Jenica Atwin, en compagnie de David Coon, chef du Parti Vert du Nouveau-Brunswick, et de la cheffe démissionnaire, Elizabeth May.
Jenica Atwin, en compagnie de David Coon, chef du Parti Vert du Nouveau-Brunswick, et de la cheffe démissionnaire, Elizabeth May.

Questions et réponses avec la députée verte de Fredericton. Jenica Atwin : les premières semaines d’une nouvelle élue

Guillaume Deschênes-Thériault
Guillaume Deschênes-Thériault
Francopresse
Il y a exactement un mois [Le 21 octobre dernier], Jenica Atwin a remporté la circonscription de Fredericton au Nouveau-Brunswick, devenant ainsi la première députée du Parti vert du Canada à être élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique. Elle se prépare présentement pour la rentrée parlementaire prévue le 5 décembre.

Avant son élection, Mme Atwin occupait un poste de coordonnatrice de programme et de chercheuse au sein d’un organisme d’éducation pour les Premières Nations. Francophile, Mme Atwin prévoit de suivre des cours pour perfectionner son français dans les prochains mois. Dans un entretien en français avec Francopresse, Mme Atwin revient sur ses premières semaines en tant que nouvelle députée.


Francopresse : Comment se sont passées les dernières semaines? Comment avez-vous vécu la transition de candidate à députée élue?

Jenica Atwin : Je décris les dernières semaines depuis l’élection comme un tourbillon. C’était excitant, instructif, parfois difficile à croire. Tant de choses ont changé dans ma vie en peu de temps. Je crois que je me suis assez bien adaptée à mon passage de candidate à députée. J’apprends vite et je suis très passionnée par le changement. Je comprends l’urgence des situations auxquelles sont confrontés les électeurs et il n’y a pas de temps à perdre. J’ai l’avantage d’apprendre d’Elizabeth May.


Vous avez effectué votre premier séjour à Ottawa en tant que députée pour suivre la formation offerte aux nouveaux élus. Vous avez aussi participé au premier caucus de votre parti. Comment se sont déroulées ces nouvelles expériences?

J. A. : C’était incroyable d’être à Ottawa. Je n’y avais passé qu’une seule nuit lors d’un voyage des années passées et je n’avais pas eu la chance de découvrir la ville. C’est vraiment magnifique, c’est un peu comme Fredericton, je pense [rires]. Visiter le Parlement pour la première fois, c’était émouvant. Je l’ai vu à la télévision, mais je n’étais jamais entrée dans l’immeuble lui-même, pas même en tant que touriste. Mon mari était avec moi et c’était super de partager ce moment avec lui.

Notre première réunion du caucus était formidable. Nous sommes allés au restaurant. J’ai aimé que ce soit un peu informel et détendu. Nous avons discuté des protocoles parlementaires, des différents leviers à notre disposition. Je suis très reconnaissante d’être dans cette équipe de trois personnes.

Le processus d’orientation était chargé en information, mais j’étais impressionnée par l’organisation et l’efficacité du personnel de la Chambre des communes. […] Il était également important pour moi d’établir des liens avec les autres députés débutants de divers partis. Il est essentiel d’établir des relations et de me faire des amis pour que nous puissions travailler ensemble.

La première députée verte élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique, Jenica Atwin.

À titre de première députée verte fédérale élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique, vous avez fait l’objet d’une couverture médiatique importante. Comment vivez-vous cela?

J. A. : C’était tout nouveau pour moi. L’attention médiatique n’était pas nécessairement quelque chose à laquelle j’étais préparée, mais je suis certainement très enthousiaste. […] Je suis très satisfaite de l’attention que les médias ont accordée à ma circonscription. Il est important pour moi d’être une verte des Maritimes et d’apporter une perspective différente. C’est une occasion de placer l’accent sur les Maritimes, sur le Nouveau-Brunswick, les gens sont attentifs à ce que nous faisons. Je suis très reconnaissante d’avoir cette opportunité.


De quelle manière vos proches vivent-ils ces premières semaines?

J. A. : Ma famille s’est préparée depuis un certain temps déjà. Nous étions en élection pour gagner et nous savions que la vie serait très différente si c’était le cas. Les choses se sont déroulées relativement normalement jusqu’à maintenant, à l’extérieur de mon voyage à Ottawa. Ma famille viendra avec moi lors de visites futures et je me forcerai à les intégrer dans notre nouvelle vie normale. Mon mari est une «rockstar» et a été une source de soutien pour moi et pour nos enfants. Je pense que c’est différent, mais nous ferons en sorte que ça fonctionne.


Comment se déroule le travail de préparation dans votre circonscription, la mise en place de votre bureau, la constitution de votre équipe, etc.?

J. A. : J’ai embauché la majorité de mon personnel. Nous traitons déjà de dossiers de la circonscription. Nous travaillons à coordonner nos efforts avec l’ancien député pour assurer une transition sans heurts dans les cas en suspens. Nous sommes toujours à la recherche d’un emplacement approprié pour nos bureaux et nous espérons en avoir un très bientôt. Entretemps, nous avons utilisé des espaces communautaires.

C’est une première expérience pour moi comme dirigeante d’une équipe. Les personnes de mon équipe ont beaucoup d’expérience au niveau provincial. J’ai des conseillers de circonscription qui ont travaillé avec David Coon [chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick et député provincial de Fredericton - Sud]. Je m’entoure de gens qui ont un peu plus d’expérience que moi, je pense que ça va très bien aller.


Comment appréhendez-vous les prochaines semaines, vos premières interventions à la Chambre des communes?

J. A. : J’espère que les semaines à venir seront axées sur l’unité. Tout le Canada sera à l’écoute pour voir comment nous gérons cette situation minoritaire. […] J’ai hâte et je suis excitée pour ma première intervention en Chambre. Je pense que c’est à ce genre de moment auquel on rêve quand on s’engage dans une carrière en politique. Je vais vraiment me concentrer sur les enjeux de ma circonscription et je souhaiterais mettre d’avant l’enjeu des langues autochtones. Lorsque je parlerai pour la première fois en Chambre, j’aimerais m’exprimer en langue malécite, pour montrer mon appréciation et ma reconnaissance de ce que les peuples autochtones ont fait pour nous. J’espère vraiment que nous discuterons davantage des questions relatives aux autochtones, et je pense que ma première intervention au Parlement sera sur ce sujet. Les relations avec les peuples autochtones sont étroitement liées à notre travail en faveur de l’environnement.