La présidente de la Société nationale de l’Acadie, Louise Imbeault
La présidente de la Société nationale de l’Acadie, Louise Imbeault

Moins de 10 % du contenu national consacré aux autres provinces : Radio-Canada devant le CRTC : le Canada français s’attend à mieux

FRANCOPRESSE — Quand un organisme comme la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada propose que le diffuseur public crée un deuxième centre de production au pays, c’est que l’insatisfaction est grande.

Pour le président de la FCFA, Jean Johnson, c’est un constat d’échec envers Radio-Canada. «On souhaite qu’un jour, ils se réveillent. On doit sortir une partie de la programmation et l’installer ailleurs pour que ce soit un reflet de nos communautés, pour avoir un contenu pancanadien.»

L’idée d’un deuxième centre de production ailleurs qu’au Québec est l’une des recommandations principales de la FCFA du Canada incluses dans son mémoire sur le renouvèlement les licences de Radio-Canada et de CBC remis au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

La Société nationale de l’Acadie (SNA), qui a également envoyé un mémoire au CRTC, prône elle aussi une décentralisation de la production de Radio-Canada, jugée beaucoup trop centrée sur le Québec. Selon la présidente, Louise Imbeault, il y a différents moyens pour atteindre ce but. «Pourquoi tous les recherchistes pour les émissions du réseau sont à Montréal? Pourquoi il n’y a pas de recherchistes dans les régions?»

De la parole aux actes

Ce n’est pas d’hier que les francophones de l’extérieur du Québec dénoncent le peu de place qu’ils occupent dans la programmation nationale de Radio-Canada. Les dirigeants de l’institution se sont souvent engagés à améliorer la situation. Louise Imbeault estime qu’il est grand temps que l’on passe des paroles aux actes. «Radio-Canada, par l’entremise de ses chefs, de ses leadeurs et gestionnaires, a pris l’engagement d’un meilleur reflet des régions, une participation des régions. Il faut que ces engagements-là soient assumés par le personnel en ondes ou sur le web. C’est là où les changements doivent s’effectuer.»

D’un côté comme de l’autre, les deux organismes soulignent qu’il n’est pas question de ne pas approuver le renouvèlement de la licence de Radio-Canada.

«Radio-Canada est une institution importante pour les francophones du pays, notamment pour les Acadiens et les Acadiennes, précise Louise Imbeault. On ne pourrait pas se donner un moyen de communication de cette envergure-là seulement en s’appuyant sur les entreprises privées ou communautaires. Pour nous, c’est essentiel. Si on n’avait pas cette institution-là, il faudrait l’inventer. Donc, les commentaires qu’on fait sur Radio-Canada ne portent pas sur l’essentiel même de Radio-Canada, mais sur sa façon de répondre aux exigences.»


Un fraction du contenu consacré aux autres provinces

Dans le cadre de son argumentaire au CRTC, la FCFA a mené une petite enquête sur différents contenus de Radio-Canada. Elle a remis les résultats au CRTC, en même temps que son mémoire.

Quelques exemples de répartition du contenu :

  • Cinq radiojournaux du midi (13 h dans les Maritimes) : 47 % — Québec; 25 % — international; 22 % — national/fédéral; 6 % — Canada, extérieur du Québec.
  • Cinq éditions de Midi info (radio) : 37 % — Québec; 31 % — national/fédéral; 30 % — international; 2 % — Canada, extérieur du Québec.
  • Cinq éditions de 24/60 (RDI) : 41 % — Québec; 34 % — international; 25 % — national/fédéral; 0,25 % — Canada, extérieur du Québec (0,5 minute sur 200 minutes).
  • Site internet (vérifié à 9 h pendant cinq jours) : 40 % — international (12 textes); 30 % — Québec (9 textes); 23 % — national/international (7 textes); 7 % — Canada, extérieur du Québec (2 textes).

Cette piètre présence de la réalité de la francophonie canadienne de l’extérieur du Québec désole Jean Johnson. «Je trouve ça très décevant qu’en 2020, on n’a pas réussi à faire plus de progrès que ça. Nous on veut que le citoyen québécois, que la société civile québécoise, on veut qu’elle nous connaisse. Mais si on ne parle pas de nous, ils ne nous ne connaitront pas.»


