La 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’est terminée le 31 mars dernier.
La 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’est terminée le 31 mars dernier.
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RVF 2021 : «Le côté virtuel a finalement été une bonne chose»

Francopresse
PUBLIREPORTAGE – La 23e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) s’est terminée le 31 mars dernier. Malgré la pandémie et les restrictions sanitaires, organisateurs et partenaires ont relevé le défi et proposé aux Canadiens et Canadiennes de nombreuses activités virtuelles. D’après les chiffres préliminaires, le succès était au rendez-vous! Réda Lounis, directeur général adjoint des RVF, ainsi que YAO et Jill Barber, les deux porte-paroles, reviennent sur ce mois de célébrations.

Quel bilan provisoire tirez-vous de cette 23e édition des RVF

Réda Lounis : On est très satisfaits, le premier bilan est positif! Plus de 430 activités, la plupart en virtuel, ont eu lieu dans les communautés francophones et acadiennes au pays.

Je dirais qu’il y a eu 35 à 40 % d’activités en moins par rapport à une édition normale, mais cette baisse est normale, on s’y attendait avec la pandémie. Au niveau des différents concours organisés, on a réussi à avoir plus de 85 000 participants. Et leurs retours sont bons!

On est également contents du succès rencontré par notre site Web : les internautes y ont passé plus de 174 000 heures! En moyenne, ils restaient plus de deux minutes ; d’habitude c’est moins longtemps. Sans oublier le nombre de pages vues qui dépassent les 176 000.

Dans les écoles, dans la fonction publique, dans les centres communautaires, les Canadiens ont répondu présents et ont participé aux évènements. On a noté un véritable engagement des communautés.

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YAO et Jill Barber, les deux porte-paroles, reviennent sur ce mois de célébrations.

Quelle est la bonne surprise de cette édition, selon vous?

Réda Lounis : La bonne surprise, c’est la participation massive des anglophones! Ils ont constitué 60 % des visiteurs de notre site Internet, contre 40 % de francophones. C’est peut-être lié au thème de cette année, sur l’Acadie.

Quoi qu’il en soit, édition après édition, on constate une augmentation constante du niveau de participation et d’engagement des anglophones. On est très contents, car c’est notre objectif d’agrandir l’espace des francophones en l’étendant vers l'autre groupe linguistique!

Comment avez-vous vécu cette édition en temps de pandémie? 

Réda Lounis : C’était un défi de remplacer le présentiel. En plus de cela, tout était difficile à monter, à confirmer. Mais on s’est tous retroussé les manches avec les coordinateurs et les partenaires pour mener à bien cette édition, qu’elle soit la plus variée et intéressante possible compte tenu des circonstances!

Le plus difficile, c’était l’incertitude. Jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas si on pouvait maintenir les évènements et les activités à cause des restrictions sanitaires qui évoluaient sans cesse.


« Nous avons pris le risque de ne pas annuler et on a bien fait! On peut être fiers d’avoir rempli nos objectifs. »
Réda Lounis, directeur général adjoint des RVF

YAO : Au départ, le virtuel a demandé plus de travail pour faire mousser les communautés, pour les mobiliser. Mais au final, les gens ont été très réceptifs. Moi-même, j’ai été surpris de recevoir des messages sur les réseaux sociaux émanant de Canadiens de tout le pays!

Finalement, le numérique a ses avantages ; ça permet de rejoindre monsieur et madame Tout-le-Monde dans leur cocon, alors qu’en présentiel, chaque communauté est dans sa propre bulle.

Je parle souvent de l’isolement des communautés francophones, pourtant, avec le virtuel, je n’ai pas eu cette impression. Au contraire, j’ai eu le sentiment que les Canadiens ont pu interagir et s’exprimer plus facilement. Cette édition a définitivement rassemblé beaucoup de personnes!

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«Finalement, le numérique a ses avantages ; ça permet de rejoindre monsieur et madame Tout-le-Monde dans leur cocon, alors qu’en présentiel, chaque communauté est dans sa propre bulle.»

Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué durant ce mois des RVF? 

Réda Lounis : Pour moi, l’expérience la plus marquante a été le lancement avec la jeunesse, le 1er mars. Le côté virtuel a finalement été une bonne chose, ça nous a permis d’atteindre plus de monde et d’impliquer un maximum de jeunes dans toutes les communautés du pays.

On a eu 7000 personnes en direct! C’est une vraie note positive, une bouffée d’oxygène qui démontre la vitalité de la jeunesse francophone ainsi que son sentiment de fierté et d’appartenance.

YAO : La conférence en ligne sur la sécurité linguistique à laquelle j’ai participé. Cette conférence, organisée par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJFC), m’a redonné confiance, car elle mettait l’accent sur la sécurité et non l’insécurité linguistique. J’étais content de constater le changement de paradigme, c’était un moment clé pour moi.

Autour de la table, on avait beau venir de différentes régions canadiennes, il y avait un consensus pour dire qu’il ne fallait pas d’uniformisation et de hiérarchie au sein de la langue française.

Jill Barber : Pouvoir discuter avec des étudiants anglophones qui apprennent le français m’a beaucoup touchée.


« J’ai pu partager mon histoire, mes expériences, parler de ma relation avec le français et leur dire que grâce à ma maitrise de la langue, j’ai eu plein de belles opportunités! »
Jill Barber, co-porte-parole de la 23e édition des RVF

Aussi, je manque parfois de confiance dans mes capacités à m’exprimer en français, mais à chaque fois, durant les RVF, les francophones que j’ai rencontrés m’ont encouragée. J’ai vraiment apprécié, ça me donne de l’inspiration pour continuer à parler.

«J’ai pu partager mon histoire, mes expériences, parler de ma relation avec le français et leur dire que grâce à ma maitrise de la langue, j’ai eu plein de belles opportunités!»

À l’heure où l’on se pose beaucoup de questions sur la vitalité de la francophonie canadienne, qu’est-ce que vous retenez de ces RVF et de leur impact sur l’avenir du français au Canada?

Réda Lounis : S’il reste du travail à faire, une fois de plus, le succès rencontré par les RVF a démontré la vitalité de la francophonie au Canada. Malgré la crise, malgré les restrictions, les RVF sont restés un incontournable, un évènement prisé et populaire aux quatre coins du pays.

YAO : Les RVF viennent nous rappeler que les différentes communautés francophones et acadiennes sont capables de se relier entre elles, qu’elles vivent souvent les mêmes réalités.


« On doit se serrer les coudes, retrouver confiance pour aller de l’avant ensemble. Il faut aussi qu’on pousse les anglophones à apprendre la langue française, qu’on partage nos cultures pour les intéresser. »
YAO, co-porte-parole de la 23e édition des RVF

Jill Barber : Qu’il est important de célébrer nos différences. Il faut continuer à nous connecter entre anglophones et francophones, car les différences, c’est ce qui fait le Canada, c’est l’étoffe de notre pays.

Est-ce que vous réfléchissez déjà aux RVF 2022? 

Réda Lounis : Oui, on commence doucement à planifier. On gardera surement certaines nouveautés de cette année, comme le concours Party de cuisine. Il a vraiment bien marché, les gens ont aimé participer et partager leurs recettes!

Pour l’instant, il est encore trop tôt pour savoir ce qu’on fera exactement. Cela dépendra de la situation sanitaire, si la pandémie est derrière nous.

À noter que les propos ont été édités pour des raisons de longueur et de cohérence.