De gauche à droite : Brian Conway, Padminee Chundunsing, Suzanne Jacob, l’honorable Adrian Dix, Donald Cyr, Suzana Straus
De gauche à droite : Brian Conway, Padminee Chundunsing, Suzanne Jacob, l’honorable Adrian Dix, Donald Cyr, Suzana Straus

Investissement de 250 000 $ dans des organismes francophones : Un tournant historique pour les francophones de Colombie-Britannique

Lucas Pilleri
Lucas Pilleri
Francopresse
11 octobre : le ministre responsable des affaires francophones en Colombie-Britannique annonce un investissement de 250 000 $ dans 4 projets. C’est la première fois que la province donne directement de l’argent à des organismes francophones.

Le 11 octobre, le ministre britanno-colombien de la Santé et responsable des affaires francophones Adrian faisait une annonce historique à la Maison de la francophonie à Vancouver : un investissement de 250 000 $ pour quatre projets communautaires afin d’améliorer les services en français dans la province.

C’est la première fois que la Colombie-Britannique donne directement de l’argent à des organismes francophones. Une dynamique que beaucoup espèrent voir durer.


Un investissement historique

C’est dans les bureaux de la Société de développement économique de la Colombie-Britannique (SDE) que le ministre a dévoilé son investissement, non sans éclat. C’est en fait la SDE qui repart avec la plus grosse part du gâteau : 100 000 $ pour son projet d’intégration économique des immigrants francophones par l’entrepreneuriat. « On est enchantés, rapporte Mylène Letellier, directrice des services aux entreprises et des communications. Ils nous ont écoutés. C’est une belle démonstration qu’ils sont attentifs. »

Le projet de la SDE permettra d’outiller les immigrants francophones et de faciliter leur intégration économique. « On travaille pour développer un passeport entrepreneurial pour aider les immigrants à s’adapter au modèle d’affaires canadien », précise la responsable. L’autre volet consistera en des ateliers de sensibilisation aux différences culturelles dans l’entreprise canadienne.

RésoSanté est le deuxième heureux élu du plan d’investissement. Avec 84 000 $, l’organisme pourra mener à bien son projet de centre de santé communautaire bilingue à Vancouver. « C’est une grande joie et une vraie surprise, témoigne Benjamin Stoll, directeur général. C’est un plaisir de voir le ministre mettre une belle énergie dans la francophonie. »


Une nouvelle dynamique

Cette contribution inédite et applaudie par tous vient marquer un tournant dans les relations avec le gouvernement.

« On a rarement des montants aussi importants. Nous sommes très contents de pouvoir faire avancer les choses un peu plus vite », réagit le dirigeant. Les fonds alloués financeront l’étude de faisabilité de ce lieu où les professionnels de santé accueilleront les patients en français. « C’est un projet ambitieux. Avec ce point de service physique de santé en français, on a l’ambition de dupliquer le modèle dans d’autres régions de la province », complète-t-il.

Avec une ouverture prévue pour 2021, l’organisme veut mettre les bouchées doubles : « Il faut profiter du momentum, car les choses peuvent changer rapidement, met en garde Benjamin Stoll. On revient de loin, avec des ministres unilingues anglais qui ne s’intéressaient pas vraiment à la question francophone. Il y a un momentum très précieux aujourd’hui qu’il faut savoir bien utiliser. »

De son côté, la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique obtient 50 000 $, une somme consacrée à l’organisation d’un sommet sur la transmission de la langue française le 3 novembre prochain. « C’est historique. Grâce à l’ampleur de cet investissement, c’est la première fois que l’on peut réunir tout le monde : parents, jeunes, associations, acteurs de la petite enfance jusqu’au postsecondaire… Ensemble, on peut faire une différence », formule Marie-Andrée Asselin, directrice générale.

L’enjeu est crucial car la langue française se perd : 4 enfants sur 5 sont assimilés avant la maternelle. « C’est catastrophique, s’alarme la responsable. L’avenir de notre communauté est fragile. » Avec 87 % d’exogamie dans les familles francophones, il fallait bien une journée de concertation générale. « On espère faire ressortir des réflexions sur la transmission linguistique pour assurer la pérennité de notre communauté », ajoute celle qui perçoit chez le gouvernement un réel intérêt pour l’épanouissement de la communauté francophone.

Enfin, le centre communautaire La Boussole reçoit 16 000 $ pour offrir des ateliers et des webinaires de santé mentale. Développement de la résilience chez les jeunes, détection des troubles mentaux, des comportements inhabituels et des accoutumances seront au programme.

Si l’annonce du ministre est largement applaudie par la communauté francophone de Colombie-Britannique, certains nourrissent déjà de plus grands espoirs. « On aimerait un nouveau soutien l’an prochain, exprime Benjamin Stoll du RésoSanté. On espère que le gouvernement va continuer. On ne veut pas rester avec une belle étude sur les bras pour notre projet. » Le temps dira si l’élan s’essouffle ou perdure.