Industrie de la chanson: L’APCM mise dorénavant sur YouTube et Spotify pour faire rayonner les artistes francophones

L’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) mise dorénavant sur les plateformes telles que YouTube et Spotify pour promouvoir les artistes franco-canadiens en nomination au gala Trille Or, qui aura lieu jeudi.

De tous les partis, et malgré son bilan, le Parti conservateur est la formation qui a intégré le plus de promesses en matière de langues officielles dans sa plateforme électorale. Pour sa part, le Parti libéral a promis la modernisation de la Loi sur les langues officielles et a avancé 60 millions de dollars en appui aux communautés. Retour sur les promesses.

Au pouvoir de 2015 à 2019, le Parti libéral prévoit aussi une certaine continuité dans les dossiers amorcés lors de son dernier mandat. Le parti au pouvoir a repris des éléments prévus dans le Plan d’action pour les langues officielles de 2018, notamment pour le recrutement d’enseignants d’immersion et de français langue seconde, les initiatives d’échanges linguistiques et le financement des programmes en langue seconde.

Le Parti libéral du Canada prévoit, dans sa plateforme électorale, l’investissement de 60 M$ pour appuyer les infrastructures des communautés linguistiques minoritaires, comme les écoles et les centres culturels. Il s’agit d’un montant annoncé au début septembre par la ministre Mélanie Joly dans le cadre du Protocole d’entente entre Ottawa et les provinces et territoires pour soutenir l’enseignement en milieu minoritaire.

Les libéraux réitèrent aussi leur engagement pris quelques jours avant le déclenchement de la campagne de collaborer avec l’Ontario pour mettre sur pied l’Université de l’Ontario français, mais cette promesse n’apparait pas dans leur cadre financier.

Le parti a avancé aussi d’autres mesures :

  • mener une enquête approfondie issue des données du recensement sur les communautés linguistiques minoritaires et entreprendre le dénombrement des ayants droit;
  • intégrer à la Loi sur les langues officielles le mandat de Radio-Canada pour les nouvelles régionales;
  • renforcer le rôle du commissaire aux langues officielles et
  • nommer que des juges bilingues à la Cour suprême, et ce, même si les troupes de Justin Trudeau se sont opposé au projet privé présenté en 2017 par le néodémocrate François Choquette, qui n’a pas été réélu.

Parmi les 338 députés élus, au moins 14 francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec - 12 libéraux, une néodémocrate et un conservateur, le même nombre de députés francophones élus qu’en 2015. Toutefois, on compte deux nouveaux venus sur la scène politique fédérale.

Dans l’Ouest

L’Ouest canadien ne compte plus qu’un seul député francophone, alors qu’ils étaient trois lors de la dernière législature. Il s’agit du libéral Dan Vandal, qui conserve la circonscription de Saint-Boniface — Saint-Vital pour un second mandat. Robert Falcon-Ouellette de Winnipeg, qui a commencé la campagne en très bonne posture, a finalement perdu son siège aux mains du NPD. Le Franco-Albertain Randy Boissonnault a lui aussi été défait, mais par son adversaire conservateur.


En Ontario

Six Franco-Ontariens ont été élus, comparativement à cinq en 2015. Le député libéral sortant de Glengarry — Prescott — Russell, Francis Drouin, obtient un second mandat. Il faisait face au conservateur Pierre Lemieux qui tentait un retour aux Communes. La libérale Mona Fortier, élue lors d’une partielle dans Ottawa-Vanier en 2017 à la suite du décès de Mauril Bélanger, a conservé son siège. Marie-France Lalonde, ancienne ministre provinciale des Affaires francophones de l’Ontario, a gagné son pari et a permis au Parti libéral de conserver la circonscription d’Orléans.

Dans le nord de l’Ontario, le député sortant Marc Serré l’a emporté contre un candidat vedette des néodémocrates, Stef Paquette, à Nickel Belt. Le libéral Paul Lefebvre conserve aussi son siège dans Sudbury. Dans la circonscription d’Algoma — Manitoulin — Kapuskasing, la néodémocrate Carol Hughes a obtenu un quatrième mandat de manière décisive, avec plus de 40 % des voix.

La semaine des bibliothèques publiques, qui débute le 19 octobre, va se dérouler dans un contexte particulier. Alors que les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick viennent de réaliser des coupes dans le budget de ces structures, le milieu des bibliothécaires se dit «ébranlé». Les jours de ces lieux de culture bilingues (anglophone/francophone) seraient-ils comptés?

«Je vous assure : c’est un véritable défi de faire fonctionner une bibliothèque bilingue», déclare France Séguin-Couture, directrice générale des bibliothèques publiques du canton de Russell en Ontario. Enthousiaste et passionnée, cette bibliothécaire qui gère deux succursales, l’une en milieu urbain, l’autre dans un secteur plus rural, se démène pour mener sa mission à bien : proposer des services et activités de qualité en français comme en anglais.

Alors, lorsque le gouvernement ontarien de Doug Ford a annoncé au printemps une réduction drastique des budgets pour les bibliothèques publiques de sa province, «nous avons tous été un peu ébranlés», dit-elle au nom de l’Association des bibliothèques de l’Ontario-Franco (Abo Franco). Ses collègues ne la contrediront pas, car les effets se font déjà sentir. Les services des bibliothèques de l’Ontario-Sud et des bibliothèques de l’Ontario-Nord ont ainsi vu se réduire de 50 % le montant qui leur était alloué par la province. Des personnes ont perdu leurs emplois (24 pour le seul organisme Ontario Sud) et des services, tels que le prêt de livres entre établissements, ont tout simplement disparu.


Pas qu’en Ontario

L’exemple de l’Ontario n’est pas un cas à part. Au Nouveau-Brunswick, le député libéral de Restigouche, Gilles Lepage, rapporte une réduction de budget de 400 000 $ pour les bibliothèques cette année. Une décision du gouvernement conservateur de Blaine Higgs. «Il y a des coupes sur le budget et une consultation publique a été discrètement lancée sur l’avenir des bibliothèques. Ce qui nous inquiète, ce sont les réductions de personnel ou d’horaires qui pourraient s’ensuivre. Tout cela risque de faire augmenter la responsabilité des communautés.»

