Le Consulat de France à Moncton
Le Consulat de France à Moncton

Fermeture du consulat de France à Moncton évitée. «N’abandonnez pas une deuxième fois l’Acadie!»

FRANCOPRESSE – Octobre 2019 : le gouvernement français annonce la fermeture du consulat général de Moncton pour 2022. Une décision qui secoue la communauté acadienne et l’ensemble des francophones du Canada. Bien décidés à inverser la tendance, les acteurs de la mobilisation finiront par avoir le sourire aux lèvres. Retour sur les coulisses d’une mobilisation réussie.

«Quand j’ai appris que le consulat resterait ouvert à Moncton, je l’avoue, j’ai souri dans mon salon. J’étais heureuse.» Le regard clair et les paroles douces, Antonine Maillet ne cache pas son soulagement au sujet d’une affaire qui a remué la communauté acadienne en fin d’année 2019 : l’annonce de la fermeture du consulat général de France à Moncton.

En publiant dans le journal français Le Figaro une lettre ouverte destinée au président français Emmanuel Macron, intitulée «N’abandonnez pas une deuxième fois l’Acadie, maintenez votre consulat», la romancière s’est hissée en autorité morale dans une lutte, où, déjà, de nombreux Acadiens et ambassadeurs de la culture francophone avaient pris leur bâton de pèlerin.

Une importante mobilisation

Sans perdre une minute, Yan Chantrel, élu consulaire des Français de Montréal, Moncton et Halifax, dénonce une «très mauvaise décision». Le jour même de l’annonce, il lance une pétition adressée à Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères pour demander le maintien de la présence française en Atlantique. «C’est assez paradoxal de revenir sur l’offre de ce genre de services alors que le nombre de Français qui s’installent en Acadie a tendance à augmenter constamment», argumente-t-il.

Il n’est pas seul. Dirigeants économiques, élus, universitaires, enseignants… A Montréal, au Nouveau-Brunswick comme à Paris, les courriels, conférences de presse et appels téléphoniques se succèdent. À l’image de cette active mobilisation, le directeur de la Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick, Ali Chaisson, explique : «Nous, nous sommes en mode “survie”, notre bataille est quotidienne. Nous voyons chaque jour l’érosion du français et les cicatrices qui demeurent du passé. Nous sommes dans l’omniprésence de l’hégémonie américaine. Le consulat doit non seulement rester mais disposer de moyens supplémentaires qui lui permettront de faire du développement économique et d’installer durablement des structures, des entreprises et des instruments plus modernes. Notre territoire est en devenir!»

Un argument économique que souligne également John Wishart, directeur de la chambre commerce, dans un courrier adressé au premier ministre français Édouard Philippe et rendu public : «57 entreprises néobrunswickoises font du commerce avec la France et les échanges commerciaux ont augmenté de 64 % depuis 2013.» Comme l’explique le responsable, «le consulat permet aux entreprises du Grand Moncton d’avoir une relation privilégiée avec la France. Sans le consulat, la communauté d’affaires a bien peur que les relations bilatérales diminuent.»

L’élu consulaire Yan Chantrel

Un rôle prépondérant

À Moncton, si le consulat général de France ne comptabilise quelques centaines d’inscrits et a perdu de l’aura, son importance se mesure ailleurs, estime pour sa part François Lubrina, autre élu consulaire de Montréal, Moncton, Halifax. Lui aussi s’est fortement engagé pour la défense de l’établissement. «Avant tout en raison de la langue! Le français est extrêmement fragile au Canada, il serait inconcevable d’abandonner la population francophone, celle qui a souffert et qui s’est battue pour défendre un patrimoine, une culture.» Il enchaine : «Fermer Moncton serait aussi une grave erreur d’un point de vue économique, culturel, géopolitique. Moncton a toujours été un consulat d’influence voulu par le général de Gaulle, et joue un rôle prépondérant dans les relations franco-canadiennes. C’est aussi le plus près de Saint-Pierre-et-Miquelon, un enjeu stratégique!»

