Il n’y aura pas d’autre sommet comme celui de 2007 réunissant 750 militants, annonce la présidente Sylviane Lanthier, mais un évènement pour « relancer et célébrer » le Plan.
Il n’y aura pas d’autre sommet comme celui de 2007 réunissant 750 militants, annonce la présidente Sylviane Lanthier, mais un évènement pour « relancer et célébrer » le Plan.

Plan stratégique communautaire : Le projet de 2007 poursuit « sur son air d’aller »

Jean-Pierre Dubé
Jean-Pierre Dubé
Francopresse
Ottawa, 3 juin 2007 : les 750 militants réunis au Sommet des communautés francophones et acadiennes ont adopté en grande pompe un Plan stratégique communautaire de dix ans comprenant cinq chantiers d’intervention.

Quelque 33 organismes ont apposé leur signature, faisant dire au président de la FCFA du Canada, Jean-Guy Rioux : « Voilà une date dont nous nous rappellerons longtemps dans les grands jalons de l’histoire de notre francophonie. »

2017, le Plan ne s’est pas déroulé tel qu’espéré. Patrimoine canadien a lancé sa Feuille de route pour les langues officielles l’année suivante et n’a pas investi beaucoup. Il a limité son soutien à 100 000 $ par année, de quoi réunir les 40 membres du Forum des leaders, chargé de coordonner avec l’aide de la FCFA, mais non d’évaluer les progrès.

Les résultats ont été difficiles à identifier, note le directeur de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, Éric Forgues, membre pendant cinq ans du Comité de suivi. « On a demandé les moyens pour mesurer l’impact dans les communautés, mais on ne les a jamais obtenus.

« Tout le monde a travaillé fort pour l’épanouissement et la vitalité. Mais il n’y a pas eu de grand renversement des tendances », reconnaît-il, par exemple, sur une hausse de la population pour franchir le seuil du million de locuteurs.

Le consultant Marc Johnson était le secrétaire du Sommet et, en 2015, le Forum lui a confié l’évaluation finale. Sa 33e recommandation, visant les prochaines étapes pour relancer le processus d’un nouveau plan, demeure en attente.

« La conjoncture depuis deux ans explique la pause, soutient l’évaluateur, mais ça demeure essentiel de reprendre le processus. » Les consultations pour renouveler le plan d’action fédéral ont accaparé la FCFA en 2016 et le changement à la direction générale du groupe a ralenti les opérations.

« Chez les organismes, la direction générale joue un très grand rôle, souligne Marc Johnson. Peut-être qu’avec l’arrivée d’une nouvelle direction, le processus va recommencer. »

Le Forum traverse une période de tâtonnement, estime Éric Forgues, qui participera à la prochaine rencontre des leaders le 10 juin, lors de l’Assemblée annuelle de la FCFA. « On n’a pas encore eu de réflexion sur comment renverser certaines tendances inquiétantes. Si on continue à appliquer les mêmes stratégies, ça ne veut pas dire qu’on aura de meilleurs résultats. »

Selon le sociologue, la francophonie met beaucoup d’accent sur les services en français. « Mais pour la vitalité, c’est une stratégie parmi tant d’autres. » Il recommande un travail de terrain sur les identités, la revitalisation des collectivités et la gouvernance communautaire.

« Il y a eu des crises et des transformations dans les communautés, dit-il, ça s’est complexifié. »

La vision de 2007 reste pertinente, assure la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier. « Le Plan sera nettoyé et simplifié dans un nouvel énoncé plus serré et plus facile à comprendre. Ça nous prend une boussole.

 « Il n’y aura pas un autre sommet, précise-t-elle, mais on va relancer le Plan. Il contient beaucoup de matériel, on est sur un air d’aller. Le Forum demeure un modèle de collaboration. »