Élections Yukon le lendemain du vote démontrent que 19 001 Yukonaises et Yukonais se sont rendu. e. s aux urnes le 12 avril dernier, ce qui représente un taux de participation de 66 %, soit 10 % de moins qu’en 2016.
Élections Yukon le lendemain du vote démontrent que 19 001 Yukonaises et Yukonais se sont rendu. e. s aux urnes le 12 avril dernier, ce qui représente un taux de participation de 66 %, soit 10 % de moins qu’en 2016.

Élections au Yukon : des résultats inattendus et une communauté francophone entendue

Laurie Trottier
L’Aurore boréale
L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Les élections territoriales du 12 avril ont été uniques au Yukon, autant par rapport à l’égalité survenue dans la circonscription de Vuntut Gwtichin qu’en raison des premières pour la communauté francophone. Quels ont été les éléments nouveaux qui ont caractérisé ces élections pour la francophonie yukonaise, et sont-ils là pour perdurer?

Plusieurs évènements sont survenus entre l’annonce du déclenchement des élections le 12 mars et la soirée électorale du 12 avril. D’abord, les candidates du Parti libéral Pauline Frost et du Nouveau Parti démocratique (NPD) Annie Blake sont arrivées à égalité, avec 78 votes chacune, dans la circonscription de Vuntut Gwtichin, laissant planer le suspense sur l’ensemble des résultats des élections territoriales pendant plus d’une semaine.

Le 19 avril, la directrice du scrutin de Vuntut Gwitchin, Renee Charlie, a procédé au tirage au sort, et c’est la néodémocrate Annie Blake qui a été élue. Le NPD obtient ainsi son 3e siège, causant une égalité entre le Parti du Yukon et les libéraux qui en détiennent chacun huit.

Avant le tirage au sort, le Parti libéral a toutefois réitéré son intention de former un gouvernement minoritaire et de démontrer qu’il est «capable d’obtenir la confiance de l’Assemblée législative». Il s’entretiendra avec les chefs des partis adverses dans les prochains jours.

Par ailleurs, il s’agissait de la première fois que les trois adversaires, le Parti libéral, le Parti du Yukon et le Nouveau Parti démocratique se positionnaient publiquement sur les enjeux de la francophonie yukonaise.

Kate White, du NPD, la seule cheffe de parti capable de s’exprimer couramment en français, a répété à maintes reprises son engagement envers la francophonie yukonaise et a mentionné celle-ci dans sa plateforme électorale.

Le gouvernement libéral de Sandy Silver, à la tête du Yukon depuis 2016, a affirmé qu’il allait poursuivre le travail entamé pour le centre de santé bilingue, et est le seul parti à avoir traduit entièrement son programme électoral en français.

Dans un communiqué, le Parti du Yukon a lui aussi exprimé son intérêt à travailler en étroite collaboration avec l’Association franco-yukonnaise (AFY) et la communauté francophone.

Un poids démographique et politique

«Les trois partis se sont engagés envers notre communauté, donc c’est certain que c’est positif. Là on va s’assurer qu’ils rencontrent leurs promesses, on va s’assurer de continuer le travail qui a été enclenché», affirme Isabelle Salesse, directrice générale de l’AFY.

«Je trouve ça assez remarquable parce que c’est un message que le poids des francophones est important dans ces élections, avait-elle d’ailleurs ajouté sur les ondes de Radio-Canada lors du dépouillement des votes le 12 avril dernier. De se positionner publiquement pour dire que “nous, on va travailler avec la communauté francophone”, pour moi, c’est un engagement important parce que ça peut avoir des répercussions.»

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Les trois chefs ont été élu. e. s dans leur circonscription respective : Kate White dans Takhini-Kopper King, Sandy Silver dans Klondike et Currie Dixon dans Copperbelt North.

Les résultats non officiels publiés par Élections Yukon le lendemain du vote démontrent que 19 001 Yukonaises et Yukonais se sont rendu. e. s aux urnes le 12 avril dernier, ce qui représente un taux de participation de 66 %, soit 10 % de moins qu’en 2016.

Première soirée électorale en français pour ICI Yukon

Alors qu’arrivaient au compte-goutte les résultats des votes dans les 19 circonscriptions, ICI Yukon était en direct à la radio et sur Facebook, et ce, dans le cadre d’une première soirée électorale entièrement en français.

Animée par Marie Villeneuve, la soirée a donné la parole à des Franco-Yukonnais.e.s à travers le territoire, à Sophie Delaigue invitée en tant qu’analyste, et à Francis Plourde et Claudiane Samson, respectivement journalistes aux résultats et sur le terrain. «C’était une belle initiative, avec une bonne variété de discussions», estime Isabelle Salesse.

C’était la première fois que Sophie Delaigue contribuait à ce genre de présentation pour le diffuseur public. «C’était une vraiment belle expérience, avec une très belle équipe», ajoute-t-elle. Sophie Delaigue a étudié les sciences politiques en France et est installée au territoire depuis 2007.

Citoyenne canadienne depuis 2011, elle affirme que l’intégration politique est la dernière étape à franchir, et qu’elle survient bien après l’intégration économique, sociale et culturelle. 


« J’aime la politique et j’aime la façon dont on fait de la politique au Yukon. »
Sophie Delaigue, analyste politique

Elle a tenu à souligner l’excellent travail de Claudiane Samson, qui a été au cœur de la planification de cette soirée.

S’il n’est pas possible de savoir combien de Franco-Yukonais.e.s suivaient l’émission à la radio, le direct Facebook a engendré 1 500 visionnements. Pour Claudiane Samson, l’émission a été une réussite et le fait «qu’il y ait autant d’intérêt et que les Franco-Yukonnais.e.s étaient là à écouter et étaient engagés sur la page (Facebook)» l’a particulièrement touchée.

Pour elle, cette soirée remplissait la mission même de son métier : servir le public. «Je n’ai pas d’autres intérêts que ça. Lors d’une soirée électorale comme celle-là, c’est toujours agréable et gratifiant de savoir que notre travail est apprécié et consulté», ajoute-t-elle.

Une des dernières interventions de Sophie Delaigue en direct de la soirée électorale était remplie d’espoir sur la place de la francophonie yukonaise au territoire : «On est là, et on est là pour rester.»