En Alberta aussi, le gouvernement laisse planer des incertitudes sur le budget alloué aux bibliothèques, tant et si bien que les administrateurs peinent à programmer leurs activités pour 2020. «Nous sommes une source de savoir. Ces services devraient être épargnés par les coupes budgétaires», avait déclaré Gloria McGowan, gestionnaire d’une bibliothèque à Nanton, sur les ondes de Radio-Canada.

Toutes ces menaces inquiètent France Séguin-Couture sur le long terme : «On ne sait pas comment vont se répartir tous les frais de fonctionnement dans le futur : est-ce que les baisses de budgets vont se poursuivre? Est-ce que cela va retomber sur les villes? Est-ce la communauté qui va les prendre en charge? Et si oui, à quelle hauteur?»

Le plus récent livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario recommande principalement l’augmentation de la recherche sur les ainés francophones de l’Ontario et plus de services spécifiquement pour eux. Ce document, préparé avec la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), a été publié le 30 septembre, la veille de la journée des ainés.

Le document dresse un portrait relativement sombre de la situation des ainés francophones. Une série de chiffres démontrent la situation défavorable des francophones par rapport aux anglophones du Canada : augmentation plus importante du nombre de personnes âgées et population totale aussi plus âgée en moyenne, ils ont plus de chance à vivre seuls, ont un moins haut niveau d’éducation, sont en moins bonne santé, ont un revenu plus bas et ont plus de chance de vivre dans la pauvreté.

Statistique Canada prévoit que, dès 2021, 18,7 % de la population sera âgée de 65 ans et plus. Cette proportion sera de 23,1 % en 2031 et de 25,5 % en 2061.

On note également quelques contradictions défavorables. Par exemple, les personnes âgées qui ont un revenu plus faible auraient plus de chance de se trouver un logement abordable en régions rurales, mais les services de santé dont ils auraient besoin, en français de surcroit, y sont rares.

Ils ont également constaté que les ainées constituent un groupe moins homogène que les autres générations en raison, surtout, des expériences personnelles de chacun.

Les Canadiens se rendront aux urnes dans moins d’une semaine. L’ensemble des principaux partis politiques, à l’exception du Parti populaire, s’engagent à moderniser la Loi sur les langues officielles. Une comparaison des plateformes électorales permet de distinguer leur vision de ce processus de même que leurs autres engagements pour les communautés francophones.

Pour le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, obtenir ces engagements pour la modernisation de la Loi est le fruit d’un travail de sensibilisation de longue haleine. «Le travail que l’on a fait avant les élections, c’est un travail de deux ans, c’est un travail que l’on a fait auprès des partis politiques, auprès des comités responsables des plateformes électorales et avec les chefs. On est allé chercher un engagement de leur part que [la modernisation] aurait lieu.»

Ils ont à cœur la protection des animaux ou de l’héritage chrétien au pays, le bien-être des anciens combattants ou l’implantation d’un régime marxiste-léniniste au pays. Dans le cadre de l’élection fédérale 2019, Élections Canada a autorisé 21 différentes formations politiques à prendre part au scrutin.

Les candidats ont parfois le mérite d’ajouter à leur plateforme électorale des idées qui sortent de l’ordinaire, comme celle de nationaliser les restaurants Tim Hortons du Canada, de forcer les Canadiens de Montréal (le club de hockey) à mettre sous contrat un minimum de dix joueurs québécois chaque année ou d’affirmer que les changements climatiques sont un simple canular.

Il va de soi qu’aucun de ces tiers partis ne représente une véritable menace dans les différentes circonscriptions pour les principaux partis politiques et ne risque éventuellement de former le prochain gouvernement.

De fait, libéraux et conservateurs se sont échangé le pouvoir au pays depuis l’élection de John A. Macdonald en août 1867.

Chez Marc Mathieu, à Hearst, nous attendait une collection d’une douzaine de dulcimers, les uns plus beaux que les autres. Il fait de cet instrument sien depuis des années. Il s’est déjà produit sur scène, aussi bien dans la communauté qu’à l’international. Le journal Le Nord du Nord de l’Ontario l’a rencontré.

Le Nord : Les dulcimer est-il un instrument courant?

Marc Mathieu : Non, le dulcimer n’est pas commun au Canada, contrairement aux États-Unis. J’ai commencé à jouer de la guitare à 11 ans, du banjo à 16 ans, mais en allant étudier à Toronto j’avais laissé tomber la musique pendant plusieurs années. À l’hiver 1994, j’ai vu une dame jouer du dulcimer à la télévision et je me suis dit : «j’en veux un comme ça». Coïncidence, mes beaux-parents sont revenus de Floride avec un [dépliant] sur le dulcimer. Je me suis dit je vais m’en faire venir un et j’ai appelé un fabricant du Kansas. Trois mois après, le 25 avril 94, j’ai reçu mon premier dulcimer, et ça fait 25 ans maintenant que je joue. J’ai appris tout seul avec la méthode qui venait avec, et j’ai même construit quelques-uns aussi avec un kit vendu pour ça. J’ai commencé de même.


LN : Continuez-vous à jouer de la guitare et du banjo?

MM : La guitare, moins. Le banjo, pas depuis dix ans. Je me concentre vraiment sur le dulcimer, je continue à apprendre à en jouer.


LN : Quelle a été la réaction des gens ici en vous voyant jouer le dulcimer?

MM : La première fois c’était en 1997 et les gens ont été émerveillés. Après, je croisais des personnes en ville et elles me demandaient : «c’est quoi cet instrument, c’est quoi tu joues?» Après, j’ai joué à l’Université pour des graduations, des récitals, et même des funérailles. J’ai aussi participé à beaucoup de festivals, dont un de deux semaines en Caroline du Nord, aux États-Unis.

