situation minoritaire

Les Canadiens se rendront aux urnes dans moins d’une semaine. L’ensemble des principaux partis politiques, à l’exception du Parti populaire, s’engagent à moderniser la Loi sur les langues officielles. Une comparaison des plateformes électorales permet de distinguer leur vision de ce processus de même que leurs autres engagements pour les communautés francophones.

Pour le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, obtenir ces engagements pour la modernisation de la Loi est le fruit d’un travail de sensibilisation de longue haleine. «Le travail que l’on a fait avant les élections, c’est un travail de deux ans, c’est un travail que l’on a fait auprès des partis politiques, auprès des comités responsables des plateformes électorales et avec les chefs. On est allé chercher un engagement de leur part que [la modernisation] aurait lieu.»

Le Parti libéral

La plateforme libérale reprend des éléments prévus dans le Plan d’action pour les langues officielles de 2018, notamment en ce qui concerne le recrutement d’enseignants d’immersion et de français langue seconde, les initiatives d’échanges linguistiques et le financement des programmes en langue seconde. Les libéraux réitèrent aussi leur engagement pris quelques jours avant le déclenchement de la campagne de collaborer avec l’Ontario pour mettre sur pied l’Université de l’Ontario français, mais cette promesse n’apparait pas dans leur cadre financier. De plus, les libéraux prévoient 60 M$ pour appuyer les infrastructures des communautés linguistiques minoritaires, dont des écoles et des centres culturels. Il s’agit d’un montant annoncé au début septembre par la ministre Mélanie Joly dans le cadre du Protocole d’entente entre Ottawa et les provinces et territoires pour soutenir l’enseignement en milieu minoritaire.

En ce qui concerne les nouveaux engagements, les libéraux ont l’intention d’intégrer à la Loi sur les langues officielles le mandat de Radio-Canada pour les nouvelles régionales, s’assurer qu’Air Canada respecte les exigences en matière de services bilingues et renforcer le rôle du commissaire aux langues officielles.

Ils prévoient aussi d’entreprendre le dénombrement des ayants droit et de mener une enquête approfondie issue des données du recensement sur les communautés linguistiques minoritaires.

Les libéraux s’engagent à ne nommer que des juges bilingues à la Cour suprême, même si les troupes de Justin Trudeau n’appuient pas d’obligations légales à cet effet, comme en témoigne leur opposition au projet privé du néodémocrate François Choquette présenté en 2017.

 

Le Parti conservateur 

La plateforme conservatrice reprend plusieurs des propositions de la FCFA pour la modernisation de la Loi, dont la désignation d’une agence centrale pour son application, l’obligation pour tous les ministères fédéraux de se doter de plans et d’objectifs pour améliorer leurs services dans les deux langues officielles, ainsi que l’inclusion à la Loi de l’exigence d’avoir un plan d’action continu de cinq ans pour les langues officielles et la nécessité de consulter les communautés dans son élaboration. Les conservateurs s’engagent aussi à veiller à ce que les fonds fédéraux alloués aux provinces pour les communautés francophones soient dépensés comme prévu.

Dans son cadre financier, le Parti prévoit 25 M$ sur cinq ans pour la création d’un tribunal des langues officielles. De plus, les conservateurs s’engagent à honorer le protocole d’entente pour la création de l’Université de l’Ontario français et prévoient 48 M$ durant les trois premières années de leur mandat pour ce faire.

Le Nouveau Parti démocratique

Les néodémocrates s’engagent à bonifier le Plan d’action pour les langues officielles de 200 M$ sur quatre ans. Ces nouveaux investissements sont notamment destinés à l’enseignement dans la langue de la minorité, le recrutement d’immigrants francophones et l’accès aux services dans la langue de son choix.

Le plan des néodémocrates pour la modernisation de la Loi inclut de renforcer la surveillance et la reddition de comptes, d’élargir la portée des droits linguistiques et de consulter les communautés sur les décisions qui les touchent. Dans la continuité des projets de loi d’Yvon Godin et de François Choquette sur le sujet, le NPD entend aussi rendre obligatoire le bilinguisme à la Cour suprême.


Yvon Godin, Jagmeet Singh et Daniel Thériault, candidat d’Acadie-Bathurst au jour des annonces du NPD concernant les langues officielles.

