Iqaluit, juin 2015. 
Iqaluit, juin 2015. 

Radio-Canada soulève la passion chez les «Nunavutois» francophones

La communauté francophone du Nunavut insiste auprès de Radio-Canada pour qu’on désigne les habitants du territoire comme on les appelle ici : des Nunavois.

Depuis le lancement de la nouvelle page Facebook Ici Nunavut de Radio-Canada, une chose n’a pas pu être ignorée par la communauté francophone de la région : l’usage du terme Nunavutois par la société d’État.

Plusieurs articles utilisant ce terme ont rapidement provoqué des réactions chez les Franco-Nunavois. De nombreux commentaires ont émergé pour reprendre Ici Nunavut sur ce gentilé peu utilisé par les francophones du territoire. 

«On dit “Nunavois”», commente Maxime Joly, ancien directeur général de l’Association des francophones du Nunavut (AFN). «Ou Nunavummiut», ajoute pour sa part François Fortin, membre de l’AFN.

Le débat est lancé : d’autres francophones vont à leur tour commenter la publication Facebook d’Ici Nunavut en citant des ressources linguistiques nunavoises. Charles Lagacé, fier Franco-Nunavois, précise qu’«à Rome, on fait comme les Romains, et au Nunavut, on fait comme les Nunavummiut, ou Nunavois», en faisant allusion à l’importance de baser les décisions linguistiques sur ce qui est dit et fait localement.

Association des francophones du Nunavut.

Des ressources contradictoires

Sur sa page Facebook, Ici Nunavut a répondu aux commentaires en expliquant «[privilégier] le terme “Nunavutois”, tel que recommandé par l’Office québécois de la langue française».

En effet, selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), «le terme Nunavois n’est pas retenu puisqu’il ne correspond pas à la morphologie du toponyme Nunavut et qu’il pourrait laisser supposer à tort qu’il fait référence aux habitants du Nunavik, région qui est située au nord du Québec».

 La fiche, qui date de 2005, explique également que les termes Nunavummiuq (singulier) et Nunavummiut (pluriel) sont des emprunts à la langue inuktitute et que, puisque l’OQLF favorise l’implantation de termes qui sont conformes aux règles de composition et de dérivation du français, ces formes ne sont pas privilégiées.

Le Bureau de la traduction du Canada propose quant à lui le terme Nunavois. Il ajoute d’ailleurs comme remarque que «le nom Nunavois/Nunavoise a été créé par l’Association des francophones du Nunavut, organisme qui représente les Franco-Nunavois depuis le début des années 1980». Selon la fiche, l’emploi du nom Nunavutois/Nunavutoise n’est plus recommandé.

Pour ce qui est des ressources locales, le gouvernement du Nunavut fait usage des termes Nunavois/Nunavoise et Nunavummiuq/Nunavummiut pour désigner les habitants du Nunavut, de même que le Bureau de la Commissaire aux langues du Nunavut.

Capture d’écran de l’article partagé par Ici Nunavut sur Facebook.

Mais qui a raison?

Pour Nadine Vincent, professeure à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke, s’en remettre à l’OQLF pour ce genre de questions est, de manière générale, une bonne solution. «Il ne faut pas multiplier les dénominations sous peine de ne plus s’y retrouver», explique-t-elle.

Elle ajoute toutefois que l’OQLF ne détient pas la vérité absolue et que c’est un organisme en lien avec sa société qui adapte ses positions en fonction de l’évolution de celle-ci. Elle donne comme exemple une révision actuellement en cours pour tous les gentilés touchant les Autochtones et leurs territoires, en précisant que plusieurs fiches datent encore dans leurs adaptations linguistiques.


« Pour ce qui est de la dénomination des communautés, je pense que le choix de ces dernières devrait toujours avoir préséance, si ce choix respecte les règles morphologiques du français, et ne crée pas d’ambigüité avec d’autres communautés ou d’autres dénominations existantes. »
Nadine Vincent, professeure à l'Université de Sherbrooke

Ainsi, selon elle, si tous les francophones du Nunavut se nomment entre eux Nunavois, ce devrait être le gentilé reconnu.

D’un point de vue spécifiquement journalistique, Madame Vincent explique l’opposition fréquente entre ce qu’on appelle les normes prescriptives et les normes communicationnelles, soit entre le respect des règles de français et ce qu’il faut dire pour se faire comprendre. 

«Un des objectifs de l’écriture journalistique étant la lisibilité, le journaliste optera souvent pour les normes communicationnelles pour s’assurer que son message est bien reçu [et] que ses lecteurs s’intéressent au contenu de son texte plutôt que de buter sur les mots qu’il emploie», détaille-t-elle.

