Robert Melanson, président de la SANB. 
Robert Melanson, président de la SANB. 

Lutte à la désinformation liée à la COVID-19 : la Société de l’Acadie clarifie un projet critiqué

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.

Consulter l’article de Pascal Raiche-Nogue

La genèse du projet

En entretien avec Francopresse, des représentants de la SANB apportent des clarifications quant à l’origine du projet.

En mars dernier, l’organisme a lancé le portail Exact NB en collaboration avec une entreprise bilingue de Bathurst, WebSolutions.ca. Il s’agit du fruit d’environ un an de travail appuyé par une subvention de Patrimoine canadien pour la lutte contre la désinformation en matière de langues officielles.

Cette nouvelle plateforme fonctionne selon les normes en matière d’exactitude de nouvelles de l’International Fact-Checking Network et a été créée à partir du système Fact Press. Le responsable des communications à la SANB, Éric Dow, explique que cette technologie permet notamment de privilégier le contenu qui a été vérifié dans les moteurs de recherche et dans les médias sociaux.

L’une des motivations derrière ce projet est d’outiller la population pour répondre aux fausses nouvelles propagées sur Internet par des groupes hostiles au bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

À lire aussi : Les médias communautaires frappés de plein fouet par la crise de la COVID-19

Une demande axée sur la crise sanitaire 

Dans cette même optique, la SANB a proposé un autre projet dans le cadre du Programme de contributions en matière de citoyenneté numérique de Patrimoine canadien. La demande prévoyait des investissements en recherche pour mieux comprendre le phénomène de la désinformation, perfectionner la technologie utilisée pour développer le portail Exact NB ainsi que développer une expertise technique locale et francophone en la matière.

Dans le contexte de la COVID-19, le gouvernement fédéral a revu ses priorités et a invité la SANB à soumettre un nouveau projet. L’organisme acadien a donc décidé de mettre son second projet lié aux langues officielles sur la glace pour l’instant et d’aller de l’avant avec une nouvelle demande axée sur la crise sanitaire actuelle.

«Si cette technologie n’est pas développée au Nouveau-Brunswick, elle sera développée à Toronto. Je pense qu’il est préférable de voir cette expertise se développer chez nous et de dire que nous sommes en train d’innover en Acadie», mentionne Éric Dow.

La SANB précise que l’un de ses objectifs est que les outils technologiques développés dans le projet sur la COVID-19 soient éventuellement mis au profit de la lutte à la désinformation sur les questions linguistiques.

Éric Dow.

«Il s’agit d’un nouveau financement»

Des questionnements persistent à savoir si la SANB était l’organisme le plus approprié pour recevoir une telle subvention dans le contexte actuel, compte tenu de l’expertise des médias communautaires francophones dans la production d’information de qualité.

En réponse à ces critiques, le responsable des communications de la SANB soutient que «le but de cette plateforme [sur la COVID-19] n’est pas de faire du journalisme. Le but est de faire de la littératie numérique. Nous concevons ce projet comme un complément au travail journalistique fait par les médias traditionnels.»

Le directeur général de l’organisme précise également qu’il ne s’agit pas de fonds gouvernementaux destinés à soutenir le travail journalistique, ni spécifiquement pour les communautés francophones.


« Patrimoine nous a financés dans un programme qui n’est pas lié aux langues officielles. C’est un programme auquel nous n’avons généralement pas accès. Il s’agit donc d’un nouveau financement. On ne veut pas enlever le pain de personne. »
Ali Chaisson, directeur général de la SANB

Un projet critiqué

Ces précisions n’apaisent toutefois pas l’ensemble des critiques à l’égard du projet. Anthony Azard, directeur général de la station 93.5 Codiac FM, déplore que les médias radios et écrits n’aient pas davantage été inclus dans le projet.

«Pour qu’il y ait littératie numérique, il faut du contenu, c’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait des nouvelles pour alimenter cette plateforme-là pour établir la vérification des faits», souligne-t-il. Or, les partenaires éventuels dans le secteur des médias ne semblent pas avoir été consultés par la SANB dans la phase de préparation de la demande.

«L’Association des radios communautaires acadiennes du Nouveau-Brunswick (ARCANB) n’a pas été contactée pour être partenaire de ce projet-là. Nous avons appris comme tout le monde l’obtention du financement dans la presse», explique le directeur général de l’organisme, Jean-François Cochet.

Même si la SANB ne souhaite pas divulguer l’ensemble des partenaires du projet à l’heure actuelle, Éric Dow précise qu’une demande de partenariat a été rejetée par Radio-Canada.

