Marie Renaud a répondu aux questions du Franco, parfois en français, parfois en anglais.
Marie Renaud a répondu aux questions du Franco, parfois en français, parfois en anglais.

Marie Renaud fait vivre le français à la législature

Mélodie Charest
Le Franco
LE FRANCO (Alberta) – Lors de la période des questions à l’Assemblée législative du 27 mai dernier, la députée néodémocrate Marie Renaud sollicite en anglais des explications du gouvernement au sujet de «cette attaque [faite] envers la communauté francophone en ne protégeant pas le financement du Campus Saint-Jean». Jason Kenney, premier ministre de la province, a alors répondu à cette question en français.

«Ce gouvernement appuie entièrement la communauté franco-albertaine. Nous faisons des économies dans toutes les institutions postsecondaires y compris le Campus Saint-Jean. Ce n’est pas cibler la communauté francophone, mais trouver les efficacités pour les impératifs budgétaires», répond en français Jason Kenney à l’Assemblée législative de l’Alberta.

Une réponse qui lui coute une question complémentaire de Marie Renaud, cette fois-ci, en français. D’une voix déterminée, la députée de Saint-Albert rappelle que le Campus Saint-Jean est le seul institut postsecondaire albertain en français, et dont la demande a «bondi» de 40 % depuis 2014. Elle demande : «Est-ce que le premier ministre de l’Alberta va soutenir les francophones en Alberta et annuler les réductions  [de financement] avant qu’il ne soit trop tard?»

Jason Kenney ramène sur la table que le gouvernement n’est pas l’instance qui décide du budget du Campus, qu’il s’agit d’une décision de l’Université de l’Alberta. Il termine en disant que des économies de toutes les institutions postsecondaires sont nécessaires afin de remédier à la crise fiscale albertaine, mais que les services en français, dont le Campus Saint-Jean, sont «tellement importants pour ce gouvernement».

Racines du français à l’Assemblée législative 

Quelques heures plus tard, la Société historique francophone de l’Alberta fait plusieurs interventions sur Twitter au sujet des jeunes racines du français à l’Assemblée législative. À la lumière des dix tweets, un constat est assez clair : les échanges, comme celui du 27 mai, sont rares et indélibérés.

L’une des racines, c’est l’Affaire Piquette. L’ancien député néodémocrate de la circonscription de l’Athabasca/Lac La Biche, Léo Piquette, s’était fait refuser, le 7 avril 1987, de prononcer une question en français à la ministre de l’Éducation.

Suggestion de lecture : Léo Piquette : «Il reste encore des batailles à gagner»

Selon nos informations, Léo Piquette a envoyé un message de félicitations à Marie Renaud après l’échange à la Législature du 27 mai 2020.