Anne Godin et Yves Cormier ont partagé leur grande expérience de ce sujet avec les participants, anecdotes colorées à l’appui.

Les mots acadiens sont issus de l’Europe des siècles passés

Si certains vieux mots acadiens ont si bien survécu, c’est en grande partie grâce à l’isolement des colons français qui sont venus s’établir en Amérique dès 1604. Sans réels moyens de communication avec leur mère patrie, la France, ceux qu’on nomme aujourd’hui Acadiens ont pu conserver des mots abandonnés par l’Europe, et donner à la langue française une tout autre couleur.

C’est là le constat principal d’Yves Cormier, l’un des rares sinon le seul linguistique acadien contemporain. Il est l’auteur de la deuxième édition du Dictionnaire du français acadien parue en mai 2018, près de 20 ans après la première édition.

Près de 200 nouveaux mots sont venus compléter ce lexique du vocabulaire acadien, pour un total d’environ 650 mots comme «chavèche», «prusse» ou encore «dorissée».

«Les siècles passés loin de la réalité française nous ont permis de personnaliser notre langue. Le français ici est beaucoup plus varié, parce qu’on a quitté la France avant la création de l’Académie française», a expliqué Yves Cormier aux spectateurs de sa conférence, Les vieux mots acadiens, dans le cadre du Congrès mondial acadien à Moncton. L’animatrice de Radio-Canada Anne Godin a également ponctué la présentation de faits et d’anecdotes tirées de son expérience personnelle.

Une langue vivante

Créée en 1635 sous le cardinal de Richelieu, l’Académie française visait à standardiser la langue. «À l’époque, il y avait plus de 600 dialectes en France. Quand on se déplaçait hors de notre région, on ne se comprenait pas! Ça rendait compliqué pour le roi de gérer tout le monde, donc l’Académie a mis en place une seule langue, celle de Paris», expose Yves Cormier.


Lire l’article dans son intégralité sur le site de La Voix acadienne

Des Acadiens de partout se sont rassemblés à la bibliothèque de Moncton pour assister à la conférence sur les vieux mots acadiens.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.

Premier de deux articles sur les difficultés financières liées à la crise du coronavirus dans les médias communautaires.

Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.

À l’école, dans laquelle elle excelle dans la sémantique de la langue française, elle aime partager avec ses amies et sa famille des histoires et des légendes. C’est à Québec qu’elle commence des études d’infirmière, discipline qu’elle abandonne avant d’être certifiée, pour devenir coiffeuse et gardienne d’enfants. En 1987, elle épouse André Légaré. Ils vivront dix ans dans plusieurs villes de l’Ontario et du Québec avant d’arriver aux Territoires du Nord-Ouest et s’installer à Yellowknife en 1997.

Suzanne Houde ouvre une garderie à la maison et tombe en amour avec la ville de Yellowknife et la nature nordique qui se développe sur le roc précambrien. À cette époque, un groupe de francophones revendique leur droit de vivre en français auprès de législateurs et de bureaucrates du gouvernement ténois qui résiste à la pleine application de la Loi sur les langues officielles du Canada. Une situation qui rappelle à Suzanne Houde, les récits qu’elle avait entendus dans son enfance sur les évènements historiques antérieurs à la Révolution tranquille. Une situation qui pèse profondément sur son unilinguisme francophone.

Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.

Elle tient toutefois à préciser qu’il s’agit d’une victoire partagée : «Quand on est francophone en milieu minoritaire, la force du développement, du rayonnement et de la pérennité de notre culture et de notre langue est un effort collectif. J’aurais souhaité que le prix se transforme en confettis pour qu’il retombe sur la communauté.»

Alberta

LE FRANCO (Alberta) - Suzanne de Courville Nicol a consacré sa vie à la promotion du bilinguisme. Encore aujourd’hui, elle se fait la voix des francophones en Alberta.