La 15e tournée de Québec Cinéma s’est à peine terminée au printemps, que déjà la 16e édition s’apprête à se mettre en branle. Une odyssée canadienne de plusieurs mois pour tisser des liens entre le Québec et les communautés franco-canadiennes grâce au 7e art.

C’est à compter de la fin octobre dans les régions de Winnipeg et d’Halifax que commenceront à défiler pendant six mois les images du cinéma québécois sur les écrans de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest et dans les Territoires.

Le directeur de la Tournée Québec Cinéma a bien l’intention de poursuivre sur la lancée de 2018-2019. Avec près de 14 500 spectateurs dans 33 villes visitées pour un total de 130 projections, François Lemieux considère la tournée comme «un moteur servant à présenter des films qui se font rares dans les communautés francophones» au Canada. Des résultats plus qu’encourageants puisque les dernières statistiques démontrent une augmentation de près de 75 % du côté des spectateurs et une augmentation de 85 % de jeunes réunis par des ateliers cinématographiques. Car la tournée, c’est aussi le LAB qui s’arrête dans de nombreuses écoles francophones et d’immersion du pays afin d’initier les jeunes à la cinématographie québécoise, franco-canadienne et autochtone. Des ateliers rendus possibles grâce notamment à une collaboration avec la réputée Wapikoni mobile ainsi qu’avec 85 partenaires dans le milieu franco-canadien comme la Société francophone de Victoria, l’Association des francophones du Nunavut et Cinéfranco à Toronto.


Une diversité inclusive

Côté programmation, l’équipe de Cinéma Québec arrive à créer un intéressant mélange entre le cinéma d’auteur québécois et franco-canadien avec des titres comme Chien de garde, Isla Blanca ou La grande noirceur et les succès plus populaires comme La Course des tuques, La Bolduc ou encore 1991. Au cours de son périple, la Tournée a également organisé 32 projections de films réalisés par des cinéastes des Premières Nations dans le cadre du programme Wapikoni Mobile. Souvent moins médiatisée, la diffusion de ces films a permis au public de découvrir la richesse du cinéma autochtone.

Avec le prochain départ qui s’annonce, le directeur général a bien l’intention de «développer de nouveaux publics francophiles, qui attendent la tournée pour mieux connaitre une culture qu’ils aiment déjà.» D’ailleurs, les derniers chiffres de la Tournée montrent que 30 % des participants aux activités sont anglophones et allophones.

D’autre part, un tel périple à travers le Canada ne serait pas possible sans notamment l’appui du Québec. M. Lemieux est visiblement satisfait de constater que le gouvernement québécois de la CAQ poursuit le retour du Québec au sein de la francophonie canadienne «à titre d’acteur important» au moment où la francophonie canadienne est parfois malmenée.

Ontario

Durant le 72e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, les historiens rendront hommage à Gaétan Gervais, pilier dans la recherche sur l’Ontario français décédé le 20 octobre 2018.

La table qui aura lieu à l'Université d'Ottawa le 18 octobre sera animée par Michel Bock, proche collaborateur de Gaétan Gervais, Stéphanie St-Pierre, une de ses anciennes étudiantes, ainsi que François-Olivier Dorais, professeur d’histoire à l'Université du Québec à Chicoutimi et auteur d’une thèse qui porte sur l’homme, Un historien dans la cité : Gaétan Gervais et l’Ontario français.

Pour François-Olivier Dorais, le legs scientifique de Gaétan Gervais est indéniable. Ses travaux, souvent qualifiés de pionniers, ont mené à la création d’importants établissements de recherche tel l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne.

À moins de deux semaines de l’élection fédérale, l’Acadie Nouvelle a voulu connaitre les préoccupations politiques qui animent le choix au scrutin des étudiants de l’Université de Moncton. L’environnement est un enjeu qui occupe une grande place.

 «Les politiciens mettent l’accent sur l’environnement à cause de toutes les manifestations mondiales. Tu ne peux plus avoir un parti politique et ne pas parler d’environnement parce que c’est clairement l’enjeu de notre génération», lance Tommy Des Rosiers, étudiant en deuxième année à la maitrise en administration publique.

Plus de 121 bureaux de vote ont été érigés dans les campus des collèges et universités du Canada. Projet pilote d’Élections Canada en 2015, ces bureaux de scrutin sont de retour cette année. Ils démontrent un bon taux de participation, selon Emmett Keyserlingk, président de Majorité Future, une organisation nationale et non partisane qui encourage le vote chez les 18-34 ans.

L’engagement politique des étudiants est d’ailleurs à la hausse, d’après ses observations.

«C’est énorme. Les jeunes forment le groupe d’électeurs le plus important au pays pour la première fois et il y a un sentiment de puissance là-dedans», dit-il avec enthousiasme.

En fin d’après-midi ce mardi, la population étudiante est bien présente devant le bureau de scrutin du campus de l’Université de Moncton, au Centre étudiant.

Dans la file d’attente, des chaises sont installées à cet effet. Elles sont presque toutes remplies.

Plusieurs étudiants n’ont pas hésité à donner leur avis sur la campagne électorale.

Une centaine de chercheurs et participants sont revenus sur le rôle des médias et leurs défis, la fin de semaine dernière en Nouvelle-Écosse. Ont-ils trouvé des pistes de solution à cette période de crise inédite?

Du 4 au 6 octobre à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, le grand colloque Les médias francophones sous toutes leurs coutures est revenu sur le rôle des médias, leurs défis et occasions en cette période de crise inédite.

«La rupture qu’on vit aujourd’hui est probablement la plus grave crise à laquelle les médias sont confrontés depuis la création même de l’imprimerie», estime Sylvain Lafrance, présentateur de la conférence d’honneur Nouveaux enjeux du monde médiatique au Canada français : pistes de solution.

