L’historien Yves Frenette
L’historien Yves Frenette

Vaste étude de l’Université de Saint-Boniface : D’où viennent ces francophones venus s’installer en Amérique du Nord?

Francopresse. Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface remontera le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par tous ces francophones venus en terre d’Amérique.

Il caressait le projet depuis quelque temps déjà. Ça y est, le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface partira sur la piste des francophones d’Amérique! À compter de septembre et pendant sept ans, avec quelques dizaines de collègues, il compte remonter le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par, notamment, tous ces Franco-Manitobains, Québécois, Acadiens ou encore Français venus en terre d’Amérique. 

Professeur d’histoire à l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, Yves Frenette mentionne que ce projet est né d’un multiple partenariat. Les milieux universitaire, muséal et patrimonial seront réunis pour chercher, rassembler et diffuser les informations recueillies autour «du mouvement de migration», mais aussi à propos «des circulations culturelles comme la langue», explique-t-il.

De nombreux chercheurs associés à cette étude — une bonne quarantaine — proviennent non seulement des principaux foyers francophones en Amérique du Nord, mais également, entre autres, de la France, de la Belgique et de la Suisse. Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord peut aussi compter sur l’apport d’une vingtaine d’organismes comme la Société historique de Saint-Boniface, le Musée du Fjord au Saguenay, ou encore la Frenchtown History Foundation basée dans l’État de Washington.

C’est sans doute la première fois qu’une étude d’une telle ampleur sera effectuée. Pour Yves Frenette, à terme, le projet aura examiné «les mouvements et processus migratoires des francophones nord-américains, les circulations culturelles et linguistiques qui les ont accompagnés comme la langue et, enfin, les récits auxquels ils ont donné lieu.» Par récit, M. Frenette précise, par exemple, les lettres écrites par ces francophones partis à l’aventure. 


Des communautés ciblées 

Quatre groupes feront l’objet de cette vaste enquête. Les Acadiens, dont les origines remontent au début du 17e siècle et dont le déploiement sur la côte atlantique est bouleversé par le Grand Dérangement (1750-1800); les Canadiens français, issus de la vallée du Saint-Laurent à partir du 17e siècle et qui, progressivement, deviennent présents dans l’ensemble de l’Amérique du Nord; les Métis, nés de la rencontre entre Européens et Premières Nations, qui occupent à la fin du 18e siècle et au 19e siècle de grands pans du centre et de l’ouest du continent; les migrants provenant de France, de Belgique, de Suisse et — ô surprise! - de Syrie (y compris le territoire de l’actuel Liban) qui séjournent ou s’établissent sur le continent. Le Saguenay, Québec, Montréal, la péninsule acadienne, la baie Sainte-Marie, le Manitoba, le Midwest américain, le Michigan (en particulier la péninsule de Keweenaw), le Minnesota et Washington seront examinés à la loupe au fil de ces sept ans de travaux. 

Et la Louisiane? Elle n’y est pas? «Non, car il s’agit d’une autre dynamique migratoire», selon M. Frenette, en raison de la présence des Noirs. La question raciale — la Louisiane était une société esclavagiste — aurait demandé une certaine expertise dans le domaine au groupe de chercheurs «que nous n’avons pas nécessairement», confie l’universitaire. 


Un site interactif

Pouvant compter sur sa myriade d’experts, le directeur de la recherche utilisera avec ses collègues plusieurs ressources pour suivre les traces de tous ces francophones. Diverses bases de données comme le fichier de population BALSAC, initiée en 1972 à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) sous la gouverne du professeur Gérard Bouchard, et qui contient plus de 3 millions d’actes se rapportant à près de 5 millions d’individus et couvrant près de quatre siècles, contribueront à la recherche.

Mais il n’y a pas que des ressources universitaires qui seront mises de la partie. La population sera appelée à participer à sa façon à cette gigantesque enquête. Celles et ceux qui le souhaiteront pourront partager avec les chercheurs lettres ou documents familiaux servant à retracer l’odyssée de leurs aïeux. Un site interactif sera mis en ligne dès la fin du mois de septembre. Les gens pourront suivre ainsi l’état des recherches. «On n’attendra pas la fin de celles-ci pour faire connaitre notre travail à la population», mentionne le professeur québécois. «On va également produire des podcasts pour les touristes, qui visiteront les régions que nous répertorierons.» Se pourrait-il que le professeur Frenette s’associe en cours de route avec d’autres partenaires comme le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique? L’historien ne ferme pas la porte à d’autres éventuels partenariats.