Suzanne marche le pas fragile sur le chemin qui borde le carré Rouleauville, à Calgary. Pour l’appuyer, une canne en bois clair. Un objet artisanal unique, fabriqué par un artiste autochtone. «Il fait des visions, puis crée une canne en fonction de ce qu’il a vu concernant la personne», raconte-t-elle. Sur la sienne : un loup, un bison, un aigle, une tortue et une plume.

Un homme promenant ses deux chiens croise son chemin. «Do you speak French?», lui lance-t-elle. Confus, il lui répond que non. «Can you say bonjour?». Le passant cède à sa demande, un «bonjour», agrémenté d’un sourire. Satisfaite, la gardienne du bilinguisme de ce quartier reprend fièrement sa route. Ceinture fléchée autour du cou, une dizaine d’épinglettes honorifiques accrochées sur le col de sa veste, elle l’assume: «le bilinguisme et la francophonie, c’est toute ma vie».

Francophonie

Francopresse (NATIONAL) – Après des années de travail, de consultations et de réflexions, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) présente une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) détaillé et musclée afin d’attaquer de plein fouet l’insécurité linguistique au sein des minorités francophones du pays.

Fruit d’un partenariat avec plusieurs organismes clés francophones pancanadiens et forte de ses 58 pages, la Stratégie nationale pour la sécurité linguistique fait le constat simple, mais sans équivoque, qu’«il est urgent d’agir.»

La présidente de la FJCF, Sue Duguay, en convient : c’est un plan ambitieux. «On ne parle pas ici d’un changement du jour au lendemain. C’est un travail à long terme. On souhaite un changement de mentalités.»

Éliminer le sentiment de culpabilité

L’état des lieux est connu. Partout dans la francophonie canadienne, des gens de tous âges se sentent jugés et critiqués en parlant une langue qu’ils considèrent la leur.

«L’insécurité provient d’un geste, d’une intervention, d’un commentaire, d’un contexte qui menace, blesse, intimide, humilie ou frustre quelqu’un par rapport à la langue ou sa façon de l’utiliser», peut-on lire dans le document. «C’est symptomatique d’un jugement, non seulement sur la langue, mais sur la culture et l’identité d’une personne qui s’exprime.»

Les auteurs veulent dès lors éliminer toute forme de culpabilité quant aux différents parlers francophones. «L’insécurité linguistique n’est pas simplement une question d’accents. Nous parlons plusieurs types de français au Canada et ces français canadiens ont évolué au fil des siècles selon les besoins et les réalités locales, souvent très différentes d’une région à l’autre du pays» relate encore le rapport.

Cette insécurité a de graves conséquences, sa manifestation ultime étant «le silence». Le risque, avance la FJCF, est l’abandon individuel du français et en fin de compte la «chute libre» du nombre de locuteurs francophones dans les communautés hors Québec.

Cela mènerait ultimement à un amoindrissement de la demande pour des services en français, ce qui menacerait d’éroder progressivement des droits acquis.

Francophonie

FRANCOPRESSE – Près de 400 événements en tout genre organisés jusqu’au 31 décembre prochain sur chaque continent. Tout un panel d’événements culturels, sportifs, économiques s’ancre sur le calendrier 2020 autour d’un même fil rouge : le cinquantenaire de l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais la fête sera quelque peu perturbée…

C’est ce qu’on appelle un anniversaire en berne : en raison de la pandémie du coronavirus qui s’étend à travers le monde, le coup d’envoi des manifestations visant à célébrer les 50 ans de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) est annulé. Les festivités devaient se dérouler à Niamey, dans la capitale du Niger, là même où fut signée une convention qui deviendrait l’acte de naissance de cette organisation dédiée à la langue française et plus largement à la francophonie. C’était en 1960.

Le Covid-19 n’est visiblement pas la seule raison à semer au sein de cette organisation. Il semble que la prise de fonction le 3 janvier 2019 de sa secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, fasse aussi grincer des dents. Celle qui a pris la tête d’une structure visant à promouvoir la langue française n’en serait pas la meilleure ambassadrice selon de nombreux experts. Louise Mushikiwabo est largement identifiée au gouvernement rwandais, dont le régime défie des principes fondateurs de la francophonie (droits de l’homme notamment). C’est aussi un pays qui a remplacé le français par l’anglais comme langue obligatoire à l’école, qui en a fait sa langue officielle, et qui a par ailleurs adhéré au Commonwealth.