Le Nouveau-Brunswick veut éliminer progressivement les niveaux scolaires de la maternelle à la 2e année pour les remplacer par des groupes d’élèves d’âge mixte.

Les changements commenceront dès septembre 2020 dans les écoles qui se porteront volontaires.

«Si ça ne marche pas, on va arrêter», a indiqué le ministre.

À long terme, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, aimerait éliminer tous les niveaux scolaires au primaire.

M. Cardy a présenté son livre vert sur l’éducation, jeudi, à Fredericton

Le document de 25 pages contient des mesures et des propositions du gouvernement afin d’offrir aux élèves néobrunswickois «une éducation de première classe».

Bombardier à TLMEP

Au lendemain du passage de Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle, les réseaux sociaux à travers le pays se sont enflammés. Face aux propos de l’écrivaine et à son documentaire Denise au pays des francos, des francophones en milieu minoritaire choisissent de se tenir loin du débat.

Dimanche soir, les francophones hors Québec étaient à nouveau en colère. Presque autant qu’il y a un an, la première fois que l’écrivaine a fait le commentaire incendiaire que les communautés francophones avaient à peu près toutes disparues à travers le pays.

Cette fois, certains francophones choisissent d’ignorer Mme Bombardier et son documentaire Denise au pays des francos. C’est le cas de l’avocat spécialisé en droits linguistiques au Nouveau-Brunswick Michel Doucet. Il n’a pas regardé le documentaire, le jugeant «superflu» et «inutile».

«Ce que pense Mme Bombardier de la francophonie ou de quoi que ce soit, moi ça m’importe peu, admet-il. Je ne crois pas qu’elle est suffisamment importante dans notre développement et dans nos dossiers pour qu’on s’y attarde aussi longuement.»

Dans son documentaire, l’écrivaine raconte sa visite chez des francophones du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Ces rencontres n’ont pas changé sa position sur la francophonie en milieu minoritaire : elles sont vouées à la disparition.

Michel Doucet estime que les francophones auraient dû ignorer les commentaires de Mme Bombardier dès sa première apparition à Tout le monde en parle. «Je crois que c’est de lui donner une importance qu’elle ne mérite pas et qui, à mon avis, n’apporte rien aux communautés francophones à l’extérieur du Québec.»

Parmi ceux et celles qui refusent de visionner le film, on compte aussi la politologue et professeure à l’Université Laurentienne Aurélie Lacassagne. Elle estime que Denise Bombardier a été réinvitée à commenter le dossier de la francophonie en situation minoritaire seulement parce qu’on lui a porté beaucoup d’attention. «Elle n’existe que parce qu’on parle d’elle. Elle n’est rien, ne représente rien sauf un puits sans fond de méchanceté, bêtise et ignorance», dénonce la professeure.

L’Institut Cooper et le PEI Working Group for a Livable Income (WGLI) veulent faire du revenu de base garanti (RBG) un enjeu électoral. Pour inviter les citoyens à mieux comprendre cette idée ainsi que les manières dont elle pourrait être implantée à l’Île-du-Prince-Édouard, l’Institut organisait un forum thématique, le 2 octobre à Charlottetown.

L’invité spécial, Hugh Segal, est un ancien sénateur canadien et un fervent défenseur du RBG. «Cela permettrait de soutenir les trois millions de Canadiens qui vivent actuellement sous le seuil de la pauvreté, dont environ 20 000 à l’Île-du-Prince-Édouard», a-t-il clamé sous les applaudissements des participants.

La nouvelle image du journal fransaskois L’Eau vive a été accueillie par de chaleureux applaudissements lors du dévoilement du nouveau logo et de la nouvelle palette de couleurs de la publication bimensuelle fransaskoise.

Le directeur général du journal, Érik Tremblay, qualifie ce projet de «renaissance de L’Eau vive». «Tout est en couleur, le papier est glacé, on va mettre un accent particulier sur les photos», précise-t-il.

Maria Lepage, présidente de l’Association communautaire fransaskoise de Gravelbourg, était présente au lancement de la toute première édition du journal en 1971. Elle s’est réjouie de l’apparence de la publication : «C’est superbe, c’est moderne et attrayant.»

L’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest sera désormais composée de neuf députées sur 19 sièges, soit sept élues de plus que lors de l’élection de 2015. Ce record fait des heureuses et également des heureux.

C’était un enjeu scruté par de nombreuses personnalités ténoises et canadiennes : la présence des femmes à la nouvelle Assemblée législative. Et celle-ci s’est considérablement renforcée avec neuf députées élues, dont sept qui font leur première entrée dans l’institution gouvernementale à 19 sièges. Ainsi, les comtés de Great Slave, Inuvik Boot Lake, Inuvik Twin Lakes, Kam Lake, Range Lake, Sahtu, Thebacha, Yellowknife Centre et Yellowknife Sud ont tous choisi de faire confiance à une femme pour les quatre années à venir.

Alors que le Canada vient de célébrer sa Semaine de la culture scientifique, certains se demandent si l’ère des réseaux sociaux facilite la diffusion des sciences. Certes, il n’a jamais été aussi facile de partager du contenu aux masses, mais la population profite-t-elle vraiment de la diffusion des savoirs?


L’océanologue Daniel Pauly a assisté à la transition vers le numérique. Âgé de 73 ans, il a été l’un des premiers dans son domaine à utiliser les micro-ordinateurs, «des Apple II», se souvient-il, pour développer d’immenses bases de données en halieutique, là où d’énormes machines étaient auparavant nécessaires.

Le professeur à l’Université de la Colombie-Britannique voit d’énormes avantages dans les nouvelles technologies : «Google Scholar est un outil merveilleux. Wikipédia, c’est le savoir de l’humanité à la disposition de n’importe qui. C’est un rêve de l’époque des Lumières qu’on est en train de réaliser : l’homme qui sait tout. C’est une puissance cognitive incroyable.» Internet aurait ainsi le même effet, sinon plus vaste encore, que l’imprimerie du 15e siècle dans la diffusion du savoir.

