Padminee Chundunsing, Jean Johnson et Liane Roy sont les candidats à la présidence de la FCFA. 
Padminee Chundunsing, Jean Johnson et Liane Roy sont les candidats à la présidence de la FCFA. 

Présidence de la FCFA : trois candidats, cinq questions

Bruno Cournoyer Paquin
Bruno Cournoyer Paquin
Francopresse
FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada choisira son prochain président lors de la 46e assemblée générale annuelle de l’organisme, le samedi 26 juin prochain. Trois candidats ont répondu à l’appel, tous intimement familiers avec le milieu associatif francophone : l’Albertain Jean Johnson, président sortant de la FCFA ; la Britannocolombienne Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) ; et la Néobrunswickoise Liane Roy, ancienne présidente et directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB). Trois candidats, cinq questions.

Les entrevues ont été menées avant le dépôt du projet de loi C-32 sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Francopresse : Pourquoi voulez-vous devenir présidente ou président de la FCFA?

Padminee Chundunsing : «Je suis la présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) depuis six ans ; j’ai fait trois mandats et j’ai travaillé très fort pour la communauté francophone ici, mais je termine mon mandat cette année et je veux continuer à m’impliquer dans la francophonie et travailler pour une vision d’une communauté rassemblée.»

Jean Johnson : «Deux réponses rapides là-dessus. La première, c’est que le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles, on va avoir besoin au minimum de deux ans pour le mener à bon port […] Alors moi, je considère que ce n’est peut-être vraiment pas le temps de changer de leadeurship au niveau de la FCFA, surtout que c’est un dossier que j’ai apporté à la table nationale […] La deuxième, c’est qu’on est en plein milieu d’un gros projet de refonte de gouvernance […] Je vous rappelle qu’il y a quatre ans, moi j’ai demandé un mandat de transformation, dans lequel on allait changer comment on fait de la politique.»

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Liane Roy : «Je trouve que c’est une organisation qui fait un très, très bon travail. C’est une organisation qui a une visibilité, une notoriété. Les membres autour de la table font un excellent travail dans chacune de leur région, chacune de leur communauté aussi […] J’ai un background en travail social, en développement communautaire justement […] Je suis quelqu’un qui exerce un leadeurship, j’aime beaucoup rassembler les gens. J’aime beaucoup trouver les forces dans les gens pour qu’on puisse bien collaborer.»

Quelle serait votre priorité à la présidence de la FCFA?

Padminee Chundunsing : «J’ai plusieurs priorités pour la communauté francophone, mais j’aurais aimé que cette communauté devienne plus forte et qu’on ait une voix assez forte ensemble pour pouvoir faire avancer les dossiers de la francophonie à travers le Canada […] Il y a le Plan d’action [pour les langues officielles] qui s’en vient, comme vous le savez, il arrive à échéance en 2023.»

Jean Johnson : «Je ne vais pas dire ça, je vais garder ça pour le 26 juin parce que je n’ai pas l’intention de faire cette campagne sur la place publique, je veux la faire auprès des membres […] Vous devez comprendre que je n’ai pas l’intention de nourrir mon opposition.»

Liane Roy : «Ma priorité, c’est certainement la modernisation de la Loi sur les langues officielles […] Il y a aussi toute la question de la gouvernance qui est un enjeu déterminant, donc il faut prendre ça en compte et apporter une gouvernance transparente, qui soit par et pour les gens autour de la table.»

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada choisira sa prochaine présidence lors de la 46e assemblée générale annuelle de l’organisme, le samedi 26 juin prochain.

Quels enjeux mériteraient plus d’attention à la FCFA?

Padminee Chundunsing : «Il y a la modernisation de la Loi sur les langues officielles […] C’est un projet de loi à propos duquel on doit être très vigilants, parce que ce n’est pas juste quelque chose sur papier. Il faut qu’on s’assure que tout ce qui est dans le projet de loi soit appliqué, alors c’est quelque chose sur quoi il faut travailler de près. Et je suis vraiment déterminée à établir une bonne collaboration avec Ottawa.»

Jean Johnson : «Je pense que ce qu’on a réussi à faire, c’est mettre plusieurs dossiers sur la place. Il y a plein de dossiers sur lesquels on a travaillé : sur le rapprochement, les relations qu’on a développées avec le gouvernement du Québec […] On a fait beaucoup d’avancées au niveau du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral. Il y a d’autres dossiers sur lesquels on a travaillé également. Le dossier sur l’immigration, c’est un immense dossier.»

Liane Roy : «Si le dossier de la gouvernance est important, je peux juste m’imaginer que probablement les régions plus éloignées ou les plus petites, peut-être, trouvent qu’elles n’ont pas assez de place ou qu’elles ne sont pas assez entendues. C’est un peu normal dans un regroupement national qui touche autant de gens. C’est ça qui est toujours très complexe : comment est-ce qu’on donne une voix à tout le monde, qu’on donne une voix à chacun et que chacun sent qu’il a été écouté puis entendu, et que ses idées vont de l’avant?»

Est-ce que la FCFA devrait être plus militante, plus axée sur la politique de terrain?

Padminee Chundunsing : «Il y a une façon de faire avancer [les choses], ce n’est pas juste en tapant des poings qu’on peut avancer. Oui, il faut être militante, il faut être fonceuse, mais je pense que le dialogue, la transparence, la confiance, il faut qu’on les ait pour n’importe quelle relation. On peut être ferme ; on peut être aimable, mais ferme.»

Jean Johnson : «Je pense qu’on a démontré qu’on avait cette capacité lors des dernières élections fédérales […] Lors de la période préélectorale de 2019, durant l’été, ce qu’on a fait, c’est développer une campagne de sensibilisation, puis on a rencontré des aspirants députés fédéraux de tous les partis, alors on rencontrait les conservateurs, puis on les sensibilisait sur les grands enjeux de la communauté.»

Liane Roy : «[La FCFA], c’est quand même une fédération, ce sont les associations qui sont membres. Vous dites “grassroots”, et je ne veux pas vous contredire, mais ce ne sont pas les gens, les individus qui font partie de la FCFA ; ce sont les associations qui représentent les communautés. Donc ce serait difficile pour moi de dire qu’il faut que ce soit un autre type d’organisation.»

Comment voyez-vous la relation entre la francophonie canadienne et le Québec?

Padminee Chundunsing : «Le Québec est un de nos partenaires clé, avec lequel nous avons beaucoup en commun. Notre attachement à la vitalité de la langue française au Canada, c’est quelque chose qui concerne et le Québec, et les francophones hors Québec. Il faut qu’on fasse du Québec un de nos alliés.»

Jean Johnson : «Dans la foulée de plusieurs déclarations sur la fragilité du français partout au Canada, incluant au Québec, ça va de soi qu’on a besoin de se rallier, de renforcer les liens avec le Québec […] On ne cherche pas une relation de grand frère avec le Québec, ou de grande sœur ; on veut une relation de frère et de sœur, de partenariat […] Donc ce n’est pas à sens unique, mais c’est dans les deux sens.»

Liane Roy : «Je pense que c’est très important d’avoir une bonne relation avec le Québec […] Le Québec, avec ce Sommet [sur le rapprochement des francophonies canadiennes], est très ouvert à poursuivre une relation transparente, ouverte avec les communautés francophones et acadienne. Donc je me dis qu’il faut regarder ça d’un bon œil. Il faut collaborer pour travailler ensemble, parce que c’est quand même l’endroit au pays où il y a le plus de francophones.»

Les propos ont été édités pour des raisons de longueur et de cohérence.