De son côté, Louise Mushikiwabo n’y voit aucune contradiction : «L’anglais, c’est aujourd’hui la langue de la Silicon Valley, de la technologie, de la recherche, des réseaux sociaux. C’est une réalité et, par ailleurs, l’essentiel de l’activité économique du Rwanda se fait avec l’Afrique de l’Est», expliquait-elle au journal français Le Monde, peu après sa nomination.

RVF

(Contenu commandité) Le thème de la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie est l’environnement. Cela comprend bien entendu les changements climatiques et les enjeux scientifiques y étant liés, mais aussi, au sens plus large, l’environnement social, communautaire et culturel qui nous entoure.

Ce thème a été choisi par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures pour son côté rassembleur. Le directeur général de la Fondation, Guy Matte, évalue que l’environnement social est intrinsèquement lié aux changements climatiques par l’ampleur des enjeux et les impacts qu’ils pourraient avoir sur le futur des communautés. C’est cette hypothèse qu’il a voulu explorer dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie.

Rendez-vous de la Francophonie

(Contenu commandité) C’est sous le thème de l’environnement que se tient actuellement la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF). En plus de la programmation habituelle qui comprend des concours, des tournées et des évènements, les RVF ont cette année un journal web!

À l’instar du blogue des RVF, le journal des Rendez-vous de la Francophonie propose un éventail d’articles portant sur les activités des RVF afin de permettre au public de rester à l’affut de tout ce qui se passe d’un bout à l’autre du pays du 1er au 31 mars.  

Le journal sert aussi de plateforme pour discuter d’environnement à travers des articles et des éditoriaux : l’environnement sous l’angle des changements climatiques, mais aussi l’environnement social et culturel qui nous entoure.

C’est l’entrepreneuse et conférencière Kim Auclair qui rédige les éditoriaux du journal des RVF. Elle y partage avec les lecteurs ses réflexions sur le thème des Rendez-vous de la Francophonie 2020.

«Lorsqu’on m’a proposé d’écrire les éditoriaux de la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie, j’ai hésité avant d’accepter. La thématique étant l’environnement sous différentes facettes (changements climatiques, environnement social, communautaire et culturel), je me demandais si j’étais la bonne personne pour en parler. Je ne suis pas une spécialiste et j’en suis encore à mes débuts dans cet univers. Mais, avec du recul, j’ai réalisé que je représentais beaucoup plus de gens que je pensais…»

Extrait du texte L’environnement et les changements climatiques : Soyez Curieux par Kim Auclair.

Entrevue

FRANCOPRESSE – L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) existe pour développer une industrie de la télévision, du cinéma et des médias numériques dans les milieux francophones minoritaires. À l’heure des Netflix, état des lieux de l’industrie de la production audiovisuelle en situation minoritaire avec la directrice générale, Carol Ann Pilon.

Depuis sa création en 1999, les interventions de l’APFC auprès des instances du gouvernement et de l’industrie, ainsi que les partenariats instaurés avec plusieurs institutions, tels le Fonds des médias du Canada (FMC), Téléfilm Canada, l’ONF, Radio-Canada, TFO, ont favorisé son essor. Avec l’arrivée de nouveaux joueurs comme Netflix et avec la modernisation de la loi sur la radiodiffusion, il y a encore beaucoup d’enjeux auxquels doit faire face l’Alliance.

Médias

FRANCOPRESSE — Quand un organisme comme la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada propose que le diffuseur public crée un deuxième centre de production au pays, c’est que l’insatisfaction est grande.

Pour le président de la FCFA, Jean Johnson, c’est un constat d’échec envers Radio-Canada. «On souhaite qu’un jour, ils se réveillent. On doit sortir une partie de la programmation et l’installer ailleurs pour que ce soit un reflet de nos communautés, pour avoir un contenu pancanadien.»

