Élections aux Territoires du Nord-Ouest : Un nombre record de candidates

Officiellement en campagne électorale depuis le 2 septembre, les Ténois sont appelés aux urnes le 1er octobre. Le nombre de candidates ne passe pas inaperçu. Chez les francophones, la question de l’accès à l’enseignement dans la langue de son choix retient l’attention.

Au cours de cette élection, plusieurs enjeux sont sur la table pour les Franco-Ténois, qui forment 2,8 % de la population, selon le sociolinguiste québécois Jacques Leclerc.

La Fédération franco-ténoise (FFT) cherche des subsides pour la création d’un centre culturel et communautaire et œuvre à attirer dans la capitale les Jeux de la francophonie canadienne de 2023.

Des appuis à l’Assemblée seront appréciables, même si le fédéral joue toujours un rôle majeur dans le financement de quoi que ce soit aux Territoires du Nord-Ouest (TNO). «C’est certain qu’il y a du travail à faire, considère la directrice de la FFT, Linda Bussey. Il faut présenter nos projets et bien les vendre. »

Des changements au gouvernement pourraient améliorer sa relation avec la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO), marquée par d’incessants procès, le dernier portant sur l’admission des non-ayants droit.

Le député sortant de Frame Lake, Kevin O’Reilly, est vraisemblablement le seul politicien à avoir publiquement dénoncé la dilapidation de l’argent public en frais de cours. Peu ont également, comme lui, diffusé leur plateforme électorale en français.

La députée sortante Julie Green se range à ses côtés. «Cette question a ressurgi plusieurs fois quand je faisais du porte-à-porte, dit-elle. La CSFTNO devrait pouvoir se gouverner comme le font les autres commissions scolaires et décider qui va à l’école. […] C’est un niveau d’interférence qui n’existe pas ailleurs.»

Les simples élus ont toutefois peu de pouvoirs pour changer cette attitude belliqueuse, qui s’est perpétuée sous plus de quatre ministres de l’Éducation, et à laquelle, dit-on, les hauts fonctionnaires ne sont pas étrangers.

Un nombre record de candidates

Julie Green fait d’ailleurs partie du nombre record de femmes se présente aux élections du 1er octobre, épousant ainsi un vœu formulé lors de la XVIIIe Assemblée législative.

Entre 2015 et 2019, seulement deux des 19 sièges de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest (TNO) étaient occupés par des femmes; à 10 %, il s’agissait vraisemblablement du gouvernement territorial ou provincial canadien le moins égalitaire, à tel point que la croissance de la représentation des femmes avait été classée comme une priorité et qu’un comité spécial avait été formé à cet effet.

Avant même que les mesures préconisées par ce comité soient en place, une amélioration se dessine puisque 22 des 58 candidats sont des femmes, soit 37 %.

« C’est extraordinaire», dit Julie Green, qui présidait le comité spécial et était la seule élue de la XVIIIe Assemblée avec la ministre Caroline Cochrane. «C’est deux fois plus que n’importe quelle élection dans l’histoire des TNO. Je trouve ça excitant. J’ai toujours dit que les femmes amènent une différente perspective à la politique, à la prise de décision, aux valeurs […]. Mon espoir est que nous ayons plus de femmes à l’Assemblée. Nous allons tous en bénéficier.»

La directrice générale de la Fédération franco-ténoise (FFT), Linda Bussey, elle-même ancienne conseillère municipale de Yellowknife, se déclare peu surprise de cette forte candidature féminine. Elle considère que les écoles de campagne pour femmes ont joué un rôle prépondérant dans l’augmentation du nombre de candidates.

« Katrina Nokleby [candidate dans Great Slave] y a participé, donne Mme Bussey comme exemple, et elle a dit que ça a fait devancer le moment où elle escomptait se présenter.»


Le vote francophone

Quels que soient les enjeux, les Franco-Ténois votent-ils? Linda Bussey pose la question, disant en croiser peu lors des débats publics.

«Ce serait bon qu’on encourage la communauté francophone à voter», assure Mme Bussey.

Sa consœur de l’Association francoculturelle de Yellowknife, Lisa Berthier, dit observer le même désengagement chez les anglophones de sa génération, suscité, croit-elle, par le caractère fluctuant d’une importante partie de la population. «Je connais au moins cinq francophones qui sont actifs sur des équipes de campagne», nuance Mme Berthier.