Le Parti vert

Alors qu’en 2015, le programme vert ne prévoyait rien par rapport aux langues officielles, le parti prend cette année l’engagement de moderniser la Loi sur les langues officielles dès la première année de la prochaine législature, sans offrir plus de détails.

Les verts comptent aussi renforcer le rôle de plusieurs agents du Parlement, dont celui du commissaire aux langues officielles. De plus, ils s’engagent à mieux financer la formation dans les langues officielles pour les immigrants, sans spécifier si ce financement tiendra compte des communautés linguistiques minoritaires.

La section sur les langues officielles de la plateforme verte comporte plusieurs incohérences. Elle mentionne que «nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Les principes énoncés dans cette loi historique ont été le fondement de l’article 16.1 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui reconnait que la communauté linguistique française et la communauté linguistique anglaise ont un statut, des droits et des privilèges égaux.» En fait, l’article 16.1 ne s’applique qu’au Nouveau-Brunswick et il découle de la Loi reconnaissant l’égalité des deux communautés linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick et non de la Loi fédérale sur les langues officielles.

Le Bloc québécois a fait un arrêt à Casselman le 25 septembre, jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes

Le Bloc Québécois 

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a effectué une visite inédite à Casselman en Ontario à la veille de la journée des Franco-Ontariens (le 25 septembre) afin de lancer un message d’appui aux Franco-Canadiens et aux Acadiens, même si sa formation politique ne présente que des candidats au Québec. Le chef a profité de ce déplacement pour présenter les engagements de son parti en matière de francophonie canadienne.

Le Bloc compte notamment appuyer des mesures pour rendre obligatoire le bilinguisme à la Cour suprême, élargir le mandat du Commissariat aux langues officielles et stimuler l’immigration francophone en plus d’élargir la liste des régions hors Québec où les fonctionnaires fédéraux peuvent travailler dans la langue officielle de leur choix. Le Bloc souhaite aussi qu’une version renouvelée de la Loi reconnaisse la différence entre la situation des minorités francophones au Canada et celle des anglophones au Québec. Aucun montant n’est prévu dans leur cadre financier pour appuyer ces mesures.

Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.
Éducation

LE VOYAGEUR (Ontario) – Le professeur de philosophie Denis Hurtubise a analysé les inscriptions à l’Université Laurentienne de Sudbury, entre 2000 et 2018. Il se sert de son étude pour mettre en garde les dirigeants et les communautés francophones contre l’effritement insidieux du poids démographique.
Ouest canadien

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Après une année 2019 florissante pour Mario Lepage et son groupe Ponteix, les musiciens se tournent vers le Vieux Continent. Fin janvier, le trio est parti à la rencontre du public français pour tester les eaux du marché outre-Atlantique. L’année 2020 pourrait ainsi marquer un saut de plus vers l’accomplissement pour la formation musicale fransaskoise.
Ouest canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ouest) — Le 29 janvier, Adriana LaGrange, ministre albertaine de l’Éducation, présentait un rapport d’expert censé orienter la future réforme des programmes scolaires. Ce dernier ne fait aucune mention des perspectives francophones, ce qui inquiète la communauté. «Il semblerait que rien ne va changer», rassure la Fédération des Conseils Scolaires Francophones de l’Alberta (FCSFA) après avoir pris contact avec le Ministère.
Santé

FRANCOPRESSE – Les messages apparaissent accompagnés d’émojis souriants à l’écran : «C’est comme une tarte citron pistache, un régal!» ou bien encore : «Chaque saveur que je goute est encore meilleure!» Dans les messages postés sur Instagram, les publications flatteuses sur le vapotage se comptent par milliers. Premières cibles : les adolescents.
Journalisme

FRANCOPRESSE —Afin de rendre hommage au chroniqueur et journaliste Réjean Paulin, décédé le 2 février, Francopresse a sélectionné quelques-unes des chroniques qu’il avait écrites pour Francopresse et les journaux membres de l’Association de la presse francophone, depuis 2015.
Entreprise

