Le siège dans Toronto-Centre était vacant depuis la démission de Bill Morneau, ancien ministre des Finances, le 17 aout dernier dans la foulée du scandale UNIS.
Le siège dans Toronto-Centre était vacant depuis la démission de Bill Morneau, ancien ministre des Finances, le 17 aout dernier dans la foulée du scandale UNIS.

Élections partielles: la deuxième place d'Annamie Paul dans Toronto-Centre est une victoire

Bruno Cournoyer Paquin
Bruno Cournoyer Paquin
Francopresse
FRANCOPRESSE – Annamie Paul, la nouvelle cheffe du Parti vert du Canada, a fait le pari de se faire élire dans Toronto-Centre, circonscription où elle n’avait obtenu que 7 % des voix lors de l’élection générale de 2019. Elle a finalement terminé deuxième derrière la candidate libérale Marci Ien lors de l’élection partielle du 26 octobre dernier.

Cette dernière a obtenu 42 % des voix dans Toronto-Centre, suivie de la verte Annamie Paul avec 32,7 % des suffrages, puis du néodémocrate Brian Chang avec 17 %.

Le siège était vacant depuis la démission de Bill Morneau, ancien ministre des Finances, le 17 aout dernier dans la foulée du scandale UNIS.

Une victoire malgré tout

Cette deuxième place devrait être considérée comme une victoire par Annamie Paul, estime la professeure Geneviève Tellier, de l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

«Je ne suis pas du tout surprise de voir qu’elle a fait ce score-là. À vrai dire, si elle n’avait pas terminé deuxième, là on se poserait des questions. Elle a fait la performance qu’elle devait faire. On ne s’attendait pas à ce qu’elle gagne la circonscription», explique la professeure.

Pour Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, ces élections partielles constituaient un vote sur la gestion de la crise de la COVID-19 par le gouvernement Trudeau.

En entrevue avec Francopresse, Annamie Paul indique qu’il n’est pas assuré qu’elle soit la candidate du parti vert dans Toronto-Centre lors des prochaines élections fédérales.

«C’est une discussion entre moi et le reste du leadeurship du Parti vert. J’avais dit au cours de la course à la chefferie que je serais prête à me présenter où et quand on le décidait collectivement. Donc nous allons avoir des discussions dans les prochains jours», explique la cheffe des verts.

Pour Geneviève Tellier, il faut prendre note que le Parti vert a devancé le NPD dans cette élection :


« Ça semble dire que le Parti vert est un parti de gauche important. Donc ce n’est plus le NPD qui a le monopole de la gauche sur la scène fédérale. »
Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa

Annamie Paul croit que cette seconde place obtenue par le Parti vert lors de cette élection partielle est un bon présage pour la prochaine élection fédérale.

«Toronto-Centre est un château fort du Parti libéral et une circonscription où le NPD reçoit normalement au moins 25 % des votes ; si nous avons été capables en trois semaines d’y passer jusqu’à la deuxième place et de recevoir jusqu’à 25 % plus de votes […] ça, c’est incroyable. Ça veut dire que nous sommes compétitifs et que les gens sont finalement prêts à voter pour le Parti vert!» s’exclame-t-elle.

Annamie Paul, cheffe du Parti vert du Canada et candidate dans Toronto-Centre, soutient que cette deuxième place indique que le parti vert a «toutes les chances» de faire des gains lors des prochaines élections générales.

Une lutte serrée dans York-Centre

Il y avait aussi une élection partielle dans York-Centre, où la course a été âpre entre la libérale Ya’ara Sacks et le conservateur Julius Tiangson.

La candidate libérale l’a emporté avec 45,7 % des voix, alors que son rival conservateur l’a talonnée avec 41,8 % des suffrages. La circonscription a envoyé des députés libéraux à Ottawa lors des deux dernières élections générales.

Pour Geneviève Tellier, ces résultats devraient inquiéter les libéraux, car ils indiquent que les conservateurs peuvent être compétitifs même dans des régions comme Toronto, qui semblaient pourtant acquises aux libéraux.


« D’habitude les élections partielles, ce n’est pas très important pour le gouvernement au pouvoir. Mais là, c’est peut-être un peu comme avoir un coup de sonde de sa gestion de crise, c’est-à-dire vérifier si les électeurs sont satisfaits du gouvernement libéral et s’ils approuvent sa gestion de crise. »
Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, se présentait aussi dans York-Centre et s’en est tiré avec 3,6 % des voix. Un résultat dans la continuité de ce qu’il a obtenu lors de la dernière élection générale, observe Geneviève Tellier.

«J’ai l’impression que le parti de M. Bernier ne prendra pas. Les gens ne sont pas intéressés par ce genre de proposition là, et vont davantage aller chez le Parti conservateur que chez M. Bernier», conclut la politologue.