Pour l’ensemble du pays

Louise Imbeault amène la réflexion plus loin.

«On dit qu’il faut que Radio-Canada reflète l’ensemble du pays. Pas seulement l’ensemble des francophones, mais l’ensemble du pays. Les francophones sont des citoyens de l’ensemble du Canada. Et les Québécois aussi. Il n’y a rien qui nous prouve que les Québécois ne sont pas intéressés par ce qui se passe ailleurs : ils le savent pas. On leur dit pas.»

Dans un courriel, Radio-Canada a répondu à notre demande d’entrevue par une courte réplique : «Nous sommes heureux de voir les Canadiens s’engager dans le processus mené par le CRTC. Nous sommes enthousiastes à l’idée de poursuivre le processus en passant à l’étape suivante.»

C’est à compter du 25 mai à Ottawa que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes tiendra ses audiences sur les licences de Radio-Canada et CBC qui viennent à échéance le 31 aout prochain. Le dernier renouvèlement des licences date de 2013.

Nouveau-Brunswick

FRANCOPRESSE – 1960. John F. Kennedy est élu président des États-Unis, amorçant une ère de changements. Jean Lesage est élu premier ministre du Québec, mettant fin à la Grande Noirceur du régime Duplessis et sonnant le début de la Révolution tranquille. Au même moment, le Nouveau-Brunswick va lui aussi connaitre le début d’une véritable révolution avec, pour la première fois, l’élection d’un Acadien comme premier ministre : Louis Joseph Robichaud.
Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – Le 16 juin 2020, la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick (FCÉNB), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) ont publié un mémoire conjoint dans lequel ils exhortent le gouvernement fédéral à ajouter des questions au questionnaire court du recensement de 2021 afin de pouvoir dresser un portrait complet du nombre de personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada.
Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – L’enjeu du dénombrement adéquat des personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Des associations francophones de partout au pays, de même que plusieurs députés fédéraux, demandent que les formulaires du recensement de 2021 soient modifiés afin de pouvoir brosser un portrait complet du nombre d’enfants dont les parents ont le droit de demander qu’ils soient instruits en français.
Victoire juridique en C.-B.

FRANCOPRESSE – La récente décision de la Cour suprême du Canada dans la cause opposant le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB) au gouvernement britannocolombien aura certainement des répercussions dans les autres provinces et territoires du Canada. Non seulement en éducation, mais également dans toutes les autres sphères des droits linguistiques, ce jugement vient s’ajouter à la jurisprudence existante et redonne un nouveau souffle à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Fête nationale

LE FRANCO (Alberta) – «Qu’allez-vous faire pour la Saint-Jean?» Le 17 juin dernier, le Franco avait lancé cette question sur plusieurs groupes Facebook de francophones. Hélas, les premières réponses étaient décevantes : «pourquoi célébrer la Saint-Jean-Baptiste hors Québec?» Premièrement, il n’y a pas de bonne raison pour faire la fête. Deuxièmement, la Saint-Jean-Baptiste au Canada se veut une fête qui rassemble les francophones.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – Lors de leur assemblée générale annuelle virtuelle, le 13 juin dernier, les associations membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont tenu des élections pour combler trois des cinq postes à leur conseil de direction pour des mandats de deux ans. De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard, les élus sont tous de nouveaux visages à la FCFA.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE - La Cour suprême du Canada a donné raison à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, qui réclame depuis dix ans devant les tribunaux que le système scolaire de langue française soit mis à égalité avec le système anglophone au niveau des installations et des services disponibles.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE – Après une lutte acharnée de 10 ans devant les tribunaux, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et les parents francophones de la province connaitront enfin le dénouement de leurs revendications. Près de neuf mois après avoir entendu la cause, la Cour suprême du Canada rendra sa décision au sujet du litige qui oppose le Conseil scolaire et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique au gouvernement provincial.
Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.