 

Un rêve qui dérive

Le hic, c’est que le rêve de d’Alembert et ses amis encyclopédistes cohabite avec «le pire», nuance le chercheur. «Je déteste les réseaux sociaux d’une haine implacable, assène-t-il. Ils isolent les gens et créent des pseudocommunautés qui suivent leurs propres idées sans avoir à se justifier auprès d’autres personnes.»

Avec l’anonymat, les critères d’honnêteté et de crédibilité disparaissent, déplore l’expert en biologie marine, chevalier de la Légion d’honneur française depuis 2017. La porte est ainsi ouverte à toutes les «folies anonymes» : «Il y a des gens aux États-Unis qui disent que l’Australie n’existe pas et que les Australiens sont des acteurs», pioche par exemple Daniel Pauly parmi les nombreuses théories conspirationnistes pullulant sur la toile.

 

L’ère des fake news?

Certains sujets deviennent même tabous à l’heure des réseaux. Vaccination, ondes, pesticides, régime cétogène… «Des groupes de pression politisés nous rentrent dedans de façon complètement irrespectueuse sur nos réseaux», regrette Isabelle Vaillancourt, éditrice des magazines jeunesse Explorateurs, Débrouillards et Curium auxquels sont abonnés près de 10 000 francophones en situation minoritaire.

Pour François Demers, professeur en information et communication à l’Université Laval, les réseaux ne sont qu’un véhicule. «Ils ne font que sortir quelque chose qui était dans l’ombre depuis les années 1960-1970 : l’alternative, des visions du monde qui ne sont pas synchronisées sur la science expérimentale telle qu’elle s’est définie aux 19e et 20e siècles.»

La science s’est construite historiquement contre d’autres visions du monde, dont la religion, rappelle l’ancien journaliste passé par Le Soleil et Radio-Canada et qui officie aujourd’hui dans le seul programme de journalisme scientifique en français du pays. «On assiste aujourd’hui à une remontée de l’alternative, surtout en matière de santé et de spiritualité», observe-t-il.

Dans ce contexte, la science moderne est remise en question. Qui plus est parce qu’elle est «associée à la bombe atomique, au militarisme ou à des opérations industrielles polluantes» depuis quelques décennies. Pas étonnant, alors, que la contestation sociale trouve un écho favorable sur cette nouvelle scène publique dématérialisée.

 

La Franco-Manitobaine Rayannah a remporté le prix d’artiste francophone de l’année lors de la remise des Western Canadian Music Awards.

Les mérites récompensant les musiciens de l’Ouest canadien ont été décernés le 3 octobre à Whitehorse, au Yukon.

Les Fransaskois étaient nombreux en lice au prix d’artiste francophone de l’année : Shawn Jobin, Véronique Poulin (alias Vaero) et le groupe Ponteix, lauréat du prix en 2017. Alpha Tosheniza, du Manitoba, complète la liste.

C’est l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) qui commandite le prix.

Les journaux : plus importants que jamais. Médias d’info Canada tient la Semaine nationale des journaux sous ce thème, du 6 au 12 octobre 2019. Pour l’association, la presse écrite — tant à l’échelle locale que nationale — est d’une importance critique, surtout dans le monde actuel. Aujourd’hui, plus que jamais, les médias d’information ont besoin de soutien.

Représentant des centaines de journaux à travers le Canada et se targuant d’être la voix de l’industrie des médias imprimés et numériques du pays, Médias d’info Canada anciennement connu sous le nom de Journaux Canadiens ou le nom anglais News Media Canada, est née de la fusion en 2016 de l’Association canadienne des journaux (ACJ) et de la Canadian Community Newspaper Association (CCNA).

«La Semaine nationale des journaux célèbre l’industrie et le rôle que les journaux jouent dans notre société», explique Kelly Levson, directrice du marketing et de la recherche au sein de Medias d’info Canada. Les journaux tissent les liens entre les communautés, ils scrutent de près ce qui doit être remis en question et racontent nos histoires. Ils donnent une voix à la démocratie.

La Semaine nationale des journaux célèbre le fait que 88 % des adultes canadiens lisent un journal chaque semaine, c’est du moins de résultat de la septième étude annuelle menée par Totum Research pour Médias d’infos Canada, publiée le printemps dernier. Ce résultat est le plus élevé depuis la première édition de l’étude en 2012. L’étude démontre aussi que les médias numériques gagnent de plus en plus d’adeptes alors que 83 % des lecteurs de journaux ont répondu trouver au moins une partie du contenu de leur journal en ligne. L’édition 2019 sera la 79e édition de cette semaine thématique annuelle aux États-Unis alors que l’évènement est beaucoup plus jeune au Canada.

Le Nouveau-Brunswick veut éliminer progressivement les niveaux scolaires de la maternelle à la 2e année pour les remplacer par des groupes d’élèves d’âge mixte.

Les changements commenceront dès septembre 2020 dans les écoles qui se porteront volontaires.

«Si ça ne marche pas, on va arrêter», a indiqué le ministre.

À long terme, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, aimerait éliminer tous les niveaux scolaires au primaire.

M. Cardy a présenté son livre vert sur l’éducation, jeudi, à Fredericton

Le document de 25 pages contient des mesures et des propositions du gouvernement afin d’offrir aux élèves néobrunswickois «une éducation de première classe».

Les Éditions du Blé, au Manitoba, publient en deuxième édition un ouvrage hors de l’ordinaire qui ouvre une nouvelle fenêtre sur Louis Riel, personnage historique mystique aux facettes multiples.

Il a déjà été dit que la poésie était le parent pauvre de la littérature. Le plus récent ouvrage des Éditions du blé dément largement cet adage. Louis Riel, Poésies de jeunesse est une mine d’or tant des points de vue littéraire, historique et politique. Ce qu’il révèle avant tout est un pan méconnu de la personnalité de Riel.