À une époque où l’arrivée de personnes venues d’ailleurs pose problème à certaines personnes, qu’elles soient de simples citoyens ou des leadeurs de l’espace public, Yves Frenette est au moins convaincu d’une chose : la recherche démontrera que pendant trois siècles, «notre histoire en fut une de migration.» 



Le travail colossal auquel Yves Frenette et ses compères vont s’attaquer demandera certes du temps, mais aussi des sous. La nouvelle officielle est tombée en juillet dernier. Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) a décidé d’octroyer près de 2 100 000 $ à Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord. Évidemment, le principal intéressé est on ne peut plus heureux de cette décision. Cette somme permettra à M. Frenette de mener à terme un projet qui «nourrira aussi les réflexions sur les enjeux contemporains de l’immigration, de la diversité culturelle et du vivre-ensemble», avance celui-ci. L’historien rappelle également que la recherche donnera lieu à des publications scientifiques importantes. Quant au grand public, il ne sera pas oublié. Il aura accès à la création d’une exposition virtuelle bilingue.


Pour en savoir davantage :

http://sites.ustboniface.ca/francoidentitaire/

Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – Le 16 juin 2020, la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick (FCÉNB), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) ont publié un mémoire conjoint dans lequel ils exhortent le gouvernement fédéral à ajouter des questions au questionnaire court du recensement de 2021 afin de pouvoir dresser un portrait complet du nombre de personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada.
Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – L’enjeu du dénombrement adéquat des personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Des associations francophones de partout au pays, de même que plusieurs députés fédéraux, demandent que les formulaires du recensement de 2021 soient modifiés afin de pouvoir brosser un portrait complet du nombre d’enfants dont les parents ont le droit de demander qu’ils soient instruits en français.
Victoire juridique en C.-B.

FRANCOPRESSE – La récente décision de la Cour suprême du Canada dans la cause opposant le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB) au gouvernement britannocolombien aura certainement des répercussions dans les autres provinces et territoires du Canada. Non seulement en éducation, mais également dans toutes les autres sphères des droits linguistiques, ce jugement vient s’ajouter à la jurisprudence existante et redonne un nouveau souffle à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Fête nationale

LE FRANCO (Alberta) – «Qu’allez-vous faire pour la Saint-Jean?» Le 17 juin dernier, le Franco avait lancé cette question sur plusieurs groupes Facebook de francophones. Hélas, les premières réponses étaient décevantes : «pourquoi célébrer la Saint-Jean-Baptiste hors Québec?» Premièrement, il n’y a pas de bonne raison pour faire la fête. Deuxièmement, la Saint-Jean-Baptiste au Canada se veut une fête qui rassemble les francophones.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – Lors de leur assemblée générale annuelle virtuelle, le 13 juin dernier, les associations membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont tenu des élections pour combler trois des cinq postes à leur conseil de direction pour des mandats de deux ans. De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard, les élus sont tous de nouveaux visages à la FCFA.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE - La Cour suprême du Canada a donné raison à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, qui réclame depuis dix ans devant les tribunaux que le système scolaire de langue française soit mis à égalité avec le système anglophone au niveau des installations et des services disponibles.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE – Après une lutte acharnée de 10 ans devant les tribunaux, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et les parents francophones de la province connaitront enfin le dénouement de leurs revendications. Près de neuf mois après avoir entendu la cause, la Cour suprême du Canada rendra sa décision au sujet du litige qui oppose le Conseil scolaire et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique au gouvernement provincial.
Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.
Francophonie

Francopresse (NATIONAL) – Après des années de travail, de consultations et de réflexions, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) présente une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) détaillé et musclée afin d’attaquer de plein fouet l’insécurité linguistique au sein des minorités francophones du pays.