AGRICOM (Ontario) – Votre ferme ou votre entreprise a-t-elle établi un plan d’urgence? Pensez-vous être prêt à toute éventualité? Le 15 janvier, Tom Baker, le gestionnaire des incidents au sein du Feather Board Command Centre est venu partager quelques conseils lors de la Conférence sur la volaille de l’est de l’Ontario, conseils qui s’appliquent très bien à toutes sortes de situations.
Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Quand la vague de froid dure plus de quelques jours, mieux vaut faire face à la réalité : impossible de rester sous les couvertures indéfiniment! Et quand il est question de sortir, que ce soit pour des activités récréatives ou pour des obligations professionnelles ou familiales, il est important de savoir prendre les devants.
Journalisme local

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) Le jeudi 30 janvier, une soixantaine d’athlètes ont pris le départ de la Montane Yukon Arctic Ultra, une course considérée comme l’une des plus difficiles au monde. Rencontre avec les membres de l’association suisse Out’Cha qui participent à l’épreuve des 300 miles.
Chronique

Ça doit bien faire plus de 30 ans que nous, Canadiens-Français du ROC (Rest of Canada), nous plaignons du pauvre service des réseaux nationaux de Radio-Canada. Nous savons que le «Ici» dans Ici Radio-Canada veut, la plupart du temps, dire Ici Québec. Voici une petite histoire qui illustre bien ce que nous percevons. Et ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle.
Ontario

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – En septembre 2019, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO) ont publié leur Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. On y peint le portrait d’une population proportionnellement plus âgée que la moyenne provinciale, légèrement moins éduquée et significativement moins à l’aise financièrement que sa contrepartie anglophone.
Journalisme

Le journaliste et observateur de la francophonie au Canada et dans le monde, Réjean Paulin, est décédé le dimanche 2 février. M. Paulin avait signé plus de cent chroniques chez Francopresse depuis 2015.
Atlantique

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Il y a seulement quelques mois, La Commission scolaire de langue française (CSLF) aurait pu décider de réviser l’ensemble de ses politiques, sans que personne le sache. En effet, bien que les réunions aient toujours été publiques, très peu de personnes y assistaient dans le passé. Puis, par souci de transparence, voici que les ordres du jour sont diffusés à l’avance, que des procès-verbaux sont rendus publics et que les réunions sont diffusées en direct sur Facebook, et qu’elles peuvent être visionnées en tout temps.
Santé

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Alors que le web regorge de «coachs santé», d’entraineurs personnels et d’influenceurs diffusant des conseils nutritionnels à portée de clic, des diététistes professionnelles mettent en garde contre les régimes et les plans alimentaires «prescrits» par les individus non immatriculés.
Affaires autochtones

Initiative de journalisme local – APF (Ontario) – Francophones et Autochtones ont parfois été alliés au Canada. Y compris en Ontario. Champlain l’avait compris, lui qui s’était aventuré au-delà de la rivière des Outaouais. Les liens tissés entre les deux groupes furent importants. Le métissage souvent bénéfique. Pourtant, il y eut une cassure. Avec les pensionnats.
Santé

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) – La démence est une pathologie encore taboue. Pourtant, les maladies cardiovasculaires, maux de notre époque, font partie du problème. C’est la leçon donnée par la Cité universitaire francophone de l’Université de Regina qui a organisé, le 15 janvier, la retransmission du webinaire «Ne laissez pas s’éteindre votre cerveau. Sept règles pour éviter la démence».
Immigration

Initiative de journalisme local – APF (Saskatchewan) – Le Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan s’est réuni le 14 janvier à Regina pour faire le point. D’ici quelques mois, en s’appuyant sur le témoignage des organismes d’accueil et des nouveaux arrivants eux-mêmes, un rapport sera produit pour dresser le portrait de l’immigration des francophones dans la province de cette dernière décennie.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le comité de coordination dont David Keenlyside est membre s’est réuni officiellement une première fois le 14 janvier. Cependant, quelques tâches ont été accomplies d’avance, comme l’élaboration d’un logo. Le directeur ne nie pas que l’organisation ait pris du temps pour démarrer, mais il est sûr que d’ici quelques semaines, les astres vont s’aligner.

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration. Municipalités et chambres de commerce pourront choisir les immigrants. Une annonce bien accueillie à l’Île-du-Prince-Édouard, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre.