L’identité francophone, ou l’art de se trouver : Marie-Hélène Comeau explore le lien entre l’art et la quête identitaire

Là où la carte découpe, le récit traverse. Tel est le titre de la thèse de la chercheuse et artiste franco-yukonaise Marie-Hélène Comeau. À travers son ouvrage, elle explore le lien étroit entre l’art et la quête identitaire en milieu minoritaire.

Inspirée de son propre récit migratoire, la chercheuse et artiste d’origine québécoise Marie-Hélène Comeau a étudié l’importance de l’art dans la réflexion identitaire pour établir sa thèse de doctorat Là où la carte découpe, le récit traverse : analyse du sens que des femmes franco-yukonaises donnent à leur identité par la création artistique.

Dans sa recherche, la docteure en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal regroupe ses deux champs d’intérêt, soit l’art et l’anthropologie. «J’ai pu marier les deux», commente la Yukonaise d’adoption depuis 27 ans. «Ce type de recherche n’avait jamais été fait, mais j’avais l’impression qu’il pouvait se faire», ajoute-t-elle fièrement.

Une identité mobile et divisée

Marie-Hélène Comeau utilise l’art pour dépeindre les ramifications autour des récits migratoires caractéristiques de plusieurs femmes franco-yukonaises. «Une grande portion de la communauté n’est pas native d’ici. On vient d’ailleurs, on s’installe ici, on refait nos vies ici en gardant nos liens avec d’où on est», explique l’artiste peintre.

La dualité identitaire, entre l’ici et l’ailleurs, n’est pas un phénomène inconnu pour la chercheuse. Elle s’en est même inspirée dans une série d’œuvres qui établira la base de sa recherche. «En devenant mon cobaye […], je découvrais aussi le sens de mon identité. C’est quoi être Franco-Yukonaise, être entre deux pôles», se rappelle-t-elle.


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« On vient d’ailleurs, on s’installe ici, on refait nos vies ici en gardant nos liens avec d’où on est. »
Marie-Hélène Comeau, artiste franco-yukonaise
Marie-Hélène Comeau devant les bureaux de l’Association Franco-Yukonnaise où se tenaient les ateliers de création.

Quels sont les parcours des Canadiens français en Amérique, et quelles incidences ceux-ci ont-ils sur la condition de la femme, des ménages et de la société canadienne-française? Marie-Ève Harton, sociologue spécialiste du mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis pendant la période industrielle au début du 20e siècle, les a suivis.

Francopresse : Vous vous intéressez à l’incidence des migrations vers les États-Unis entre le 19e et 20e siècle sur la condition des femmes canadiennes-françaises de l’époque. Arrivez-vous à tisser des liens entre la réalité de ces femmes et celles de notre époque?

M.-E. H. : On remarque qu’au début du 20e siècle, elles sont principalement en Nouvelle-Angleterre. Pourquoi en Nouvelle-Angleterre? Parce que c’est le bastion de l’industrialisation.

L’industrie du textile va employer beaucoup de femmes, donc il y aura une grande proportion de femmes célibataires ou mariées qui vont faire l’expérience du travail à l’extérieur de la maisonnée. En ce sens-là, c’est un tournant majeur : la proportion de femmes au travail est définitivement plus élevée. Quand on fait des analyses plus complexes, c’est un des facteurs qui a le plus d’influence sur les changements de comportements.

Si je peux faire le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui, il y a vraiment tout un intérêt à remonter aussi loin qu’à la fin du 19e siècle même pour comprendre comment tout cela s’est instauré et évolué à long terme et la place des femmes sur le marché du travail aujourd’hui.

L’année 2020 marquera le tricentenaire de la fondation de la colonie de l’Ile-Saint-Jean par la France. Il s’agira donc du 300e anniversaire de l’arrivée des premiers Français et Acadiens à l’Ile-du-Prince-Édouard, donc du début de la colonisation de l’Ile. Un très grand nombre de Prince-Édouardiens descendent de ces premiers habitants. C’est pourquoi Georges Arsenault aimerait que le tricentenaire soit célébré par tous et partout dans l’Ile.

Depuis environ deux ans, alors que la communauté acadienne et francophone de l’Ile préparait le Congrès mondial acadien, Georges Arsenault s’assurait qu’on garde à l’esprit que l’année suivante, 2020, sera l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens pour fonder la colonie qui allait devenir l’Ile-du-Prince-Édouard.

Lancée le 3 septembre dernier, la pièce faite d’argent pur à 99,99 % a été réalisée par Joel Kimmel et Susanna Blunt.

L’œuvre comporte de nombreuses feuilles d’érable, qui créent un effet de profondeur. La version bilingue de l’hymne national est gravée sur les contours de la pièce et les paroles des plus brillants exploits sont mises en évidence sur le devant de la pièce dans les deux langues officielles. On observe également l’inscription 50 ans Loi sur les langues officielles en anglais et en français, ainsi que les dates 1969 et 2019.

Rappelons que, bien que l’article 133 de la Constitution canadienne définit le français et l’anglais comme des langues législatives, c’est la Loi sur les langues officielles, adoptée le 7 septembre 1969, qui définit le Canada comme étant officiellement bilingue et qui crée le Commissariat aux langues officielles.

Directeur général de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, le sociologue Éric Forgues étudie l’organisation de la société acadienne et francophone. Notamment, il s’intéresse aux questions de gouvernance communautaire, particulièrement aux prises de décisions collectives. Francopresse a exploré avec lui quelques thématiques acadiennes, extrapolées vers une perspective nationale.

Francopresse : Dans les organismes de représentation des francophones et des Acadiens, au Canada minoritaire, comment prend-on les décisions collectives? Qui les prend, pour les francophones vivant en situation minoritaire?

Éric Forgues : Dans ce que l’on peut observer, il y a des citoyens qui participent aux décisions et qui, éventuellement, peuvent influencer la prise de décision. Mais il y a aussi des organismes qui se situent dans différents secteurs ou qui représentent des groupes comme les femmes, les jeunes, les immigrants, les ainés ou autres. Ces organismes se sont développés dans différents secteurs et sont venus avec le temps complexifier la gouvernance communautaire et ont un peu écarté le citoyen.


Francopresse : Vous évoquez une crise de légitimité de ces organismes. Comment se vit-elle, dans nos communautés?

É. F. : Je dirais qu’il y a une confusion entre une approche qui se fonde sur les intérêts sectoriels ou organisationnels et les intérêts exprimés par les citoyens. Quand on fait une consultation pour décider de l’avenir d’une communauté, les organismes ont des intérêts précis à défendre. Les décisions vont refléter ces intérêts plutôt que ceux des citoyens. Je me pose donc des questions sur la légitimité des décisions collectives. À quel point reflètent-elles les aspirations de la population?

Le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles ne fait pas couler juste de l’encre. Il sera aussi prétexte pour souligner, le 31 octobre, les multiples talents de ceux qui sont au moins nés en 1969!

«On était vraiment excités!» C’est la réaction de Delores Boudreau, la compositrice-interprète de la Nouvelle-Écosse et de ses deux autres collègues quand ils ont su qu’ils participeraient à la journée Célébrons le talent de nos 50 ans et plus, qui se déroulera à Ottawa, au Centre des Arts Shenkman. Avec Jeannot Chiasson et Gilles Larade, le trio présentera ses propres compositions ainsi qu’une chanson de Zachary Richard et une pièce traditionnelle du folklore acadien.

Delores Boudreau, qui a deux disques à son actif, lance sur un ton enjoué que le folk en Nouvelle-Écosse, et en particulier au Cap-Breton, «c’est toutes sortes d’affaires», autant du bluegrass que du country avec des chansons qui feront autant rire que pleurer.

Cette chance de faire connaitre leur matériel à l’extérieur de leur communauté, le trio la doit à la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) et à ses associations membres, qui ont choisi les participants à cette célébration des ainés, mais aussi de la francophonie minoritaire. Toutes les régions seront représentées. Il y avait eu une première édition en 2017, au moment de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Ontario

Durant le 72e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, les historiens rendront hommage à Gaétan Gervais, pilier dans la recherche sur l’Ontario français décédé le 20 octobre 2018.

La table qui aura lieu à l'Université d'Ottawa le 18 octobre sera animée par Michel Bock, proche collaborateur de Gaétan Gervais, Stéphanie St-Pierre, une de ses anciennes étudiantes, ainsi que François-Olivier Dorais, professeur d’histoire à l'Université du Québec à Chicoutimi et auteur d’une thèse qui porte sur l’homme, Un historien dans la cité : Gaétan Gervais et l’Ontario français.

Pour François-Olivier Dorais, le legs scientifique de Gaétan Gervais est indéniable. Ses travaux, souvent qualifiés de pionniers, ont mené à la création d’importants établissements de recherche tel l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne.

Bombardier à TLMEP

Au lendemain du passage de Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle, les réseaux sociaux à travers le pays se sont enflammés. Face aux propos de l’écrivaine et à son documentaire Denise au pays des francos, des francophones en milieu minoritaire choisissent de se tenir loin du débat.

Dimanche soir, les francophones hors Québec étaient à nouveau en colère. Presque autant qu’il y a un an, la première fois que l’écrivaine a fait le commentaire incendiaire que les communautés francophones avaient à peu près toutes disparues à travers le pays.

Cette fois, certains francophones choisissent d’ignorer Mme Bombardier et son documentaire Denise au pays des francos. C’est le cas de l’avocat spécialisé en droits linguistiques au Nouveau-Brunswick Michel Doucet. Il n’a pas regardé le documentaire, le jugeant «superflu» et «inutile».

«Ce que pense Mme Bombardier de la francophonie ou de quoi que ce soit, moi ça m’importe peu, admet-il. Je ne crois pas qu’elle est suffisamment importante dans notre développement et dans nos dossiers pour qu’on s’y attarde aussi longuement.»

Dans son documentaire, l’écrivaine raconte sa visite chez des francophones du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Ces rencontres n’ont pas changé sa position sur la francophonie en milieu minoritaire : elles sont vouées à la disparition.

Michel Doucet estime que les francophones auraient dû ignorer les commentaires de Mme Bombardier dès sa première apparition à Tout le monde en parle. «Je crois que c’est de lui donner une importance qu’elle ne mérite pas et qui, à mon avis, n’apporte rien aux communautés francophones à l’extérieur du Québec.»

Parmi ceux et celles qui refusent de visionner le film, on compte aussi la politologue et professeure à l’Université Laurentienne Aurélie Lacassagne. Elle estime que Denise Bombardier a été réinvitée à commenter le dossier de la francophonie en situation minoritaire seulement parce qu’on lui a porté beaucoup d’attention. «Elle n’existe que parce qu’on parle d’elle. Elle n’est rien, ne représente rien sauf un puits sans fond de méchanceté, bêtise et ignorance», dénonce la professeure.

Dans le cadre de son travail de sociolinguiste, Annette Boudreau explore le sujet de l’insécurité linguistique et raconte son propre parcours : «Ça me touchait personnellement et je ne pouvais plus supporter de voir des gens humiliés à qui on reproche leur manière de parler.»

Enseignante de français langue maternelle avant de devenir professeur de sociolinguiste à l’Université de Moncton, Annette Boudreau mène des recherches sur le rapport entre idéologies linguistiques, pratiques linguistiques et construction identitaire en milieu minoritaire, en particulier en Acadie. Elle est l’auteure de l’essai À l’ombre de la langue légitime. L’Acadie dans la francophonie publié en 2016 par la maison Classiques Garnier de Paris.

Mme Boudreau s’est entretenue avec Francopresse avant de donner une série de conférences, notamment à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, et au Centre de recherches en éducation franco-ontarienne à Toronto.


Francopresse : Pouvez nous parler des idéologies linguistiques développées en Amérique du Nord?

Annette Boudreau : Il y a l’idéologie du standard qui existe dans la francophonie surtout, et est beaucoup plus forte que chez les Anglais de l’Angleterre. Cette idéologie présente l’idée, imprégnée, que le français est unique. [Il existe] aussi l’idéologie du monolinguisme, présente chez certains anglophones qui pensent que le Canada devrait être anglophone.

L’idéologie du bilinguisme, assez répandue, veut que deux langues soient égales dans un territoire donné. Mais ce n’est pas ça la réalité et il y a rapport de pouvoir dominant dominé.

[Il y a aussi] l’idéologie du dialecte qui est une réponse à l’idéologie du standard, on brandit la langue vernaculaire stigmatisée en réponse à l’idéologie du standard, vous ne m’acceptez pas comme francophone légitime donc voilà comment je vais parler, je vais mettre de l’avant des expressions stigmatisées et acceptez-le ou non. C’est très présent par exemple chez des artistes comme Lisa Leblanc, Radio Radio ou Dead Obies à Montréal. Mais j’ai l’impression que pour eux c’est une réponse peut-être involontaire et pas consciente.

Georgette LeBlanc de la Nouvelle-Écosse qui est présentement la représentante parlementaire des artistes au Canada, est hyper consciente du français qu’elle utilise (elle est titulaire d’un doctorat en études francophones en Louisiane) et met de l’avant certaines expressions de la Nouvelle-Écosse volontairement. C’est une autre façon de vivre et je trouve que ces exemples sont extrêmement inspirants.


Francopresse : Comment définiriez-vous l’insécurité linguistique?

A.B. : C’est un sentiment de ne pas être légitime comme locuteur francophone et de ce manque de légitimité découle le sentiment de ne pas être un vrai francophone.

Sur la sécurité linguistique, on dit souvent qu’elle est généralisée et on souffre tous d’insécurité linguistique à un moment ou à un autre, on est tous insécures quand on apprend une autre langue, mais ce n’est pas la même chose quand c’est la langue par laquelle on se construit qui est censée être la «langue maternelle». Quand une personne se fait dire : «je regrette, tu n’es pas un locuteur légitime», c’est une autre blessure qui est très différente. J’entends souvent des gens qui parlent une langue seconde dire «ce n’est pas ma langue maternelle», et là le jugement ne peut pas porter sur la personne. Ça ne l’atteint pas de la même façon et ça n’a pas les mêmes conséquences en d’autres mots.

En même temps, l’insécurité linguistique peut nous permettre d’avancer, ça ne nous paralyse pas, mais permet de nous améliorer sur nos pratiques linguistiques.

C’est un vaste projet. Le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface à Winnipeg dirigera durant les sept prochaines années un projet de recherche d’envergure sur les mouvements migratoires des francophones de 1640 à 1940. Entretien avec un passionné d’histoire et de mobilité.

Qu’est-ce que les francophones, particulièrement de l’Ouest canadien, peuvent espérer des recherches du projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord?

Plusieurs choses. Dans un premier temps, une cartographie fine des francophones de diverses origines dans l’Ouest. Dans un deuxième temps, pour le Manitoba et la Colombie-Britannique, des recherches poussées sur les migrations, les circulations culturelles et les récits de migration. Même si nos recherches s’arrêtent en 1940, une perspective sur la diversité et le vivre-ensemble contemporains au sein de la francophonie de l’Ouest. Presque dès leur naissance, les communautés francophones de l’Ouest étaient diversifiées : Français, Canadiens français du Québec et des États-Unis, Belges, Suisses, Syriens.

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada convie les citoyens à envoyer un message fort aux politiciens en ce début de campagne électorale. L’organisme de représentation et d’autres organismes francophones sollicitent l’appui du public pour demander aux partis de garantir le respect de leurs engagements en matière de langues officielles.

Dans un communiqué de presse paru le 11 septembre, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson déclarait : « Maintenant, j’en appelle à tous ceux et toutes celles qui sont inquiets des remises en question de la légitimité du français au pays, à tous ceux et toutes celles qui tiennent à nos deux langues officielles comme valeur fondamentale de notre pays. Ayons le courage de nos convictions.»

Suite à ce communiqué, la FCFA se lance dans une campagne de sensibilisation pour mettre les enjeux linguistiques à l’avant-plan, en cette campagne vers la 43e législature. Sur son site, la fédération offre d’ailleurs aux internautes la possibilité d’écrire à leur candidat local.

En Atlantique, la Société Saint-Thomas-D’Aquin et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse appuient la campagne de la FCFA et recommandent aussi aux électeurs d’aborder le thème de la dualité linguistique avec leurs candidats.

Un documentaire d’une soixantaine de minutes sur la dualité linguistique au pays a été lancé lundi. Il se veut un reflet de la tournée nationale Bonjour My Friend effectuée par les ambassadeurs Laura Lussier et Shaunpal Jandu dans dix provinces, d’avril à juin, et des commentaires qu’ils ont reçus lors de conférences et de vox pop, de Victoria à Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador).

Le documentaire et un livre en lien avec les commémorations du 50e anniversaire de l’adoption de la première Loi sur les langues officielles ont été lancés lundi soir à Ottawa. L’évènement était organisé par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures. « Nous avons parlé à des jeunes, des moins jeunes, des gens d’organismes communautaires et d’écoles pour promouvoir, célébrer et sensibiliser la population canadienne à la dualité linguistique », a expliqué Mme Lussier, qui vit à Winnipeg. Les deux ambassadeurs se sont dits enchantés par la réception qu’ils ont eue des gens durant leur traversée du pays, et ce, même si certaines personnes rencontrées ne sont pas très chaudes à l’idée des langues officielles.

La Lune, Woodstock, le Abbey Road des Beatles, les manifs contre le Vietnam, le FLQ. 1969 n’était pas qu’année érotique comme le susurraient Gainsbourg et Birkin. C’était aussi la fin d’une décennie marquée au Québec et au Canada français par une émergence de revendications. Tout cela pavait le chemin à une véritable reconnaissance des deux langues officielles au Canada, ce qui sera fait avec la Loi sur les langues officielles.

Avec la Révolution tranquille des années 1960 au Québec, la marmite linguistique bout de plus en plus. Et pas seulement sur les rives du Saint-Laurent.

L’intransigeance du maire de Moncton, Leonard Jones, à l’égard de certains services en français est formidablement illustrée dans L’Acadie, l’Acadie?!? de Michel Brault et Pierre Perrault. L’adoption des lois établissant les écoles publiques françaises survient en 1968 en Ontario. Dans l’Ouest, au Manitoba, «la francophonie manitobaine est toujours en train de militer activement pour le retour du français comme langue d’enseignement, sur un pied d’égalité avec l’anglais» comme l’explique le directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine, Jean-Michel Beaudry.

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

Plusieurs prix ont été remis lors de la finale du Gala. Le Prix de la relève de la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil, le Prix Studio LaClasse ainsi que le Prix Petite-Vallée ont été remis à Samuel Mallais; le Prix Le Grenier musique et le Prix Pays de la Sagouine a été accordé à Charles et Monique; et le Prix Vitrine Festival acadien de Caraquet à Jalapeño Papa.

Les finalistes ont reçu 50 000 $ en prix.

Pour la rentrée, Simon D’Amours propose une toute nouvelle série télévisée qui met à l’honneur des francophones de la région, à travers des projets de tourisme participatif.

Dans cette toute nouvelle production, Simon D’Amours propose huit épisodes dans lesquels il tente de vivre du tourisme participatif au Yukon, un mode de voyage alternatif basé sur l’échange entre touristes et résidants.

Le principe est simple : en échange d’un coup de main, il a droit au couvert chez ses hôtes. En s’impliquant dans les communautés où il travaille, il en apprend davantage sur les passions et les aspirations des gens qui l’accueillent.

«Nous sommes plusieurs à rêver d’un mode de vie plus indépendant où l’autosuffisance, le minimalisme et l’aventure sont au cœur de notre existence. Mais comment y arriver sans le sou, lorsque nos deux bras et notre bonne volonté sont notre seule monnaie d’échange?», peut-on lire sur le site de la chaîne de diffusion.

Les citoyens des Territoires du Nord-Ouest sont appelés aux urnes le 1er octobre. Afin de contrer des taux de participation électorale parfois anémiques, Élections TNO déploie un train de mesures pour que les Ténois votent. Tour d’horizon.

«Aux élections de 2015, 80 % des électeurs de 18 à 35 ans ne se sont pas prévalus de leur droit de vote», constate la directrice générale des élections des TNO, Nicole Latour, qui souhaite que cette tendance soit renversée cet automne.

Une campagne de relation publique déclinée par un mot-clic sur les réseaux sociaux (#TruandNoMore) a aussi été lancée pour encourager le vote des jeunes.

Si certains vieux mots acadiens ont si bien survécu, c’est en grande partie grâce à l’isolement des colons français qui sont venus s’établir en Amérique dès 1604. Sans réels moyens de communication avec leur mère patrie, la France, ceux qu’on nomme aujourd’hui Acadiens ont pu conserver des mots abandonnés par l’Europe, et donner à la langue française une tout autre couleur.

C’est là le constat principal d’Yves Cormier, l’un des rares sinon le seul linguistique acadien contemporain. Il est l’auteur de la deuxième édition du Dictionnaire du français acadien parue en mai 2018, près de 20 ans après la première édition.

Près de 200 nouveaux mots sont venus compléter ce lexique du vocabulaire acadien, pour un total d’environ 650 mots comme «chavèche», «prusse» ou encore «dorissée».

«Les siècles passés loin de la réalité française nous ont permis de personnaliser notre langue. Le français ici est beaucoup plus varié, parce qu’on a quitté la France avant la création de l’Académie française», a expliqué Yves Cormier aux spectateurs de sa conférence, Les vieux mots acadiens, dans le cadre du Congrès mondial acadien à Moncton. L’animatrice de Radio-Canada Anne Godin a également ponctué la présentation de faits et d’anecdotes tirées de son expérience personnelle.

Au moins jusqu’en 2021, la Société Nationale de l’Acadie n’aura pas à se soucier du financement des festivités du 15 aout. Elle vient d’avoir la confirmation que la Fête nationale de l’Acadie, célébrée depuis 1881, recevra au cours des deux prochaines années deux tranches de 500 000 $.

Plus de 180 festivals et célébrations en Acadie recevront en 2019-2020 un montant total de 20,25 millions de dollars dans le cadre du Programme des célébrations et commémorations. C’est à partir de cette enveloppe que le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, a annoncé la veille du 15 aout qu’un million allait être voué à des fonds visant à financer les festivités entourant la Fête nationale de l’Acadie, soit en 2019-2020 et 2020-2021.

Selon Patrimoine canadien, il s’agit d’un nouvel investissement qui n’existait pas dans les années passées.

De quoi ravir la présidente de la Société Nationale de l’Acadie (SNA), Louise Imbeault, si on se fie au communiqué émis par Patrimoine canadien : «Voilà plus de 15 ans que la Société nationale de l’Acadie multiplie les efforts pour faire reconnaitre officiellement la Fête nationale de l’Acadie.» Selon la dirigeante acadienne, la réponse d’Ottawa permet «de souligner la contribution unique de l’Acadie à l’édification du Canada et de nous permettre de célébrer comme il se doit notre fierté et notre appartenance au sein de la Confédération.»

Francopresse. Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface remontera le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par tous ces francophones venus en terre d’Amérique.

Il caressait le projet depuis quelque temps déjà. Ça y est, le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface partira sur la piste des francophones d’Amérique! À compter de septembre et pendant sept ans, avec quelques dizaines de collègues, il compte remonter le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par, notamment, tous ces Franco-Manitobains, Québécois, Acadiens ou encore Français venus en terre d’Amérique. 

Il y a 25 ans, au Congrès mondial acadien, Zachary Richard lançait un appel au secours de la part des Acadiens de la Louisiane. «On a tombé de la falaise, mais on n’a pas encore touché la terre», avait-il déclaré devant la foule rassemblée au spectacle du 15 aout, à Shédiac. Ce premier congrès a rallumé la flamme du célèbre chanteur louisianais pour la chanson francophone et la cause acadienne. Deux ans plus tard, il lançait l’un des albums les plus marquants de sa carrière, Cap Enragé, un premier disque de langue française en 15 ans.

Zachary Richard qui avait 44 ans au premier Congrès mondial acadien a plein de souvenirs assez surprenants de ce premier rassemblement. Il se souvient, entre autres, de Roch Voisine qui parlait sur un cellulaire «grand comme un carré de jambon» ou encore du poète Gérald Leblanc qui s’est éclipsé parce qu’il ne voulait rien savoir du CMA.

Des amitiés avec des artistes se sont renforcées, note-t-il. Il découvrait aussi Marie-Jo Thério, une artiste qui l’a frappé «entre l’œil et la corde» comme on dit en Louisiane et la resplendissante Édith Butler dans son rôle de grande dame de l’Acadie. À son avis, le premier CMA constitue un évènement marquant de l’histoire acadienne moderne.

«On peut parler d’avant le premier congrès et d’après le congrès. À partir de 1994, il y a eu une énorme différence à mon avis dans la mentalité identitaire, cette espèce de confiance et même une forme de ténacité qui s’est installée dans la mentalité acadienne. C’était fort différent qu’en 1975 par exemple, quand on fêtait à Moncton et qu’on s’est fait arrêter par la police.»

«Beausoleil, Louis Riel, Jackie Vautour… Ast’heure c’est not’ tour». Ce sont quelques paroles de Petitcodiac, une chanson qui combine complainte et révolte pour faire appel à la lutte. Je les ai entendues en marchant dans les rues de Dieppe au Nouveau-Brunswick, dans le cadre du Congrès mondial acadien.

Beausoleil, Louis Riel et Jackie Vautour sont symboles de résistance. Ils ont en commun d’avoir défendu leur cause jusqu’au bout.

Je songeais aux Franco-Colombiens et à la lutte scolaire qu’ils ont lancée, quand ces trois noms ont atteint mon oreille.

Leurs écoles sont trop petites et sont souvent dans un état lamentable. Le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique en ont assez. Ils accusent la province de sous-financer les infrastructures scolaires et le transport des élèves dans le secteur francophone. Les tribunaux inférieurs les ont défaits deux fois. Tenaces, ils ne baissent pas les bras. L’affaire sera devant la Cour Suprême à l’automne.

On peut affirmer sans ambages que le français a avancé envers et contre tous sur notre continent. Il s’est étendu tant et aussi loin qu’une terre était là pour l’accueillir. Seuls nos océans, barrières géographiques infranchissables, ont contenu sa marche.

Comme tous les francophones d’Amérique, les Franco-Colombiens ont hérité de l’œuvre de Samuel de Champlain, commencée il y a plus de quatre siècles dans le berceau de l’Acadie aux abords de la baie de Fundy entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Il y a loin de l’Atlantique au Pacifique; plus de quatre fuseaux horaires et des milliers de kilomètres. Il s’est écoulé plus de quatre siècles d’histoire depuis le jour où Champlain a jeté l’ancre à l’embouchure du fleuve Saint-Jean. C’est dans ces proportions qu’il faut mesurer la présence française sur notre continent de même que la lutte que mènent les Franco-Colombiens. La résistance qui s’organise entre nos océans a la même envergure.

La Voix acadienne, IPÉ. Le Congrès mondial acadien est un événement haut en couleur. On ne peut pas imaginer un CMA sans ses manifestations grandioses, pas plus qu’on ne pourrait imaginer un CMA sans rencontres de familles.

Le Congrès mondial acadien est un événement haut en couleur, avec des activités d’envergure qui vont laisser des traces longtemps après que la poussière sera retombée.  

Francopresse. Du 11 au 16 aout se tient le Forum national des jeunes ambassadeurs, qui vise à promouvoir le français. Les participants, de tout le pays, se sont portés volontaires pour mettre de l’avant le français.

Du 11 au 16 aout se tiendra le Forum national des jeunes ambassadeurs (FNJA) qui vise à promouvoir le français par l’entremise des jeunes. Les participants, âgés de moins de 18 ans, se sont portés volontaires pour mettre de l’avant le français durant leurs vacances d’été.

Francopresse. Le 28 août 2019 marque un moment important dans l’histoire de la Société Saint-Thomas-d’Aquin : ce sera le début des célébrations du centième anniversaire de l’organisme porte-parole des francophones de l’Île.

Décidément, 2019 marque deux moments importants dans l’histoire de la Société Saint-Thomas-d’Aquin : pour la première fois de son existence, le Congrès mondial acadien se déroulera en partie à l’Île-du-Prince-Édouard, et ce, à compter du 10 août. Et 18 jours plus tard, le 28, ce sera le début des célébrations du centième anniversaire de la SSTA.

Francopresse. Chaque été, Québec reçoit des centaines d’étudiants venus parfaire leur connaissance du français. Mais si leur accent était le signal pour les marchands de passer systématiquement à la langue de John A. Macdonald?

Chaque été, la vieille capitale reçoit des centaines d’étudiants venus parfaire leur connaissance de la langue de Molière et en savoir plus sur le pays de Félix Leclerc. Mais si leur accent était le signal pour les marchands de passer systématiquement à la langue de John A. Macdonald?

La vitalité des communautés de la francophonie en situation linguistique minoritaire ne fait pas l’ombre d’un doute, lorsqu’on voit la liste des manifestations francophones dans les provinces et territoires du Canada!

La vitalité des communautés de la francophonie en situation linguistique minoritaire ne fait pas l’ombre d’un doute, lorsqu’on voit la liste des manifestations francophones dans les provinces et territoires du Canada. Francopresse vous livre un calendrier des festivals et célébrations qui ont lieu d’un océan aux autres, en milieu francophone minoritaire.

La Voix acadienne, IPÉ. L’œuvre de Patricia Bourque occupe présentement une galerie de Charlottetown. Chaque photographie met en valeur des femmes Mi’kmaq. «Je veux qu’elles se voient comme je les vois», affirme l’artiste.

Jusqu’au 18 aout, la photographe Mi’kmaq Patricia Bourque occupe la galerie de la Guild de Charlottetown avec l’exposition «Beyond the Regalia». Les photographies mettent en valeur des femmes du territoire traditionnel Mi’kma’ki. «Quand je regarde ces femmes, je vois de l’honneur et du respect. Je veux qu’elles se voient comme je les vois», affirme l’artiste.

La population mondiale passerait de 7,7 à près de 10 milliards entre 2020 et 2050, selon l’Organisation des Nations Unies. La majorité de cette croissance se produirait en Afrique, l’habitat de 60 % des francophones de la planète. Bonne nouvelle? Un péril guette cependant : le réchauffement climatique frapperait durement le continent.

La francophonie grimpe dans l’échelle démographique grâce à l’essor du français en Afrique. Selon l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la population continentale de langue française est passée de 270 à 300 millions en quatre ans et pourrait doubler d’ici 2070.

Acadie Nouvelle, NB. Les Acadiens du Nouveau-Brunswick et les francophones de l’Ontario s’allient aux anglophones du Québec dans la lutte aux droits linguistiques, une décision que décrie le politologue Rémy Léger.

Les Acadiens du Nouveau-Brunswick et les francophones de l’Ontario s’allient aux anglophones du Québec dans la lutte aux droits linguistiques des communautés de langues officielles en situation minoritaire. Le protocole d’entente a été signé le 2 juillet à Ottawa et veut faire de la Loi sur les langues officielles un enjeu majeur lors des prochaines élections fédérales.