Brian Gallant sur le plateau de Radio-Canada, lundi soir, lors de la soirée électorale.
Brian Gallant sur le plateau de Radio-Canada, lundi soir, lors de la soirée électorale.

Brian Gallant, de premier ministre à analyste politique

Justin Dupuis
Acadie Nouvelle
ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Si le scrutin fédéral de lundi a donné lieu à bien peu de surprises lundi soir, la présence et la prestation de Brian Gallant en tant qu’analyste politique sur le plateau de La soirée électorale de Radio-Canada en a étonné plus d’un.

La prestation de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick à l’antenne du diffuseur public a été très remarquée lundi soir.

Qualifiant son expérience de «formidable», Brian Gallant dit avoir particulièrement aimé l’exercice.

«J’ai vécu bien des soirées électorales dans le passé, notamment comme candidat ou comme chef de parti, mais c’était ma première en tant qu’analyste politique, donc c’était une élection très différente pour moi», lance-t-il.

À en croire les nombreux commentaires positifs qu’il a reçus sur son fil Twitter, les analyses offertes par Brian Gallant pendant la soirée ont grandement plu aux internautes et aux téléspectateurs.


« Je ne savais pas que Twitter avait un bouton pour donner de la positivité ! C’était incroyable de recevoir autant de rétroaction positive, même si ces félicitations provenaient probablement du fait que Radio-Canada a cru bon d’avoir un intervenant qui représentait une autre région afin d’offrir une perspective différente. »
Brian Gallant, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, analyste lors de la soirée électorale 2021

M. Gallant, qui est aujourd’hui PDG du Centre canadien pour la mission de l’entreprise et conseiller au président de l’Université Ryerson, n’en était pas à sa première expérience de commentateur. Tout au long de la campagne électorale, il a offert ses analyses politiques dans le cadre d’émissions comme Power and Politics, Zone économie et Les Mordus de politique.

Ces expériences, raconte-t-il, lui ont permis de confirmer ce qu’il savait déjà alors qu’il était à la tête de la province : bien que la relation entre journalistes et élus peut parfois être tendue, les médias jouent un rôle de garde-fou démocratique essentiel en exigeant que les politiciens rendent des comptes aux électeurs.

«C’était vraiment fantastique de voir les gens travailler dans les coulisses, raconte M. Gallant. On ne voit habituellement pas ça lorsque l’on surveille la soirée électorale, mais il y a des douzaines de personnes qui travaillent très fort pour faire en sorte que la soirée soit un succès et que l’on raconte les histoires qui ont besoin d’être racontées.»

De son propre aveu, il dit avoir eu de la difficulté à envisager ce qui pouvait l’attendre, professionnellement, à la suite de son passage à la tête de la province. Occuper le poste de premier ministre avait été pour lui un rêve qu’il caressait depuis l’adolescence, mais la suite, il n’y avait jamais réfléchi.

«Quand j’étais en politique, j’aimais beaucoup faire l’analyse des enjeux sociétaux importants et essayer de développer de nouvelles manières d’aborder ces questions. Je savais qu’après mon départ, ça allait beaucoup me manquer», se souvient-il.

Bien qu’il n’ait jamais imaginé qu’il porterait un jour la casquette de commentateur politique, il a tout de suite saisi l’occasion lorsqu’elle s’est présentée.

«C’est tout un privilège que de pouvoir donner son grain de sel quand toute une société s’apprête à prendre une décision importante, comme dans le cadre d’une élection, dit M. Gallant. J’aimerais bien continuer à faire ce genre d’exercice, c’était vraiment tout un honneur que de pouvoir contribuer à une institution médiatique aussi importante pour notre démocratie et notre société.»

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Soirée électorale : une légère amélioration de la présence francophone hors Québec

Lors du scrutin fédéral de 2019, Radio-Canada avait fait l’objet de plusieurs critiques pour la faible présence de francophones de l’extérieur du Québec dans sa couverture de la soirée électorale.

Lundi soir, des organismes francophones de différentes régions au pays ont dit constater une «légère amélioration» à cet égard.

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En effet, d’après la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), la présence de Brian Gallant sur le plateau de Radio-Canada et les directs avec plusieurs journalistes sur le terrain de Radio-Canada Acadie ont permis de mieux décortiquer les subtilités des luttes locales dans les provinces atlantiques.

«Cependant, une fois à l’ouest du Québec, la qualité de la couverture était moindre. Outre quelques coups d’œil à la grande région de Toronto, on a peu parlé des luttes serrées en Ontario ou en Alberta», constate Liane Roy, présidente de la FCFA, précisant que la présence de commentateurs d’autres régions aurait permis de mieux expliquer ce qui s’y passait.

À la Société nationale de l’Acadie (SNA), on fait le même constat, affirmant que la couverture de lundi soir était «infiniment mieux» que celle de 2019


« Les deux premières heures qui ont été presque exclusivement consacrées à l’Atlantique étaient éclairantes. Les interventions des journalistes dans les quatre provinces ainsi que les interventions des analystes sur le plateau ont offert un portrait juste de notre région. Nous invitons Radio-Canada à poursuivre sur cette lancée et à élargir davantage la couverture aux francophones de l’Ontario et de l’Ouest dont on a peu entendu parler.» »
Louise Imbeault, présidente de la Société nationale de l'Acadie (SNA)

D’après Brian Gallant, la réaction positive des francophones à l’extérieur du Québec quant à sa présence lors de la soirée électorale devrait être suffisante à convaincre le diffuseur public du bienfondé de cette approche.

«Je crois que les réactions suscitées par ma présence, par la présence d’un représentant de l’extérieur du Québec sur le plateau, vont encourager Radio-Canada à répéter cette approche et peut-être même élargir la représentation des autres régions canadiennes», dit-il.