Mike Sawatzky
Mike Sawatzky

Présence au Festival fransaskois : rencontre inédite avec le Coloc Mike Sawatzky

Mychèle Fortin
Mychèle Fortin
L'Eau vive
Le 5 juillet dernier, le Festival fransaskois accueillait la formation québécoise Les Colocs. L’Eau vive a voulu se pencher sur cette grande aventure musicale et a eu le plaisir de rencontrer le membre fondateur saskatchewanais de la formation, Mike Sawatzky, quelques heures avant le spectacle.

Est-ce la première fois que Les Colocs donnaient un spectacle en Saskatchewan?

Oui. C’est la rencontre de mes deux mondes, c’est surréaliste.


On aimerait en savoir un peu plus sur vous.

Je suis Métis. J’ai été adopté à 22 mois et j’ai grandi dans l’est de Saskatoon. C’est seulement à l’adolescence, lorsque je suis tombé dans le street life du «grand Saskatoon» que j’ai rencontré plein d’Amérindiens, créé des liens. C’est là que j’ai appris c’est quoi être amérindien, c’est quoi grandir dans les réserves.

On me parle beaucoup de réparation ces temps-ci, que je pourrais avoir de l’argent parce que j’ai été adopté dans les années soixante. J’ai dit à mon père que cet argent-là n’était pas pour moi. Ils m’ont sauvé la vie. J’ai eu une enfance très heureuse. J’ai toujours eu une relation très spéciale avec ma mère. Elle était mon ange [elle est décédée il y a 3 ans]. Pour les amis, la famille, j’étais Métis, j’étais Michael.

Peut-on dire qu’au cœur des Colocs, au début, il y a vous, Dédé Fortin et Patrick Esposito di Napoli? [NDLR André Fortin s’est suicidé en 2000 et Patrick Esposito est mort du Sida en novembre 1994.]

Oui, c’était le cœur, la «bombe nucléaire» de l’affaire. C’était le drive. On s’est trouvé et puis voilà, c’était exactement de ça qu’on avait besoin chacun dans notre vie.

 

Qu’est-ce qui a fait qu’un Métis anglophone de la Saskatchewan, un Québécois du Lac-Saint-Jean et un Français bouddhiste cliquent? 

Quand je suis arrivé à Montréal, je voulais devenir chef cuisinier. Mais à côté je faisais des jams. Un soir [en 1990], j’étais au Rising Sun et y a un mec qui monte sur le stage et qui commence à jouer de l’harmonica... J’ai capoté. J’me suis dit : «il faut que je rencontre ce gars-là [Patrick Esposito].» Après, j’ai joué et il s’est dit la même chose. Y a une vibe qui s’est installée tout d’suite entre nous.

Patrick jouait déjà avec Dédé. Les Colocs dans ce temps-là c’était surtout une idée. Ils essayaient des affaires, faisaient des p’tits shows. Ils avaient besoin d’un guitariste pis moi j’étais là, y avait une chimie musicale, dans nos vies aussi.


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