L’idée d’un deuxième centre de production ailleurs qu’au Québec est l’une des recommandations principales de la FCFA du Canada incluses dans son mémoire sur le renouvèlement les licences de Radio-Canada et de CBC remis au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

La Société nationale de l’Acadie (SNA), qui a également envoyé un mémoire au CRTC, prône elle aussi une décentralisation de la production de Radio-Canada, jugée beaucoup trop centrée sur le Québec. Selon la présidente, Louise Imbeault, il y a différents moyens pour atteindre ce but. «Pourquoi tous les recherchistes pour les émissions du réseau sont à Montréal? Pourquoi il n’y a pas de recherchistes dans les régions?»

Francophonie

L’EXPRESS (Ontario) – La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada appuie «avec réserve» la demande de renouvèlement des licences de CBC/Radio-Canada.

Qu’on se rassure : le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) va renouveler toutes les licences de CBC/Radio-Canada, nonobstant les inévitables critiques à l’endroit d’un diffuseur télé, radio, web dans les deux langues officielles d’un océan à l’autre qui reçoit 1,2 milliard de dollars du gouvernement fédéral.

Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.

À l’initiative du Centre de la francophonie des Amériques (Centre) et de la Fédération jeunesse canadienne-française (FJCF) avec le soutien du Secrétariat aux affaires canadiennes et LOJIQ (Les Offices jeunesse internationaux du Québec), la rencontre servait à permettre à des jeunes faisant partie de la FJCF de rencontrer des homologues du Québec. Ils étaient en quelque sorte des sherpas en vue de la rencontre de juin, qui réunira à Québec 300 leadeurs issus des francophonies canadiennes et québécoise.

Pour la fin de semaine, ces jeunes représentaient chacun un organisme membre de la FJCF, alors que le Centre qui avait sélectionné les participants québécois.

Francophonie

Initiative de journalisme local — APF (Ouest) — Fin janvier, pour la première fois lors de son discours annuel, le maire de la ville de Prince Albert a placé la francophonie dans la liste de ses priorités. En présence d’un grand nombre de concitoyens, l’école Valois et le tourisme francophone ont pris le devant de la scène.

En mars 2019, la ville avait déjà rejoint le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), faisant de Prince Albert la première municipalité de la Saskatchewan à en devenir membre. Il faut dire que la Société canadienne-française de Prince Albert (SCFPA) avait entamé des démarches de longue haleine auprès du maire Greg Dionne et de ses conseillers.

«Le maire a fièrement annoncé que la francophonie faisait partie de la planification du développement urbain», rapporte Josée Bourgoin, députée communautaire pour la région de Prince Albert, présente lors du discours du maire.

Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En novembre dernier, Jean Lavergne, installé depuis deux ans et demi à Summerside, prévoyait de lancer sa plateforme d’information et de création web de langue française au début de l’année 2020, année qui, en l’occurrence, marque le 300e anniversaire de l’arrivée et l’établissement permanent des premiers colons acadiens et français à l’ile Saint-Jean. À la recherche d’un projet fondateur et utile, il a joint Georges Arsenault pour lui proposer une formule.

Le résultat est que depuis trois semaines, à raison d’une vignette par semaine, Georges Arsenault raconte les faits saillants de l’histoire de la colonie de l’ile Saint-Jean, une série qui comptera 12 épisodes.

Ouest canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) – Le 28 janvier, la conférence Les langues fransaskoises : une analyse sociolinguistique s’est tenue à l’Université de la Saskatchewan à Saskatoon. Le linguiste Jeffrey Klassen, qui souhaite étudier de près les variétés de la langue française dans la province, est venu à la rencontre des Fransaskois qui joueront un rôle important dans ses travaux.

Une quinzaine de personnes étaient présentes lors de la conférence, qui était aussi transmise via vidéo à la Cité francophone de Regina. En se basant sur des données historiques, démographiques et sociolinguistiques, Jeffrey Klassen a présenté les premiers éléments de sa recherche en construction.

«Peu de chercheurs en Saskatchewan se penchent sur le français parlé dans la province», souligne-t-il. L’universitaire compte bien y remédier en mettant sur pied d’ici la fin du mois de février un groupe de recherche avec Henri Biahé et Marie-Diane Clarke, professeurs de français à l’Université de la Saskatchewan. «Le groupe sera ouvert à la communauté, dans un esprit collaboratif, civique», souligne Jeffrey Klassen.

FRANCOPRESSE – Une rencontre internationale prévue en mars aura pour but de réunir des équipes de recherche intéressées par les problématiques des liens entre les langues parlées au sein de la famille et les institutions sociales.

Organisé notamment par le réseau Langscape basé en Allemagne et l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) à Paris, le colloque «Les langues dans la famille : attitudes, usages, politiques, histoires» aura lieu du 26 au 28 mars à Paris.

Le colloque devait d’abord avoir lieu en décembre, mais les conflits sociaux en France, particulièrement à Paris, ont obligé ses organisateurs à le repousser en mars comme l’explique celui qui a accepté «de mettre la machine en marche», José-Ignacio Aguilar-Rio. Joint par Skype, le maitre de conférences en didactique des langues et des cultures explique que Langscape met de l’avant les bienfaits du multilinguisme.

D’entrée de jeu, le jeune universitaire ne peut qu’être d’accord avec l’affirmation voulant que plus un enfant est jeune, plus on peut l’habituer à apprendre une ou des langues autres que sa langue maternelle. «Je vais dire oui, mais avec la réserve que je dois avoir.»

Espagnol d’origine, M. Aguilar-Rio constate que certains de ses collègues s’engagent «dans une voie militante» favorisant l’apprentissage des langues alors que d’autres n’oublient pas les enjeux sociaux, politiques ou culturels que peut avoir l’apprentissage de deux, trois ou quatre langues en bas âge. Le colloque mettra justement en lumière toutes ces nuances. Trois conférences plénières ainsi que près de 25 présentations individuelles s’articuleront autour de cinq axes : les transmissions linguistiques et culturelles, l’acquisition et le plurilinguisme, les perspectives sociolinguistiques, les langues de l’enfant : de la maison à l’école et de l’école à la maison et, enfin, les approches transversales à partir de corpus littéraires et artistiques.

FRANCOPRESSE – Le Centre de la francophonie des Amériques a dévoilé, à la mi-février, la nouvelle mouture de son site francophoniedesameriques.com.

L’objectif de la refonte du site est de mettre mieux de l’avant les ressources proposées aux francophones de l’ensemble du continent et de permettre une navigation plus intuitive.

Entrevue

FRANCOPRESSE – La Fédération culturelle canadienne-française, qui regroupe 22 associations artistiques et culturelles de l’extérieur du Québec, défend de plus en plus activement le besoin pour le Canada de se doter d’une politique culturelle nationale. Cette politique prendrait la forme d’un «Cadre national d’action pour la culture». La FCCF s’est associée avec plus de 40 organismes artistiques et culturels, tant francophones, anglophones, qu’autochtones, pour créer une large coalition afin de convaincre le gouvernement fédéral d’aller de l’avant avec ce projet ambitieux, dont découlent aussi plusieurs autres priorités de la Fédération.

L’une de vos grandes priorités est la mise en place d’un cadre national d’action pour la culture. De quoi s’agit-il?

Marie-Christine Morin : Le cadre national, ou politique culturelle canadienne, est une idée qu’on a mise de l’avant de façon plus formelle l’an dernier, donc en 2019, mais la réflexion a été entamée depuis plusieurs années. C’est une façon cohérente de rassembler toutes de sortes de gros éléments qui se passent présentement dans le paysage : les révisions législatives actuelles, la loi sur les droits d’auteur, la loi sur la radiodiffusion ou encore la stratégie d’exportation du fédéral. Il y a aussi toute la réflexion sur la diplomatie culturelle qui interpelle cette question-là aussi. Toutes les personnes qu’on rencontre à qui on dit qu’on n’a pas de politique culturelle au Canada sont extrêmement surprises.