En tant qu’entité publique et nationale, Radio-Canada a des règles linguistiques spécifiques à suivre pour soutenir «un journalisme de qualité». Représenter linguistiquement les quelque 600 francophones du Nunavut par le gentilé de leur choix n’est donc pas aussi simple.

Comme réponse aux critiques de la communauté francophone, Ici Nunavut laissait en commentaire Facebook : «Nous prenons bonne note de vos commentaires et faisons actuellement le suivi sur ce dossier avec le Bureau linguistique de Radio-Canada, qui se charge de toutes les questions linguistiques et terminologiques». Pour le moment, Ici Nunavut fait toujours l’usage du gentilé Nunavutois dans ses articles.

Le drapeau franco-nunavois.

Une communauté forte et fière 

Si ce débat a prouvé une chose, c’est bien que les francophones du Nunavut sont fiers de leur identité nunavoise.

Pour Mylène Chartrand, présidente de l’AFN, la passion de la communauté est palpable. «Je suis contente de voir la fierté des Franco-Nunavois et leur sentiment d’appartenance et identitaire se manifester», affirme-t-elle. «On voit que ça leur tient à cœur et que n’écrit pas qui veut sur le Nunavut.» Elle ajoute aussi qu’il y a énormément de subtilités et de sensibilités à considérer lorsqu’on parle du Nunavut et de ses habitants.

Très récemment, Radio-Canada embauchait une nouvelle journaliste pour traiter de l’actualité locale en français. «Nous saluons la venue d’un nouveau poste de journaliste francophone de Radio-Canada sur place à Iqaluit pour desservir notre communauté», conclut la présidente de l’AFN.

Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – L’enjeu du dénombrement adéquat des personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Des associations francophones de partout au pays, de même que plusieurs députés fédéraux, demandent que les formulaires du recensement de 2021 soient modifiés afin de pouvoir brosser un portrait complet du nombre d’enfants dont les parents ont le droit de demander qu’ils soient instruits en français.
Victoire juridique en C.-B.

FRANCOPRESSE – La récente décision de la Cour suprême du Canada dans la cause opposant le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB) au gouvernement britannocolombien aura certainement des répercussions dans les autres provinces et territoires du Canada. Non seulement en éducation, mais également dans toutes les autres sphères des droits linguistiques, ce jugement vient s’ajouter à la jurisprudence existante et redonne un nouveau souffle à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Fête nationale

LE FRANCO (Alberta) – «Qu’allez-vous faire pour la Saint-Jean?» Le 17 juin dernier, le Franco avait lancé cette question sur plusieurs groupes Facebook de francophones. Hélas, les premières réponses étaient décevantes : «pourquoi célébrer la Saint-Jean-Baptiste hors Québec?» Premièrement, il n’y a pas de bonne raison pour faire la fête. Deuxièmement, la Saint-Jean-Baptiste au Canada se veut une fête qui rassemble les francophones.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – Lors de leur assemblée générale annuelle virtuelle, le 13 juin dernier, les associations membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont tenu des élections pour combler trois des cinq postes à leur conseil de direction pour des mandats de deux ans. De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard, les élus sont tous de nouveaux visages à la FCFA.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE - La Cour suprême du Canada a donné raison à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, qui réclame depuis dix ans devant les tribunaux que le système scolaire de langue française soit mis à égalité avec le système anglophone au niveau des installations et des services disponibles.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE – Après une lutte acharnée de 10 ans devant les tribunaux, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et les parents francophones de la province connaitront enfin le dénouement de leurs revendications. Près de neuf mois après avoir entendu la cause, la Cour suprême du Canada rendra sa décision au sujet du litige qui oppose le Conseil scolaire et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique au gouvernement provincial.
Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.
Francophonie

Francopresse (NATIONAL) – Après des années de travail, de consultations et de réflexions, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) présente une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) détaillé et musclée afin d’attaquer de plein fouet l’insécurité linguistique au sein des minorités francophones du pays.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Près de 400 événements en tout genre organisés jusqu’au 31 décembre prochain sur chaque continent. Tout un panel d’événements culturels, sportifs, économiques s’ancre sur le calendrier 2020 autour d’un même fil rouge : le cinquantenaire de l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais la fête sera quelque peu perturbée…
RVF

(Contenu commandité) Le thème de la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie est l’environnement. Cela comprend bien entendu les changements climatiques et les enjeux scientifiques y étant liés, mais aussi, au sens plus large, l’environnement social, communautaire et culturel qui nous entoure.