De plus, à la suite de l’obtention de la subvention, un résumé du projet a été partagé avec l’ARCANB, avec qui la SANB souhaite évaluer les possibilités de collaboration. Toutefois, dans la perspective d’Anthony Azard, cette possibilité de partenariat arrive sur le tard. «Quand on dépose une demande de subvention, on établit des partenariats avant de déposer une demande.»

Jean-François Cochet.

Des sorties du président de la SANB qui jettent de l’huile sur le feu

Malgré tout, Jean-François Cochet de l’ARCANB ne remet pas en cause le processus d’attribution de subventions par Patrimoine canadien ni l’intérêt du projet. Il souligne d’emblée la valeur ajoutée que le réseau de radios que son organisme représente pourrait ajouter à l’élaboration de la plateforme de lutte contre la désinformation.

Toutefois, il déplore les sorties médiatiques du président de la SANB, Robert Melanson, qui constituent un frein important à une collaboration éventuelle. «»


« À l’instant, le principal blocage ce sont les propos de Robert Melanson dans l’ensemble de la presse. […] Avec les sorties du président de la SANB, c’est difficile d’avancer sur une collaboration entre les associations. J’avais l’impression que ni l’ARCANB ni la presse écrite n’étaient prévus comme partenaire du projet vu les sorties que j’ai vu passer dans la presse. »
Jean-François Crochet, directeur général de l'ARCANB

Une entrevue de Robert Melanson diffusée le 23 avril sur les ondes de la radio de Radio-Canada à l’émission La matinale a particulièrement fait réagir. Lors de cet entretien, il a notamment vanté le mérite de la SANB d’avoir pris l’initiative de déposer une demande.

Anthony Azard nuance cette affirmation en soulignant le contexte particulier dans lequel la SANB a soumis une demande concernant la COVID-19. «De dire que la SANB a eu le mérite de déposer une demande, que le ministère aurait lancé l’appel à tous, c’est faux.»

Anthony Azard.

Lors de cet entretien à Radio-Canada, M. Melanson a aussi indiqué que la SANB doit se prononcer sur une diversité d’enjeux, en particulier lorsque les Acadiens sont désavantagés. Ces propos ont été mal perçus par les intervenants du secteur médiatique.

«Jeter le discrédit sur l’information provinciale était mal fait, car je ne pense pas que ni mes journalistes, ni l’Acadie Nouvelle, ni d’autres médias tels que Radio-Canada se permettraient de sortir une information si elle n’est pas sure et vérifiée», mentionne Jean-François Cochet.

Dans la perspective de M. Cochet, la SANB se doit de mieux communiquer les informations par rapport à ce projet si l’organisme désire atténuer les tensions actuelles, en plus de corriger le tir par rapport aux propos ambigus du président Melanson. Pour lui, «il y a le message que l’on veut envoyer et le message tel qu’il est envoyé. L’écart entre les deux est assez grand à l’instant.»

Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.
Francophonie

Francopresse (NATIONAL) – Après des années de travail, de consultations et de réflexions, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) présente une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) détaillé et musclée afin d’attaquer de plein fouet l’insécurité linguistique au sein des minorités francophones du pays.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Près de 400 événements en tout genre organisés jusqu’au 31 décembre prochain sur chaque continent. Tout un panel d’événements culturels, sportifs, économiques s’ancre sur le calendrier 2020 autour d’un même fil rouge : le cinquantenaire de l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais la fête sera quelque peu perturbée…
RVF

(Contenu commandité) Le thème de la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie est l’environnement. Cela comprend bien entendu les changements climatiques et les enjeux scientifiques y étant liés, mais aussi, au sens plus large, l’environnement social, communautaire et culturel qui nous entoure.
Rendez-vous de la Francophonie

(Contenu commandité) C’est sous le thème de l’environnement que se tient actuellement la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF). En plus de la programmation habituelle qui comprend des concours, des tournées et des évènements, les RVF ont cette année un journal web!
Entrevue

FRANCOPRESSE – L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) existe pour développer une industrie de la télévision, du cinéma et des médias numériques dans les milieux francophones minoritaires. À l’heure des Netflix, état des lieux de l’industrie de la production audiovisuelle en situation minoritaire avec la directrice générale, Carol Ann Pilon.
Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.
Francophonie

Initiative de journalisme local — APF (Ouest) — Fin janvier, pour la première fois lors de son discours annuel, le maire de la ville de Prince Albert a placé la francophonie dans la liste de ses priorités. En présence d’un grand nombre de concitoyens, l’école Valois et le tourisme francophone ont pris le devant de la scène.