«On y découvre un homme d’une grande droiture, avec de fortes valeurs morales. Un homme de cœur également qui maîtrise parfaitement la langue française», précise Glen Campbell, professeur de littérature à la retraite et co-auteur de ce recueil de poésies.

L’enquête indépendante commandée par le Bureau des droits de la personne de l’Université d’Ottawa (U d’O) conclut que l’ethnicité a joué un rôle dans l’arrestation musclée d’un étudiant noir par le Service de la protection de l’établissement d’enseignement supérieur en juin dernier.

Rappelons que Jamal Boyce avait publié des vidéos sur les médias sociaux pour dénoncer ce qu’il qualifiait de « violence physique, mentale et émotionnelle ».

Selon l’enquête réalisée par Esi Codjoe de la firme Turnpenney Milney Milne LLP, il a été interpellé par des agents de sécurité alors qu’il effectuait des figures sur une planche à roulettes. M. Boyce — qui n’a pas participé à l’enquête indépendante — a tenté de désamorcer la situation en quittant les lieux, selon ce que rapporte Mme Codjoe.

Les employés du Service de la protection l’ont toutefois suivi et lui ont demandé de présenter une pièce d’identité, prouvant qu’il était un membre de la communauté universitaire. L’étudiant a refusé, jugeant qu’on le ciblait de façon injuste et puisqu’il n’avait pas sa carte étudiante sur lui.

Dans le cadre de son travail de sociolinguiste, Annette Boudreau explore le sujet de l’insécurité linguistique et raconte son propre parcours : «Ça me touchait personnellement et je ne pouvais plus supporter de voir des gens humiliés à qui on reproche leur manière de parler.»

Enseignante de français langue maternelle avant de devenir professeur de sociolinguiste à l’Université de Moncton, Annette Boudreau mène des recherches sur le rapport entre idéologies linguistiques, pratiques linguistiques et construction identitaire en milieu minoritaire, en particulier en Acadie. Elle est l’auteure de l’essai À l’ombre de la langue légitime. L’Acadie dans la francophonie publié en 2016 par la maison Classiques Garnier de Paris.

Mme Boudreau s’est entretenue avec Francopresse avant de donner une série de conférences, notamment à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, et au Centre de recherches en éducation franco-ontarienne à Toronto.


Francopresse : Pouvez nous parler des idéologies linguistiques développées en Amérique du Nord?

Annette Boudreau : Il y a l’idéologie du standard qui existe dans la francophonie surtout, et est beaucoup plus forte que chez les Anglais de l’Angleterre. Cette idéologie présente l’idée, imprégnée, que le français est unique. [Il existe] aussi l’idéologie du monolinguisme, présente chez certains anglophones qui pensent que le Canada devrait être anglophone.

L’idéologie du bilinguisme, assez répandue, veut que deux langues soient égales dans un territoire donné. Mais ce n’est pas ça la réalité et il y a rapport de pouvoir dominant dominé.

[Il y a aussi] l’idéologie du dialecte qui est une réponse à l’idéologie du standard, on brandit la langue vernaculaire stigmatisée en réponse à l’idéologie du standard, vous ne m’acceptez pas comme francophone légitime donc voilà comment je vais parler, je vais mettre de l’avant des expressions stigmatisées et acceptez-le ou non. C’est très présent par exemple chez des artistes comme Lisa Leblanc, Radio Radio ou Dead Obies à Montréal. Mais j’ai l’impression que pour eux c’est une réponse peut-être involontaire et pas consciente.

Georgette LeBlanc de la Nouvelle-Écosse qui est présentement la représentante parlementaire des artistes au Canada, est hyper consciente du français qu’elle utilise (elle est titulaire d’un doctorat en études francophones en Louisiane) et met de l’avant certaines expressions de la Nouvelle-Écosse volontairement. C’est une autre façon de vivre et je trouve que ces exemples sont extrêmement inspirants.


Francopresse : Comment définiriez-vous l’insécurité linguistique?

A.B. : C’est un sentiment de ne pas être légitime comme locuteur francophone et de ce manque de légitimité découle le sentiment de ne pas être un vrai francophone.

Sur la sécurité linguistique, on dit souvent qu’elle est généralisée et on souffre tous d’insécurité linguistique à un moment ou à un autre, on est tous insécures quand on apprend une autre langue, mais ce n’est pas la même chose quand c’est la langue par laquelle on se construit qui est censée être la «langue maternelle». Quand une personne se fait dire : «je regrette, tu n’es pas un locuteur légitime», c’est une autre blessure qui est très différente. J’entends souvent des gens qui parlent une langue seconde dire «ce n’est pas ma langue maternelle», et là le jugement ne peut pas porter sur la personne. Ça ne l’atteint pas de la même façon et ça n’a pas les mêmes conséquences en d’autres mots.

En même temps, l’insécurité linguistique peut nous permettre d’avancer, ça ne nous paralyse pas, mais permet de nous améliorer sur nos pratiques linguistiques.

C’est un vaste projet. Le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface à Winnipeg dirigera durant les sept prochaines années un projet de recherche d’envergure sur les mouvements migratoires des francophones de 1640 à 1940. Entretien avec un passionné d’histoire et de mobilité.

Qu’est-ce que les francophones, particulièrement de l’Ouest canadien, peuvent espérer des recherches du projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord?

Plusieurs choses. Dans un premier temps, une cartographie fine des francophones de diverses origines dans l’Ouest. Dans un deuxième temps, pour le Manitoba et la Colombie-Britannique, des recherches poussées sur les migrations, les circulations culturelles et les récits de migration. Même si nos recherches s’arrêtent en 1940, une perspective sur la diversité et le vivre-ensemble contemporains au sein de la francophonie de l’Ouest. Presque dès leur naissance, les communautés francophones de l’Ouest étaient diversifiées : Français, Canadiens français du Québec et des États-Unis, Belges, Suisses, Syriens.