Pour convaincre le gouvernement tricolore, le Français a été le trait d’union entre l’Hexagone et l’Acadie et s’est déplacé à Paris rencontrer des représentants d’Emmanuel Macron. «Il y a de grandes entreprises installées là : Michelin, Air Liquide, Simon Lafarge Composite Atlantique… il y a des besoins pour la population, il faut au contraire que la France maintienne ses services. Les démarches pour le passeport et l’État civil ne se sont font déjà plus à Moncton. C’est une catastrophe.»

L’affaire a aussi pris des tournures médiatiques, relayée dans les principaux organes de presse francophones du Canada. Native de Saint-Pierre-et-Miquelon, l’écrivaine Françoise Enguehard a, par exemple, déclaré au micro de Radio-Canada : «La France ne peut pas délaisser l’Acadie.» Roland Lescure, le député des Françaises et des Français d’Amérique du Nord et président de la Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale française, y avait aussi affirmé : «Moncton, c’est le Nouveau-Brunswick, c’est l’Acadie, c’est la Francophonie, c’est la langue française. J’ai plaidé pour qu’on garde cette présence de la France formelle à Moncton malgré le fait que d’un point de vue budgétaire et opérationnel, il y a peu de Français qui sont sur place.»


L’Acadie est-elle influente?

Deux mois auront finalement suffi à inverser la décision puisque le 2 décembre, le gouvernement de France annonce officiellement le maintien de son consulat à Moncton. Mais Ali Chaisson reste prudent : «Pour combien de temps? Va-t-on devoir se mobiliser tous les deux ans?» s’interroge-t-il tout en poursuivant : «La véritable question est : est-ce que l’Acadie dispose encore d’une influence en 2019 sur l’échiquier géopolitique de la France? La preuve que oui cette fois-ci. On espère que ça dure encore longtemps.»

Au Canada, la France dispose de cinq consulats (Québec, Montréal, Vancouver, Toronto et Moncton). Son ambassade est située à Ottawa.

Médias

FRANCOPRESSE – Avant même le début de la crise de la COVID-19, plusieurs médias communautaires du pays éprouvaient des difficultés à joindre les deux bouts. Depuis la mi-mars, le gouvernement enchaîne les annonces pour venir en aide aux entreprises et aux organismes sans but lucratif auxquelles les médias peuvent faire appel. Certains se demandent cependant si l’aide fédérale arrivera à temps.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
Saskatchewan

La politologue Valérie Vézina était de passage à la Cité francophone de l’Université de Régina, le mardi 3 mars, pour présenter ses études sur le nationalisme en milieu insulaire. Contre toute attente, elle applique ses recherches au cas de la Saskatchewan, une ile au cœur des Prairies canadiennes.
COVID-19

TORONTO — Depuis le début de la crise de la COVID-19 en Ontario, personne, ni au gouvernement Ford ni à la santé publique, n’a fait de déclarations verbales ou n’a répondu aux questions des médias en français. Un phénomène qui pourrait se révéler fatal pour des aînés franco-ontariens.
Langues officielles

FRANCOPRESSE — La liste des membres des différents comités permanents de la Chambre des Communes a été rendue publique le 6 février. Des députés comme François Choquette, Alupa Clarke et Denis Paradis n’ayant pas de retour aux Communes à la suite des élections de l'automne, le Comité permanent des langues officielles fait peau neuve. Seulement trois membres qui y siégeaient lors de la dernière législature y sont de retour. La présidence, choisie le 20 février, en sera assurée par un nouveau venu.
Ontario

LE DROIT (Ontario) – Des Canadiens coincés au Japon à bord du bateau de croisière Diamond Princess seront rapatriés au pays, a annoncé le gouvernement fédéral, le samedi 15 février. Ceux qui n’ont pas de symptômes du coronavirus seront envoyés à Trenton pour y être évalués, et seront ensuite mis en quarantaine à Cornwall. Une décision qui est loin de faire l’unanimité dans cette ville de l’Est ontarien.

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – C’est confirmé : les urgences de six hôpitaux ruraux fermeront pendant la nuit à partir du mois prochain. Les 120 lits de courtes durées de ces six établissements seront convertis en lits de soins chroniques de longues durées.
Médias sociaux

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Trou de cul, imbécile, french fuck, pomme pourrie et idiot, sont quelques exemples d’insultes reçues par les politiciens sur les réseaux sociaux. Si leurs décisions ne font pas toujours l’unanimité, nos élus méritent-ils une telle pluie d’injures? Certains croient que c’est le prix à payer. D’autres diront plutôt qu’il faut éviter de banaliser le phénomène des trolls.