Chronique

Ça doit bien faire plus de 30 ans que nous, Canadiens-Français du ROC (Rest of Canada), nous plaignons du pauvre service des réseaux nationaux de Radio-Canada. Nous savons que le «Ici» dans Ici Radio-Canada veut, la plupart du temps, dire Ici Québec. Voici une petite histoire qui illustre bien ce que nous percevons. Et ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle.

C’est jeudi matin, juste avant 8 h, le 30 janvier 2020. Je suis en voiture et j’écoute Le matin du Nord à la radio régionale de Radio-Canada à Sudbury. L’émission se termine afin de faire place au bulletin «national» de 8 h. Dois-je rappeler qu’en radiodiffusion, ce bulletin est un des plus importants de la journée.

Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le comité de coordination dont David Keenlyside est membre s’est réuni officiellement une première fois le 14 janvier. Cependant, quelques tâches ont été accomplies d’avance, comme l’élaboration d’un logo. Le directeur ne nie pas que l’organisation ait pris du temps pour démarrer, mais il est sûr que d’ici quelques semaines, les astres vont s’aligner.

Le comité de travail a embauché Tanya Gallant et sa compagnie Caméléon Productions. À titre de coordonnatrice d’évènements, elle va identifier les partenaires et les organismes qui pourraient avoir des intérêts à faire partie de l’organisation, autant en tant que diffuseur que producteur de contenu, ainsi qu’un recensement des festivals et initiatives existants.

Entrevue

FRANCOPRESSE – Après 10 ans à la barre l’Association des professionnels de la chanson et de la musique, la Franco-Manitobaine Natalie Bernardin tire sa révérence. Au cours de ses dix ans de service, qu’a observé cette passionnée de musique? Quels sont ses pronostics pour une industrie qui rythme le quotidien de chacun? Francopresse l’a rencontrée à la fin décembre.

Francopresse : L’industrie du disque et du spectacle a grandement changé pendant votre passage à la direction de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Le streaming a pris le dessus sur la vente de disques et même de la musique en ligne. Comment se porte ce virage pour les musiciens?

Natalie Bernardin : Pour moi, les transformations de la distribution ont marqué la décennie. Le moyen de rendre accessible la musique au public a vraiment changé. Les habitudes de consommation ont changé. Il y a une nouvelle génération qui n’a plus besoin d’acheter de vinyle, de cassette ou de CD.  

[Les plus jeunes] n’ont aucunement besoin de «posséder» la musique. Ils streament. Ils écoutent ce qu’ils veulent écouter quand ils veulent l’écouter. C’est de la gratification instantanée : trouver instantanément la musique qu’ils veulent écouter.

Nous appelons ça la découvrabilité de la musique, et c’est l’enjeu de l’heure. Les moyens de trouver les musiques ont changé. Comment faire, en tant qu’artiste, pour être le premier artiste qui apparait quand on fait une recherche en ligne? Le marketing de la musique devient extrêmement important.

Nord canadien

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Près de quatre mois après la fin officielle du mandat de la présente commissaire, le poste de commissaire aux langues reste toujours à pourvoir. Une annonce en ce sens pourrait être effectuée à la reprise des travaux de l’Assemblée législative en février, mais rien n’est certain.

Officiellement, c’est en octobre 2019 qu’a pris fin le mandat de l’actuelle commissaire, Shannon Gullberg, qui a été nommée à l’office en 2015 après avoir exercé la fonction par intérim à la suite de la démission de la commissaire précédente, Snookie Catholique. L’automne dernier, un appel de propositions a été lancé par l’Assemblée législative des TNO en vue de pourvoir le poste indépendant.

Ontario

FRANCOPRESSE – En 1990, il y a encore les Nordiques à Québec. La Cour suprême vient tout juste de donner raison à des parents francophones de l’Ile-du-Prince-Édouard qui souhaitaient avoir leurs propres écoles et déclare inconstitutionnel l’Official Language Act du Manitoba. Mais en ce premier mois de l’année, le 30 plus précisément, alors qu’on négocie le fameux accord du lac Meech, la ville de Sault-Sainte-Marie fait parler d’elle.