Enjeux électoraux

Fernand Thibodeau n’est pas un polyglotte, mais lorsqu’il rencontre les candidats aux élections fédérales, il a souvent l’impression qu’il s’exprime dans une langue étrangère.

En tant que porte-parole d’Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers du Nouveau-Brunswick (ASTS), M. Thibodeau tente de rencontrer les candidats pour leur parler de la campagne lancée par le Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses (CNECC), dont fait partie l’ASTS.

Les représentants du Conseil national réclament une réforme en profondeur du programme d’assurance-emploi afin de mieux protéger les droits des travailleurs.

Parmi les principales revendications figure la mise en place d’un critère unique d’admissibilité.

Bien connue pour son engagement inlassable auprès des jeunes, Mireille et Éric Pitre, de Shediac River au Nouveau-Brunswick, relèvent les défis quotidiens d’avoir une petite fille atteinte du syndrome Aicardi. Et l’expérience leur permet de grandir comme couple et parents.

« C’est une maladie très rare et juste chez les filles, de dire Mireille Pitre. Audréanne est née prématurée de deux mois, le 3 avril 2016. Après six semaines à l’hôpital, pesant cinq livres, elle est entrée à la maison. Mais sa situation se détériore, elle souffrait de reflux sévère, pleurait et criait tout le temps et avait des convulsions.»

Prématurée, elle est suivie par de nombreux spécialistes, sans avoir à subir les listes d’attente. «C’est le 22 décembre, après une IRM à l’Hôpital de Moncton, que la neurologue pédiatrique nous donne le diagnostic qu’Audréanne souffre du syndrome d’Aicardi. Parmi les symptômes, il y a les convulsions, la malformation des yeux, la malformation du cortex du cerveau.» Leur fille a un retard mental, ne pourra pas marcher, parler, et son espérance de vie est de cinq à huit ans.

«J’étais bouleversée et je suis passée par toute une gamme d’émotions, poursuit Mireille Pitre. Mon mari Éric a été formidable et nous avons discuté de la condition de notre petite fille tant désirée et de son avenir.  C’est la foi qui m’a aidée et comme parents nous avons choisi de tout donner à Audréanne.»

Mireille Pitre n’a rien vécu comme une maman normale, dit-elle. Elle a souvent ueu l’Impression de vivre un cauchemar. «Un jour une tante m’a prêté le livre Jesus calling avec un passage à lire chaque jour. En ouvrant la page au 22 décembre, j’ai lu ‘Expect to see miracle’».

À sept mois, Audréanne ne se développait toujours pas et était fortement médicamentée. «Mais elle n’avait plus de convulsions, de poursuivre la maman. La neurologue pédiatrique appelle pour dire que l’EEG démontre que sa situation est parfaite.»

C’était la journée que Mireille avait organisé les Jeux olympiques pour des jeunes (juillet 2017), une des nombreuses activités mensuelles organisées par la dynamique jeune femme.

«Il faudra six semaines pour la sevrer de ses médicaments et les EEG de septembre et octobre confirment que tout va très bien, d’ajouter Mireille Pitre. Le 9 août 2019, la pédiatre leur dira qu’Audréanne est une enfant miracle. Elle a de la thérapie aux deux semaines, au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, et plusieurs suivis à IWK et au Centre Stan Cassidy.»

Connaissant un renouveau en France, mais peu commun au Canada, l’orgue de barbarie est un vrai symbole culturel français qui traverse les époques. Le Fransaskois Cédric Delavaud est l’un de ses fiers adeptes.

Cédric Delavaud est propriétaire d’un orgue de barbarie depuis près d’un an. Il affectionne l’instrument qu’il a acheté lors de son dernier voyage outre-mer. Celui qui est passionné de vieux objets et qui est également créateur de jouets de bois a été charmé par le son et par l’histoire de cette boite à musique.


Un riche passé

«C’est un instrument qui date du 17e siècle, décrit-il. À l’époque, le terme “barbarie” désignait tout simplement ce qui n’était pas français. Cet instrument était joué par des étrangers qui venaient en France, appelés “barbares”, mais ça n’avait rien à voir avec la méchanceté.»

Le jeune trentenaire père de deux enfants raconte avec engouement l’histoire de son objet de collection. «Cet instrument est à l’origine de la musique d’aujourd’hui. Autrefois, la musique était réservée à l’élite. Le peuple n’y avait pas accès. Quand les premiers orgues ont vu le jour, la musique est devenue accessible à tous, car les mélodies ont été retranscrites pour pouvoir être utilisées par l’orgue. C’est le début de la démocratisation de la musique avec l’arrivée des premiers orgues.»

Le 17e siècle connait ainsi un véritable essor des fabricants d’orgue jusqu’au milieu du 19e siècle, indique le passionné. «Au début, c’était de gros orgues qui étaient construits, mais la spécificité du mien c’est qu’il s’agit d’un petit format, il est portatif.»

Trop vieux, trop fragiles, trop malades. Voilà quelques-uns des stéréotypes auxquels sont associés les aînés. Alors que leur nombre ne cesse d’augmenter, et que le pays célèbre la Journée nationale des aînés ce 1er octobre, leur place dans la société est prépondérante.

«C’est une population en mesure d’offrir beaucoup à notre société», rétorque Jean-Luc Racine, directeur général de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC). De plus en plus de retraités retournent sur le marché du travail, souligne-t-il, faisant profiter les entreprises de leur assiduité, de leur fidélité et de leur ardeur à la tâche. D’autres deviennent mentors pour assurer un transfert de connaissances et de compétences aux nouvelles recrues. Certains démarrent même une entreprise, forts de leur expérience.

Surtout, les aînés s’impliquent socialement, comme dans le bénévolat. Suzanne Dupuis-Blanchard, chercheuse à l’Université de Moncton, a quantifié dans une étude cette contribution pour le Nouveau-Brunswick. En multipliant leurs 20 millions d’heures de bénévolat par le salaire minimum, les aînés participent ainsi pour 218 millions de dollars par an. «Les contributions sont à tous les niveaux, local et sociétal», incluant la garde d’enfants, avance la professeure.