La diversification de l’économie, la pleine exploitation du potentiel minier des TNO, la diminution du cout de la vie, l’éducation et l’amélioration des services sociaux sont les grands thèmes de la campagne. Mais en l’absence de partis politiques, aucun élu ne peut assurer que sa plateforme électorale sera mise en place.

 «Ça va être une élection très intéressante, s’enthousiasme Linda Bussey, avec plus de jeunes et plus de femmes. Il y a un appétit de consensus comme on n’en a jamais eu, un appétit aussi pour la diversification économique.»

À noter, après deux mandats consécutifs comme premier ministre, Bob McLeod quitte la scène politique.

Luttes sororales

Lors de ces élections territoriales, 22 des 58 candidats sont des femmes, soit 37 %.

Il reste à voir combien d’entre elles franchiront la ligne d’arrivée. Les candidates s’affrontent dans cinq circonscriptions.

Dans Inuvik Twin Lake, Lesa Semmler et Sallie Ross, infirmières de formation, cherchent à occuper le siège abandonné par l’ancien ministre des Finances et de l’Environnement et des Ressources naturelles, Robert C. McLeod.

Dans Yellowknife Centre, Julie Green affrontera une figure bien connue des milieux communautaires, Arlene Hache.

Dans Nunakput, trois nouvelles venues, Alisa Blake, Holly Campbell et Sheila Nasogaluak, font la lutte au député sortant, Herbert Nakimayak.

Dans Sahtu et la très convoitée circonscription de Kam Lake, deux femmes s’affrontent également.

RJ Simpson, Frederick Blake et Jackson Lafferty, sans opposition dans leur circonscription, occuperont trois des 19 sièges.

Médias

FRANCOPRESSE – Avant même le début de la crise de la COVID-19, plusieurs médias communautaires du pays éprouvaient des difficultés à joindre les deux bouts. Depuis la mi-mars, le gouvernement enchaîne les annonces pour venir en aide aux entreprises et aux organismes sans but lucratif auxquelles les médias peuvent faire appel. Certains se demandent cependant si l’aide fédérale arrivera à temps.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
Saskatchewan

La politologue Valérie Vézina était de passage à la Cité francophone de l’Université de Régina, le mardi 3 mars, pour présenter ses études sur le nationalisme en milieu insulaire. Contre toute attente, elle applique ses recherches au cas de la Saskatchewan, une ile au cœur des Prairies canadiennes.
COVID-19

TORONTO — Depuis le début de la crise de la COVID-19 en Ontario, personne, ni au gouvernement Ford ni à la santé publique, n’a fait de déclarations verbales ou n’a répondu aux questions des médias en français. Un phénomène qui pourrait se révéler fatal pour des aînés franco-ontariens.
Langues officielles

FRANCOPRESSE — La liste des membres des différents comités permanents de la Chambre des Communes a été rendue publique le 6 février. Des députés comme François Choquette, Alupa Clarke et Denis Paradis n’ayant pas de retour aux Communes à la suite des élections de l'automne, le Comité permanent des langues officielles fait peau neuve. Seulement trois membres qui y siégeaient lors de la dernière législature y sont de retour. La présidence, choisie le 20 février, en sera assurée par un nouveau venu.
Ontario

LE DROIT (Ontario) – Des Canadiens coincés au Japon à bord du bateau de croisière Diamond Princess seront rapatriés au pays, a annoncé le gouvernement fédéral, le samedi 15 février. Ceux qui n’ont pas de symptômes du coronavirus seront envoyés à Trenton pour y être évalués, et seront ensuite mis en quarantaine à Cornwall. Une décision qui est loin de faire l’unanimité dans cette ville de l’Est ontarien.

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – C’est confirmé : les urgences de six hôpitaux ruraux fermeront pendant la nuit à partir du mois prochain. Les 120 lits de courtes durées de ces six établissements seront convertis en lits de soins chroniques de longues durées.
Médias sociaux

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Trou de cul, imbécile, french fuck, pomme pourrie et idiot, sont quelques exemples d’insultes reçues par les politiciens sur les réseaux sociaux. Si leurs décisions ne font pas toujours l’unanimité, nos élus méritent-ils une telle pluie d’injures? Certains croient que c’est le prix à payer. D’autres diront plutôt qu’il faut éviter de banaliser le phénomène des trolls.
Atlantique

FRANCOPRESSE – Octobre 2019 : le gouvernement français annonce la fermeture du consulat général de Moncton pour 2022. Une décision qui secoue la communauté acadienne et l’ensemble des francophones du Canada. Bien décidés à inverser la tendance, les acteurs de la mobilisation finiront par avoir le sourire aux lèvres. Retour sur les coulisses d’une mobilisation réussie.