LE REFLET (Ontario) – «Ce n’est pas moi qui ai changé, c’est le Parti conservateur et le gouvernement de Doug Ford qui ont changé», a déclaré la députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, afin de justifier son passage au Parti libéral.
Parlement jeunesse

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – Pour la première fois depuis des années, des jeunes francophones de toutes les provinces et territoires canadiens ont pris part au Parlement jeunesse pancanadien (PJP) qui se déroulait à Ottawa du 8 au 12 janvier. Rocco Canil, Nunavutois âgé de 16 ans, est le seul participant de son territoire à s’être déplacé jusque dans la capitale nationale.
Parlement jeunesse

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) — La dixième législature du Parlement jeunesse pancanadien (PJP) se tenait du 8 au 12 janvier dans la nouvelle Chambre du Sénat à Ottawa. Depuis 20 ans, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) orchestre le PJP aux deux ans, permettant à des jeunes d’expression française de partout au pays de se glisser dans la peau d’un parlementaire.
Parlement jeunesse

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Du 9 au 12 janvier 2020, Adrien Buote était le ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure au sein du Parlement jeunesse pancanadien (PJP) à Ottawa. Dans le réseau des parlements jeunesse, Adrien est un doyen. «C’était mon 6e parlement jeunesse. J’ai fait trois PJP et trois Parlements jeunesse de l’Acadie. En janvier 2021, je serai le premier ministre du Parlement jeunesse de l’Acadie», précise Adrien Buote.
Langues officielles

Nommée ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly porte sur ses épaules deux dossiers importants pour la communauté francophone de l’Alberta : la relance de l’économie de l’Ouest et la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Toujours dans l’attente de sa lettre de mandat, elle s’est rendue à Edmonton mercredi 4 décembre pour rencontrer les chefs des affaires de la province et le maire d’Edmonton.

Un député, c’est un peu comme le Père Noël. S’il n’a pas ses petits lutins pour tout préparer, la tournée du 24 décembre risque d’être catastrophique! Un adjoint parlementaire, on le voit sans doute moins souvent que son patron, mais son travail est aussi indispensable. Et ses conditions de travail, vous dites?

Trente ans après la tuerie du 6 décembre, qui a coûté la vie à 14 étudiantes de l’école Polytechnique de Montréal, que reste-t-il de cet attentat dans la mémoire collective canadienne? Si, en 1991, le Parlement du Canada a officiellement rendu cette date Journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, cette action a-t-elle contribué à faire avancer la cause?

Les premiers ministres provinciaux Blaine Higgs (Nouveau-Brunswick), Doug Ford (Ontario) et Scott Moe (Saskatchewan) ont signé un accord, samedi, pour collaborer au développement et à la mise en service de petits réacteurs nucléaires. Les deux entreprises qui travaillent sur ces projets à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) espèrent que cette entente incitera Ottawa à accorder des subventions.

La nouvelle ministre des Pêches devra s’attaquer à une multitude de dossiers, dont celui du déclin de la biodiversité dans le golfe Saint-Laurent, selon Jean Lanteigne, président de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

L’enjeu du bilinguisme à la Cour suprême a fait couler beaucoup d’encre au cours des 30 dernières années. Le dossier est revenu à l’avant-plan de l’actualité politique de manière sporadique avec le dépôt de projets de loi sur le sujet aux Communes. Avec la déconfiture du NPD aux dernières élections et la réticence relativement récente des libéraux à emprunter la voie législative dans ce dossier, il n’est pas clair de ce qu’il adviendra de cet enjeu et de la place qui lui sera accordée au courant de la prochaine législature.

Il y a exactement un mois [Le 21 octobre dernier], Jenica Atwin a remporté la circonscription de Fredericton au Nouveau-Brunswick, devenant ainsi la première députée du Parti vert du Canada à être élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique. Elle se prépare présentement pour la rentrée parlementaire prévue le 5 décembre.