 

Trouver sa pertinence sociale

En 2016, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé le nombre d’enfants de 14 ans et moins pour la première fois de l’histoire du pays, d’après Statistique Canada. Et leur proportion devrait augmenter encore pour atteindre jusqu’à 30 % de la population en 2068 dans un scénario de vieillissement rapide.

Dans ce contexte, la directrice du Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton dénonce un manque de valorisation criant. «La société parle toujours d’eux de façon négative», estime Suzanne Dupuis-Blanchard. Les aînés seraient victimes de l’âgisme, une forme de discrimination fondée sur l’âge. «Les médias parlent souvent négativement du vieillissement», renchérit-elle, à l’heure des conseils beauté pour «rester jeune». Une société de compétition, de performance et d’instantanéité viendrait aggraver la situation.

Pire, ces stéréotypes seraient intériorisés par les aînés eux-mêmes qui «voient la retraite comme la fin d’une contribution à la société», observe Alexandre Dumas, sociologue à l’Université d’Ottawa. Cette philosophie fonctionnait lorsqu’il restait moins de dix ans à vivre après la retraite, mais pas une vingtaine, souligne le chercheur. Aussi faudrait-il «repenser la question de leur utilité sociale».

L’universitaire lie cette question au concept de citoyenneté dans son ouvrage L’antivieillissement, publié en 2017 : la société réclame un équilibre entre droits et obligations. Considérant les grandes ressources sociales et médicales octroyées à ce groupe, quelles contreparties peuvent-ils offrir? «Si on les exclut du pouvoir, économique et social, il y a déséquilibre», perçoit l’auteur.

 

«Pour bien vieillir, il faut se renouveler et se réinventer.»

La discussion est souvent taboue. «L’accroissement considérable des coûts oblige à repenser notre modèle. Il faut des limites dans l’offre de santé publique. On ne peut pas blâmer une génération pour vouloir de meilleurs soins, mais il faut expliquer que ces choix auront des conséquences sur d’autres secteurs», comme l’éducation où les frais de scolarité grimpent continuellement. «Le pouvoir d’achat des jeunes d’aujourd’hui est beaucoup plus faible qu’avant», poursuit Alexandre Dumas.

Pour le sociologue, il faut que les aînés reprennent leur place dans la société. «C’est impopulaire de dire ça, car on les a victimisés et transformés en groupes très passifs. Or, la très grande majorité d’entre eux ont les capacités physiques et cognitives de contribuer.»

À la mi-septembre, l’ouragan Dorian, devenu tempête post tropicale juste avant de toucher terre en Nouvelle-Écosse, a déferlé sur une bonne partie des provinces de l’Atlantique. La force de la tempête et ses conséquences ont été importantes : des vents de plus de 150 km/heure, des vagues de plus de 20 mètres – et même un de plus de 30 mètres enregistrés près des côtes de l’ile de Terre-Neuve, plus de 100 mm de pluie par endroits et plus du quart des habitants des Maritimes privés de courant.

Moins intense, mais plus étendu que l’ouragan Juan qui avait frappé la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard en 2003, Dorian aura laissé sa trace.

Évidemment, ce n’est rien à comparer aux ravages que ces ouragans ou tempêtes peuvent faire dans les Caraïbes, au Mexique ou aux États-Unis, comme l’ont malheureusement vécu les Bahamas avec Dorian.

Il n’en reste pas moins que Juan et Dorian et les autres fortes tempêtes à avoir «visité» le Canada atlantique ne sont qu’un aperçu de ce que l’avenir nous réserve, selon plusieurs experts en la matière.

«La fréquence des ouragans n’augmentera pas nécessairement, mais ceux qui vont nous toucher risquent d’être d’une force plus élevée en raison du réchauffement de l’atmosphère,» souligne Bob Robichaud, météorologue au Centre canadien de prévision des ouragans.

En d’autres mots, il y aura davantage d’ouragans qui maintiendront leur statut d’ouragan en arrivant au Canada atlantique.


Pas que de l’érosion

L’un des dommages les plus permanents qu’occasionnent les fortes tempêtes est l’érosion des côtes. Et comme les niveaux de la mer ne cessent d’augmenter, les effets néfastes seront de plus en plus sévères.

«Les niveaux de la mer augmentent d’environ sept centimètres tous les 18 ans. En Nouvelle-Écosse, on commence à subir des inondations provoquées uniquement par les marées hautes, sans qu’il y ait de tempête», précise Bob Robichaud.

Selon lui, les côtes de la Péninsule acadienne, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, et l’isthme de Chignectou, qui relie la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, sont les plus à risque. D’ailleurs, en septembre dernier (2019), un couple de Cap-Bateau, sur l’ile Lamèque, dans la Péninsule acadienne, a dû déménager sa maison située le long de la côte, ce qui lui a couté environ 50 000 $. Les propriétaires affirment qu’au fil des années, les tempêtes ont rongé près de 10 mètres de leur terrain.

Comment se protéger contre ces évènements de plus en plus dévastateurs? Adam Fenech, qui dirige le Laboratoire de recherche sur le climat de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, a une réponse toute simple. «Voici ce que je recommande toujours : simplement ne pas construire si près des côtes.»

Les tempêtes ne sont pas les seuls facteurs entrainant l’érosion des côtes. La montée des niveaux de la mer, la fonte des neiges aux printemps, les glaces et même l’écoulement des eaux de la nappe phréatique vers la mer y contribuent également. À l’Ile, on estime que la mer gruge en général environ 30 cm de côtes par année. À certains endroits, cela va jusqu’à plus d’un mètre, voire plus de 5 mètres. «Je ne suis pas sûr que l’on puisse dire que l’érosion augmente, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a assurément une augmentation du nombre d’endroits où l’érosion est notable, ajoute Adam Fenech. Et chaque année, nous trouvons de plus en plus d’endroits où l’érosion est considérable.»