LE REFLET (Ontario) – «Ce n’est pas moi qui ai changé, c’est le Parti conservateur et le gouvernement de Doug Ford qui ont changé», a déclaré la députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, afin de justifier son passage au Parti libéral.
Parlement jeunesse

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – Pour la première fois depuis des années, des jeunes francophones de toutes les provinces et territoires canadiens ont pris part au Parlement jeunesse pancanadien (PJP) qui se déroulait à Ottawa du 8 au 12 janvier. Rocco Canil, Nunavutois âgé de 16 ans, est le seul participant de son territoire à s’être déplacé jusque dans la capitale nationale.
Parlement jeunesse

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) — La dixième législature du Parlement jeunesse pancanadien (PJP) se tenait du 8 au 12 janvier dans la nouvelle Chambre du Sénat à Ottawa. Depuis 20 ans, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) orchestre le PJP aux deux ans, permettant à des jeunes d’expression française de partout au pays de se glisser dans la peau d’un parlementaire.
Parlement jeunesse

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Du 9 au 12 janvier 2020, Adrien Buote était le ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure au sein du Parlement jeunesse pancanadien (PJP) à Ottawa. Dans le réseau des parlements jeunesse, Adrien est un doyen. «C’était mon 6e parlement jeunesse. J’ai fait trois PJP et trois Parlements jeunesse de l’Acadie. En janvier 2021, je serai le premier ministre du Parlement jeunesse de l’Acadie», précise Adrien Buote.
Langues officielles

Nommée ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly porte sur ses épaules deux dossiers importants pour la communauté francophone de l’Alberta : la relance de l’économie de l’Ouest et la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Toujours dans l’attente de sa lettre de mandat, elle s’est rendue à Edmonton mercredi 4 décembre pour rencontrer les chefs des affaires de la province et le maire d’Edmonton.

Un député, c’est un peu comme le Père Noël. S’il n’a pas ses petits lutins pour tout préparer, la tournée du 24 décembre risque d’être catastrophique! Un adjoint parlementaire, on le voit sans doute moins souvent que son patron, mais son travail est aussi indispensable. Et ses conditions de travail, vous dites?

Trente ans après la tuerie du 6 décembre, qui a coûté la vie à 14 étudiantes de l’école Polytechnique de Montréal, que reste-t-il de cet attentat dans la mémoire collective canadienne? Si, en 1991, le Parlement du Canada a officiellement rendu cette date Journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, cette action a-t-elle contribué à faire avancer la cause?

Les premiers ministres provinciaux Blaine Higgs (Nouveau-Brunswick), Doug Ford (Ontario) et Scott Moe (Saskatchewan) ont signé un accord, samedi, pour collaborer au développement et à la mise en service de petits réacteurs nucléaires. Les deux entreprises qui travaillent sur ces projets à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) espèrent que cette entente incitera Ottawa à accorder des subventions.

La nouvelle ministre des Pêches devra s’attaquer à une multitude de dossiers, dont celui du déclin de la biodiversité dans le golfe Saint-Laurent, selon Jean Lanteigne, président de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

L’enjeu du bilinguisme à la Cour suprême a fait couler beaucoup d’encre au cours des 30 dernières années. Le dossier est revenu à l’avant-plan de l’actualité politique de manière sporadique avec le dépôt de projets de loi sur le sujet aux Communes. Avec la déconfiture du NPD aux dernières élections et la réticence relativement récente des libéraux à emprunter la voie législative dans ce dossier, il n’est pas clair de ce qu’il adviendra de cet enjeu et de la place qui lui sera accordée au courant de la prochaine législature.

Il y a exactement un mois [Le 21 octobre dernier], Jenica Atwin a remporté la circonscription de Fredericton au Nouveau-Brunswick, devenant ainsi la première députée du Parti vert du Canada à être élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique. Elle se prépare présentement pour la rentrée parlementaire prévue le 5 décembre.