La construction de l’école secondaire francophone a constitué la pierre angulaire de cette nouvelle entente.
La construction de l’école secondaire francophone a constitué la pierre angulaire de cette nouvelle entente.

Une victoire marquante pour la communauté franco-yukonaise

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.

Le chapitre sur les questions demeurées en litige à la suite du procès intenté en 2009 par la CSFY sur les obligations du gouvernement du Yukon, aux termes de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, vient de prendre fin. 

Les deux entités se sont entendues pour clarifier leurs rôles et responsabilités respectifs concernant la gestion de l’éducation en français langue première dans le territoire. En ce qui concerne les droits à l’instruction dans la langue de la minorité, il s’agit d’une victoire marquante pour la communauté franco-yukonaise.

«Cette décision crée un précédent pour toutes les petites communautés francophones en milieu minoritaire au Canada», confie Maitre Roger Lepage, qui a représenté la CSFY dans cette affaire. «Ça montre que si les parents et les conseils scolaires s’organisent, ils arrivent à avoir un poids important.»

Une négociation à plusieurs volets

La construction d’une école secondaire francophone sur le campus de Riverdale à Whitehorse aura été l'un des points majeurs des discussions. 

«C’était une négociation complexe, car il y avait en jeu la construction de la nouvelle école, qui constituait la pierre angulaire de cette démarche légale», explique Jean-Sébastien Blais, président de la CSFY. «La construction qu’on ne pouvait pas vraiment retarder est d’ailleurs presque complétée», souligne M. Blais.

Jean-Sébastien Blais, président de la CSFY, se réjouit de cette nouvelle entente avec le gouvernement du Yukon.

Cet accord permettra aux trois écoles du campus de Riverdale d’optimiser, ensemble, l’utilisation des installations, notamment les espaces extérieurs et l’aile de formation technique.

L’entente comprend également les rôles et les responsabilités des commissaires au conseil de la CSFY. Elle touche aussi les ressources humaines, y compris le personnel enseignant dans les écoles francophones du Yukon, ainsi que les rôles et les responsabilités en matière de gestion immobilière des écoles francophones.

Finalement, la CSFY pourra désormais jouer un rôle-clé dans la façon dont l’enveloppe budgétaire reçue des ententes bilatérales du Programme des langues officielles dans l’enseignement (PLOE) sera dépensée. «Il y aura une reddition des comptes dans cet accord et plus de transparence», précise M. Blais.

Les communications avec le gouvernement du Yukon pourront dorénavant se faire en français et le gain d’un poste à temps partiel en ressources humaines permettra de réduire considérablement le temps d’attente des communications entre les deux entités.

Précisons que les écoles et les terrains sur lesquels elles sont situées demeurent la propriété du gouvernement territorial. Ce sera la CSFY qui sera en charge des décisions concernant les rénovations mineures à y apporter.

La construction de l’école secondaire francophone a constitué la pierre angulaire de cette nouvelle entente.

Ce nouvel accord permettra également à la CSFY de jouer un rôle accru au niveau de l’embauche du personnel, dans les évaluations ou dans des cas de congédiements. 

«Pour des questions de logistique, les professeurs vont demeurer des employés du gouvernement du Yukon. Il n’y aura donc pas d’impact sur les conventions collectives», confirme M. Blais.

Un dossier porté par toute une communauté

Il faut rappeler que ce parcours a débuté officiellement en 2002, avec le Partenariat communautaire en éducation (PCE) chapeauté par l’Association franco-yukonaise (AFY). 

À cette époque, avec l’appui de Maitre Lepage, ce regroupement des organismes franco-yukonais en éducation avait déposé contre le gouvernement du Yukon deux mises en demeure, dont une en éducation. Le PCE demandait alors au gouvernement d’apporter des changements dans la Loi sur l’éducation afin d’obtenir la pleine gestion scolaire de son école francophone.

En 2004, après avoir tenté en vain d’arriver à une entente par la négociation, la communauté franco-yukonaise passait le flambeau à la CSFY. Cette dernière, constatant que le gouvernement persistait à refuser de négocier de bonne foi, se tournera alors en 2009 vers les tribunaux.

Des processus complexes

Le procès qui a eu lieu à Whitehorse en 2010 et en 2011 s’est d’abord soldé par un jugement qui accordait à la CSFY la pleine gestion scolaire. Le gouvernement du Yukon décide ensuite de porter la cause en appel et, en 2014, une décision est rendue, invalidant le jugement du procès. 

Insatisfaite du dénouement de cette affaire, la CSFY choisit alors de se tourner vers le plus haut tribunal au pays, la Cour suprême du Canada, qui ordonnera en 2015 la tenue d’un nouveau procès. C’était le retour à la case départ.

«On avait déjà déterminé les dates du nouveau procès et c’est à ce moment-là que le gouvernement du Yukon nous a fait part de son désir de négocier de bonne foi plutôt que de reprendre le procès», précise Maitre Lepage, qui souligne du même souffle le travail de Marc Champagne, directeur de la CSFY et Jean-Sébastien Blais, tout comme celui de leurs prédécesseurs. «Les élus ont travaillé très fort pour obtenir la gestion scolaire», souligne-t-il.

«Un gain communautaire incroyable»

Lorraine Taillefer, directrice de la CSFY de 2006 à 2013, a longtemps défendu ce dossier aux côtés d’André Bourcier, alors président de la CSFY. Elle se souvient des longues heures de travail et le stress vécu. «», se réjouit-elle.


« C’est devenu rapidement le plus gros dossier que j’ai eu à gérer de ma carrière. Ça n’a pas été facile, mais ce qu’on défendait avait une grande valeur pour les enfants francophones du Yukon et on connaissait bien notre dossier. C’est un gain communautaire incroyable! »
Lorraine Taillefer, directrice de la CFSY de 2006 à 2013

Le même sentiment de soulagement règne du côté de l’AFY, qui se réjouit que cette cause importante soit enfin terminée et que la CSFY ait obtenu gain de cause sur plusieurs points. 

«C’est rassurant de voir que le gouvernement du Yukon reconnait les lois constitutionnelles», souligne Jeanne Beaudoin, présidente de l’AFY qui a amorcé les premières démarches dans ce dossier alors qu’elle était à l’époque directrice de l’AFY. «Je suis vraiment touchée par tout ce chemin parcouru», confie-t-elle.

Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
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Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
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FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
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FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
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FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
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