L’Université de Sudbury est membre de la Fédération Laurentienne qui inclut les universités anglophones Huntington et Thorneloe ainsi que l’Université Laurentienne.
L’Université de Sudbury est membre de la Fédération Laurentienne qui inclut les universités anglophones Huntington et Thorneloe ainsi que l’Université Laurentienne.

L’Université de Sudbury veut devenir entièrement francophone

Claudia Blais-Thompson
Le Droit
LE DROIT (Ontario) – Un nouveau chapitre s’entame pour la francophonie en Ontario. L’Université de Sudbury s’engage à devenir une université «par, pour et avec les francophones», et ce «dans les meilleurs délais».

Cette annonce, faite conjointement avec l’Association de la francophonie ontarienne (AFO), fait suite à l’adoption d’une résolution jeudi soir par le Conseil des régents de l’Université de Sudbury dans laquelle l’institution promet de devenir 100 % francophone.

Cette décision a été prise alors que l'Université Laurentienne, affiliée à l’Université de Sudbury, est actuellement en processus de restructuration après s’être déclarée insolvable au début du mois de février.

«C’est une journée historique parce qu’on peut assurer à la communauté francophone qu’on est et qu’on sera une université francophone et non pas bilingue.», John Meehan, recteur de l’Université de Sudbury.

«L’avenir de l’Université Laurentienne est assez incertain, a soutenu le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury, John Meehan, en conférence de presse, vendredi après-midi. Avec cela se pose la question importante de la pérennité de l’éducation postsecondaire en français dans le nord de l’Ontario. Nous tenons à toute la gamme d’études postsecondaires en français pour protéger la Loi sur les services en français et pour assurer la pérennité et l’essor de toute la communauté franco-ontarienne.»

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Annonce «historique»

De son côté, le président de l’AFO, Carol Jolin, n’a pas manqué de souligner le caractère «historique» de la transformation de l’institution d’enseignement postsecondaire. «Aujourd’hui est un jour historique pour l’histoire de l’éducation postsecondaire en français», a-t-il lancé en demandant aux gouvernements de l’Ontario et du Canada d’appuyer l’Université dans sa métamorphose.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin.

M. Meehan a plutôt évoqué un «rêve» qui existe depuis plusieurs années. «C’est une journée historique parce qu’on peut assurer à la communauté francophone qu’on est et qu’on sera une université francophone et non pas bilingue.»

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Si l’Université de Sudbury n’a pas encore pris de décision quant à un retrait de la Fédération de l’Université Laurentienne, l’établissement scolaire a choisi de retirer son statut confessionnel de sa charte, un document constitutif des universités, après des discussions auprès de la communauté francophone.

Par ailleurs, le recteur a lancé un appel aux communautés autochtones afin de connaitre leur intérêt à maintenir les programmes liés au département d’Études autochtones, actuellement offerts principalement en anglais à l’Université de Sudbury.

«On est prêt à partager notre charte avec les autochtones pour partager ce rêve qu’ils ont aussi. Ils ont aussi droit au même rêve que les francophones d’avoir leur institution postsecondaire à eux.»

Ce dernier a précisé que la gestion des programmes et l’endroit où ils seront donnés devront être déterminés par la communauté francophone et le gouvernement.