Elle adopte une résolution se déclarant unilingue anglaise. Elle veut ainsi protester contre la loi 178 du Québec, qui permet l’affichage bilingue à l’intérieur des magasins, mais qui prône l’unilinguisme français à l’extérieur en ayant recours à la fameuse clause nonobstant. Il faut se rappeler qu’à l’époque, la Cour suprême du Canada avait émis un jugement contre certains articles de la loi 101, dont celui sur l’affichage.

Selon le Commissariat aux langues officielles, la ville vote cette résolution dans la foulée d’une «pétition déposée par le groupe The Alliance for the Preservation of English in Canada, qui avait répandu la rumeur voulant que la Loi sur les services en français [de l’Ontario] forcerait les municipalités de l’Ontario à fournir des services en français.» À sa manière, Sault-Sainte-Marie suivait ainsi les traces de certains citoyens de Brockville, qui avaient foulé quelques mois plus tôt le fleurdelisé.

Langues officielles

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le 13 janvier 2020 marquait le 20e anniversaire du jugement historique en Cour suprême du Canada en faveur des parents de Summerside, confirmant leur droit à une école française en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Les codemanderesses étaient Noëlla Arsenault (Cameron à l’époque) et Madeleine Costa (alors Petitpas), représentées par Me Robert McConnell.

Dans un article publié le 19 janvier 2000, La Voix acadienne titrait : «La Cour suprême du Canada rend un jugement unanime : La plus belle journée du millénaire pour les parents de Summerside».

Chronique

L’EXPRESS, Ontario. «Toute ma vie, je me suis battu pour la francophonie et pour l’égalité des deux communautés linguistiques… Peut-être que la guerre que j’ai menée toute ma vie rapportera quelque chose, et ce, même si les défaites s’additionnent.»

C’est ce qu’écrit Michel Bastarache dans une autobiographie réalisée avec le journaliste Antoine Trépanier comme coauteur, publiée sous le titre Ce que je voudrais dire à mes enfants par Les Presses de l’Université d’Ottawa.

Une préface signée par sa compatriote acadienne Antonine Maillet prédit que «ce récit d’une vie, pétri avec le cœur autant qu’avec le cerveau, restera un joyau indispensable à tous ceux qui se penchent sur leur propre existence, parce qu’il nous révèle à la fois les plages cachées de notre passé, les ambigüités de notre présent et surtout les espoirs insoupçonnés de notre avenir».

Retour sur 2019

De l’apparition de panneaux d’arrêt jusqu’à la vedette sportive qui tient à s’exprimer en français dans les grands médias, le français rayonne dans les communautés en situation minoritaire. C’est la conclusion qu’on peut tirer du Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne 2019, mis en place par les journalistes de la presse et de la radio communautaire du Canada.

En 2018, la solidarité dont ont fait preuve les communautés après la montée de partis politiques qui s’affichent contre le bilinguisme, les propos contestés de Denise Bombardier et les coupes annoncées par le gouvernement de l’Ontario avait fortement influencé le Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne.

En 2019, les gestes d’éclat ont fait place aux actes de fierté identitaire qui marquent le quotidien, même si les lauréats se retrouvent souvent sous les projecteurs.

Bilan 2019

Militants, cinéastes, éducateurs, fondateurs de journaux, agriculteurs ou pêcheurs, anciens membres de l’Ordre de Jacques-Cartier : bon nombre de personnages influents, pour qui la langue était un moteur de leur engagement, sont décédés en 2019. Pour la première fois cette année, de concours avec les journaux membres de l’Association de la presse francophone, Francopresse présente une liste – non exhaustive – d’acteurs qui ont marqué la francophonie canadienne, à leur échelle, et qui nous ont quitté au cours de l’année qui s’achève.

François Bélair

(Ontario)

Décédé le 14 juillet 2019 à l’âge de 64 ans

François Bélair a œuvré au journal communautaire Le Carillon Avant de devenir copropriétaire et éditeur du journal Le Reflet et de créer le journal The News. En 2008, il est devenu le directeur du développement commercial pour les Éditions André Paquette qui a acquis ses deux journaux. Il a aussi été impliqué dans Le Vision, L’Argenteuil et Le Journal à Cornwall.

Au Canada, à quels enjeux sont confrontées les communautés francophones? Quels évènements ont marqué l’actualité en 2019? Francopresse présente un bilan de la francophonie en 2019 pour chacune des régions : l’Atlantique, l’Ontario, l’Ouest et le Nord.

En Ontario

En septembre, soit 10 mois après avoir annoncé la suspension du financement de l’Université de l’Ontario français, le gouvernement provincial est revenu sur sa décision. Dans une entente convenue avec le gouvernement fédéral, les deux parties d’en assurer le financement.

Par ailleurs, le portrait démographique de l’Ontario fait toujours état du vieillissement de la population francophone. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) revient sur ce vieillissement dans son Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. Dans cet ouvrage, l’AFO relève certaines lacunes concernant l’accès aux services de soin en français pour les Franco-Ontariens, en particulier l’insuffisance de services de résidence et de soins de longue durée en français, le ratio actuel étant de neuf foyers de résidence de longue durée offrant des services en français pour 744 000 personnes. L’AFO déplore aussi le manque de documentation sur l’état de santé de près d’un million de francophones en situation minoritaire révélé suite à une étude conjointe entre le Consortium national de formation en santé (CNFS) et la Société Santé en français (SSF).

Plusieurs questions se posent quant à l’avenir du journal albertain Le Franco à la suite de la décision de son propriétaire, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), de reprendre plein contrôle de l’hebdomadaire.

La semaine dernière, l’ACFA a dissout le conseil d’administration indépendant du journal qu’elle avait nommé en 2018 et congédié la rédactrice en chef, Hélène Lequitte.

À première vue, le geste peut paraitre étonnant puisque, plus tôt cette année, l’ACFA s’était presque entendu pour vendre Le Franco à ce même conseil d’administration.

Que s’est-il passé? La présidente du conseil d’administration de l’ACFA, Sheila Risbud, expliquait ainsi la situation vendredi dernier sur les ondes de Radio-Cité d’Edmonton : «Ultimement, Le Franco est une filiale de l’ACFA. En tant que filiale, l’ACFA a un devoir fiduciaire et légal et fiscal envers Le Franco. Dans le moment, on sentait, basé sur des avis juridiques et de nos aviseurs financiers, qu’il était le temps de reprendre en main un peu Le Franco parce qu’on sentait qu’il n’y avait pas eu la chance d’avoir une consultation vraiment avec les membres de l’ACFA avec la communauté sur l’avenir du journal et sur ce que le journal devrait être et qu’en reprenant le contrôle du conseil d’administration, ça nous permettait justement de mettre une pause et de nous permettre que cette consultation publique ait lieu.»

À la fin du mois d’aout, le conseil d’administration de l’ACFA a voté en faveur de la vente du journal, mais il s’est ravisé après avoir essuyé plusieurs critiques provenant de la communauté. Comme des élections à l’ACFA approchaient, la décision a été prise de laisser au prochain conseil d’administration le soin de décider de la voie à suivre.

Le Jour du Souvenir acadien a été marqué pour la 10e fois le vendredi 13 décembre au Lieu historique national Skmaqn—Port-la-Joye—Fort Amherst dans un esprit de recueillement et de respect, et en présence de plusieurs invités, incluant le premier ministre Dennis King ainsi que des élèves.

«Peu importe de quelle manière on regarde cet évènement tragique de la Déportation, ça se résumer à ceci : ces gens ont été déportés parce qu’ils étaient français», a déclaré le premier ministre, insistant sur l’importance de créer une société inclusive où chaque personne a la même valeur peu importe la langue qu’elle parle, la religion qu’elle pratique ou sa manière de vivre sa sexualité.